{"id":1226,"date":"2018-02-20T17:01:19","date_gmt":"2018-02-20T17:01:19","guid":{"rendered":"https:\/\/afmc.ca\/phprimer\/?page_id=1226"},"modified":"2024-06-28T14:37:13","modified_gmt":"2024-06-28T14:37:13","slug":"chapitre-2-les-determinants-de-la-sante-et-les-iniquites-en-sante","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-2\/","title":{"rendered":"Chapitre 2 Les d\u00e9terminants de la sant\u00e9 et les iniquit\u00e9s en sant\u00e9"},"content":{"rendered":"<div class=\"prelude\">\n<p><strong>Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure :<\/strong><\/p>\n<p>1. de distinguer entre la <a href=\"#_santepub\">sant\u00e9 publique<\/a> et la\u00a0<a href=\"#_santepop\">sant\u00e9 des populations<\/a> en indiquant les principales activit\u00e9s du syst\u00e8me de sant\u00e9 publique (objectifs du Conseil m\u00e9dical No. 78-3) ;<\/p>\n<p>2. de d\u00e9crire les <a href=\"#_inegalites\">in\u00e9galit\u00e9s sociales en sant\u00e9<\/a>\u00a0(<span lang=\"FR\">Conseil m\u00e9dical 78-1 et 78-9) ;<\/span><\/p>\n<p>3. de d\u00e9finir les concepts de base de la sant\u00e9 et de la maladie : <a href=\"#_detrisque\">causes, facteurs de risque et d\u00e9terminants<\/a> \u00a0<span lang=\"FR\">(Conseil m\u00e9dical 78-1) ;<\/span><\/p>\n<p>4. d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer les <a href=\"#_detsoc\">principaux d\u00e9terminants de la sant\u00e9<\/a> et de d\u00e9crire les m\u00e9canismes par lesquels chaque d\u00e9terminant peut influencer l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 (Conseil m\u00e9dical 78-1) :<\/p>\n<p style=\"padding-left: 60px;\">4.1 le niveau de <a href=\"#_revenu\">revenus et la situation sociale<\/a><br \/>\n4.2 les <a href=\"#_soutien\">r\u00e9seaux de soutien social<\/a><br \/>\n4.3 le <a href=\"#_education\">niveau d\u2019instruction<\/a><br \/>\n4.4 le <a href=\"#_enfdevel\">d\u00e9veloppement du jeune enfant<\/a><br \/>\n4.5 l\u2019<a href=\"#_culture\">environnement social et culturel<\/a><br \/>\n4.6 l\u2019<a href=\"#_envphys\">environnement physique<\/a><br \/>\n4.7 l&rsquo;<a href=\"#_emploi\">emploi et les conditions de travail<\/a><br \/>\n4.8 les <a href=\"#_soins\">services de sant\u00e9<\/a><br \/>\n4.9 le <a href=\"#_genre\">genre<\/a><br \/>\n4.10 les <a href=\"#_comport\">comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9<\/a><\/p>\n<p>5. de d\u00e9crire l&rsquo;<a href=\"#_RFinteraction\">interaction de ces facteurs<\/a> en influen\u00e7ant la sant\u00e9, menant \u00e0 un mod\u00e8le \u00e9cologique de la sant\u00e9 et le <a href=\"#_figure2.8\">triangle \u00e9pid\u00e9miologique<\/a> (Conseil m\u00e9dical 78-3) ;<\/p>\n<p>6. de d\u00e9crire une intervention pour <a href=\"#_risquemod\">modifier les facteurs de risque<\/a> des individus, ainsi que pour <a href=\"#_santedespop\">modifier la sant\u00e9 de la population<\/a> enti\u00e8re (Conseil m\u00e9dical 78-3) ;<\/p>\n<p>7. de d\u00e9crire au moins un <a href=\"#_HBM\">mod\u00e8le de changement de comportement<\/a>, y compris les facteurs <a href=\"#_predisposant\">pr\u00e9disposants, habilitants et de renforcement<\/a> (Conseil m\u00e9dical 78-1 et 78-3).<\/p>\n<p>Faire le lien entre ces connaissances et les <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/\/objectifs-du-cmc-et-canmeds\/\">objectifs du Conseil m\u00e9dical du Canada<\/a>, notamment les chapitres 78-1 et 78-3.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"prelude\">\n<p style=\"text-align: center;\"><span lang=\"FR\"><strong>\u00c0 noter<\/strong>\u00a0: les cases color\u00e9es contiennent des informations suppl\u00e9mentaires facultatives ;<br \/>\ncliquez sur la bo\u00eete pour l\u2019ouvrir.<br \/>\nLes mots en MAJUSCULES sont d\u00e9finis dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">Glossaire<\/a>.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#environnementaldePeter\">L\u2019asthme environnemental de Peter Sulawesi<\/h3>\n<div id=\"environnementaldePeter\" class=\"collapse\">\n<p>M<sup>me<\/sup> Sulawesi consulte le D<sup>r<\/sup> Rao une fois de plus au sujet de Peter, son fils de trois ans. Ils habitent un logement humide et mal chauff\u00e9 au dessus d\u2019un nettoyeur \u00e0 sec. Elle a d\u00fb se rendre en salle d&rsquo;urgence avec Peter \u00e0 trois reprises au cours du dernier mois en raison de l\u2019asthme mal ma\u00eetris\u00e9 de son fils. M<sup>me<\/sup> Sulawesi est une m\u00e8re c\u00e9libataire ayant r\u00e9cemment immigr\u00e9 au Canada. Elle n&rsquo;est pas entour\u00e9e de membres de sa famille et n&rsquo;a que tr\u00e8s peu d&rsquo;amis. Elle travaille comme concierge \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole locale surtout en soir\u00e9e et pendant les fins de semaine. Le D<sup>r<\/sup> Rao a tent\u00e9 d&rsquo;impliquer les services sociaux, mais ils sont d\u00e9bord\u00e9s de travail en raison d&rsquo;enjeux plus pressants. Le propri\u00e9taire refuse de faire des r\u00e9parations dans le logement, et l&rsquo;hiver arrive \u00e0 grands pas.<\/p>\n<p>La t\u00e2che imm\u00e9diate du D<sup>r<\/sup> Rao est de traiter les sympt\u00f4mes de l&rsquo;asthme, mais il est pleinement conscient que cela ne fera rien pour corriger les facteurs qui ont probablement pr\u00e9cipit\u00e9 la crise. Il parle donc \u00e0 son infirmi\u00e8re praticienne dont la s\u0153ur peut \u00eatre en mesure de louer \u00e0 M<sup>me<\/sup> Sulawesi un meilleur appartement \u00e0 un prix abordable. Le D<sup>r<\/sup> Rao est heureux d&rsquo;avoir d\u00e9fendu les int\u00e9r\u00eats de son patient, mais il reconna\u00eet qu&rsquo;il ne peut pas s&rsquo;attaquer \u00e0 la cause sous-jacente. Quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre emm\u00e9nagera dans l&rsquo;appartement, cr\u00e9ant probablement un autre cas chronique. Il devrait peut-\u00eatre aviser le service de sant\u00e9 publique local&#8230;.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Une prise en charge efficace de la maladie exige une gestion imm\u00e9diate du probl\u00e8me, puis des facteurs modifiables qui l&rsquo;ont caus\u00e9 \u2013 dans le cas de Peter Sulawesi, son milieu de vie d\u00e9labr\u00e9 et peut-\u00eatre moisi. Le but est d&rsquo;\u00e9viter un cycle frustrant de consultations r\u00e9p\u00e9t\u00e9es dans lequel Peter re\u00e7oit un traitement symptomatique pour les effets d&rsquo;une cause environnementale persistante. <span lang=\"FR\">L\u2019id\u00e9al serait donc de combiner <\/span>les interventions cliniques pour le patient avec des interventions au niveau de la communaut\u00e9 et de la population.<\/p>\n<h2><a id=\"_santepub\"><\/a>La sant\u00e9 publique et des populations<\/h2>\n<p>En tant qu\u2019omnipracticien, le D<sup>r<\/sup> Rao travaille dans un syst\u00e8me de soins de sant\u00e9 qui fonctionne en parall\u00e8le avec les syst\u00e8mes de services sociaux et de sant\u00e9 publique. Ceux-ci sont destin\u00e9s \u00e0 confronter les facteurs environnementaux qui aggravent les maladies comme l\u2019asthme de Peter. L\u2019objectif du syst\u00e8me de sant\u00e9 publique est de pr\u00e9venir la maladie et de prot\u00e9ger la sant\u00e9 (voir PROTECTION DE LA SANT\u00c9 dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">glossaire<\/a>) : \u00ab La sant\u00e9 publique se rapporte aux efforts organis\u00e9s d\u00e9ploy\u00e9s par une soci\u00e9t\u00e9 pour maintenir les personnes en sant\u00e9 et \u00e9viter les blessures, les maladies et les d\u00e9c\u00e8s pr\u00e9matur\u00e9s. Il s\u2019agit d\u2019un m\u00e9lange de programmes, de services et de politiques qui visent \u00e0 prot\u00e9ger et \u00e0 favoriser la sant\u00e9 des Canadiens. \u00bb<sup>1<\/sup> Toutefois, cette d\u00e9finition ne permet pas de d\u00e9partager ce qu&rsquo;elle est de ce qu&rsquo;elle n&rsquo;est pas. Cette difficult\u00e9 existe, en partie, parce que la sant\u00e9 publique ne se rapporte pas \u00e0 un appareil organique, \u00e0 un type de maladie ou \u00e0 une approche th\u00e9rapeutique, mais plut\u00f4t \u00e0 diverses fa\u00e7ons d\u2019aborder les probl\u00e8mes de sant\u00e9 les plus urgents de l\u2019heure et du lieu. Au fil de l&rsquo;\u00e9volution historique de la pr\u00e9valence de maladies particuli\u00e8res, la discipline a connu une succession de noms alors qu\u2019elle luttait pour d\u00e9terminer si les facteurs environnementaux, le comportement individuel ou les probl\u00e8mes sociaux devraient constituer la cible principale des interventions.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#delaperception\">L\u2019\u00e9volution de la perception de la sant\u00e9 publique<\/h3>\n<div id=\"delaperception\" class=\"collapse\">\n<p>Le profil des maladies \u00e9volue au XXe si\u00e8cle, et les efforts de sant\u00e9 publique doivent s\u2019y adapter, ce qui occasionne des changements de nom pour la discipline. On parle d\u2019abord d\u2019 \u00ab hygi\u00e8ne publique \u00bb, en mettant l\u2019accent sur l&rsquo;assainissement du milieu. Entre 1920 et 1940, dans une soci\u00e9t\u00e9 pr\u00e9occup\u00e9e par les maladies propag\u00e9es par la migration, la mise au point et l&rsquo;application massive de vaccins favorise un virage vers la \u00ab protection de la sant\u00e9 \u00bb. Le contexte social est officiellement reconnu durant les ann\u00e9es 1950 quand des d\u00e9partements universitaires de \u00ab sant\u00e9 communautaire \u00bb ou de \u00ab m\u00e9decine communautaire \u00bb voient le jour. Les maladies li\u00e9es au mode de vie connaissent une hausse dans les ann\u00e9es 1960 et 1970, ce qui donne naissance \u00e0 l&rsquo; \u00ab \u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9 \u00bb, domaine ensuite \u00e9largi pour inclure la \u00ab promotion de la sant\u00e9 \u00bb. Le mouvement de la promotion de la sant\u00e9 modifie \u00e9galement la perspective du r\u00f4le de la personne. L\u2019individu, autrefois simple destinataire de l\u2019\u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9, devient un participant actif qui tient responsabilit\u00e9 pour sa propre sant\u00e9, principalement en adoptant un mode de vie plus sain. Les politiques et programmes nationaux font la promotion de l\u2019activit\u00e9 physique, de l&rsquo;alimentation saine et de l&rsquo;arr\u00eat du tabac. Dans les ann\u00e9es 1980, le mouvement des villes saines met l&rsquo;accent sur le milieu b\u00e2ti (p. ex., la construction d&rsquo;installations sportives, de sentiers p\u00e9destres et d&rsquo;aires pi\u00e9tonni\u00e8res). Entre-temps, on se demande s\u2019il y a lieu d\u2019\u00e9largir la discipline de la sant\u00e9 publique pour inclure de telles activit\u00e9s ou s\u2019il faut circonscrire son champ d\u2019action.<\/p>\n<p>Les critiques de l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9 font valoir que bien des gens, notamment les plus pauvres, n&rsquo;ont pas n\u00e9cessairement les moyens d&rsquo;am\u00e9liorer leur mode de vie \u00e9tant donn\u00e9 les limites consid\u00e9rables de leurs milieux socio\u00e9conomiques et culturels. On dit souvent que l&rsquo;\u00e9ducation \u00e0 la sant\u00e9 risque de verser dans la \u00ab condamnation de la victime \u00bb (voir \u00ab Bl\u00e2mer la victime \u00bb dans Pour les mordus), et que le fait de se concentrer sur la modification du mode de vie ne permettra pas de modifier les circonstances qui ont donn\u00e9 lieu \u00e0 ces comportements. Les comportements sont de plus en plus per\u00e7us comme des sympt\u00f4mes de d\u00e9terminants sociaux sous-jacents, plut\u00f4t que comme les causes d\u2019une mauvaise sant\u00e9. Cela donne lieu \u00e0 la perspective de la sant\u00e9 des populations, ax\u00e9e sur les d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9, comme on le verra plus loin dans ce chapitre.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p><a name=\"_blamerlavictime\"><\/a><\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Bl\u00e2merlavictime\">Bl\u00e2mer la victime<\/h3>\n<div id=\"Bl\u00e2merlavictime\" class=\"collapse\">\n<p>William Ryan, un psychologue am\u00e9ricain, est le premier \u00e0 utiliser l&rsquo;expression \u00ab bl\u00e2mer la victime \u00bb en 1976. Ryan critique un rapport publi\u00e9 sur les familles noires aux \u00c9tats-Unis qui attribue leur pauvret\u00e9 persistante \u00e0 leurs habitudes culturelles et comportementales plut\u00f4t qu&rsquo;aux conditions structurales de la soci\u00e9t\u00e9 qui limitent leurs choix.<\/p>\n<p>Le concept s&rsquo;av\u00e8re pertinent lorsque l&rsquo;on se demande comment les cliniciens peuvent \u00eatre empathiques envers les patients atteints de maladies li\u00e9es \u00e0 leur mode de vie (tabagisme, manque d&rsquo;exercice, abus d&rsquo;alcool). En fait, il est presque impossible de d\u00e9terminer si le mode de vie d&rsquo;un patient est un choix ou s\u2019il d\u00e9coule de pressions et de contraintes sociales, et dans quelle mesure. Par exemple, une analyse superficielle r\u00e9v\u00e8le que l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 d\u00e9coule en partie de mauvais choix alimentaires, mais ces choix peuvent \u00eatre influenc\u00e9s par la disponibilit\u00e9 des aliments, les moyens financiers et le milieu social de la personne, et le clinicien n\u2019en est probablement pas conscient. Le d\u00e9fi est d&rsquo;aider le patient \u00e0 trouver des ressources pour surmonter le probl\u00e8me tout en gardant une perspective juste quant \u00e0 son aptitude \u00e0 modifier son comportement et \u00e0 sa capacit\u00e9 encore plus limit\u00e9e \u00e0 contr\u00f4ler son milieu.<\/p>\n<p>La tendance \u00e0 condamner la victime rel\u00e8ve en partie d&rsquo;une croyance en un monde juste : si l&rsquo;on est persuad\u00e9 que les bons comportements sont r\u00e9compens\u00e9s,\u00a0<span lang=\"FR\">il est difficile d\u2019accepter que de bonnes personnes tomberont victime \u00e0 un cancer<\/span>. Selon cette perspective, il est logique d&rsquo;attribuer au moins une partie du bl\u00e2me \u00e0 la personne souffrante. Cette tendance augmente \u00e0 mesure que nous en apprenons davantage sur les facteurs de causalit\u00e9 : ce patient n&rsquo;aurait pas le cancer de l&rsquo;intestin s&rsquo;il avait mang\u00e9 suffisamment de fruits et de l\u00e9gumes, celui-l\u00e0 n&rsquo;aurait pas le diab\u00e8te s\u2019il avait fait assez d&rsquo;exercice physique.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>De nombreuses interventions de sant\u00e9 publique ont \u00e9t\u00e9 couronn\u00e9es de succ\u00e8s, notamment dans le contr\u00f4le des maladies infectieuses qui ont un seul maillon identifiable dans leur cha\u00eene causale qui peut \u00eatre bris\u00e9, par exemple gr\u00e2ce \u00e0 une immunisation ou \u00e0 un assainissement am\u00e9lior\u00e9. Mais des conditions telles que l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 s&rsquo;av\u00e8rent plus difficiles \u00e0 traiter : le lien entre le r\u00e9gime alimentaire et le poids corporel est complexe; le gain de poids peut \u00eatre remarquablement difficile \u00e0 inverser et de fortes forces sociales favorisent les r\u00e9gimes alimentaires inappropri\u00e9s. Nous avons besoin d&rsquo;interventions \u00e0 plusieurs niveaux : le counselling individuel, la cr\u00e9ation d&rsquo;environnements de soutien et de vastes changements de politiques pour modifier l&rsquo;abordabilit\u00e9 des aliments sains. Les interventions coordonn\u00e9es de cette envergure sont la marque distinctive de l&rsquo;approche ax\u00e9e sur la sant\u00e9 de la population. Cela signifie que, tout en encourageant la responsabilit\u00e9 individuelle en mati\u00e8re de sant\u00e9, nous devons \u00e9galement nous pencher sur les d\u00e9terminants sociaux sous-jacents, comme la pauvret\u00e9, qui limitent la capacit\u00e9 des gens \u00e0 r\u00e9aliser des gains r\u00e9els en sant\u00e9.<\/p>\n<p><a id=\"_santepop\"><\/a>La notion de la sant\u00e9 des populations a pris une plus grande importance dans les ann\u00e9es 1990. On constate un chevauchement entre celle-ci et la notion de sant\u00e9 publique. Elles s\u2019int\u00e9ressent toutes deux au portrait de la sant\u00e9 et de la maladie dans des groupes plut\u00f4t que chez des individus; elles surveillent toutes deux les tendances en mati\u00e8re de sant\u00e9, en examinent les d\u00e9terminants, proposent des interventions au niveau de la population pour prot\u00e9ger et promouvoir la sant\u00e9 et discutent des possibilit\u00e9s de fournir ces interventions. La distinction entre les deux notions est subtile, mais la sant\u00e9 des populations est un domaine plus vaste, car elle avance un paradigme qui unit des disciplines, de la biologie \u00e0 la sociologie. Elle propose un fondement rationnel \u00e0 l&rsquo;attribution des ressources en sant\u00e9 qui refl\u00e8te un \u00e9quilibre entre la protection et la promotion de la sant\u00e9 et la pr\u00e9vention et traitement des maladies, tout en contribuant de mani\u00e8re significative \u00e0 la science fondamentale.<sup>2<\/sup> La D<sup>re<\/sup> Christina Mills, ancienne pr\u00e9sidente de l\u2019Association canadienne de sant\u00e9 publique, a not\u00e9 que \u00ab la sant\u00e9 des populations, c\u2019est notre mani\u00e8re de penser; la sant\u00e9 publique repr\u00e9sente notre mode d\u2019action \u00bb (citation par Hancock<sup>3<\/sup>). Par exemple, une approche de sant\u00e9 publique \u00e0 l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 infantile pourrait promouvoir l&rsquo;\u00e9ducation des parents et des enfants, des programmes d&rsquo;alimentation saine dans les \u00e9coles, l&rsquo;interdiction des boissons gazeuses dans les distributeurs automatiques en milieu scolaire, la r\u00e8glementation plus stricte de la commercialisation de la malbouffe aupr\u00e8s des enfants, la promotion de l&rsquo;activit\u00e9 physique, etc. Une approche de sant\u00e9 des populations aborderait l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 infantile dans une perspective plus vaste. Elle pourrait consid\u00e9rer le syst\u00e8me alimentaire en soi : comment les subventions agricoles affectent-elles le prix des aliments? Les politiques d\u2019urbanisme peuvent-elles emp\u00eacher l\u2019apparition de d\u00e9serts alimentaires urbains, o\u00f9 les gens qui n\u2019ont pas de voiture n\u2019ont pas acc\u00e8s \u00e0 une \u00e9picerie?\u00a0<span lang=\"FR\">(<\/span><span lang=\"FR\">Cliquez sur l\u2019encadr\u00e9 \u00ab POUR LES MORDUS Un regard organique &#8230; \u00a0\u00bb ). <\/span>La sant\u00e9 des populations vise toujours la sant\u00e9 comme r\u00e9sultat principal, mais consid\u00e8re les enjeux d&rsquo;un point de vue global et a tendance \u00e0 tenir compte d\u2019un plus grand nombre de facteurs, comme l&rsquo;\u00e9conomie, la durabilit\u00e9 environnementale, la justice sociale, etc.