{"id":1230,"date":"2018-02-20T17:01:40","date_gmt":"2018-02-20T17:01:40","guid":{"rendered":"https:\/\/afmc.ca\/phprimer\/?page_id=1230"},"modified":"2024-06-28T14:37:29","modified_gmt":"2024-06-28T14:37:29","slug":"chapitre-3-la-competence-et-la-communication-culturelles","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-3\/","title":{"rendered":"Chapitre 3 La comp\u00e9tence et la communication culturelles"},"content":{"rendered":"<div class=\"prelude\">\n<p><strong>Apr\u00e8s avoir assimil\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure :<\/strong><\/p>\n<p>1. de d\u00e9finir les termes et concepts de base relatifs \u00e0 une <a href=\"#_sensibilisation\">communication bien adapt\u00e9e \u00e0 la culture du patient<\/a>, et <span lang=\"FR-CA\">d\u00e9crire l\u2019importance et l\u2019incidence d\u2019une bonne communication, adapt\u00e9e \u00e0 la culture, avec le patient, la famille du patient et, au besoin, la collectivit\u00e9 <\/span>(Conseil m\u00e9dical 78-3)<\/p>\n<p>2. de distinguer entre diff\u00e9rentes <a href=\"#_typescultures\">cat\u00e9gories de cultures<\/a>;<\/p>\n<p>3. de\u00a0\u2019expliquer les <a href=\"#_pertinence\">effets de la culture et de la spiritualit\u00e9 sur la sant\u00e9 et les habitudes de vie<\/a>, et leurs liens avec les autres d\u00e9terminants de la sant\u00e9;<\/p>\n<p>4. de d\u00e9crire l&rsquo;impact des d\u00e9terminants m\u00e9dicaux, sociaux et spirituels sur la sant\u00e9 et le bien-\u00eatre des <a href=\"#_santeindigene\">Premi\u00e8res Nations, des Inuits et des M\u00e9tis<\/a> (78-9)<\/p>\n<p>5. de d\u00e9crire les principales <a href=\"#_medecineautochtone\">approches de la gu\u00e9rison<\/a> chez les populations autochtones.<\/p>\n<p>Faire le lien entre ces connaissances et les <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/\/objectifs-du-cmc-et-canmeds\/\">objectifs du Conseil m\u00e9dical du Canada<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"prelude\">\n<p style=\"text-align: center;\"><span lang=\"FR\"><strong>\u00c0 noter<\/strong> : les cases color\u00e9es contiennent des informations suppl\u00e9mentaires facultatives ;<br \/>\ncliquez sur la bo\u00eete pour l\u2019ouvrir.<br \/>\nLes mots en MAJUSCULES sont d\u00e9finis dans le Glossaire.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#middleton\">La Dre Middleton rencontre Darryl Crow<\/h3>\n<div id=\"middleton\" class=\"collapse\">Dans la salle du personnel, le D<sup>r<\/sup> Rao prend son repas avec la nouvelle recrue de la clinique. D<sup>re<\/sup> Middleton est arriv\u00e9e il y a six mois, \u00e0 la fin de sa r\u00e9sidence. Elle a eu une matin\u00e9e difficile. Pendant sa tourn\u00e9e dans l&rsquo;unit\u00e9 des soins palliatifs, l&rsquo;infirmi\u00e8re en chef l&rsquo;a inform\u00e9e que la famille d&rsquo;un de ses patients mourants, Darryl Crow, lui causait des ennuis. Il est membre d&rsquo;une communaut\u00e9 locale des Premi\u00e8res Nations. Cinq ou six membres de la famille sont dans la chambre de Darryl. Ils prient souvent tout haut avec lui. Certains patients de l&rsquo;unit\u00e9, ainsi que leur familles, trouvent que ce comportement ne respecte pas leur besoin de tranquillit\u00e9.