<\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#santedespopulations\">Sant\u00e9 des populations<\/h3>\n<div id=\"santedespopulations\" class=\"collapse\">\n<p>John Frank (directeur fondateur de l&rsquo;Institut de recherche sur la sant\u00e9 des populations des IRSC), 1995 :<br \/>\n\u00ab La sant\u00e9 des populations est un cadre conceptuel pour r\u00e9fl\u00e9chir aux raisons qui sous-tendent le fait que certaines personnes et certains peuples sont en meilleure sant\u00e9 que d&rsquo;autres \u2013 les d\u00e9terminants de la sant\u00e9 aux niveaux de la personne et de la population. Les principaux d\u00e9terminants de l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 humaine, notamment dans les pays dont le d\u00e9veloppement socio\u00e9conomique est avanc\u00e9, ne sont pas les intrants et l&rsquo;utilisation des soins m\u00e9dicaux, mais plut\u00f4t les facteurs culturels, sociaux et \u00e9conomiques \u2013 tant \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la population que de la personne. \u00bb<sup>4<\/sup><\/p>\n<p>Kue Young (auteur d&rsquo;un manuel important sur la sant\u00e9 des populations), 1998 :<br \/>\n\u00ab Un cadre conceptuel pour r\u00e9fl\u00e9chir aux raisons qui sous-tendent le fait que certaines personnes sont en meilleure sant\u00e9 que d&rsquo;autres, ainsi que l&rsquo;\u00e9laboration de politiques, le programme de recherche et l&rsquo;attribution de ressources qui en d\u00e9coulent\u2026 Les \u00e9tudes en sant\u00e9 des populations visent \u00e0 d\u00e9crire l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 d&rsquo;une population, expliquer les causes des maladies, pr\u00e9dire les risques pour la sant\u00e9 chez les personnes et les communaut\u00e9s et offrir des solutions pour pr\u00e9venir et contr\u00f4ler les probl\u00e8mes de sant\u00e9. Pour y parvenir, la sant\u00e9 des populations doit collaborer avec la science fondamentale de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9miologie, plusieurs sciences sociales qui touchent \u00e9galement au ph\u00e9nom\u00e8ne des populations, les sciences humaines et les sciences biom\u00e9dicales en laboratoire. \u00bb<sup>2, p4<\/sup><\/p>\n<p>Ces fa\u00e7ons de penser donnent lieu \u00e0 des moyens d&rsquo;am\u00e9liorer la sant\u00e9, comme l&rsquo;a expliqu\u00e9 Sant\u00e9 Canada, en 1994 :<br \/>\n\u00ab Une strat\u00e9gie d\u2019am\u00e9lioration de la sant\u00e9 de la population s\u2019int\u00e9resse \u00e0 tous les d\u00e9terminants de la sant\u00e9, individuels ou collectifs, alors que les soins de sant\u00e9 traditionnels mettent l\u2019accent sur les facteurs de risque et les \u00e9l\u00e9ments cliniques particuliers aux diverses maladies. Les strat\u00e9gies d\u2019am\u00e9lioration de la sant\u00e9 de la population s\u2019appliquent \u00e0 des groupes entiers ou \u00e0 une population enti\u00e8re, alors que les soins de sant\u00e9 cliniques s\u2019appliquent \u00e0 une personne \u00e0 la fois, habituellement \u00e0 une personne qui a d\u00e9j\u00e0 un probl\u00e8me de sant\u00e9 ou qui court fortement le risque d\u2019en avoir un. \u00bb<sup>5<\/sup><\/p>\n<p>(\u00c0 noter : parfois les auteurs emploient le terme sant\u00e9 des populations de mani\u00e8re purement descriptive : \u00ab la sant\u00e9 de la population, telle que mesur\u00e9e selon les indicateurs de l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 \u00bb.<sup>6<\/sup> Cet usage ne fait pas r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la perspective sant\u00e9 des populations, ce qui forme le th\u00e8me de ce chapitre.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#unregardorganique\"><a id=\"_organique\"><\/a>Un regard organique sur la sant\u00e9 des populations<\/h3>\n<div id=\"unregardorganique\" class=\"collapse\">\n<p>Bien qu&rsquo;en g\u00e9n\u00e9ral, nous consid\u00e9rions une population d&rsquo;un point de vue g\u00e9ographique, par exemple celle d&rsquo;un pays, d&rsquo;une ville ou d&rsquo;un quartier, une population peut \u00eatre d\u00e9finie selon n\u2019importe quel facteur commun \u00e0 un groupe de personnes, comme l&rsquo;\u00e2ge, le statut socio\u00e9conomique, la langue ou le mode de vie. Chacune d&rsquo;entre elles d\u00e9finit la \u00ab population \u00bb en fonction des caract\u00e9ristiques de ses membres. Lorsqu\u2019on envisage la sant\u00e9 de la population sous forme d&rsquo;agr\u00e9gat d&rsquo;individus, on examine la sant\u00e9 <em>dans<\/em> la population : nous la mesurons en termes de pr\u00e9valence et de taux d&rsquo;incidence, etc.<\/p>\n<p>En revanche, une vision organique d&rsquo;une population se concentre sur le fonctionnement de l&rsquo;ensemble : comme quelque chose de plus que la somme de ses parties, comme un organisme collectif avec des personnes agissant comme un groupe conscient de soi, avec des valeurs et des traditions partag\u00e9es. Ici, la sant\u00e9 de la population analyse la sant\u00e9 <em>de<\/em> la population.<sup>7<\/sup> Selon cette perspective, une communaut\u00e9 ou une population saine collabore en tant que groupe pour affronter les difficult\u00e9s et promouvoir le bien-\u00eatre de ses membres. Par exemple, une population saine se mobiliserait en cas de catastrophe naturelle pour d\u00e9cider d\u2019une r\u00e9ponse collective efficace et dans cette perspective, elle contribuerait \u00e0 la sant\u00e9 de ses membres. Les indicateurs d\u2019une population saine pourraient inclure les lois sur l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 sociale ou l&rsquo;\u00e9laboration de politiques publiques saines, qui caract\u00e9risent \u00ab la soci\u00e9t\u00e9 bienveillante \u00bb, par exemple.<\/p>\n<p>Ce point de vue organique a \u00e9largi la port\u00e9e de l&rsquo;approche de promotion de la sant\u00e9 pour en faire un hybride qu\u2019on appelle parfois \u00ab promotion de la sant\u00e9 des populations \u00bb. Bon nombre d\u2019unit\u00e9s de sant\u00e9 publique privil\u00e9gient maintenant une perspective dynamique et \u00e9laborent des programmes qui aident les groupes communautaires \u00e0 travailler ensemble pour am\u00e9liorer leur propre sant\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Bien qu&rsquo;en g\u00e9n\u00e9ral un m\u00e9decin traite le patient et non la population, il existe plusieurs raisons pour lesquelles il est avantageux de prendre une perspective populationnelle. Premi\u00e8rement, le vieux dicton de l&rsquo;enseignement m\u00e9dical \u00e9non\u00e7ant que \u00ab les maladies courantes sont courantes \u00bb est bien vrai : l&rsquo;affection du patient est un sympt\u00f4me de profils de sant\u00e9 que l&rsquo;on retrouve \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la population \u00e0 laquelle il appartient. La pr\u00e9valence sous-jacente dans la population portera donc une influence sur la hi\u00e9rarchie des diagnostics diff\u00e9rentiels d&rsquo;un m\u00e9decin. Il est plus probable que la douleur thoracique d\u2019un individu de 50 ans soit d&rsquo;origine cardiaque que la m\u00eame douleur chez un sujet de 15 ans. Deuxi\u00e8mement, le mode de vie d&rsquo;un patient peut avoir caus\u00e9 son \u00e9tat de sant\u00e9, mais les forces motrices de ce mode de vie r\u00e9sident dans sa situation sociale. Vos efforts pour l&rsquo;aider \u00e0 modifier ses comportements en mati\u00e8re de sant\u00e9 seront souvent frustr\u00e9s par les pressions sociales qu&rsquo;il subit. Il peut \u00eatre plus efficace de s&rsquo;attaquer \u00e0 une maladie au niveau de la population (par exemple, en faisant pression pour obtenir une taxation sur les aliments riches en mati\u00e8res grasses et en utilisant le produit pour subventionner les fruits ou les programmes d&rsquo;exercice) qu&rsquo;en traitant un grand nombre de personnes (voir <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-8\/#_Rose2\">chapitre 8<\/a>).<\/p>\n<p>Dans une approche de sant\u00e9 des populations, le Coll\u00e8ge des m\u00e9decins et des chirurgiens du Canada attribue aux m\u00e9decins un r\u00f4le de promoteurs de la sant\u00e9 : \u00ab Comme promoteurs de la sant\u00e9, les m\u00e9decins utilisent leur expertise et leur influence de fa\u00e7on responsable pour promouvoir la sant\u00e9 et le mieux-\u00eatre des patients, collectivit\u00e9s et populations. \u00bb <sup>8<\/sup><\/p>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#asthemedepeter\">L\u2019asthme de Peter \u2013 suite<\/h3>\n<div id=\"asthemedepeter\" class=\"collapse\">\n<p>Le D<sup>r<\/sup> Rao informe le service de sant\u00e9 publique de ses pr\u00e9occupations au sujet de l&rsquo;\u00e9tat du jeune Peter Sulawesi et de ses soup\u00e7ons quant \u00e0 sa cause environnementale. Ils informent le D<sup>r<\/sup> Rao que la possibilit\u00e9 de moisissure dans l&rsquo;appartement est vraiment une affaire entre M<sup>me<\/sup> Sulawesi et son propri\u00e9taire ou l&rsquo;autorit\u00e9 du logement, mais ils acceptent d&rsquo;envoyer un inspecteur pour voir si les \u00e9manations de l&rsquo;entreprise de nettoyage \u00e0 sec en bas pourraient \u00eatre un danger pour la sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>Il est peu probable que M<sup>me<\/sup> Sulawesi puisse emm\u00e9nager dans un meilleur appartement. Elle n&rsquo;a pas assez d&rsquo;\u00e9ducation pour se qualifier pour un emploi mieux r\u00e9mun\u00e9r\u00e9 qui pourrait couvrir les loyers plus \u00e9lev\u00e9s. De plus, la d\u00e9pression de l&rsquo;\u00e9conomie locale signifie qu&rsquo;il est peu probable que le propri\u00e9taire d\u00e9pense de l&rsquo;argent pour des r\u00e9novations.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, la sant\u00e9 publique a pour mandat de se concentrer sur la gestion de l&rsquo;environnement physique de Peter avec ses expositions chimiques ou biologiques qui exacerbent son \u00e9tat. Le point de vue de la sant\u00e9 de la population consid\u00e8re l&rsquo;asthme de Peter comme un exemple d&rsquo;un mod\u00e8le plus large d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s rem\u00e9diables en mati\u00e8re de sant\u00e9 entre les groupes sociaux.<\/p>\n<h2><a id=\"_inegalites\"><\/a>Les in\u00e9galit\u00e9s en sant\u00e9<\/h2>\n<p>Dans chaque soci\u00e9t\u00e9, il existe des variations sur le plan de la sant\u00e9 entre les individus, les groupes d\u2019individus, les r\u00e9gions ou les pays.<sup>9<\/sup> En effet, la plupart des maladies et des \u00e9tats de sant\u00e9 ont un profil pr\u00e9visible. Comme illustration, la figure 2.1 donne un aper\u00e7u global de l&rsquo;esp\u00e9rance de vie au Canada en fonction du sexe et du revenu.<sup>10, 11<\/sup> Les donn\u00e9es proviennent d&rsquo;une \u00e9tude aupr\u00e8s de 2 734 800 Canadiens suivis pendant 15 ans \u00e0 partir du Recensement de 1991. Les d\u00e9c\u00e8s survenus pendant cette p\u00e9riode ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s aux renseignements sur le revenu consign\u00e9s dans le Recensement de 1991. On a ajust\u00e9 le revenu en fonction de la taille de la famille qui en d\u00e9pendait afin de mieux voir s\u2019il \u00e9tait ad\u00e9quat ou non. Le r\u00e9sultat est divis\u00e9 en cinq cat\u00e9gories, ou quintiles de revenu familial, allant de pauvre (repr\u00e9sent\u00e9 par le chiffre 1) \u00e0 riche (repr\u00e9sent\u00e9 par le chiffre 5). Les barres verticales repr\u00e9sentent la moyenne des ann\u00e9es de vie restantes d&rsquo;une personne de 25 ans pour chaque cat\u00e9gorie de sexe et de revenu.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2339\" aria-describedby=\"caption-attachment-2339\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2339\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.1_fr.png\" alt=\"Figure 2.1 : Esp\u00e9rance de vie restante \u00e0 l'\u00e2ge de 25 ans au Canada, par sexe et quintiles de revenu, pour la population hors \u00e9tablissement de 1991 \u00e0 2006\" width=\"666\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.1_fr.png 666w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.1_fr-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2339\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.1 : Esp\u00e9rance de vie restante \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 25 ans au Canada, par sexe et quintiles de revenu, pour la population hors \u00e9tablissement de 1991 \u00e0 2006<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les donn\u00e9es indiquent une disparit\u00e9 troublante sur le plan de la sant\u00e9 : on constate que les hommes les plus pauvres peuvent s&rsquo;attendre \u00e0 vivre environ sept ans de moins que les hommes les plus riches (48 ans pass\u00e9 l&rsquo;\u00e2ge de 25 ans pour les plus pauvres, contre 55 ans pour les plus riches); ce contraste chez les femmes est d\u2019environ cinq ans. Cependant, les personnes dont les revenus sont les plus faibles ne sont pas les seules victimes : il existe une hausse constante (ou gradient) de la long\u00e9vit\u00e9 par rapport aux niveaux de revenus, ce qu\u2019on appelle le \u00ab gradient social de sant\u00e9 \u00bb.<\/p>\n<p>Ce graphique montre l&rsquo;esp\u00e9rance de vie, mais les taux d&rsquo;invalidit\u00e9 et de mauvaise sant\u00e9 augmentent \u00e9galement \u00e0 mesure que le statut socio-\u00e9conomique d\u00e9cline : les personnes les plus pauvres connaissent le double d\u00e9ficit d&rsquo;une vie plus courte et d&rsquo;une vie moins saine. Ces gradients d\u00e9coulent des \u00ab d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9 \u00bb, d\u00e9finis comme \u00ab les circonstances sous lesquelles les gens naissent, grandissent, vivent, travaillent et vieillissent. \u00bb<sup>12<\/sup> On retrouve des gradients de sant\u00e9 semblables qui d\u00e9coulent du niveau d\u2019instruction, de l&#8217;emploi et de la r\u00e9gion de r\u00e9sidence, qui refl\u00e8tent tous le statut socio\u00e9conomique comme d\u00e9terminant social de la sant\u00e9. Le terme \u00ab d\u00e9terminant \u00bb ne sous-entend pas un caract\u00e8re in\u00e9vitable ou un d\u00e9terminisme; son origine est le mot latin <em>de termine<\/em>, ou \u00ab \u00e0 partir du bout \u00bb (c.-\u00e0-d., \u00e0 l&rsquo;origine) d\u2019une cha\u00eene d\u2019influences causales.<\/p>\n<p>Les variations syst\u00e9matiques comme celles de la figure 2.1 peuvent, en principe, \u00eatre corrig\u00e9es : si les riches vivent plus longtemps, on peut pr\u00e9sumer qu&rsquo;il n&rsquo;y a pas de raison inh\u00e9rente qui emp\u00eacherait les pauvres de vivre tout aussi longtemps. Si ce d\u00e9savantage peut \u00eatre corrig\u00e9 ou aurait pu \u00eatre \u00e9vit\u00e9, on parle d&rsquo;iniquit\u00e9, ce qui sous-tend l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;injustice et d&rsquo;irrecevabilit\u00e9. Ainsi la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s sociales en sant\u00e9 est devenu un but principal de la politique sanitaire.<sup>12<\/sup> \u00ab La r\u00e9duction des iniquit\u00e9s en sant\u00e9 est obligatoire sur le plan \u00e9thique. L&rsquo;injustice sociale tue \u00e0 grande \u00e9chelle&#8230; Les conditions qui entourent la vie et la mort des personnes sont model\u00e9es par des forces politiques, sociales et \u00e9conomiques. \u00bb<sup>12<\/sup> Un des exemples les plus marquants d&rsquo;iniquit\u00e9 en sant\u00e9 au Canada est la sant\u00e9 des peuples autochtones, tel qu\u2019indiqu\u00e9 dans l\u2019encadr\u00e9.<sup>11<\/sup><\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#termespropres\">Termes propres\u00a0aux contrastes en niveaux de sant\u00e9<\/h3>\n<div id=\"termespropres\" class=\"collapse\">Les \u00ab disparit\u00e9s \u00bb ou \u00ab in\u00e9galit\u00e9s \u00bb en mati\u00e8re de sant\u00e9 font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des diff\u00e9rences syst\u00e9matiques dans l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 qui surviennent dans des groupes de population.<br \/>\nLes termes \u00ab disparit\u00e9s \u00bb et \u00ab in\u00e9galit\u00e9s \u00bb d\u00e9signent \u00e0 peu pr\u00e8s la m\u00eame chose bien que, comme l&rsquo;a remarqu\u00e9 Marmot on parle davantage de \u00ab disparit\u00e9s \u00bb aux \u00c9tats-Unis et d\u2019 \u00ab in\u00e9galit\u00e9s \u00bb en Grande-Bretagne.<sup>13<\/sup> Peu importe le terme choisi, il n&rsquo;est pas r\u00e9aliste de penser que toute forme d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 peut \u00eatre \u00e9limin\u00e9e. Il faut \u00e9tablir des priorit\u00e9s, et le concept d&rsquo;iniquit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 s&rsquo;av\u00e8re utile en ce sens. L&rsquo; \u00ab iniquit\u00e9 en mati\u00e8re de sant\u00e9 \u00bb d\u00e9signe les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 qui sont jug\u00e9es injustes ou qui d\u00e9coulent d&rsquo;une forme d&rsquo;injustice. Les iniquit\u00e9s constituent une incitation morale \u00e0 des interventions correctives. A l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, les iniquit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 entre les nations persistent en partie \u00e0 cause de l&rsquo;exploitation des pays en d\u00e9veloppement par les pays d\u00e9velopp\u00e9s. Les commentateurs des pays riches ont tendance \u00e0 qualifier ces contrastes de \u00ab disparit\u00e9s \u00bb plut\u00f4t que d&rsquo;\u00ab iniquit\u00e9s \u00bb, peut-\u00eatre pour minimiser l&rsquo;urgence de travailler \u00e0 les r\u00e9soudre (voir l&rsquo;encadr\u00e9 \u00ab Disparit\u00e9s internationales en mati\u00e8re de sant\u00e9 \u00bb plus loin dans le chapitre).<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#etablir\">\u00c9tablir l\u2019\u00e9quit\u00e9<\/h3>\n<div id=\"etablir\" class=\"collapse\">\n<p>L&rsquo;\u00e9quit\u00e9 est sous-tendue de trois \u00e9l\u00e9ments :<\/p>\n<p>1. L&rsquo;\u00e9galit\u00e9 : par exemple, le mouvement pour l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des femmes lutte pour un acc\u00e8s \u00e9gal aux possibilit\u00e9s d\u2019instruction et d&#8217;emploi;<\/p>\n<p>2. L&rsquo;impartialit\u00e9 : une personne d\u2019ascendance africaine devrait obtenir un emploi non parce qu&rsquo;elle est noire, mais parce qu&rsquo;elle poss\u00e8de les titres et qualit\u00e9s demand\u00e9s;<\/p>\n<p>3. L&rsquo;\u00e9vitabilit\u00e9 : on reconna\u00eet le besoin d&rsquo;agir pour am\u00e9liorer les situations d&rsquo;iniquit\u00e9s.<\/p>\n<p>Les iniquit\u00e9s sociales sont souvent redress\u00e9es par l&rsquo;entremise de programmes d&rsquo;action positive qui offrent des services de mani\u00e8re pr\u00e9f\u00e9rentielle aux groupes d\u00e9favoris\u00e9s. Bien que cela semble contrevenir au principe des chances \u00e9gales pour tous, l\u2019objectif ultime de l\u2019action positive est l&rsquo;\u00e9quit\u00e9. La Charte canadienne des droits et libert\u00e9s reconna\u00eet ce paradoxe. Le paragraphe 15(2) de la Charte \u00e9nonce que l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 ne doit pas avoir \u00ab pour effet d&rsquo;interdire les lois, programmes ou activit\u00e9s destin\u00e9s \u00e0 am\u00e9liorer la situation d&rsquo;individus ou de groupes d\u00e9favoris\u00e9s&#8230; \u00bb Consultez le site Web du minist\u00e8re de la Justice au : <a href=\"http:\/\/laws.justice.gc.ca\/fra\/charte\/1.html\">http:\/\/laws.justice.gc.ca\/fra\/charte\/1.html<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Iniquit\u00e9senmati\u00e8re\"><a id=\"_santeindigene\"><\/a>Iniquit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 chez les peuples autochtones du Canada<\/h3>\n<div id=\"Iniquit\u00e9senmati\u00e8re\" class=\"collapse\">\n<p>La plupart des indicateurs de la sant\u00e9 des peuples autochtones du Canada ont connu de nettes am\u00e9liorations au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es, mais ils pr\u00e9sentent toujours un d\u00e9calage par rapport aux m\u00eames statistiques pour l&rsquo;ensemble de la population. Et nos informations ne sont pas compl\u00e8tes : u<span lang=\"FR\">ne description des d\u00e9fis li\u00e9s \u00e0 la collecte de donn\u00e9es sur la sant\u00e9 des populations autochtones est donn\u00e9e dans un rapport de Statistique Canada.<sup>14<\/sup>\u00a0<\/span><\/p>\n<p>En voici quelques points saillants :<\/p>\n<ul>\n<li>L\u2019esp\u00e9rance de vie \u00e0 la naissance s\u2019est am\u00e9lior\u00e9e au sein de la population des Premi\u00e8res nations. En 2000, elle atteint 68,9 ans pour les hommes et 76,6 ans pour les femmes, soit une augmentation de 13,1 % et de 12,6 %, respectivement, depuis 1980. On anticipe une dur\u00e9e de vie de 73 ans pour les hommes et 78 pour les femmes en l\u2019ann\u00e9e 2017, mais par rapport \u00e0 la moyenne canadienne, ces donn\u00e9es repr\u00e9sentent toujours une esp\u00e9rance de vie raccourcie de six ans chez les hommes et cinq ans chez les femmes.<sup>15<\/sup><\/li>\n<li>\n<div><span class=\"y2iqfc\"><span lang=\"FR\">En 2019, le\u00a0<\/span><\/span><span lang=\"FR\"><a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/fr\/sante-publique\/services\/publications\/science-recherche-et-donnees\/inegalites-mortalite-infantile-infographie.html\">taux de mortalit\u00e9 infantile<\/a><span class=\"y2iqfc\"> au Canada \u00e9tait d&rsquo;environ 3,7 d\u00e9c\u00e8s pour mille naissances ; le taux chez les peuples des Premi\u00e8res Nations \u00e9tait 2,3 fois plus \u00e9lev\u00e9, tandis que celui des Inuits \u00e9tait 3,9 fois plus \u00e9lev\u00e9.<\/span><\/span><\/div>\n<\/li>\n<li>L&rsquo;esp\u00e9rance de vie chez les Inuits n\u2019atteint que 64 ans pour les hommes et 73 ans pour les femmes.<\/li>\n<li class=\"collapse\">En 2003, les causes principales de d\u00e9c\u00e8s chez les personnes de 1 \u00e0 44 ans \u00e9taient les blessures et les empoisonnements. Chez les enfants de moins de 10 ans, les d\u00e9c\u00e8s r\u00e9sultent principalement de blessures, mais le suicide et l&rsquo;automutilation priment chez les jeunes et les jeunes adultes. Chez les 45 ans et plus, les maladies circulatoires sont la premi\u00e8re cause de d\u00e9c\u00e8s. Ces tendances sont parall\u00e8les \u00e0 celles de l&rsquo;ensemble de la population canadienne.<\/li>\n<li>En ce qui a trait au suicide, tous les groupes d&rsquo;\u00e2ges de moins de 65 ans chez les Premi\u00e8res nations pr\u00e9sentent un risque plus \u00e9lev\u00e9 que chez la population canadienne. Le contraste le plus marquant se manifeste chez les femmes de 15 \u00e0 24 ans et chez les hommes de 25 \u00e0 39 ans (qui ont des taux environ huit et cinq fois plus \u00e9lev\u00e9s que les taux canadiens, respectivement).<\/li>\n<li>Les Premi\u00e8res nations tra\u00eenent un fardeau disproportionn\u00e9 de maladies infectieuses, dont la coqueluche (au taux trois plus \u00e9lev\u00e9 que la moyenne nationale), la chlamydia (taux sept fois plus \u00e9lev\u00e9), l&rsquo;h\u00e9patite A (taux cinq fois plus \u00e9lev\u00e9), la tuberculose (taux huit \u00e0 10 fois plus \u00e9lev\u00e9) et la shigellose (taux pr\u00e8s de 20 fois plus \u00e9lev\u00e9). [La shigellose est une infection bact\u00e9rienne courante dans les pays en d\u00e9veloppement; elle r\u00e9sulte d&rsquo;une eau insalubre et d&rsquo;une \u00e9vacuation inad\u00e9quate des eaux us\u00e9es, lesquelles sont caus\u00e9es par la pauvret\u00e9 et la pi\u00e8tre qualit\u00e9 des infrastructures.]<\/li>\n<li>La pr\u00e9valence du diab\u00e8te se place \u00e0 5% environ pour la population canadienne dans son ensemble. Pour les membres des Premi\u00e8res Nations vivant en r\u00e9serve, la pr\u00e9valence (standardis\u00e9e selon l\u2019\u00e2ge) \u00e9tait de 17 % en 2009 alors qu\u2019elle \u00e9tait de 10 % pour ceux qui vivaient hors r\u00e9serve. Chez les M\u00e9tis la pr\u00e9valence \u00e9tait de 7 %.<\/li>\n<li>D\u2019apr\u00e8s les auto-d\u00e9clarations de taille et de poids, 18 % des Canadiens non autochtones avaient un indice de masse corporelle de 30 ou plus en 2009; les chiffres pour les membres des Premi\u00e8res nations \u00e9taient de 40 % (dans les r\u00e9serves) et de 28 % (hors r\u00e9serve). Les chiffres \u00e9quivalents \u00e9taient de 33 % pour les Inuits et de 25 % pour les M\u00e9tis.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Les iniquit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 d\u00e9coulent en fin de compte de nombreux d\u00e9terminants historiques et sociaux. Mais dans certains cas, les iniquit\u00e9s sociales en soi peuvent jouer un r\u00f4le causal dans n&rsquo;importe quelle population. Par exemple, les iniquit\u00e9s de pouvoir entre les sexes dans certains pays africains exacerbent le risque d&rsquo;infection \u00e0 VIH chez les femmes parce qu&rsquo;on les emp\u00eache de se prot\u00e9ger ou qu&rsquo;on les oblige \u00e0 se prostituer. Ou encore, la sant\u00e9 mentale d&rsquo;une personne peut souffrir parce qu&rsquo;elle per\u00e7oit l&rsquo;injustice du maintien de l&rsquo;exclusion sociale. Les sections suivantes passent en revue certains des principaux d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9, puis examinent les analyses de la fa\u00e7on dont ils interagissent avec pour r\u00e9sultat de nuire \u00e0 la sant\u00e9.<\/p>\n<h2><a id=\"_detsoc\"><\/a>Les principaux d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9<\/h2>\n<p><a id=\"_detOMS\"><\/a>\u00c0 peu pr\u00e8s toutes les caract\u00e9ristiques d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 peuvent influer sur la sant\u00e9 de ses citoyens et pourraient donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des d\u00e9terminants de la sant\u00e9. Pour ramener le sujet \u00e0 des proportions g\u00e9rables, les organismes comme Sant\u00e9 Canada et l&rsquo;OMS ont identifi\u00e9 les d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9 qui m\u00e9ritent une attention particuli\u00e8re (voir l&rsquo;encadr\u00e9 sur le mat\u00e9riel suppl\u00e9mentaire). Les paragraphes qui suivent r\u00e9sument l\u2019incidence d\u2019une s\u00e9lection de d\u00e9terminants tir\u00e9s de la liste de Sant\u00e9 Canada.<\/p>\n<div class=\"additional-material\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lespreuvesdesd\u00e9terminants\">Les principaux d\u00e9terminants de la sant\u00e9<\/h3>\n<div id=\"Lespreuvesdesd\u00e9terminants\" class=\"collapse\">\n<p>Vous pouvez consulter un r\u00e9sum\u00e9 des donn\u00e9es probantes sur l&rsquo;impact de certains d\u00e9terminants sur la sant\u00e9 sur le site Web de l&rsquo;Agence de la sant\u00e9 publique du Canada au : <a href=\"http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/ph-sp\/determinants\/determinants-fra.php\">www.phac-aspc.gc.ca\/ph-sp\/determinants\/determinants-fra.php<\/a><\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><strong>Voici la liste des d\u00e9terminants de la sant\u00e9 de l&rsquo;Agence de la sant\u00e9 publique du Canada<sup>16<\/sup>\u00a0:<\/strong><\/td>\n<td><strong>Voici la liste d\u2019interventions possibles pour combattre les d\u00e9terminants sociaux de l&rsquo;Organisation mondiale de la Sant\u00e9<sup>17<\/sup>\u00a0:<\/strong><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\n<ul>\n<li>Niveau de revenus et situation sociale<\/li>\n<li>R\u00e9seaux de soutien social<\/li>\n<li>Niveau d\u2019instruction<\/li>\n<li>Emploi et conditions de travail<\/li>\n<li>Environnement social<\/li>\n<li>Environnement physique<\/li>\n<li>Habitudes de vie et comp\u00e9tences d&rsquo;adaptation personnelles<\/li>\n<li>D\u00e9veloppement sain durant l\u2019enfance<\/li>\n<li>Patrimoine biologique et g\u00e9n\u00e9tique<\/li>\n<li>Services de sant\u00e9<\/li>\n<li>Sexe<\/li>\n<li>Culture<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<td>Am\u00e9liorer les conditions de vie quotidiennes :<\/p>\n<ul>\n<li>D\u00e9veloppement du jeune enfant<\/li>\n<li>Planification urbaine<\/li>\n<li>Pratiques \u00e9quitables en mati\u00e8re d&#8217;emploi et travail d\u00e9cent<\/li>\n<li>Protection sociale<\/li>\n<li>Soins de sant\u00e9 universels<\/li>\n<\/ul>\n<p>Lutter contre les in\u00e9galit\u00e9s dans la r\u00e9partition du pouvoir, de l\u2019argent et des ressources :<\/p>\n<ul>\n<li>Inclusion de l\u2019\u00e9quit\u00e9 en sant\u00e9 dans les crit\u00e8res de performance du gouvernement<\/li>\n<li>Affectation de ressources \u00e0 la sant\u00e9<\/li>\n<li>R\u00e9glementation internationale<\/li>\n<li>\u00c9quit\u00e9 entre les sexes<\/li>\n<li>Bonne gouvernance \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du monde<\/li>\n<\/ul>\n<p>Mesurer le probl\u00e8me, l\u2019analyser et \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 de l\u2019action :<\/p>\n<ul>\n<li>Observation, recherche et formation<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"2\">Un m\u00e9decin de famille <span style=\"font-family: inherit; font-size: inherit;\">\u00e0 Saskatchewan<\/span>, Ryan Meili, a donn\u00e9 une <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=c78GnlSHKvM\">conf\u00e9rence TED<\/a> sur les d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9 et les imp\u00e9ratifs politiques qui en d\u00e9coulent.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_enfdevel\"><\/a>Le d\u00e9veloppement du jeune enfant<\/h3>\n<p>Lorsqu&rsquo;un m\u00e9decin traite une maladie, il intervient pour corriger un processus qui a souvent commenc\u00e9 de nombreuses ann\u00e9es plus t\u00f4t. La perspective du parcours de vie \u00e9tend les origines d&rsquo;une maladie jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;enfance, et m\u00eame jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exposition des parents du sujet.<sup>18, 19<\/sup> L&rsquo;alimentation et le niveau de stimulation lors de la petite enfance influent sur le d\u00e9veloppement physique et \u00e9motionnel et peuvent renforcer la r\u00e9silience (s&rsquo;ils sont positifs) ou augmenter la vuln\u00e9rabilit\u00e9 (s&rsquo;ils sont n\u00e9gatifs). Les exp\u00e9riences traumatisantes de la petite enfance fa\u00e7onnent la personnalit\u00e9 et ont un effet durable sur la mani\u00e8re dont une personne per\u00e7oit le monde o\u00f9 elle vit, sur ses interactions avec son entourage et sur son interpr\u00e9tation des \u00e9v\u00e9nements. Une famille d\u00e9sunie ou un stress chronique pendant l&rsquo;enfance ont des effets non sp\u00e9cifiques, qui se manifestent principalement par une plus grande vuln\u00e9rabilit\u00e9 affective \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge adulte.<sup>20<\/sup>\u00a0L&rsquo;identification des p\u00e9riodes critiques dans le d\u00e9veloppement du jeune enfant a popularis\u00e9 les programmes de stimulation des nourrissons, comme <em>Head Start<\/em>.<\/p>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#headstart\">Head Start<\/h3>\n<div id=\"headstart\" class=\"collapse\">Le programme <em>Head Start<\/em> a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 aux \u00c9tats-Unis en 1965 pour offrir un programme complet de soutien pr\u00e9scolaire et familial afin de s&rsquo;assurer que les jeunes enfants issus de familles pauvres soient pr\u00eats \u00e0 entrer \u00e0 la maternelle \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de cinq ans. Le programme procure g\u00e9n\u00e9ralement des soins pr\u00e9nataux, des services de garde et des repas nutritifs aux jeunes enfants. Au Canada, des programmes d&rsquo;aide pr\u00e9scolaire ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition des <a href=\"http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/dca-dea\/programs-mes\/ahs_main-fra.php\">peuples autochtones<\/a> \u00e0 compter de 1995.<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_revenu\"><\/a>Le niveau de revenus et la situation sociale<\/h3>\n<p>Bien que la liste des d\u00e9terminants de Sant\u00e9 Canada combine le revenu et le statut social, il peut \u00eatre utile de les d\u00e9cortiquer. Le statut social comprend \u00e0 la fois la position formelle d&rsquo;une personne dans la soci\u00e9t\u00e9 (\u00e9tudiant, gestionnaire, retrait\u00e9) et les sentiments subjectifs de prestige que leur position leur conf\u00e8re. Cette derni\u00e8re peut \u00eatre pertinente pour comprendre la sant\u00e9 mentale, alors que pour des conditions telles qu&rsquo;une blessure professionnelle, la position sociale de la personne peut \u00eatre la plus pertinente. Le statut social est en partie inn\u00e9, mais il est largement atteint gr\u00e2ce \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation et, de ce fait, \u00e0 l&rsquo;activit\u00e9 exerc\u00e9e. Elle est \u00e9galement influenc\u00e9e (et \u00e0 des degr\u00e9s divers) par des facteurs tels que l&rsquo;ethnicit\u00e9, la personnalit\u00e9 et le hasard. Tous ces facteurs sont li\u00e9s \u00e0 un niveau de richesse qui influe sur l&rsquo;\u00e9ventail des options de mode de vie de la personne.<\/p>\n<p>Il est pratiquement impossible de s\u00e9parer les effets sur la sant\u00e9 de chacun de ces facteurs : en termes \u00e9pid\u00e9miologiques, un exemple d&rsquo;un facteur de CONFUSION. En fin de compte, peu importe : quel que soit le marqueur de statut social et quel que soit l&rsquo;indicateur de sant\u00e9 utilis\u00e9, il existe une tendance universelle pour ceux qui occupent des positions sociales plus \u00e9lev\u00e9es \u00e0 jouir d&rsquo;une meilleure sant\u00e9. Les exceptions sont rares et refl\u00e8tent souvent le fonctionnement d&rsquo;autres facteurs : par exemple, les taux \u00e9lev\u00e9s de cancer du sein chez les femmes \u00e0 revenu plus \u00e9lev\u00e9 ne sont probablement pas dus \u00e0 la richesse, mais \u00e0 une premi\u00e8re grossesse retard\u00e9e li\u00e9e \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement d&rsquo;une carri\u00e8re. D&rsquo;autres exemples de gradient inverse sont transitoires et refl\u00e8tent le changement social. Un exemple s&rsquo;est produit dans les ann\u00e9es 1930, alors que les maladies cardiaques augmentaient et que les cas se produisaient souvent chez les personnes plus riches qui pouvaient se permettre un r\u00e9gime cardiog\u00e9nique et un mode de vie s\u00e9dentaire. Par la suite, le d\u00e9clin des maladies cardiaques s&rsquo;est produit plus rapidement chez les personnes plus riches et mieux inform\u00e9es, de sorte que le gradient de revenu inverse familier s&rsquo;est produit.<sup>21<\/sup><\/p>\n<p>L&rsquo;impact du revenu sur la sant\u00e9 \u2013 en particulier un revenu insuffisant \u2013 peut \u00eatre d\u00e9crit en termes relatifs ou absolus, termes qui peuvent s&rsquo;appliquer aux individus et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble. La pauvret\u00e9 absolue d\u00e9signe un manque de ressources pour combler les besoins fondamentaux : un logement, une alimentation nutritive, des v\u00eatements et de l\u2019instruction. Les personnes pauvres n&rsquo;ont pas suffisamment de ressources et de possibilit\u00e9s pour faire des choix qui favorisent la sant\u00e9. Dans les pays \u00e0 faible revenu, leur pauvret\u00e9 absolue et le manque d&rsquo;infrastructures qui en r\u00e9sulte constituent le d\u00e9terminant fondamental de la sant\u00e9. Dans les premi\u00e8res \u00e9tapes du d\u00e9veloppement \u00e9conomique, l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 de la population s&rsquo;am\u00e9liore rapidement \u00e0 mesure que le revenu national augmente jusqu&rsquo;au point o\u00f9 les produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9 (nourriture et logement) sont disponibles pour pratiquement tous (voir l&rsquo;encadr\u00e9 \u00ab Disparit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale \u00bb). Au-del\u00e0 de ce point, cependant, de nouvelles augmentations de la richesse nationale ont moins d&rsquo;effet sur l&rsquo;am\u00e9lioration de la sant\u00e9. Au lieu de cela, la sant\u00e9 globale dans les pays riches est davantage influenc\u00e9e par l&rsquo;uniformit\u00e9 de la r\u00e9partition des revenus au sein de la soci\u00e9t\u00e9, ou l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 relative des revenus : un marqueur de l&rsquo;\u00e9ventail des revenus entre les diff\u00e9rents niveaux de la soci\u00e9t\u00e9. <span lang=\"FR\">Dans<\/span>\u00a0deux soci\u00e9t\u00e9s qui ne souffrent plus de pauvret\u00e9 extr\u00eame, celle dont l\u2019\u00e9cart de revenus autour de la moyenne globale est le plus \u00e9troit aura une plus grande long\u00e9vit\u00e9.<sup>22<\/sup><\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Disparit\u00e9senmati\u00e8re\">Les disparit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale<\/h3>\n<div id=\"Disparit\u00e9senmati\u00e8re\" class=\"collapse\">En 2022, les Canadiens peuvent s&rsquo;attendre \u00e0 vivre en moyenne jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 83 ans, tout comme les Fran\u00e7ais. Les citoyens du Japon et de Singapour nous survivent (86 ans), ainsi que les Australiens (84,3 ans) tandis que les Am\u00e9ricains ont une esp\u00e9rance de vie moyenne de 80 ans, ce qui les place en 54<sup>e<\/sup> position dans un classement international. Les <a href=\"http:\/\/www.geoba.se\/population.php?pc=world&amp;type=15&amp;year=2022&amp;st=rank&amp;asde=&amp;page=1\">disparit\u00e9s entre les nations sont frappantes<\/a>\u00a0: les Japonais vivent en moyenne 86,7 ans, 25 ans de plus que les citoyens de Sierra L\u00e9one, de Botswana ou de Swaziland.<\/div>\n<div class=\"collapse\">\n<p>Parmi les pays les plus pauvres, la long\u00e9vit\u00e9 augmente rapidement avec l&rsquo;accroissement de la richesse nationale, comme l&rsquo;illustre la figure ci-dessous. Cependant, au-del\u00e0 d&rsquo;un revenu national brut d&rsquo;environ 20 000 $ US par an, les gains en esp\u00e9rance de vie s&rsquo;aplatissent et d&rsquo;autres am\u00e9liorations semblent d\u00e9couler davantage de la fa\u00e7on dont les revenus sont r\u00e9partis au sein des soci\u00e9t\u00e9s que de l&rsquo;augmentation du RNB global. Ceci a \u00e9t\u00e9 magnifiquement d\u00e9crit dans une courte vid\u00e9o de Hans Rosling : <a href=\"http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=jbkSRLYSojo\">http:\/\/www.youtube.com\/watch?v=jbkSRLYSojo<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_2340\" aria-describedby=\"caption-attachment-2340\" style=\"width: 577px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2340\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.2_fr.png\" alt=\"Figure 2.2 Esp\u00e9rance de vie et revenu national brut par habitant, 2012-2013 (Statistiques tir\u00e9es des rapports de l'OMS et de la Banque mondiale).\" width=\"577\" height=\"398\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.2_fr.png 577w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.2_fr-300x207.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 577px) 100vw, 577px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2340\" class=\"wp-caption-text\">Esp\u00e9rance de vie et revenu national brut par habitant, 2012-2013 (Statistiques tir\u00e9es des rapports de l&rsquo;OMS et de la Banque mondiale).<\/figcaption><\/figure>\n<p>Source : Esp\u00e9rance de vie, Wikipedia <a href=\"https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/List_of_countries_by_life_expectancy_life_expectancy\">https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/List_of_countries_by_life_expectancy_life_expectancy<\/a><br \/>\nRevenu national brut par personne <a href=\"http:\/\/data.worldbank.org\/indicator\/NY.GNP.PCAP.PP.CD\">http:\/\/data.worldbank.org\/indicator\/NY.GNP.PCAP.PP.CD<\/a><\/p>\n<p><strong>Point de discussion : Comment pourriez-vous expliquer le mod\u00e8le pr\u00e9sent\u00e9 dans le graphique avec vos propres mots ?<\/strong><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Quels sont les m\u00e9canismes pour cela ? Dans chaque soci\u00e9t\u00e9, il y a des riches et des pauvres, et les plus riches ont une meilleure sant\u00e9 (figure 2.1). Plus la richesse globale s&rsquo;am\u00e9liore, plus la sant\u00e9 s&rsquo;am\u00e9liore, mais les groupes plus riches atteignent un plafond au-dessus duquel une richesse encore plus grande ne peut plus am\u00e9liorer leur sant\u00e9. Pendant ce temps, les plus pauvres sont \u00e0 la tra\u00eene en mati\u00e8re de sant\u00e9, ce qui fait baisser la moyenne, de sorte qu&rsquo;une redistribution de la richesse leur permettrait d&rsquo;am\u00e9liorer la sant\u00e9 moyenne plus efficacement que les augmentations g\u00e9n\u00e9rales. Par cons\u00e9quent, dans les pays riches, la taille relative et le d\u00e9savantage du segment le plus pauvre de la population (c&rsquo;est-\u00e0-dire l&rsquo;\u00e9tendue de l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 des revenus) devient un meilleur pr\u00e9dicteur de la sant\u00e9 globale que le revenu national total; les pays qui redistribuent la richesse par le biais de politiques fiscales aux personnes les plus pauvres ont tendance \u00e0 avoir une meilleure sant\u00e9 globale. Cette association entre la pauvret\u00e9 relative et la sant\u00e9 est appel\u00e9e in\u00e9galit\u00e9 de revenu en sant\u00e9 (voir <span class=\"PrimerGlossaryTermChar\"><span lang=\"FR\">INIQUIT\u00c9 EN SANT\u00c9 <\/span><\/span>dans le glossaire) et a \u00e9t\u00e9 largement discut\u00e9e<sup>9, 17, 23-25<\/sup>.<\/p>\n<div><span lang=\"FR\">Au niveau de traitement d\u2019un patient, tel que Paul Richard (rencontr\u00e9 au chapitre 1), il peut y avoir des agences locales pour aider le clinicien \u2013 voir les cases suivants : \u00a0<\/span><\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#LesmalheurspersistantsdePaul\">Les malheurs persistants de Paul<\/h3>\n<div id=\"LesmalheurspersistantsdePaul\" class=\"collapse\">Un autre patient du D<sup>r<\/sup> Rao, Paul Richard, continue d&rsquo;\u00e9prouver des difficult\u00e9s. Il y a six mois, Paul a eu un accident minier qui l&rsquo;a emp\u00each\u00e9 de travailler et il a depuis lors d\u00e9velopp\u00e9 une angine de poitrine. Il semble peu probable qu&rsquo;il trouvera un jour un autre emploi parce que la plupart des emplois de bureau offerts exigent des personnes plus instruites que lui. L&rsquo;argent est rare; sa pension d&rsquo;invalidit\u00e9 est insuffisante. Paul et son \u00e9pouse Julie comptent sur un po\u00eale \u00e0 bois pour chauffer leur maison en hiver parce que le bois est gratuit tant que Paul le ramasse lui-m\u00eame \u2013 difficile \u00e0 cause de son incapacit\u00e9. La banque alimentaire, qu&rsquo;ils utilisent r\u00e9guli\u00e8rement, ne fournit que des aliments transform\u00e9s riches en glucides ou en mati\u00e8res grasses et en sel, de sorte qu&rsquo;une saine alimentation est un probl\u00e8me.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Travailleraupr\u00e8sdepatients\">Travailler aupr\u00e8s de patients vivant dans la pauvret\u00e9<\/h3>\n<div id=\"Travailleraupr\u00e8sdepatients\" class=\"collapse\">Beaucoup d\u2019organismes de sant\u00e9 ont pour mandat d\u2019offrir des soins aux pauvres. Par exemple, les centres de sant\u00e9 communautaire en Ontario traitent souvent des personnes sans assurance et sans abri et cherchent \u00e0 cr\u00e9er une atmosph\u00e8re o\u00f9 ces gens se sentent \u00e0 l&rsquo;aise. Le personnel socio-sanitaire des centres de sant\u00e9 communautaire est compos\u00e9 de m\u00e9decins, d\u2019infirmi\u00e8res praticiennes, de nutritionnistes, de travailleurs sociaux et de travailleurs d\u2019approche, qui adaptent leurs programmes aux besoins de la client\u00e8le locale et peuvent fournir certaines ressources (une unit\u00e9 de r\u00e9duction des m\u00e9faits, des ateliers pour les nouveaux immigrants, des cours pour apprendre \u00e0 cuisiner selon ses moyens, et ainsi de suite). Il arrive souvent que les membres de groupes ethniques utilisent le centre apr\u00e8s les heures d&rsquo;ouverture pour des r\u00e9unions et des activit\u00e9s d&rsquo;entraide.<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_education\"><\/a>Le niveau d\u2019instruction et la litt\u00e9ratie en mati\u00e8re de sant\u00e9<\/h3>\n<p>L&rsquo;\u00e9ducation est \u00e0 la fois le r\u00e9sultat et un facteur contribuant \u00e0 la position sociale. La position sociale des parents d&rsquo;un enfant influence son acc\u00e8s aux possibilit\u00e9s d&rsquo;\u00e9ducation. L&rsquo;\u00e9ducation qui en r\u00e9sulte influence les possibilit\u00e9s d&#8217;emploi et, par cons\u00e9quent, le revenu, et influence les personnes qu&rsquo;il rencontre et l&rsquo;endroit o\u00f9 il vit. Tous ces facteurs influencent indirectement la sant\u00e9 d&rsquo;une personne. La d\u00e9mence en est un exemple. Ici, un manque d&rsquo;instruction peut mener \u00e0 des carri\u00e8res qui exposent le travailleur \u00e0 des substances neurotoxiques qui endommagent les fonctions c\u00e9r\u00e9brales. Inversement, l&rsquo;enseignement sup\u00e9rieur et les carri\u00e8res stimulantes qui l&rsquo;accompagnent peuvent construire des r\u00e9seaux neuronaux complexes qui prot\u00e8gent le cerveau vieillissant.<sup>26<\/sup> L&rsquo;\u00e9ducation a aussi une influence plus imm\u00e9diate sur la sant\u00e9 en ce qu&rsquo;elle affecte la capacit\u00e9 d&rsquo;une personne \u00e0 naviguer dans le syst\u00e8me de soins de sant\u00e9, \u00e0 interpr\u00e9ter l&rsquo;information sur la sant\u00e9 et \u00e0 communiquer efficacement avec les m\u00e9decins et autres professionnels.<sup>27, 28<\/sup> La \u00ab litt\u00e9ratie en mati\u00e8re de sant\u00e9 \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la capacit\u00e9 du patient \u00e0 comprendre l&rsquo;information sur la sant\u00e9 et \u00e0 suivre les directives pour son traitement.\u00a0<span lang=\"FR\">Plusieurs sources ont conclu qu&rsquo;entre 50 % et 60 % des Canadiens ont un niveau d&rsquo;alphab\u00e9tisation qui ne leur permet pas de n\u00e9gocier<\/span>\u00a0efficacement le syst\u00e8me de soins de sant\u00e9, de suivre des conseils \u00e9crits sur les soins de sant\u00e9 et sur leurs m\u00e9dicaments.<sup>27, 29\u00a0<\/sup> Les m\u00e9decins doivent garder \u00e0 l&rsquo;esprit que notre syst\u00e8me de sant\u00e9 de plus en plus complexe exige beaucoup des comp\u00e9tences en lecture et en r\u00e9solution de probl\u00e8mes des patients.<\/p>\n<h3><a id=\"_soutien\"><\/a>Les r\u00e9seaux de soutien social<\/h3>\n<p>M<sup>me<\/sup> Sulawesi n&rsquo;a pas de r\u00e9seau social de soutien. Personne d&rsquo;autre ici ne parle sa langue maternelle et elle se sent seule dans un lieu \u00e9tranger. Le soutien social profite \u00e0 la sant\u00e9 de plusieurs fa\u00e7ons. Il offre une source de r\u00e9confort \u00e9motionnel qui aide une personne \u00e0 faire face \u00e0 l&rsquo;adversit\u00e9. Le soutien social peut fournir de l&rsquo;information, des conseils et un soutien pratique, comme conna\u00eetre quelqu&rsquo;un qui peut aider en cas de besoin. Il peut aussi aider les gens pendant le processus de changement de comportement en mati\u00e8re de sant\u00e9. Les personnes qui ont un r\u00e9seau de liens sociaux forts, qui appartiennent \u00e0 des clubs ou \u00e0 des organisations, qui donnent et re\u00e7oivent de l&rsquo;aide ou qui font du b\u00e9n\u00e9volat, d\u00e9clarent se sentir en meilleure sant\u00e9 que d&rsquo;autres.<sup>30<\/sup>\u00a0Une <a href=\"http:\/\/www.ted.com\/talks\/nicholas_christakis_the_hidden_influence_of_social_networks?language=en\">conf\u00e9rence TED<\/a> montre comment un m\u00e9decin a acquis un aper\u00e7u des r\u00e9seaux sociaux de ses patients.<\/p>\n<p>L&rsquo;association entre les liens sociaux et la sant\u00e9 est \u00e9galement valable au niveau de la population : les communaut\u00e9s qui \u00e9tablissent des r\u00e9seaux de collaboration sont r\u00e9silientes et mieux \u00e0 m\u00eame de relever les d\u00e9fis sociaux et \u00e9conomiques, de sorte qu&rsquo;elles peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme plus saines. Le capital social d\u00e9signe une ressource qui d\u00e9coule de la volont\u00e9 des gens de coop\u00e9rer et de s&rsquo;engager dans une action collective; cette volont\u00e9 renforce la confiance au sein du r\u00e9seau. Les programmes de surveillance de quartier en sont un exemple. Par contre, un faible capital social est caract\u00e9ris\u00e9 par la suspicion et l&rsquo;h\u00e9sitation \u00e0 collaborer avec les autres; cela peut se produire lorsqu&rsquo;il y a de grandes disparit\u00e9s de revenu et une perception des in\u00e9galit\u00e9s sociales. Diverses \u00e9tudes ont \u00e9tabli un lien entre l&rsquo;augmentation du capital social et la r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 toutes causes confondues<sup>25<\/sup> et l&rsquo;am\u00e9lioration du mieux-\u00eatre, des soins aux enfants et de la criminalit\u00e9.<sup>31\u00a0<\/sup><\/p>\n<h3><a id=\"_emploi\"><\/a>L&#8217;emploi, les conditions de travail et la sant\u00e9 au travail<\/h3>\n<p>Selon l&rsquo;OMS, les pratiques \u00e9quitables en mati\u00e8re d&#8217;emploi et un travail d\u00e9cent sont les pierres angulaires de la sant\u00e9. L\u2019Organisation pr\u00e9conise un salaire minimum juste, le plein emploi et des normes de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 en milieu de travail.<sup>16<\/sup> Bien que le taux global de ch\u00f4mage au Canada soit bas, vers 6 ou 7 %, il existe des iniquit\u00e9s dans certaines r\u00e9gions et groupements de population (p. ex., 11,5 % des nouveaux immigrants sont ch\u00f4meurs, et beaucoup d\u2019autres sont sous-employ\u00e9s).<sup>32<\/sup><\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences du ch\u00f4mage sur la sant\u00e9 ont fait l&rsquo;objet d&rsquo;\u00e9tudes approfondies et r\u00e9v\u00e8lent des relations complexes. Dans l&rsquo;ensemble, les personnes qui perdent leur emploi per\u00e7oivent une sant\u00e9 r\u00e9duite et une mortalit\u00e9 accrue, mais l&rsquo;effet varie selon l&rsquo;\u00e2ge, le sexe et le niveau d&rsquo;instruction.<sup>33<\/sup>\u00a0Cependant, l&rsquo;impact sur la sant\u00e9 varie en fonction du niveau g\u00e9n\u00e9ral de ch\u00f4mage : lorsque de nombreuses personnes perdent leur emploi, l&rsquo;impact sur la sant\u00e9 semble moins grave.<sup>34\u00a0<\/sup><span lang=\"FR\">L\u2019emploi et le ch\u00f4mage exercent une influence sur la sant\u00e9 principalement par leurs effets stressants. <\/span><\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Stressettension\">Stress et tension<\/h3>\n<div id=\"Stressettension\" class=\"collapse\">\n<p>Le stress au travail (voir MALADIE AGGRAV\u00c9E PAR LE TRAVAIL dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">Glossaire<\/a>) d\u00e9coule des exigences du travail d&rsquo;une personne, modifi\u00e9es par la perception de son contr\u00f4le sur celles-ci, sa satisfaction au travail, les niveaux per\u00e7us de risque physique et la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi.<\/p>\n<p>Malheureusement, le stress et la pression sur la sant\u00e9 qui en r\u00e9sulte ne sont souvent pas distingu\u00e9s dans la litt\u00e9rature sur la sant\u00e9, o\u00f9 le stress peut se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la fois \u00e0 l&rsquo;intrant (le \u00ab facteur de stress \u00bb) et au r\u00e9sultat (la maladie qui en r\u00e9sulte). Les termes sont distingu\u00e9s en ing\u00e9nierie, o\u00f9 le stress ou la contrainte se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la charge plac\u00e9e sur une structure et la tension se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 la d\u00e9formation de la structure qui en r\u00e9sulte. C&rsquo;est une m\u00e9taphore pratique de la maladie et il semblerait utile de conserver cette distinction.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Le stress au travail fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des niveaux \u00e9lev\u00e9s d&rsquo;exigences li\u00e9es \u00e0 la situation de travail, souvent accentu\u00e9s par le faible niveau de contr\u00f4le du travailleur sur la situation (voir les d\u00e9finitions dans l&rsquo;encadr\u00e9). De telles exigences peuvent d\u00e9passer la capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation de la personne et entra\u00eener des sentiments de tension, peut-\u00eatre aussi des troubles tels que l&rsquo;hypertension, les ulc\u00e8res gastro-duod\u00e9naux, les migraines et autres. Le stress professionnel touche de nombreux Canadiens, surtout les femmes.<sup>35<\/sup>\u00a0Il co\u00efncide avec d&rsquo;autres d\u00e9terminants, comme le revenu : les m\u00e9nages aux revenus les plus faibles d\u00e9clarent des niveaux \u00e9lev\u00e9s de stress professionnel en raison de la pr\u00e9carit\u00e9 et de l&rsquo;insatisfaction li\u00e9es au travail. Les travailleurs qui disent avoir un emploi pr\u00e9caire \u00e9prouvent davantage d&rsquo;effets physiques et mentaux ind\u00e9sirables.<sup>36<\/sup>\u00a0Le stress professionnel peut d\u00e9couler de la combinaison d\u2019exigences psychologiques \u00e9lev\u00e9es (comme le fait de devoir travailler rapidement) et d&rsquo;un manque de libert\u00e9 par rapport aux d\u00e9cisions relatives au travail (comme le fait d\u2019avoir un poste de subordonn\u00e9).<sup>37<\/sup> Ce stress r\u00e9sulte aussi d&rsquo;une disparit\u00e9 entre l&rsquo;effort exig\u00e9 et la r\u00e9compense : les postes peu r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s qui exigent un effort important donnent lieu \u00e0 un stress, ce qui m\u00e8ne souvent \u00e0 des troubles de sant\u00e9.<sup>38<\/sup>\u00a0Selon une \u00e9tude dans le cadre de laquelle on a suivi 10 000 fonctionnaires britanniques pendant dix ans, le manque de contr\u00f4le en milieu de travail augmente le risque de maladies cardiaques subs\u00e9quentes.<sup>39<\/sup>\u00a0La r\u00e9organisation du milieu de travail afin d&rsquo;offrir une plus grande vari\u00e9t\u00e9 de t\u00e2ches et plus de pouvoir d\u00e9cisionnel au travail peut r\u00e9duire le risque.<\/p>\n<div class=\"additional-material\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lesaccidentsdutravail\">Les accidents du travail<\/h3>\n<div id=\"Lesaccidentsdutravail\" class=\"collapse\">\n<p>Les accidents du travail sont une cause importante d&rsquo;invalidit\u00e9 et de mortalit\u00e9 au Canada. En 2020, 313 travailleurs canadiens sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s suite \u00e0 une blessure au travail\u00a0; 611 autres sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s des maladies li\u00e9es au travail.<sup>40<\/sup> Il y a eu plus de 253 000 demandes d&rsquo;indemnisation pour temps perdu au travail en raison d\u2019une blessure ; 62 % environ touchaient les hommes.<sup>41<\/sup>\u00a0Plus le revenu d&rsquo;un travailleur est faible, plus il est susceptible d&rsquo;\u00eatre victime d&rsquo;une blessure professionnelle.<sup>42\u00a0<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div><\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#L\u2019historiqueprofessionneldePaul\">L\u2019historique professionnel de Paul<\/h3>\n<div id=\"L\u2019historiqueprofessionneldePaul\" class=\"collapse\">\n<p>Enfant, Paul ne s&rsquo;int\u00e9ressait pas \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole. Il avait de la difficult\u00e9 \u00e0 suivre en classe. Ses parents ne voyaient pas la valeur de l&rsquo;instruction, car on pouvait trouver dans les mines de bons emplois qui n&rsquo;exigeaient pas d&rsquo;\u00e9tudes. Cependant, sous les tendances de l\u2019\u00e9conomie globale l&rsquo;industrie mini\u00e8re a subi des revers et les directeurs de compagnies se sont permis des libert\u00e9s avec les lois en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9. Paul s&rsquo;est rendu compte que son travail \u00e9tait pr\u00e9caire. Cela le pr\u00e9occupait, mais il ne voyait aucune fa\u00e7on de s&rsquo;en sortir. Il devait passer outre aux consignes de s\u00e9curit\u00e9 et travailler de longues heures. \u00c0 la fin d&rsquo;un quart de 12 heures, Paul a fait une chute et s&rsquo;est tordu le cou en portant une charge lourde et encombrante. Cette blessure a caus\u00e9 son arr\u00eat de travail.<\/p>\n<p>Pour l\u2019instant, Paul est sans emploi et touche une indemnit\u00e9 d&rsquo;accident du travail. La menace de r\u00e9duction des effectifs de sa mine a probablement ajout\u00e9 \u00e0 son niveau de stress au cours de la p\u00e9riode pr\u00e9c\u00e9dant l&rsquo;accident ; cela s&rsquo;est ajout\u00e9 au stress physique et mental associ\u00e9 au travail \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9. Bien que l&rsquo;indemnisation des travailleurs puisse r\u00e9pondre \u00e0 certains de ses soucis financiers, elle ne correspondra pas au revenu qu&rsquo;il gagnait en tant que mineur, et ses perspectives d&#8217;emploi futur sont limit\u00e9es, ce qui aggrave encore plus son stress.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lefardeaudesobligations\">Le fardeau des obligations familiales : \u00eatre aidant naturel<\/h3>\n<div id=\"Lefardeaudesobligations\" class=\"collapse\">Prendre soin d&rsquo;un parent malade ou \u00e2g\u00e9 occasionne souvent un travail non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9, surtout pour les femmes. Chez les aidants naturels qui ont aussi un emploi, cela peut augmenter le stress professionnel et nuire \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 d&#8217;emploi en raison des absences li\u00e9es au soin du parent. La diminution du revenu qui en d\u00e9coule a des r\u00e9percussions sur toute la famille. Plusieurs pays ont mis sur pied de l\u2019aide financi\u00e8re pour les aidants naturels, tel que les <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/fr\/emploi-developpement-social\/programmes\/assurance-emploi\/ae-liste\/rapports\/compassion.html\">prestations de compassion<\/a> dans le cadre de l&rsquo;assurance-emploi au Canada en 2006 pour offrir un revenu suppl\u00e9mentaire aux personnes qui prennent soin de parents malades.<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_envphys\"><\/a>L\u2019environnement physique<\/h3>\n<p>Les influences environnementales sur la sant\u00e9 peuvent \u00eatre positives ou n\u00e9gatives, et existent \u00e0 tous les niveaux g\u00e9ographiques, depuis les probl\u00e8mes mondiaux (changement climatique) jusqu&rsquo;aux probl\u00e8mes nationaux et r\u00e9gionaux (destruction de l&rsquo;environnement due \u00e0 la guerre; pollution de l&rsquo;air et de l&rsquo;eau), en passant par les probl\u00e8mes de l&rsquo;environnement b\u00e2ti local (l&rsquo;appartement moisi de M<sup>me<\/sup> Sulawesi). Les avantages positifs de passer du temps dans un paysage magnifique sont universellement reconnus (voir l&rsquo;encadr\u00e9 \u00ab Lieux positifs \u00bb), mais la plupart des recherches en sant\u00e9 se concentrent sur les influences n\u00e9gatives de l&rsquo;environnement. L&rsquo;exposition aux contaminants de l&rsquo;air, de l&rsquo;eau, et du sol est associ\u00e9e aux maladies transmissibles et non transmissibles. Les changements climatiques et les ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques extr\u00eames associ\u00e9s affectent de plus en plus la sant\u00e9 publique : hyperthermie due \u00e0 la chaleur extr\u00eame; br\u00fblures dues aux incendies; blessures caus\u00e9es par des vents et des pluies extr\u00eames; perturbation sociale due au changement du niveau de la mer; sous-alimentation dans les zones pauvres en raison de l&rsquo;impact sur l&rsquo;agriculture; risque accru d&rsquo;infections transmises par les aliments, l&rsquo;eau et les vecteurs et les agents infectieux et la distribution changeante des vecteurs et des agents infectieux qui peuvent introduire des maladies dans des r\u00e9gions auparavant non affect\u00e9es.<sup>43<\/sup>\u00a0Peu de communaut\u00e9s seront \u00e0 l&rsquo;abri et il y a tr\u00e8s peu de solutions \u00e0 court terme. D&rsquo;autres renseignements d&rsquo;un point de vue canadien se trouvent dans les rapports de Ressources naturelles Canada.<sup>44, 45\u00a0<\/sup><\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lieuxpositifs\">Lieux positifs<\/h3>\n<div id=\"Lieuxpositifs\" class=\"collapse\">Il existe de nombreux exemples des effets b\u00e9n\u00e9fiques des lieux sur la sant\u00e9. Les chambres d&rsquo;h\u00f4pital avec vue sur un jardin peuvent acc\u00e9l\u00e9rer le r\u00e9tablissement;<sup>46<\/sup>\u00a0un sentiment d&rsquo;attachement au lieu procure aux personnes \u00e2g\u00e9es un sentiment d&rsquo;estime de soi et de s\u00e9curit\u00e9;<sup>47<\/sup>\u00a0le jardinage a des bienfaits pour la sant\u00e9<sup>48<\/sup> et le contact avec la nature conf\u00e8re un \u00e9ventail de bienfaits pour la sant\u00e9.<sup>49\u00a0<\/sup><\/div>\n<\/div>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Enapprendredavantagesurlasant\u00e9environnementale\">En apprendre davantage sur la sant\u00e9 environnementale<\/h3>\n<div id=\"Enapprendredavantagesurlasant\u00e9environnementale\" class=\"collapse\">\n<p>Si vous d\u00e9sirez en apprendre davantage sur la sant\u00e9 environnementale, le Centre de collaboration nationale en sant\u00e9 environnementale est une des six centres de collaboration. Il r\u00e9alise les revues syst\u00e9matiques sur les dangers en sant\u00e9 environnementale et qui pr\u00e9parent des lignes directrices. Vous pouvez obtenir de plus amples renseignements sur son <a href=\"http:\/\/www.ncceh.ca\/fr\/accueil\">site Web<\/a>, o\u00f9 vous trouverez des analyses documentaires, des communiqu\u00e9s de presse, des \u00e9nonc\u00e9s de politique et des descriptions de pratiques novatrices.<\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale, l&rsquo;Organisation mondiale de la Sant\u00e9 offre <a href=\"http:\/\/www.who.int\/topics\/environmental_health\/fr\/index.html\">un site Web sur la sant\u00e9 environnementale<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lapollutionatmosph\u00e9riqueauCanada\">La pollution atmosph\u00e9rique au Canada<\/h3>\n<div id=\"Lapollutionatmosph\u00e9riqueauCanada\" class=\"collapse\"><a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/fr\/environnement-changement-climatique\/services\/pollution-atmospherique\/publications\/rapport-inventaire-emissions-2024\/sommaire.html\">Environnement Canada<\/a> pr\u00e9sente les tendances encourageantes dans les niveaux d\u2019\u00e9missions de polluants atmosph\u00e9riques. En 2022, et par rapport aux niveaux de 1990, les exemples notables comprennent une baisse de 95 % des \u00e9missions de cadmium, de 91 % des \u00e9missions de mercure, de 88 % des \u00e9missions de plomb, de 78 % des \u00e9missions de dioxydes de soufre<span class=\"apple-converted-space\">\u00a0<\/span>et de 65 % des \u00e9missions de monoxyde de carbone (CO). La source majeure de CO est l&rsquo;industrie du transport. Le CO est en baisse constante depuis que l\u2019on a resserr\u00e9 les normes r\u00e9gissant les \u00e9missions des v\u00e9hicules, mais il provient aussi de sources naturelles comme les feux de for\u00eat, qui varient consid\u00e9rablement mais qui sont li\u00e9s aux changements du climat. La sant\u00e9 respiratoire est \u00e9galement influenc\u00e9e par les mati\u00e8res particulaires totales (MPT) dans l&rsquo;air. La quantit\u00e9 de MPT de sources industrielles a diminu\u00e9 d&rsquo;environ 44% entre 1990 et 2012, mais cela ne repr\u00e9sente qu&rsquo;une petite partie du probl\u00e8me global : pr\u00e8s de 95 % des MPT proviennent de \u00ab sources ouvertes \u00bb : la poussi\u00e8re des routes, de l&rsquo;agriculture et des chantiers. Les MPT de ces sources ont augment\u00e9 de 33 % entre 1990 et 2020, principalement en raison de la construction et de la conduite sur les routes non goudronn\u00e9es.<\/div>\n<\/div>\n<p>Le mouvement du transport actif cherche des moyens d&rsquo;encourager le transport \u00e0 propulsion humaine (\u00e0 pied ou \u00e0 bicyclette plut\u00f4t qu&rsquo;en voiture) comme approche efficace pour r\u00e9duire la pollution tout en favorisant la bonne forme physique. Sa faisabilit\u00e9 d\u00e9pend des caract\u00e9ristiques de l&rsquo;environnement b\u00e2ti, comme la proximit\u00e9 des destinations pertinentes, la s\u00e9curit\u00e9 per\u00e7ue, l&rsquo;am\u00e9nagement des rues et aussi l&rsquo;environnement naturel, comme les parcs ou les sentiers.<sup>50<\/sup>\u00a0La pr\u00e9f\u00e9rence nord-am\u00e9ricaine pour le transport motoris\u00e9 priv\u00e9 demeure forte; comme les gens vivent plus loin du centre-ville, ils conduisent davantage, ce qui augmente le risque de collisions de v\u00e9hicules, ainsi que \u00ab des taux plus \u00e9lev\u00e9s de maladies cardiaques et respiratoires et d&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9, et un stress \u00e9lev\u00e9 li\u00e9 \u00e0 la fois \u00e0 la circulation congestionn\u00e9e et \u00e0 l&rsquo;augmentation des niveaux de bruit \u00bb.<sup>17<\/sup>\u00a0Dans les zones rurales o\u00f9 la voiture priv\u00e9e est le seul moyen de transport et o\u00f9 la marche ou le v\u00e9lo est impraticable (et souvent dangereux en raison des conditions routi\u00e8res), la pr\u00e9valence de l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 est plus \u00e9lev\u00e9e que dans les zones urbaines, et les accidents de la route sont fr\u00e9quents.<\/p>\n<h3><a id=\"_soins\"><\/a>Les services de sant\u00e9 individuelle et publique<\/h3>\n<p>Les perc\u00e9es dans les soins de sant\u00e9 ont entra\u00een\u00e9 des avantages \u00e9normes pour la sant\u00e9 et la long\u00e9vit\u00e9 dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s. Les produits pharmaceutiques, y compris les antibiotiques, l&rsquo;antisepsie, et les chirurgies salvatrices ont r\u00e9volutionn\u00e9 la prise en charge de la plupart des maladies.<br \/>\nCependant, l&rsquo;impact le plus impressionnant est venu des interventions de sant\u00e9 publique telles que l&rsquo;assainissement et les mesures de contr\u00f4le des maladies transmissibles et de la pr\u00e9vention des maladies (immunisation, mesures de contr\u00f4le du tabac et d\u00e9pistage).<sup>51<\/sup>\u00a0Les mesures techniques de base, telles que la protection de l&rsquo;approvisionnement en eau, l&rsquo;am\u00e9lioration de la production alimentaire ou la r\u00e9duction du surpeuplement des maisons, ont souvent le plus grand impact sur la sant\u00e9 globale. Ceci est illustr\u00e9 par le d\u00e9clin de la tuberculose en Angleterre et au Pays de Galles. Comme le montre la figure 2.2, la mortalit\u00e9 due \u00e0 la tuberculose avait diminu\u00e9 pendant au moins 100 ans avant l&rsquo;introduction d&rsquo;un traitement efficace; cette baisse pr\u00e9coce a \u00e9t\u00e9 obtenue par des moyens non sp\u00e9cifiques tels que l&rsquo;am\u00e9lioration du logement et de la nutrition, et par des mesures l\u00e9gislatives sp\u00e9cifiques telles que l&rsquo;interdiction de cracher en public pour r\u00e9duire la transmission de la maladie. La polio, la variole et la coqueluche ont connu des d\u00e9clins similaires, qui ont tous r\u00e9agi de fa\u00e7on spectaculaire \u00e0 l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;hygi\u00e8ne bien avant que des traitements m\u00e9dicaux efficaces ne soient mis au point.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2343\" aria-describedby=\"caption-attachment-2343\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2343\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.3_fr.png\" alt=\"Figure 2.3 : La baisse historique de la tuberculose en Angleterre et au pays de Galles, 1840\u20131970, indiquant les d\u00e9couvertes essentielles \u00e0 la compr\u00e9hension de la maladie\" width=\"666\" height=\"491\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.3_fr.png 666w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.3_fr-300x221.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2343\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.2 : La baisse historique de la tuberculose en Angleterre et au pays de Galles, 1840\u20131970, indiquant les d\u00e9couvertes essentielles \u00e0 la compr\u00e9hension de la maladie<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les interventions de sant\u00e9 publique visant \u00e0 am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de l&rsquo;air ou de l&rsquo;eau profitent \u00e0 tous les citoyens, alors que les avantages des soins m\u00e9dicaux individuels sont moins uniform\u00e9ment r\u00e9partis : environ quatre millions de Canadiens n&rsquo;ont pas acc\u00e8s \u00e0 un m\u00e9decin de famille.<sup>52<\/sup>\u00a0Malgr\u00e9 les soins de sant\u00e9 universels assur\u00e9s, l&rsquo;acc\u00e8s aux m\u00e9dicaments, \u00e0 la dentisterie, aux soins \u00e0 domicile et au soutien \u00e0 domicile peut \u00eatre consid\u00e9rablement affect\u00e9 par le revenu. Mais m\u00eame lorsque les obstacles financiers aux soins sont \u00e9limin\u00e9s, nous courons le risque d&rsquo;in\u00e9galit\u00e9s persistantes en mati\u00e8re de sant\u00e9 si les programmes ne sont pas accessibles en raison de l&#8217;emplacement ou de l&rsquo;inconfort qu&rsquo;\u00e9prouve une personne \u00e0 utiliser les installations. Les bureaux des praticiens ont tendance \u00e0 \u00eatre construits dans des quartiers plus riches, o\u00f9 la valeur des propri\u00e9t\u00e9s sera pr\u00e9serv\u00e9e et o\u00f9 la qualit\u00e9 de vie de leurs employ\u00e9s est plus attrayante, mais o\u00f9 le besoin de soins est plus faible. De m\u00eame, les installations pertinentes \u00e0 la promotion de la sant\u00e9, comme les installations d&rsquo;exercice commercial, sont moins susceptibles d&rsquo;\u00eatre construites dans les quartiers \u00e0 faible revenu ou les quartiers d&rsquo;immigrants.<sup>53<\/sup>\u00a0Il existe une tension inh\u00e9rente entre l&rsquo;efficacit\u00e9 \u00e9conomique, qui m\u00e8ne au regroupement des services sp\u00e9cialis\u00e9s dans les zones urbaines, et l&rsquo;acc\u00e8s g\u00e9ographique pour les gens dans les zones rurales. La plus grande am\u00e9lioration globale de la sant\u00e9 peut maintenant provenir de l&rsquo;am\u00e9lioration de l&rsquo;acc\u00e8s des groupes d\u00e9favoris\u00e9s : m\u00e9decine \u00e0 distance pour les personnes vivant dans des r\u00e9gions \u00e9loign\u00e9es; centres de sant\u00e9 communautaires pour les habitants des rues, les travailleurs du sexe et les toxicomanes; cliniques de planification familiale pour les adolescents et cliniques qui r\u00e9pondent aux besoins des quartiers multiethniques o\u00f9 les membres du personnel parlent des langues minoritaires et dispensent des soins culturellement appropri\u00e9s.<\/p>\n<h3><a id=\"_genre\"><\/a>Le sexe et le genre<\/h3>\n<p>Le sexe fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 notre identit\u00e9 biologique en tant qu&rsquo;homme ou femme, tandis que le genre fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la diff\u00e9rence de statut, de style de vie et d&rsquo;acc\u00e8s aux services li\u00e9s au sexe de la personne. Il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 \u00ab l&rsquo;ensemble des r\u00f4les et des relations socialement construits, des traits de personnalit\u00e9, des attitudes, des comportements, des valeurs, du pouvoir relatif et de l&rsquo;influence que la soci\u00e9t\u00e9 attribue aux deux sexes sur une base diff\u00e9rentielle \u00bb.<sup>54<\/sup><\/p>\n<p>\u00c0 l&rsquo;heure actuelle, les femmes au Canada vivent en moyenne plus longtemps que les hommes, comme l&rsquo;illustre la figure 2.1, bien que les femmes souffrent de plus nombreux \u00e9pisodes de morbidit\u00e9 que les hommes. Les diff\u00e9rences biologiques entre les sexes, le d\u00e9veloppement pr\u00e9coce de maladies mortels comme les maladies cardiaques chez les hommes, ainsi que les contrastes dans la r\u00e9partition d&rsquo;autres d\u00e9terminants de la sant\u00e9 contribuent \u00e0 cet \u00e9cart.<sup>55<\/sup>\u00a0Toutefois, et surtout en raison du mouvement f\u00e9ministe, on a port\u00e9 une attention particuli\u00e8re aux disparit\u00e9s de genre. Elles surviennent dans toutes les soci\u00e9t\u00e9s, touchent au pouvoir, \u00e0 la libert\u00e9, aux ressources et aux valeurs, et peuvent avoir des r\u00e9percussions sur la sant\u00e9. Certains des exemples les plus frappants sont l&rsquo;exploitation des femmes dans l&rsquo;industrie du sexe, les mariages de femmes mineures ou les conditions de travail dans les ateliers clandestins de l&rsquo;industrie du v\u00eatement. Dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, il existe souvent des iniquit\u00e9s du revenu li\u00e9es au genre; les femmes (\u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;industrie agricole) gagnent environ 20 % de moins que les hommes.<sup>56<\/sup>\u00a0Comme les parents seuls sont presque toujours des femmes, le revenu inf\u00e9rieur des femmes concerne aussi leurs enfants.<sup>17<\/sup><\/p>\n<p>Les iniquit\u00e9s en sant\u00e9 li\u00e9es au genre ne r\u00e9sultent pas uniquement des disparit\u00e9s du revenu; le genre est aussi associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;acc\u00e8s diff\u00e9rentiel aux services de sant\u00e9, aux obligations in\u00e9gales de s\u2019acquitter des t\u00e2ches familiales non r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es et aux disparit\u00e9s dans la nutrition.<sup>23<\/sup> Des iniquit\u00e9s li\u00e9es au genre existent \u00e9galement dans la recherche sur la sant\u00e9 : par le pass\u00e9, il \u00e9tait plus probable que les essais cliniques aient recours \u00e0 des sujets exp\u00e9rimentaux de sexe masculin bien que les bienfaits de nombreuses interventions varient entre les hommes et les femmes.<sup>57, 58<\/sup>\u00a0Par exemple, malgr\u00e9 l\u2019augmentation de mortalit\u00e9 cardiovasculaire chez les femmes elles sont moins impliqu\u00e9es dans les \u00e9tudes.<sup>59<\/sup>\u00a0Les femmes ne pr\u00e9sentent pas une maladie cardiaque de la m\u00eame fa\u00e7on que les hommes et sont moins susceptibles de recevoir un bon diagnostic et un traitement en temps opportun. \u00c9tant donn\u00e9 ces d\u00e9savantages d&rsquo;\u00eatre une femme, nous n&rsquo;avons pas encore expliqu\u00e9 pourquoi les femmes vivent plus longtemps. Cela s&rsquo;explique en partie par les diff\u00e9rences entre les sexes dans la prise de risque, qui est \u00e0 son tour li\u00e9e \u00e0 la culture.<\/p>\n<h3><a id=\"_culture\"><\/a>La culture<\/h3>\n<p>\u00ab La culture est un syst\u00e8me d&rsquo;id\u00e9es, de valeurs et de m\u00e9taphores que l&rsquo;on utilise ou que l\u2019on incarne de mani\u00e8re consciente ou subconsciente dans la vie de tous les jours. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un strict ensemble de traits comportementaux, mais d&rsquo;un syst\u00e8me fluide et adaptatif d\u2019attribution de sens. \u00bb <sup>60<\/sup> La culture \u00ab explique le savoir-faire pour bien fonctionner dans une soci\u00e9t\u00e9. \u00bb <sup>61<\/sup>\u00a0Quelques termes connexes sont d\u00e9finis dans l\u2019encadr\u00e9 r\u00e9serv\u00e9 aux d\u00e9finitions.<\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Partageettransmissiondelaculture\">Partage et transmission de la culture<\/h3>\n<div id=\"Partageettransmissiondelaculture\" class=\"collapse\">\n<p>La culture s&rsquo;apprend et se transmet de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration par le processus de socialisation. Les parents transmettent des valeurs culturelles, mais il en va de m\u00eame pour les groupes de pairs et les \u00e9coles. Les jeunes ont ainsi souvent du mal \u00e0 choisir le code culturel \u00e0 suivre; ils re\u00e7oivent des messages contradictoires, ce qui peut mener \u00e0 la r\u00e9bellion des adolescents et \u00e0 d&rsquo;importantes cons\u00e9quences sur la sant\u00e9, comme la consommation de drogues. Cette tension peut \u00eatre amplifi\u00e9 dans les familles d&rsquo;immigrants si les parents ne comprennent pas la culture locale adopt\u00e9e.<\/p>\n<p>La culture n&rsquo;est pas unitaire. La plupart des soci\u00e9t\u00e9s identifient une culture dominante et diverses sous-cultures.\u00a0Ceux-ci peuvent \u00eatre d\u00e9finis en termes d&rsquo;\u00e2ge (culture adolescente), de mode de vie (culture gaie), d&rsquo;ethnicit\u00e9 (antillais), d&#8217;emplacement (culture de rue) ou m\u00eame de probl\u00e8mes de sant\u00e9 (culture de la drogue, Alcooliques anonymes). La plupart des individus appartiennent \u00e0 plusieurs groupes culturels en m\u00eame temps.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#raceetethnicit\u00e9\">Race et ethnicit\u00e9<\/h3>\n<div id=\"raceetethnicit\u00e9\" class=\"collapse\">\n<p>L&rsquo;<strong>ethnicit\u00e9<\/strong> est un terme impr\u00e9cis pour d\u00e9signer l&rsquo;identit\u00e9 collective selon une combinaison de la race, de la religion ou d&rsquo;une histoire particuli\u00e8re. Un groupe ethnique partage des coutumes culturelles qui le distinguent des groupes environnants. \u00c0 la diff\u00e9rence de la race, les caract\u00e9ristiques ethniques partag\u00e9es sont des valeurs, des normes et des id\u00e9es plut\u00f4t que des caract\u00e9ristiques physiques. Les groupes ethniques sont habituellement des sous-groupes d&rsquo;une culture ou d&rsquo;un regroupement racial. L&rsquo;ethnicit\u00e9 peut d\u00e9signer la mani\u00e8re dont une personne se d\u00e9crit selon son origine, son histoire et sa culture.<\/p>\n<p>La <strong>race<\/strong> est une classification quasi biologique des \u00eatres humains qui se fonde sur les caract\u00e9ristiques physiques communes h\u00e9r\u00e9ditaires : \u00ab Une division de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine poss\u00e9dant des traits qui sont transmissibles par la descendance et suffisants pour \u00eatre caract\u00e9ris\u00e9s comme \u00e9tant de type humain. \u00bb La race n&rsquo;est pas une classification rigoureuse sur le plan scientifique. Il existe des m\u00e9langes parmi les races, et il peut y avoir davantage de variabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique dans une m\u00eame race qu&rsquo;entre deux races.<\/p>\n<p>Le <strong>multiculturalisme<\/strong> est la reconnaissance de la diversit\u00e9 raciale et culturelle et le respect des coutumes et des croyances des autres. Il comprend le droit \u00e0 l&rsquo;\u00e9galit\u00e9 des chances et de la reconnaissance, sans distinction de race, de couleur ou de religion.<\/p>\n<p><strong>Racis\u00e9<\/strong> fait r\u00e9f\u00e9rence au processus consistant \u00e0 se concentrer sur l\u2019identit\u00e9 racial en tant que caract\u00e9ristique saillante d\u2019une personne ou d\u2019une groupe, pour les marginaliser et les discriminer. Cela d\u00e9tournera souvent l\u2019attention des v\u00e9ritables d\u00e9terminants de la sant\u00e9, comme la pauvret\u00e9.<\/p>\n<p>Les <strong>pr\u00e9jug\u00e9s<\/strong> sont des id\u00e9es sans fondement (g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9gatives, mais pouvant aussi \u00eatre positives) au sujet d&rsquo;un groupe (racial, social ou ethnique). Ces id\u00e9es r\u00e9sistent au changement et se pr\u00eatent rarement \u00e0 une discussion logique.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>La culture filtre l&rsquo;effet d&rsquo;autres d\u00e9terminants sociaux, influen\u00e7ant la fa\u00e7on dont les groupes d&rsquo;individus r\u00e9agissent \u00e0 leur situation et \u00e0 leur environnement. Nos ant\u00e9c\u00e9dents culturels influencent nos croyances, nos comportements, nos perceptions, nos \u00e9motions, notre langage, notre alimentation, notre image corporelle et nos attitudes face \u00e0 la maladie, \u00e0 la douleur ou au malheur, qui peuvent tous influencer la sant\u00e9 et l&rsquo;utilisation des soins de sant\u00e9.<sup>62<\/sup>\u00a0Cependant, bien que les cultures puissent \u00eatre partag\u00e9es, les gens sont loin d&rsquo;\u00eatre homog\u00e8nes et nous ne devons jamais supposer que tous les membres d&rsquo;une culture auront les m\u00eames normes et valeurs ou r\u00e9agiront de la m\u00eame mani\u00e8re aux nouvelles id\u00e9es et connaissances. Certaines erreurs et pr\u00e9jug\u00e9s peuvent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s en prenant soin de consid\u00e9rer la culture comme influen\u00e7ant le comportement dans chaque contexte sp\u00e9cifique, plut\u00f4t qu&rsquo;en g\u00e9n\u00e9ral.<sup>62<\/sup>\u00a0Le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-3\">chapitre 3<\/a> explore comment les cliniciens peuvent int\u00e9grer la conscience culturelle dans leur pratique quotidienne de la m\u00e9decine.<\/p>\n<h2><a id=\"_detrisque\"><\/a>D\u00e9terminants et facteurs de risque<\/h2>\n<p>La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la culture d&rsquo;une personne comme filtre pour d&rsquo;autres d\u00e9terminants sociaux introduit l&rsquo;id\u00e9e d&rsquo;\u00e9tapes multiples dans la cha\u00eene causale d&rsquo;une maladie, allant des d\u00e9terminants sociaux les plus larges, en passant par les influences environnementales locales, jusqu&rsquo;aux facteurs de risque personnels. Une m\u00e9taphore commune de la causalit\u00e9 (et de la pr\u00e9vention) d&rsquo;une maladie distingue les facteurs sous-jacents ou distaux, comme une politique gouvernementale qui couvre la prestation de services de vaccination, les facteurs interm\u00e9diaires comme l&rsquo;accessibilit\u00e9 des \u00e9tablissements de sant\u00e9 locaux et les facteurs proximaux comme le choix d&rsquo;obtenir ou non d&rsquo;une immunisation. Une m\u00e9taphore \u00e9quivalente fait r\u00e9f\u00e9rence aux facteurs en amont et en aval (voir l\u2019illustration).<br \/>\n<a id=\"_amont\"><\/a><\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#M\u00e9taphoredel\">M\u00e9taphore de l&rsquo;amont et de l&rsquo;aval<\/h3>\n<div id=\"M\u00e9taphoredel\" class=\"collapse\">Cette m\u00e9taphore met en contraste les approches cliniques et de sant\u00e9 publique; elle imagine une rivi\u00e8re dangereuse dans laquelle des gens se sont noy\u00e9s. Suivant un mod\u00e8le clinique, les secouristes travaillent en aval mais ont du mal \u00e0 les retirer, mais ils se rendent compte que, peu importe \u00e0 quel point ils travaillent dur, ils ne peuvent pas sauver toutes les victimes. Ils discutent de la fa\u00e7on d&rsquo;amasser des fonds pour embaucher plus de personnel, peut-\u00eatre pour payer les panneaux d&rsquo;avertissement. Par contre, l&rsquo;approche de sant\u00e9 publique recommande de regarder en amont pour comprendre pourquoi les gens tombent ou sautent dans la rivi\u00e8re. On peut peut-\u00eatre y rem\u00e9dier, par exemple en construisant un pont ou en installant une cl\u00f4ture, ou m\u00eame (dans une approche ax\u00e9e sur la sant\u00e9 de la population) en s&rsquo;attaquant aux d\u00e9terminants des tentatives de suicide.<\/div>\n<\/div>\n<p>Les d\u00e9terminants sociaux \u00e9tablissent les grandes tendances de la sant\u00e9 dans les groupes ou les populations : ils fixent les taux d&rsquo;incidence de la maladie. Mais les d\u00e9terminants n&rsquo;identifient pas la personne qui tombera malade. Il y aura toujours une variabilit\u00e9 individuelle autour des moyennes indiqu\u00e9es dans un graphique comme la figure 2.1 : certains individus vivent plus longtemps que la moyenne de leur groupe de revenu et d&rsquo;autres ont une vie plus courte. Cette variabilit\u00e9 au sein d&rsquo;un groupe est surtout attribuable \u00e0 l&rsquo;\u00e9quilibre au niveau de l&rsquo;individu entre les facteurs de risque personnel et les facteurs de protection \u2013 les caract\u00e9ristiques de la personne, son comportement, sa biologie ou son environnement qui se combinent pour augmenter ou r\u00e9duire son niveau de risque par rapport \u00e0 celui du groupe. Pour expliquer un cas individuel, nous devons consid\u00e9rer \u00e0 la fois les d\u00e9terminants sous-jacents de l&rsquo;incidence de la maladie dans la population qui fixent le risque absolu pour le groupe auquel il ou elle appartient, ainsi que les facteurs de risque individuels qui modifient le taux de base pour cette personne, relatif au risque absolu dans le groupe.<\/p>\n<p><a id=\"_fig2.4\"><\/a>Nous pouvons maintenant \u00e9tendre le diagramme de l&rsquo;histoire naturelle d&rsquo;une maladie, pr\u00e9sent\u00e9 au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-1\/#histnat\">chapitre 1<\/a>, pour montrer une cha\u00eene de causalit\u00e9 comme l&rsquo;illustre la figure 2.3. La cha\u00eene est \u00e9tal\u00e9e sur la dur\u00e9e de vie d&rsquo;un individu :<sup>18<\/sup><\/p>\n<figure id=\"attachment_2345\" aria-describedby=\"caption-attachment-2345\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2345\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.4_fr.png\" alt=\"Figure 2.4 : Pr\u00e9curseurs et \u00e9volution clinique de la maladie\" width=\"666\" height=\"491\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.4_fr.png 666w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.4_fr-300x221.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2345\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.3 : Pr\u00e9curseurs et \u00e9volution clinique de la maladie<\/figcaption><\/figure>\n<p>Bien que la terminologie soit incoh\u00e9rente entre les auteurs, il peut \u00eatre logique de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 une influence telle que le statut socio-\u00e9conomique comme facteur de risque lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un individu (le revenu limit\u00e9 de Paul l&rsquo;a forc\u00e9 \u00e0 compter sur la collecte de bois pour se chauffer) et comme un d\u00e9terminant lorsque l&rsquo;accent est mis sur les processus de groupe (la hausse des prix du mazout de chauffage a particuli\u00e8rement durement frapp\u00e9 les familles les plus pauvres). Le tabagisme de Paul est un facteur de risque, mais il a \u00e9t\u00e9 influenc\u00e9 dans une certaine mesure par le mode de tabagisme dans le groupe social dans lequel il vit \u2013 la culture de groupe. Cette tendance s&rsquo;est d\u00e9velopp\u00e9e dans le contexte des d\u00e9terminants sociaux tels que les politiques nationales r\u00e9gissant le tabac; ces politiques avaient \u00e0 leur tour des racines \u00e9conomiques et historiques. Comme la plupart des facteurs de risque modifiables concernent le comportement individuel, les sections suivantes passent en revue les mod\u00e8les explicatifs des comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9.<\/p>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lesd\u00e9clencheursdel\u2019anginedePaul\">Les d\u00e9clencheurs de l\u2019angine de Paul<\/h3>\n<div id=\"Lesd\u00e9clencheursdel\u2019anginedePaul\" class=\"collapse\">\n<p>Paul Richard a d&rsquo;abord remarqu\u00e9 sa douleur de poitrine en ramassant du bois pour le po\u00eale de sa famille. Selon lui, ce n&rsquo;est rien de grave ; il ne se sent pas vieux et il a arr\u00eat\u00e9 de fumer, bien qu&rsquo;il fume \u00e0 l&rsquo;occasion derni\u00e8rement lorsqu&rsquo;il est avec ses amis ; comme ils sont tous des fumeurs, il est difficile de refuser une cigarette. Julie lui avait rappel\u00e9 que son p\u00e8re est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 d&rsquo;une crise cardiaque \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 62 ans et a insist\u00e9 pour qu&rsquo;il consulte le D<sup>r<\/sup> Rao \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 les ant\u00e9c\u00e9dents familiaux de Paul, son mode de vie et le genre de douleur dont il dit souffrir, le D<sup>r<\/sup> Rao soup\u00e7onne une angine d&rsquo;effort d&rsquo;intensit\u00e9 l\u00e9g\u00e8re. Il sait que ce diagnostic est commun chez un homme de l\u2019\u00e2ge et statut socio\u00e9conomique de Paul. Mais donn\u00e9 que le D<sup>r<\/sup> Rao ne peut rien faire pour modifier ces d\u00e9terminants, il discute des risques de l&rsquo;activit\u00e9 physique, notamment de l&rsquo;effort intense qu&rsquo;exige le transport de b\u00fbches, surtout pour un homme comme Paul, g\u00e9n\u00e9ralement s\u00e9dentaire et pas tr\u00e8s en forme.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Causesfacteursderisqueetd\u00e9terminants\">Causes, facteurs de risque et d\u00e9terminants<\/h3>\n<div id=\"Causesfacteursderisqueetd\u00e9terminants\" class=\"collapse\">\n<p>La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la CAUSE est plus utile lorsqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;un cas individuel, comme l&rsquo;angine de Paul. Les causes fonctionnent g\u00e9n\u00e9ralement en cha\u00eene ou en s\u00e9quence causale; la cha\u00eene forme les \u00ab causes \u00bb d&rsquo;un cas. Ils se divisent g\u00e9n\u00e9ralement en causes sous-jacentes, contributives, et imm\u00e9diates. En m\u00e9decine clinique, cela peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme la s\u00e9quence \u00e9tiologique. Fumer a endommag\u00e9 les vaisseaux sanguins de Paul; les dommages signifient que ses vaisseaux coronaires ne peuvent pas r\u00e9agir ad\u00e9quatement \u00e0 l&rsquo;effort, de sorte que l&rsquo;isch\u00e9mie qui en r\u00e9sulte cause l&rsquo;angine.<\/p>\n<p>La notion de D\u00c9TERMINANT est g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9e pour expliquer les sch\u00e9mas de sant\u00e9 ou de maladie chez des groupes de personnes. Les d\u00e9terminants op\u00e8rent \u00e0 un niveau ant\u00e9rieur, \u00ab en amont \u00bb ou \u00ab distal \u00bb dans la cha\u00eene causale globale. Les d\u00e9terminants font r\u00e9f\u00e9rence aux circonstances qui produisent des causes proximales; ils \u00e9tablissent le risque global de la population. Ils sont souvent consid\u00e9r\u00e9s comme les causes des causes de la maladie.<\/p>\n<p>Le FACTEUR DE RISQUE est un terme g\u00e9n\u00e9ral qui comporte malheureusement une certaine ambigu\u00eft\u00e9. L&rsquo;intention est de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un facteur qui augmente la probabilit\u00e9 d&rsquo;un \u00e9tat de sant\u00e9 futur d\u00e9favorable, mais les facteurs de risque ne sont ni n\u00e9cessaires ni suffisants comme influences causales. Le tabagisme augmente consid\u00e9rablement les risques de maladies pulmonaires, mais les maladies pulmonaires peuvent survenir pour d&rsquo;autres raisons, et de nombreux fumeurs n&rsquo;attrapent pas de maladies pulmonaires.<\/p>\n<p>Les facteurs de risque comprennent \u00e9galement des variables qui ne sont pas causales : elles peuvent simplement \u00eatre associ\u00e9es au facteur causal. Le sexe ou l&rsquo;augmentation de l&rsquo;\u00e2ge peuvent ne pas \u00eatre eux-m\u00eames \u00e0 l&rsquo;origine de la maladie, mais sont associ\u00e9s \u00e0 des niveaux d&rsquo;hormones qui peuvent l&rsquo;\u00eatre. Les termes \u00ab marqueur de risque \u00bb ou \u00ab indicateur de risque \u00bb sont des termes plus pr\u00e9cis pour faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 un facteur corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 un facteur causal. De tels marqueurs sont utiles pour identifier une personne \u00e0 risque, mais ne repr\u00e9sentent pas une cible appropri\u00e9e pour une action visant \u00e0 r\u00e9duire ce risque.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_comport\"><\/a>Comportements personnels en mati\u00e8re de sant\u00e9 et habilet\u00e9s d&rsquo;adaptation<\/h2>\n<p>De nombreux d\u00e9terminants sociaux en amont influencent la sant\u00e9 par le biais de comportements personnels, notamment le tabagisme, l&rsquo;abus des substances, l&rsquo;alimentation et l&rsquo;exercice physique. Le <em>comportement de sant\u00e9<\/em> se r\u00e9f\u00e8re aux actions qui influencent si une personne va tomber malade ou non; le <em>comportement de maladie<\/em> se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 ses r\u00e9actions quand il le fait, y compris s&rsquo;il demande ou non des soins, puis suit les recommandations du m\u00e9decin. Le comportement de la maladie est influenc\u00e9 par les attentes sociales, d\u00e9crites par les sociologues en termes de \u00ab r\u00f4le de malade \u00bb, qui fait r\u00e9f\u00e9rence aux attentes de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard d&rsquo;une personne malade. La soci\u00e9t\u00e9 permet \u00e0 la personne malade d&rsquo;\u00eatre exempt\u00e9e de ses r\u00f4les sociaux normaux, mais en retour, on s&rsquo;attend \u00e0 ce qu&rsquo;elle essaie de recouvrer la sant\u00e9, en partie en cherchant \u00e0 obtenir des soins m\u00e9dicaux comp\u00e9tents et en suivant les recommandations du m\u00e9decin, y compris la modification des comportements de sant\u00e9.<sup>63, 64\u00a0<\/sup><\/p>\n<p>Les cliniciens trouvent g\u00e9n\u00e9ralement que modifier le comportement de sant\u00e9 des patients (les aider \u00e0 arr\u00eater de fumer, faire de l&rsquo;exercice, etc.) est lent et difficile. Cela s&rsquo;explique en partie par le fait que les comportements en mati\u00e8re de sant\u00e9 ne sont pas seulement une question de choix personnel, mais sont fortement influenc\u00e9s par les pressions sociales et culturelles, de sorte que le changement est le plus susceptible de r\u00e9sulter de l&rsquo;\u00e9volution des d\u00e9terminants sociaux (voir \u00ab Changer les pratiques personnelles en mati\u00e8re de sant\u00e9 \u00bb). La psychologie offre plusieurs mod\u00e8les th\u00e9oriques qui d\u00e9crivent les influences personnelles et contextuelles sur le comportement de sant\u00e9 ; ces mod\u00e8les aident \u00e0 expliquer pourquoi le comportement est souvent si difficile \u00e0 changer. L&rsquo;un des plus anciens et des plus connus est le Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9 (<em>Health Belief Model<\/em>).<\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Changerlespratiquespersonnelles\">L&rsquo;\u00e9volution des pratiques personnelles en mati\u00e8re de sant\u00e9<\/h3>\n<div id=\"Changerlespratiquespersonnelles\" class=\"collapse\">\n<p><strong>L&rsquo;usage du tabac<\/strong>. Les taux de tabagisme sont en d\u00e9clin dans la plupart des pays industrialis\u00e9s, sauf en Chine. Le Canada nous fournit bon exemple de cette victoire pour la sant\u00e9 publique. Selon l&rsquo;Enqu\u00eate de surveillance de l&rsquo;usage du tabac au Canada (ESUTC), men\u00e9e annuellement, la proportion des Canadiens qui disent \u00ab fumer quotidiennement ou \u00e0 l&rsquo;occasion \u00bb est pass\u00e9e de 25 % en 1999 \u00e0 18 % en 2008 et \u00e0 10% en 2020. Cependant, l&rsquo;industrie du tabac exerce toujours une pression importante pour s\u2019imposer. La fabrication du tabac est une industrie importante au Canada et la production du tabac est en croissance,\u00a0<span lang=\"FR\">ce qui contribue aux disparit\u00e9s internationales en sant\u00e9<\/span>.<sup>65<\/sup><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;alimentation<\/strong>. Les aliments que nous consommons et notre niveau d&rsquo;activit\u00e9 physique ont des effets directs sur notre poids. Environ 65 % des Canadiens \u00e2g\u00e9s de 20 ans et plus en 2013 faisaient de l&#8217;embonpoint ou \u00e9taient ob\u00e8ses (indice de masse corporelle (IMC) &gt; 25), comparativement \u00e0 71 % aux \u00c9tats-Unis, 56% en France et \u00e0 29 % au Japon.<sup>66, 67<\/sup>\u00a0Un IMC \u00e9lev\u00e9, un mode de vie s\u00e9dentaire et une mauvaise alimentation augmentent les risques de diab\u00e8te, de maladies cardiovasculaires, d&rsquo;arthrose, et ont d&rsquo;autres cons\u00e9quences m\u00e9dicales et sociales n\u00e9gatives. Comme c&rsquo;est le cas pour l&rsquo;usage du tabac, il existe d\u2019importants d\u00e9terminants sociaux et commerciaux qui favorisent l&rsquo;ob\u00e9sit\u00e9 dans la soci\u00e9t\u00e9. Par exemple, les bonnes habitudes alimentaires sont plus co\u00fbteuses, et les familles \u00e0 faibles revenus n&rsquo;ont souvent pas les moyens de bien s&rsquo;alimenter. En outre, le sel, le sucre et les mati\u00e8res grasses peuvent cr\u00e9er une d\u00e9pendance de mani\u00e8re tr\u00e8s semblable \u00e0 la nicotine : le potentiel d\u2019accoutumance du sel et du sucre permet \u00e0 l&rsquo;industrie alimentaire d&rsquo;inciter les gens \u00e0 surconsommer.<sup>66<\/sup><\/p>\n<p><strong>L&rsquo;activit\u00e9 physique<\/strong>. Les preuves que l\u2019activit\u00e9 physique est associ\u00e9e \u00e0 des r\u00e9sultats b\u00e9n\u00e9fiques pour la sant\u00e9 proviennent en grande partie d&rsquo;\u00e9tudes observationnelles. Les r\u00e9sultats des \u00e9tudes d&rsquo;intervention sont beaucoup moins clairs, en partie \u00e0 cause de l&rsquo;efficacit\u00e9 vari\u00e9e des interventions de changement de comportement, et en partie \u00e0 cause des diff\u00e9rentes populations \u00e9tudi\u00e9es. Cela a compliqu\u00e9 l&rsquo;incorporation d&rsquo;une prescription d&rsquo;exercice claire dans la pratique clinique; des <a href=\"https:\/\/www.cochrane.org\/search\/site\/exercise\">revues Cochrane<\/a> sont disponibles pour les prescriptions d&rsquo;exercice pour diverses conditions et montrent des r\u00e9sultats mitig\u00e9s. Les recommandations en mati\u00e8re d&rsquo;activit\u00e9 physique sont \u00e9galement influenc\u00e9es par la conception communautaire, comme lorsque les gens qui vivent dans des quartiers o\u00f9 la criminalit\u00e9 est \u00e9lev\u00e9e \u00e9vitent les activit\u00e9s physiques en plein air.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_HBM\"><\/a>Le Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9<\/h3>\n<p>Le Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9 (MCS) a d&rsquo;abord \u00e9t\u00e9 propos\u00e9 par G.M. Hochbaum en 1958 pour r\u00e9sumer les facteurs qui expliquent la participation aux programmes de pr\u00e9vention, \u00e0 l\u2019origine dans le contexte de d\u00e9pistage de la tuberculose :<\/p>\n<ol>\n<li>La personne se sent-elle motiv\u00e9e \u00e0 agir? Cet \u00e9l\u00e9ment est influenc\u00e9 par le degr\u00e9 auquel elle se croit susceptible \u00e0 la maladie en question et par la gravit\u00e9 per\u00e7ue de la maladie.<\/li>\n<li>La personne croit-elle que l&rsquo;action recommand\u00e9e est efficace? Pr\u00e9viendra-t-elle la maladie ou en r\u00e9duira-t-elle la gravit\u00e9? Y a-t-il des co\u00fbts ou des limites sur le plan psychologique, financier ou autre, li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;action propos\u00e9e?<\/li>\n<li>Un certain signal doit \u00e9galement d\u00e9clencher un v\u00e9ritable changement dans le comportement. Ce peut \u00eatre un signal interne (l&rsquo;apparition de sympt\u00f4mes) ou externe (un ami qui tombe malade, ou les conseils du m\u00e9decin).<sup>68<\/sup><\/li>\n<\/ol>\n<p>La figure 2.4 est un croquis des composantes du mod\u00e8le.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2346\" aria-describedby=\"caption-attachment-2346\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2346\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.5_fr.png\" alt=\"Figure 2.5 : Aper\u00e7u sch\u00e9matique du Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9\" width=\"666\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.5_fr.png 666w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.5_fr-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2346\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.4 : Aper\u00e7u sch\u00e9matique du Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Quelestledegr\">Quel est la validit\u00e9 du Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9?<\/h3>\n<div id=\"Quelestledegr\" class=\"collapse\">\n<p>Selon une analyse documentaire r\u00e9alis\u00e9e par Janz et Becker sur la valeur pr\u00e9dictive du MCS, les \u00e9tudes prospectives t\u00e9moignent de sa validit\u00e9 pr\u00e9dictive. Les obstacles per\u00e7us quant \u00e0 l&rsquo;action semblent \u00eatre le meilleur indice du comportement subs\u00e9quent.<sup>69 <\/sup>Plusieurs \u00e9tudes \u00e9valuent la capacit\u00e9 du MCS \u00e0 pr\u00e9dire le recours au d\u00e9pistage mammographique, et le Mod\u00e8le est utilis\u00e9 pour orienter la conception d&rsquo;interventions visant \u00e0 promouvoir ce d\u00e9pistage. Les interventions qui tiennent compte des facteurs pr\u00e9cis\u00e9s par le Mod\u00e8le ont tendance \u00e0 donner de meilleurs r\u00e9sultats, bien que d\u2019autres caract\u00e9ristiques de l&rsquo;intervention restent importantes.<sup>70<\/sup>\u00a0Ces d\u00e9couvertes ont inspir\u00e9 des modifications au mod\u00e8le.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2>La Th\u00e9orie du comportement planifi\u00e9<\/h2>\n<p>\u00c9labor\u00e9e dans les ann\u00e9es 1980, la Th\u00e9orie du comportement planifi\u00e9 (TCP) d&rsquo;Ajzen a \u00e9largi la port\u00e9e du Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9. Comme pour le MCS, cela suppose que les comportements de sant\u00e9 peuvent \u00eatre analys\u00e9s en termes de planification rationnelle,<sup>71<\/sup> comme le r\u00e9sume la ligne sup\u00e9rieure de la figure 2.5. Mais la th\u00e9orie int\u00e8gre aussi des influences sociales et culturelles via l&rsquo;id\u00e9e de normes subjectives : la perception par la personne de pressions sociales pour se comporter d&rsquo;une certaine mani\u00e8re (ligne du milieu de la figure). Les normes subjectives incorporent les croyances de la personne sur la fa\u00e7on dont les autres per\u00e7oivent ses comportements actuels et propos\u00e9s, et la valeur qu&rsquo;il accorde aux opinions de son groupe de r\u00e9f\u00e9rence. Le troisi\u00e8me \u00e9l\u00e9ment de la TCP concerne la question de savoir si la personne se sent capable ou non d&rsquo;apporter le changement propos\u00e9 &#8211; son contr\u00f4le comportemental per\u00e7u. Cela refl\u00e8te sa perception des obstacles \u00e0 l&rsquo;action et sa confiance en sa capacit\u00e9 de surmonter ces obstacles, une notion qui ressemble \u00e0 l&rsquo;auto-efficacit\u00e9.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2347\" aria-describedby=\"caption-attachment-2347\" style=\"width: 1474px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2347\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.6_fr.jpg\" alt=\"Figure 2.6 : Aper\u00e7u sch\u00e9matique de la Th\u00e9orie du comportement planifi\u00e9\" width=\"1474\" height=\"700\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.6_fr.jpg 1474w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.6_fr-300x142.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.6_fr-768x365.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.6_fr-1024x486.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1474px) 100vw, 1474px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2347\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.5 : Aper\u00e7u sch\u00e9matique de la Th\u00e9orie du comportement planifi\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Quelestledegr\u00e9\">Quel est la validit\u00e9 de la Th\u00e9orie du comportement planifi\u00e9?<\/h3>\n<div id=\"Quelestledegr\u00e9\" class=\"collapse\">\n<p>La validit\u00e9 de la TCP est appuy\u00e9e par une quantit\u00e9 impressionnante d\u2019articles publi\u00e9s, dont plusieurs revues syst\u00e9matiques et m\u00e9ta-analyses. Par exemple, selon une m\u00e9ta-analyse datant de 1991, les variables de la TCP expliquent 50 % des variances dans l&rsquo;intention comportementale (selon 19 \u00e9tudes) et 26 % des variances dans la pr\u00e9vision du v\u00e9ritable comportement (selon 17 \u00e9tudes).<sup>71<\/sup> Selon un examen syst\u00e9matique datant de 1996, la Th\u00e9orie expliquerait 41 % des variances dans l&rsquo;intention et 34 % des v\u00e9ritables comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9.<sup>72<\/sup><\/p>\n<p>En 2001, Armitage et Conner publient une m\u00e9ta-analyse de 185 \u00e9tudes, repr\u00e9sentant un \u00e9chantillon de plus de 300 000 sujets. La plupart des \u00e9tudes sont transversales, mais 44 \u00e9tudes longitudinales prouvent la validit\u00e9 pr\u00e9dictive des intentions comportementales, et 19 \u00e9tudes pr\u00e9disent le v\u00e9ritable comportement. Les r\u00e9sultats sont semblables : \u00e0 peu pr\u00e8s le tiers de la variance des comportements est pr\u00e9dit par la Th\u00e9orie.<sup>73<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Ces mod\u00e8les nous rappellent du vaste \u00e9ventail de facteurs qui influencent les comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 et aident ainsi \u00e0 d\u00e9terminer pourquoi un simple conseil ne suffit pas pour modifier le comportement d&rsquo;un patient. Par contre, les mod\u00e8les indiquent \u00e9galement que les facteurs qui influencent les comportements sont logiques<span lang=\"FR\"> et les comportements<\/span>\u00a0li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 ne sont donc pas si myst\u00e9rieux. La majorit\u00e9 des strat\u00e9gies visant \u00e0 modifier les comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 (qui sont \u00e9videmment les plus int\u00e9ressantes pour le m\u00e9decin) se fondent sur ces id\u00e9es et font l&rsquo;objet du <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-8\/\">huiti\u00e8me chapitre<\/a>.<\/p>\n<p><a id=\"_predisposant\"><\/a>D&rsquo;autres termes appliqu\u00e9s aux facteurs inclus dans ces mod\u00e8les comportementaux mentionnent les facteurs de <em>pr\u00e9disposition<\/em>, d&rsquo;<em>habilitation<\/em> et de <em>renforcement<\/em>. Les facteurs pr\u00e9disposants comprennent, par exemple, la sensibilisation de la personne \u00e0 la sant\u00e9 et ses attitudes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des risques pour la sant\u00e9, ainsi que les pressions sociales qui s&rsquo;exercent sur elle pour qu&rsquo;elle se comporte d&rsquo;une certaine fa\u00e7on. Mais ces facteurs sont insuffisants pour d\u00e9clencher le changement, et les facteurs habilitants aident \u00e0 la transition r\u00e9elle vers un nouveau comportement. Par exemple, un employeur est pr\u00eat \u00e0 parrainer l&rsquo;inscription d&rsquo;un employ\u00e9 \u00e0 un programme de d\u00e9sintoxication. Mais notez que d&rsquo;autres facteurs favorables tels que la disponibilit\u00e9 imm\u00e9diate de m\u00e9dicaments peuvent \u00e9galement favoriser le maintien du comportement. Les facteurs de renforcement maintiennent le processus de changement. Certains sont internes, comme l&rsquo;am\u00e9lioration des sentiments de sant\u00e9 et la motivation que cela apporte; d&rsquo;autres sont sociaux, comme le soutien du conjoint ou la surveillance par le m\u00e9decin, et d&rsquo;autres sont environnementaux, comme les zones non-fumeurs.<\/p>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Th\u00e9oriesducomportement\">Th\u00e9ories du comportement en mati\u00e8re de sant\u00e9<\/h3>\n<div id=\"Th\u00e9oriesducomportement\" class=\"collapse\">\n<p>Pour de plus amples renseignements sur les th\u00e9ories du comportement en mati\u00e8re de sant\u00e9, voir <a href=\"http:\/\/www.sbccimplementationkits.org\/demandrmnch\/wp-content\/uploads\/2014\/02\/Theory-at-a-Glance-A-Guide-For-Health-Promotion-Practice.pdf\">La th\u00e9orie en un coup d\u2019oeil<\/a> : un guide pour la pratique de la promotion de la sant\u00e9, qui d\u00e9crit les th\u00e9ories des comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 et les effets des facteurs communautaires et environnementaux sur le comportement (texte en anglais).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_RFinteraction\"><\/a>Rassembler le tout : Les interactions entre les d\u00e9terminants<\/h3>\n<p>Les paragraphes pr\u00e9c\u00e9dents ont r\u00e9sum\u00e9 chaque d\u00e9terminant et facteur de risque en isolation, mais nous sommes tous expos\u00e9s \u00e0 ces facteurs en combinaison. De plus, les diff\u00e9rents d\u00e9terminants et facteurs de risque peuvent cr\u00e9er des boucles de r\u00e9troaction. Par exemple, les logements surpeupl\u00e9s causent une hausse de la transmission des infections, et donc une augmentation des arr\u00eats de travail, et donc une diminution du revenu, ce qui force les gens \u00e0 vivre dans des logements surpeupl\u00e9s. Cela se voit dans la situation du fils de M<sup>me<\/sup> Sulawesi.<\/p>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#LepronosticdePeterSulawesi\">Le pronostic de Peter Sulawesi<\/h3>\n<div id=\"LepronosticdePeterSulawesi\" class=\"collapse\">\n<p>Le D<sup>r<\/sup> Rao continue de r\u00e9fl\u00e9chir aux d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9 de Peter Sulawesi : vivre dans des conditions difficiles et dans des logements insalubres, fils d&rsquo;une m\u00e8re r\u00e9fugi\u00e9e vivant dans une culture \u00e9trang\u00e8re. Il manque l&rsquo;\u00e9cole pour des raisons de sant\u00e9, ce qui peut contribuer \u00e0 une mauvaise r\u00e9ussite scolaire, ce qui augmente ses chances de rester pauvre.<\/p>\n<p>Maintenant, r\u00e9fl\u00e9chissez aux d\u00e9terminants sociaux pour le cas de Paul Richard. Comment jugez-vous son pronostic ?\u00a0<span lang=\"FR\">De quelle mani\u00e8re le D<sup>r<\/sup> Rao pourrait-il plaider en sa faveur? <\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Au lieu d&rsquo;une cha\u00eene causale, les associations complexes entre les d\u00e9terminants et les facteurs de risque sont souvent d\u00e9crites comme une toile causale, v\u00e9hiculant l&rsquo;id\u00e9e de multiples voies causales reliant les influences externes, soci\u00e9tales par de couches interm\u00e9diaires aux facteurs de risque individuels.<sup>74<\/sup> La figure 2.6 illustre un mod\u00e8le concentrique typique des d\u00e9terminants sociaux, propos\u00e9 par Dahlgren et Whitehead.<sup>75<\/sup>\u00a0Ces mod\u00e8les, qui englobent les facteurs nationaux, communautaires et individuels, sont g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9crits comme des mod\u00e8les socio-\u00e9cologiques ou \u00e9co-sociaux des d\u00e9terminants de la sant\u00e9 en ce qu&rsquo;ils mettent l&rsquo;accent sur l&rsquo;environnement social.<sup>76<\/sup><\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#L\u2019\u00e9cologieetles\">L\u2019\u00e9cologie et les mod\u00e8les \u00e9co-sociaux<\/h3>\n<div id=\"L\u2019\u00e9cologieetles\" class=\"collapse\">\n<p>L&rsquo;\u00e9cologie est le secteur de la biologie qui \u00e9tudie les relations entre les organismes et leur milieu, y compris d&rsquo;autres organismes. <em>Oikos<\/em> (translitt\u00e9r\u00e9 en \u00ab \u00e9co \u00bb) est un mot grec qui signifie habitat ou maison.\u00a0Les mod\u00e8les \u00e9co-sociaux cherchent \u00e0 int\u00e9grer les influences sociales et biologiques dans leur contexte historique et \u00e9cologique pour mieux expliquer la dynamique des d\u00e9terminants de la sant\u00e9. Voir, par exemple, un livre de Krieger.<sup>77<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que les mod\u00e8les \u00e9co-sociaux sont destin\u00e9s \u00e0 s&rsquo;appliquer \u00e0 n&rsquo;importe quel \u00e9tat de sant\u00e9, ils n&rsquo;illustrent g\u00e9n\u00e9ralement pas les voies sp\u00e9cifiques par lesquelles les d\u00e9terminants produisent un \u00e9tat de sant\u00e9 particulier. La plupart des d\u00e9terminants sont, en effet, non sp\u00e9cifiques (r\u00e9cession, pauvret\u00e9, manque d&rsquo;\u00e9ducation) bien que certains (comme les lois sur l&rsquo;alcool ou le tabac) ciblent des comportements ou des maladies particuli\u00e8res (voir l&rsquo;encadr\u00e9 \u00ab Les mod\u00e8les de d\u00e9terminants de la sant\u00e9 \u00bb).<\/p>\n<figure id=\"attachment_2348\" aria-describedby=\"caption-attachment-2348\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2348\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.7_fr.png\" alt=\"Figure 2.7 Mod\u00e8le conceptuel des influences sur la sant\u00e9 de Dahlgren et Whitehead\" width=\"666\" height=\"491\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.7_fr.png 666w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.7_fr-300x221.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2348\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.6 Mod\u00e8le conceptuel des influences sur la sant\u00e9 de Dahlgren et Whitehead<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"further-resources\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lesmod\u00e8lesded\u00e9terminants\">Les mod\u00e8les de d\u00e9terminants de la sant\u00e9 : sp\u00e9cifiques ou g\u00e9n\u00e9raux?<\/h3>\n<div id=\"Lesmod\u00e8lesded\u00e9terminants\" class=\"collapse\">La question suscite un d\u00e9bat int\u00e9ressant : est-il possible qu&rsquo;un mod\u00e8le g\u00e9n\u00e9ral puisse expliquer l&rsquo;action des d\u00e9terminants sociaux, ou les mod\u00e8les doivent-ils repr\u00e9senter des groupes particuliers? Cette question a fait l&rsquo;objet des propos de Reading et Wein sur les populations autochtones<sup>78<\/sup>\u00a0et de ceux de Dyck sur la population m\u00e9tisse. Le document sur les d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9 m\u00e9tisse peut \u00eatre consult\u00e9 (en anglais) sur le site Web de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/naho.ca\/documents\/metiscentre\/english\/documents\/Research_SocialDeterminantsofHealth.pdf\">Organisation nationale de la sant\u00e9 autochtone<\/a> (ONSA).<\/div>\n<\/div>\n<p><a id=\"_figure2.8\"><\/a>Des mod\u00e8les plus d\u00e9taill\u00e9s de l&rsquo;interaction entre les d\u00e9terminants et les facteurs de risque sont utilis\u00e9s depuis longtemps dans les maladies infectieuses, dans lesquelles un cas de maladie r\u00e9sulte d&rsquo;une interaction entre la personne ou l&rsquo;h\u00f4te, l&rsquo;agent pathog\u00e8ne (virus, bact\u00e9rie ou substance ing\u00e9r\u00e9e, comme la fum\u00e9e de tabac) et l&rsquo;environnement : voir la figure 2.7. Ce \u00ab triangle \u00e9pid\u00e9miologique \u00bb s&rsquo;applique aux phases pr\u00e9clinique et clinique de l&rsquo;\u00c9VOLUTION CLINIQUE de la figure 2.3. Appliqu\u00e9 \u00e0 une maladie non infectieuse, le facteur causal imm\u00e9diat, comme une plaque d&rsquo;ath\u00e9roscl\u00e9rose dans une art\u00e8re coronaire dans le cas d&rsquo;un infarctus du myocarde, forme l&rsquo;agent.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2349\" aria-describedby=\"caption-attachment-2349\" style=\"width: 1495px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2349\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.8_fr.jpg\" alt=\"Figure 2.8 : Le triangle \u00e9pid\u00e9miologique : agent, h\u00f4te et facteurs environnementaux\" width=\"1495\" height=\"1078\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.8_fr.jpg 1495w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.8_fr-300x216.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.8_fr-768x554.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.8_fr-1024x738.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1495px) 100vw, 1495px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2349\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.7 : Le triangle \u00e9pid\u00e9miologique : agent, h\u00f4te et facteurs environnementaux<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le triangle \u00e9pid\u00e9miologique explique bien les cas de maladie existants, mais (\u00e0 tout le moins jusqu&rsquo;\u00e0 ce que les analyses g\u00e9n\u00e9tiques deviennent beaucoup plus perfectionn\u00e9es), nous ne pouvons pas pr\u00e9dire de mani\u00e8re pr\u00e9cise qui tombera malade apr\u00e8s une exposition \u00e0 un agent pathologique. Nous avons recours \u00e0 la probabilit\u00e9 pour aborder cette incertitude. On parle ainsi de facteurs de risque qui augmentent la probabilit\u00e9 statistique qu&rsquo;une personne tombera malade <span lang=\"FR\">(voir PROBABILIT\u00c9 et VRAISEMBLANCES dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">glossaire<\/a>). <\/span>On a recours au langage probabiliste des facteurs de risque parce que tr\u00e8s peu de causes produisent in\u00e9vitablement des cons\u00e9quences pour la sant\u00e9 : d&rsquo;autres facteurs modifient toujours leur effet. Les cultures traditionnelles attribuaient souvent ces diff\u00e9rences individuelles au destin, \u00e0 la saison de naissance, au <em>karma<\/em>, mais on parle aujourd&rsquo;hui de variations al\u00e9atoires. Comme la science offre de plus en plus d&rsquo;explications de la maladie, la proportion des variations de la sant\u00e9 jug\u00e9es al\u00e9atoires ne cesse de diminuer (voir \u00ab Le r\u00f4le du hasard \u00bb dans Pour les mordus). La question de savoir si la science sera un jour capable de pr\u00e9dire le temps et la cause du d\u00e9c\u00e8s d&rsquo;un patient est une question \u00e0 laquelle vous devez r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Ler\u00f4leduhasard\">Le r\u00f4le du hasard dans la maladie<\/h3>\n<div id=\"Ler\u00f4leduhasard\" class=\"collapse\">\n<p>Une grande partie de la pratique clinique implique de naviguer parmi les incertitudes : quelles sont les risques de mon patient de d\u00e9velopper une maladie ; quelle est la probabilit\u00e9 qu&rsquo;il r\u00e9agisse \u00e0 cette th\u00e9rapie? Cette incertitude stimule la r\u00e9flexion sur le r\u00f4le du hasard. Peut-\u00eatre que le hasard joue un r\u00f4le inh\u00e9rent dans le d\u00e9veloppement d&rsquo;une maladie (Dieu joue-t-il vraiment les d\u00e9s)? Les processus qui sont intrins\u00e8quement impr\u00e9visibles sont appel\u00e9s hasard al\u00e9atoire ou incertitude (du latin <em>alea<\/em>, pour un d\u00e9).<\/p>\n<p>Parall\u00e8lement, le hasard peut faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des cas de maladie que nous ne pouvons pas encore expliquer \u00e9tant donn\u00e9 les limites de nos connaissances scientifiques actuelles. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle le hasard \u00e9pist\u00e9mologique.<sup>79<\/sup>\u00a0Les facteurs \u00e0 d\u00e9couvrir am\u00e9lioreront probablement notre compr\u00e9hension \u00e0 l&rsquo;avenir, mais jusqu&rsquo;o\u00f9 cela peut-il aller? On a bon espoir que la g\u00e9nomique permettra de d\u00e9terminer avec plus de pr\u00e9cision le risque de maladies futures, mais il existe aussi des arguments selon lesquels l&rsquo;expression g\u00e9n\u00e9tique peut avoir une composante stochastique ou al\u00e9atoire, ce qui rend impossible \u00e0 pr\u00e9dire au niveau individuel. Isaac Asimov a explor\u00e9 ce th\u00e8me dans ses romans \u00ab Fondation \u00bb dans le personnage de Harry Selden, un math\u00e9maticien qui a d\u00e9velopp\u00e9 la psychohistoire, qui pr\u00e9dit tout, mais seulement au niveau de la population, laissant un \u00e9quilibre entre l&rsquo;individualisme et la pr\u00e9d\u00e9termination.<\/p>\n<p>Le d\u00e9pistage d&rsquo;une maladie r\u00e9duit l&rsquo;incertitude \u00e9pist\u00e9mologique, mais il reste toujours une incertitude (voir le chapitre 9). Pour r\u00e9pondre \u00e0 la question d&rsquo;un patient quant \u00e0 savoir s&rsquo;il d\u00e9veloppera ou non un cancer, il y a un m\u00e9lange : nous pouvons peut-\u00eatre affiner l&rsquo;estimation de la probabilit\u00e9 en recueillant plus d&rsquo;informations, mais on peut soutenir de fa\u00e7on convaincante qu&rsquo;il restera toujours un certain degr\u00e9 d&rsquo;incertitude, car nous ne pouvons pas anticiper tous les facteurs environnementaux possibles dans la triade \u00e9pid\u00e9miologique qui pourrait agir \u00e0 l&rsquo;avenir. Une r\u00e9ponse clinique courante \u00e0 cette incertitude est de noter qu&rsquo;il ne peut y avoir d&rsquo;estimation correcte du risque futur d&rsquo;un patient, mais qu&rsquo;il peut faire une estimation personnelle et subjective et agir en cons\u00e9quence.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_risquemod\"><\/a>Modifier les facteurs de risque<\/h2>\n<div><span lang=\"FR\">Les efforts de pr\u00e9vention ciblent des facteurs de risque modifiables, en particulier ceux dont l&rsquo;effet sur la sant\u00e9 n&rsquo;est pas conditionn\u00e9 par d&rsquo;autres facteurs interm\u00e9diaires<\/span> : p. ex., limiter la consommation d&rsquo;alcool. En raison de leur effet direct, ces facteurs font souvent l&rsquo;objet d&rsquo;une l\u00e9gislation. D&rsquo;autres facteurs de risque font partie d&rsquo;un r\u00e9seau causal complexe, comme l&rsquo;effet du r\u00e9gime alimentaire sur la coronaropathie. La modification d&rsquo;un seul de ces facteurs peut ne pas affecter l&rsquo;issue de la maladie : la toile causale tient bien m\u00eame lorsque certains brins sont cass\u00e9s. Un examen de l&rsquo;impact de la modification m\u00eame de facteurs de risque multiples pour les maladies cardiovasculaires a montr\u00e9 que m\u00eame si d&rsquo;am\u00e9liorations des facteurs de risque pouvaient \u00eatre obtenues, cela avait peu d&rsquo;impact sur la morbidit\u00e9 ou la mortalit\u00e9 des maladies cardiovasculaires.<sup>80<\/sup> Bien qu&rsquo;un clinicien puisse faire des recommandations di\u00e9t\u00e9tiques \u00e0 un patient \u00e0 risque,\u00a0<span lang=\"FR-CA\">une soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9ral est peu susceptible d\u2019accepter une l\u00e9gislation sur l\u2019alimentation au-del\u00e0 de l\u2019interdiction des boissons sucr\u00e9es \u00e0 l\u2019\u00e9cole ou de l\u2019obligation d\u2019afficher des informations di\u00e9t\u00e9tiques sur les \u00e9tiquettes des aliments<\/span><span lang=\"FR\">.<\/span> En appliquant la pens\u00e9e \u00e9co-sociale, les d\u00e9fenseurs de la sant\u00e9 des populations soutiennent que l&rsquo;attention devrait \u00eatre dirig\u00e9e en amont, vers les d\u00e9terminants sous-jacents qui donnent naissance \u00e0 des groupes de facteurs de risque, plut\u00f4t que de cibler des facteurs sp\u00e9cifiques et des maladies particuli\u00e8res.<\/div>\n<h2><a id=\"_santedespop\"><\/a>Monter en amont : la sant\u00e9 des populations<\/h2>\n<p>Le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-1\/#_modelesecol\">mod\u00e8le \u00e9cologique<\/a> de la sant\u00e9 vu au premier chapitre est souvent repr\u00e9sent\u00e9 par des cercles concentriques de d\u00e9terminants entourant la personne, comme on le voit \u00e0 la figure 2.6. La figure 2.8 int\u00e8gre la m\u00e9taphore des cercles concentriques et l\u2019analyse causale des d\u00e9terminants avec les cibles d\u2019intervention. La moiti\u00e9 sup\u00e9rieure du diagramme illustre deux aspects d&rsquo;une explication : le pourquoi et le comment. Pour expliquer les raisons de la pr\u00e9valence d\u2019une maladie, il faut probablement chercher dans les cercles externes du diagramme (la partie nord-ouest), tandis que les r\u00e9ponses aux questions sur les m\u00e9canismes se trouveront principalement dans les cercles internes (le c\u00f4t\u00e9 nord-est). Un m\u00e9decin comme D<sup>r<\/sup> Rao qui traite un patient fait porter la prise en charge vers les cercles internes : Peter Sulawesi et son environnement imm\u00e9diat. Par contre, les m\u00e9decins en sant\u00e9 publique abordent des d\u00e9terminants plus vastes (collaborer avec l&rsquo;autorit\u00e9 de logements pour am\u00e9liorer les normes de logement). Leur travail porte donc sur les cercles interm\u00e9diaires. Parall\u00e8lement, le ministre de la Sant\u00e9 et le ministre de l\u2019Environnement devront consid\u00e9rer les d\u00e9terminants plus vastes, dans les cercles externes du diagramme. Ensemble, ces approches se compl\u00e8tent et forment un ensemble exhaustif d&rsquo;approches pour am\u00e9liorer la sant\u00e9 individuelle et collective.<\/p>\n<p>Les fl\u00e8ches de la partie sud-ouest de la figure 2.8 illustrent l&rsquo;id\u00e9e que les d\u00e9terminants environnementaux exercent leur influence de l\u2019ext\u00e9rieur vers l&rsquo;int\u00e9rieur : les politiques nationales influencent les communaut\u00e9s, les politiques urbaines influencent les quartiers, puis les personnes. Par contre, la partie sud-est sugg\u00e8re que les comportements des personnes peuvent aussi influencer leur environnement. Ainsi, les facteurs de risque et les facteurs protecteurs des niveaux internes se rassemblent pour former des niveaux externes d&rsquo;influence. Il ne s&rsquo;agit pas d&rsquo;un simple r\u00e9sum\u00e9, car de nombreuses interactions se produisent, sous la forme de mouvements politiques et sociaux. <span lang=\"FR\">Les facteurs de risque individuels d\u00e9coulent des normes culturelles, mais aussi les influencent \u00e0 leur tour, pour former des d\u00e9terminants au niveau du groupe.<\/span>\u00a0Cette distinction revient aux points de vue alternatifs de la sant\u00e9 de la population &#8211; comme un agr\u00e9gat d&rsquo;individus ou comme quelque chose de plus grand que la somme de ses parties.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2350\" aria-describedby=\"caption-attachment-2350\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2350\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.9_fr.png\" alt=\"Figure 2.9 : Un mod\u00e8le \u00e9cologique des influences sur la sant\u00e9\" width=\"666\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.9_fr.png 666w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.9_fr-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2350\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.8 : Un mod\u00e8le \u00e9cologique des influences sur la sant\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Lecturessurlesmod\u00e8les\">Lectures sur les mod\u00e8les causaux<\/h3>\n<div id=\"Lecturessurlesmod\u00e8les\" class=\"collapse\">\n<p>Pour en apprendre davantage sur le sujet, consultez les articles de<br \/>\nN. Pearce, <em>Am J Public Health<\/em> 1996, vol. 86, p. 678-683,<br \/>\nde M. Susser, <em>Am J Public Health<\/em> 1996, vol. 86, p. 674-677,<br \/>\nou de K.J. Rothman, <em>Am J Public Health<\/em> 2005, vol. 95 (suppl. 1), p. S144-S150.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Les deux perspectives sur la sant\u00e9 de la population ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites par l&rsquo;\u00e9pid\u00e9miologiste britannique Sir Geoffrey Rose comme la distinction entre les causes des tendances de l&rsquo;incidence et les causes des cas individuels.<sup>81, 82<\/sup> Cette distinction est illustr\u00e9e \u00e0 la Figure 2.9 qui fait le lien avec les perspectives clinique et de sant\u00e9 de la population. Les analyses dans la partie sup\u00e9rieure de la figure repr\u00e9sentent la perspective de la sant\u00e9 de la population; elles se concentrent sur les causes des tendances en sant\u00e9 dans la population et parlent en termes de pressions \u00e9cologiques g\u00e9n\u00e9rales (ou d\u00e9terminants) agissant sur des groupes entiers. Cela permet de pr\u00e9dire le risque absolu, ou le nombre de cas d&rsquo;une maladie &#8211; les taux d&rsquo;incidence. Les analyses de la moiti\u00e9 inf\u00e9rieure du diagramme refl\u00e8tent une perspective clinique et parlent en termes de facteurs de risque individuels et de risque relatif : quelles personnes sont les plus susceptibles de tomber malades et pourquoi? Selon cette perspective, la sant\u00e9 s&rsquo;explique par la compr\u00e9hension des caract\u00e9ristiques individuelles.<\/p>\n<p>En fin de compte, les perspectives individuelles et d\u00e9mographiques sont pr\u00e9cieuses, la premi\u00e8re pour le clinicien qui s&rsquo;attaque aux facteurs de risque d&rsquo;un patient, et la seconde pour le sp\u00e9cialiste de la sant\u00e9 publique qui op\u00e8re sur des populations enti\u00e8res.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2351\" aria-describedby=\"caption-attachment-2351\" style=\"width: 666px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2351\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.10_fr.png\" alt=\"Figure 2.10 Perspectives compl\u00e9mentaires sur l\u2019analyse de la sant\u00e9 d\u2019une population\" width=\"666\" height=\"500\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.10_fr.png 666w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/05\/figure2.10_fr-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 666px) 100vw, 666px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2351\" class=\"wp-caption-text\">Figure 2.9 Perspectives compl\u00e9mentaires sur l\u2019analyse de la sant\u00e9 d\u2019une population<\/figcaption><\/figure>\n<h1>Questions d&rsquo;auto-\u00e9valuation<\/h1>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q1\">1. Quels sont les \u00ab d\u00e9terminants sociaux de la sant\u00e9 \u00bb?<\/h3>\n<div id=\"q1\" class=\"collapse\">Ce sont les aspects de la structure sociale, du fonctionnement et des institutions d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui repr\u00e9sentent, par de nombreuses voies distinctes, les causes sous-jacentes des profils de la sant\u00e9. Il existe de nombreuses listes de d\u00e9terminants, dont celle des 12 d\u00e9terminants de l&rsquo;Agence de la sant\u00e9 publique du Canada (le niveau de revenus et la situation sociale, les r\u00e9seaux de soutien social, le niveau d\u2019instruction, l&#8217;emploi et les conditions de travail, l\u2019environnement social, l\u2019environnement physique, les habitudes de vie et les comp\u00e9tences d&rsquo;adaptation personnelles, le d\u00e9veloppement sain durant l\u2019enfance, le patrimoine biologique et g\u00e9n\u00e9tique, les services de sant\u00e9, le sexe et la culture).<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q2\">2. D\u00e9crivez les voies par lesquelles les d\u00e9terminants sociaux influent sur la sant\u00e9 d&rsquo;une population.<\/h3>\n<div id=\"q2\" class=\"collapse\">C&rsquo;est la grande question, et elle n\u2019est toujours pas r\u00e9solue; comment, exactement, ces forces externes r\u00e9ussissent-elles \u00e0 \u00ab percer la carapace \u00bb d\u2019une personne? De prime abord, on peut citer les voies comme les expositions diff\u00e9rentielles (les lieux de r\u00e9sidence et de travail, etc.); les diff\u00e9rents profils de comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 et de modes de vie, d\u00e9finis socialement dans les deux cas; l&rsquo;acc\u00e8s diff\u00e9rentiel aux ressources comme l&rsquo;alimentation et les soins de sant\u00e9 ad\u00e9quats, qui peuvent entra\u00eener des \u00e9carts dans la pr\u00e9vention et les soins lorsqu&rsquo;un probl\u00e8me survient; les diff\u00e9rents profils de sentiments et d&rsquo;\u00e9motions qui peuvent aider \u00e0 affronter l&rsquo;adversit\u00e9, y compris les probl\u00e8mes de sant\u00e9 (d\u00e9sespoir vs confiance, sentiment de contr\u00f4le ou d\u2019auto-efficacit\u00e9, etc.); ainsi que les diff\u00e9rents niveaux de rapports sociaux qui peuvent fournir une aide pratique et des renseignements fiables, ainsi qu&rsquo;un soutien affectif.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q3\">3. Que signifie l&rsquo;expression \u00ab iniquit\u00e9s en sant\u00e9 \u00bb?<\/h3>\n<div id=\"q3\" class=\"collapse\">Ce sont les in\u00e9galit\u00e9s en sant\u00e9 qui entra\u00eenent un d\u00e9savantage syst\u00e9matique chez un groupe identifiable et que l&rsquo;on peut pr\u00e9venir et corriger (du moins en th\u00e9orie) : les \u00e9l\u00e9ments comme le manque d&rsquo;acc\u00e8s aux soins de sant\u00e9 pour les personnes non assur\u00e9es ou la vie plus courte des personnes pauvres. Les iniquit\u00e9s nous portent \u00e0 agir sur le plan \u00e9thique.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q4\">4. Illustrez par des exemples comment le genre peut occasionner des iniquit\u00e9s en sant\u00e9.<\/h3>\n<div id=\"q4\" class=\"collapse\">Notons que cette question peut s&rsquo;appliquer \u00e0 toute autre division sociale identifiable. Pour le genre, on peut d&rsquo;abord s\u2019interroger sur les valeurs sociales : les femmes sont-elles trait\u00e9es de mani\u00e8re \u00e9galitaire, ont-elles un acc\u00e8s \u00e9gal aux ressources et aux possibilit\u00e9s et sont-elles r\u00e9ellement respect\u00e9es? Existe-t-il des programmes visant \u00e0 atteindre une v\u00e9ritable \u00e9galit\u00e9 des chances (p. ex., des programmes de leadership \u00e0 l&rsquo;intention des femmes)? L\u00e0 o\u00f9 les femmes sont jug\u00e9es \u00e9gales aux hommes, respecte-t-on aussi les diff\u00e9rences entre les sexes, par exemple dans les approches diagnostiques et les traitements m\u00e9dicaux?<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q5\">5. En tant que m\u00e9decin, que pouvez-vous faire pour contrer les iniquit\u00e9s en sant\u00e9?<\/h3>\n<div id=\"q5\" class=\"collapse\">Jouer un r\u00f4le de promoteur : promulguer des mesures pr\u00e9ventives efficaces et factuelles pouvant \u00eatre appliqu\u00e9es de mani\u00e8re universelle et ainsi r\u00e9duire les iniquit\u00e9s. Les m\u00e9decins sont tr\u00e8s respect\u00e9s dans la soci\u00e9t\u00e9 et peuvent exercer des pressions efficaces sur les gouvernements pour attirer l&rsquo;attention sur des enjeux sociaux. Si vous signalez les r\u00e9percussions sanitaires d\u2019une iniquit\u00e9, en citant des exemples pr\u00e9cis et r\u00e9els, votre public ne pourra faire autrement que de consid\u00e9rer l\u2019enjeu d&rsquo;un point de vue personnel : les gens se diront \u00ab je risque, moi aussi, d\u2019attraper telle ou telle maladie \u00bb, ou \u00ab en tant que contribuable, c\u2019est moi qui paie pour les soins dispendieux pour les maladies \u00e9vitables \u00bb, etc. Les m\u00e9decins peuvent aussi proposer des actions efficaces pour corriger les iniquit\u00e9s : il s&rsquo;agit souvent de r\u00e8glements tr\u00e8s simples comme d\u2019interdire les jouets dangereux, d\u2019installer une barri\u00e8re en haut des escaliers dans les maisons o\u00f9 vivent des tout-petits, ou de faire la promotion des si\u00e8ges d&rsquo;auto pour les enfants.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q6\">6. \u00c0 quelle \u00e9tape du parcours de vie le praticien de sant\u00e9 publique devrait-il intervenir pour pr\u00e9venir le plus de maladies possible?<\/h3>\n<div id=\"q6\" class=\"collapse\">On s&rsquo;entend g\u00e9n\u00e9ralement sur le fait que le plus rentable est de favoriser le d\u00e9veloppement sain du jeune enfant. Voir les \u00e9crits de <a href=\"http:\/\/ecereport.ca\/media\/uploads\/pdfs\/early-years-study3-2011.pdf\">Fraser Mustard<\/a> \u00e0 ce sujet.<\/div>\n<\/div>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">1.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Public Health Agency of Canada. Report on the state of public health in Canada, 2009. Available at: <a href=\"http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/publicat\/2008\/cpho-aspc\/index-eng.php\">http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/publicat\/2008\/cpho-aspc\/index-eng.php<\/a> [Available from: <a href=\"http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/publicat\/2008\/cpho-aspc\/index-eng.php\">http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/publicat\/2008\/cpho-aspc\/index-eng.php<\/a>.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">2.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Young TK. Population health: concepts and methods. New York: Oxford University Press; 1998.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">3.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Hancock T. Population health promotion 2.0: An eco-social approach to public health in the Anthropocene. Canadian Journal of Public Health. 2015;106(4):e252-e5.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">4.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Frank J. Why &lsquo;population health&rsquo;? Can J Public Health. 1995;86:162-4.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">5.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Health and Welfare Canada. Strategies for population health: investing in the health of Canadians. Ottawa: Department of National Health and Welfare; 1994.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">6.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Last JM. 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Int J Epidemiol. 1985;14:32-8.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">82.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Rose G. The strategy of preventive medicine. Oxford: Oxford University Press; 1992.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p class=\"EndNoteBibliography\"><span lang=\"FR\">\u00a0<\/span><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure : 1. de distinguer entre la sant\u00e9 publique et la\u00a0sant\u00e9 des populations en indiquant les principales activit\u00e9s du syst\u00e8me de sant\u00e9 publique (objectifs du Conseil m\u00e9dical No. 78-3) ; 2. de d\u00e9crire les in\u00e9galit\u00e9s sociales en sant\u00e9\u00a0(Conseil m\u00e9dical 78-1 et 78-9) ; 3. de d\u00e9finir [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1238,"menu_order":2,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1226","page","type-page","status-publish","hentry"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1226","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1226"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1226\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4452,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1226\/revisions\/4452"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1238"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1226"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}