<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_sensibilisation\"><\/a>Sensibilit\u00e9, comp\u00e9tence et s\u00e9curit\u00e9 culturelles<\/h2>\n<p>Dans le dernier chapitre, la culture est d\u00e9finie sous l&rsquo;angle des connaissances, des croyances et des valeurs que partage un groupe social. Les humains tiennent au sentiment d&rsquo;identit\u00e9 qui r\u00e9sulte de leur appartenance \u00e0 un groupe identifiable. \u00c0 l&rsquo;\u00e9poque primitive et nomade, la survie d&rsquo;une personne \u00e9tait plus certaine si elle \u00e9tablissait des liens solides avec un clan ou un cercle ferm\u00e9 de parents dignes de confiance. La coop\u00e9ration et le partage se faisaient \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur du clan, plut\u00f4t qu&rsquo;avec les personnes de l&rsquo;ext\u00e9rieur, avec qui l\u2019on se disputait les ressources limit\u00e9es. Dans la soci\u00e9t\u00e9 moderne et son brassage de nationalit\u00e9s, nous sommes nombreux \u00e0 tenir \u00e0 notre identit\u00e9 culturelle. Nous faisons souvent r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 nos racines culturelles ou \u00e0 une double appartenance (\u00ab\u00a0je suis canado-ukrainienne\u00a0\u00bb).<\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lacultureet\">La culture et l&rsquo;identit\u00e9 personnelle<\/h3>\n<div id=\"lacultureet\" class=\"collapse\">Nous sommes tous uniques, mais nous partageons des similarit\u00e9s. La culture d\u00e9signe les \u00e9l\u00e9ments que nous avons en commun, mais bien entendu, nous faisons tous partie de nombreuses sous-cultures diff\u00e9rentes (notre classe en m\u00e9decine, notre \u00e9quipe de soccer, le fait d\u2019avoir des origines irlandaises, etc.). Toutes ces influences confondues semblent faire de nous des personnes uniques. Par contre, malgr\u00e9 notre unicit\u00e9, nous partageons la plupart de nos caract\u00e9ristiques avec un groupe identifiable.<\/div>\n<\/div>\n<p>Notre perception des autres se fait \u00e0 travers le filtre ou la perspective de notre propre \u00e9ducation culturelle. Il arrive que nous ne nous en rendions m\u00eame pas compte, ce qui peut causer des malentendus notamment dans la relation m\u00e9decin-patient et le clinicien doit \u00eatre sensible aux r\u00e9alit\u00e9s culturelles, s\u2019y adapter, puis acqu\u00e9rir une comp\u00e9tence culturelle pour que sa pratique soit assur\u00e9e d&rsquo;une s\u00e9curit\u00e9 culturelle (voir d\u00e9finitions).<\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Conceptsculturels\">Concepts culturels<\/h3>\n<div id=\"Conceptsculturels\" class=\"collapse\">\n<p>La<strong> sensibilisation culturelle <\/strong>est le fait d\u2019observer et de prendre conscience des ressemblances et des contrastes entre les groupes culturels et de comprendre comment la culture peut influencer \u00a0la compr\u00e9hension de la sant\u00e9, de la maladie et de la gu\u00e9rison chez diff\u00e9rentes personnes.<\/p>\n<p>La <strong>sensibilit\u00e9 culturelle <\/strong>est la conscience (et la compr\u00e9hension) des valeurs et des perceptions caract\u00e9ristiques de notre propre culture et de la mani\u00e8re dont elles fa\u00e7onnent notre approche aux patients d&rsquo;autres cultures.<\/p>\n<p>La<strong> comp\u00e9tence culturelle <\/strong>d\u00e9signe les attitudes, le savoir et les comp\u00e9tences que nous devons poss\u00e9der, en tant que praticiens, pour soigner efficacement des patients d\u2019origines diverses. \u00ab\u00a0Un m\u00e9decin qui fait preuve de comp\u00e9tence culturelle tient compte de l&rsquo;origine culturelle du patient lorsqu&rsquo;il s&rsquo;entretient avec lui et lui offre des conseils et des traitements m\u00e9dicaux, et il communique de mani\u00e8re \u00e0 ce que le patient comprenne les possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques qui s&rsquo;offrent \u00e0 lui. \u00bb<sup>1<\/sup><\/p>\n<p>La <strong>s\u00e9curit\u00e9 culturelle<\/strong> est plus que le r\u00e9sultat d\u2019une pratique adapt\u00e9e aux diff\u00e9rences culturelles. Elle se manifeste quand le praticien comprend qu&rsquo;il existe des d\u00e9s\u00e9quilibres de pouvoir inh\u00e9rents et une discrimination institutionnelle possible en raison des relations historiques entre des personnes d&rsquo;origines diff\u00e9rentes. Elle sous-entend que le fournisseur de soins a r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 sa propre identit\u00e9 et \u00e0 la mani\u00e8re dont elle pourrait \u00eatre per\u00e7ue par des personnes de cultures diff\u00e9rentes. Une pratique s\u00e9curitaire sur le plan culturel sous-entend une aptitude \u00e0 ne pas laisser ces diff\u00e9rentes perspectives brouiller le traitement du patient, qui doit toujours \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une personne digne de respect.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>La <strong>comp\u00e9tence culturelle<\/strong> dans la pratique de la m\u00e9decine exige que le praticien respecte et appr\u00e9cie la diversit\u00e9 qui existe dans la soci\u00e9t\u00e9. \u00ab En tant que m\u00e9decins, nous devons apporter de nombreux ajustements, tous les jours, dans nos interactions avec nos patients, afin de leur offrir des soins adapt\u00e9s aux diverses origines pr\u00e9sentes dans notre soci\u00e9t\u00e9 si multiculturelle. \u00bb<sup>2<\/sup><\/p>\n<p>Les cliniciens qui font preuve de comp\u00e9tence culturelle sont conscients <span style=\"font-weight: 400;\">d\u2019eux-m\u00eames; ils valorisent la diversit\u00e9 et reconnaissent les diff\u00e9rences sans se sentir menac\u00e9s par elles.<\/span>\u00a0La sensibilisation \u00e0 sa propre culture est une \u00e9tape importante dans la formation d\u2019une comp\u00e9tence culturelle. Les cliniciens qui ne sont pas conscients de leurs propres biais culturels pourraient, sans s&rsquo;en rendre compte, imposer leurs valeurs culturelles \u00e0 d&rsquo;autres personnes (voir l\u2019encadr\u00e9 \u00ab L\u2019angle culturel \u00bb). Un clinicien culturellement comp\u00e9tent est sensibilis\u00e9 \u00e0 la dynamique en cas d\u2019interaction entre des personnes de cultures diff\u00e9rentes : \u00ab Lorsque la communication est culturellement comp\u00e9tente, les patients sentent que l\u2019on a compris ce qui les pr\u00e9occupe, qu\u2019un lien de confiance s\u2019est tiss\u00e9 et, surtout, qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s avec respect. \u00bb<sup>2<\/sup> Lorsqu\u2019un clinicien ne conna\u00eet pas la culture d\u2019un patient, l&rsquo;approche directe est souvent \u00e0 privil\u00e9gier : demandez au patient ce que vous devez savoir au sujet de sa culture et de son origine pour \u00eatre en mesure de l&rsquo;aider.<\/p>\n<p>La <strong>s\u00e9curit\u00e9 culturelle<\/strong> d\u00e9signe un \u00e9change m\u00e9decin-patient o\u00f9 le patient se sent respect\u00e9 et libre d&rsquo;agir, et estime que sa culture et sa compr\u00e9hension de la situation ont \u00e9t\u00e9 reconnues avec respect. La s\u00e9curit\u00e9 culturelle a trait aux sentiments du patient lorsqu&rsquo;il a recours \u00e0 des soins de sant\u00e9, tandis que la comp\u00e9tence culturelle d\u00e9signe les aptitudes requises par le praticien pour que le patient se sente en s\u00e9curit\u00e9.<sup>3<\/sup> Avant d\u2019avoir une pratique culturellement s\u00e9curitaire, les praticiens doivent r\u00e9fl\u00e9chir aux d\u00e9s\u00e9quilibres des pouvoirs inh\u00e9rents \u00e0 la prestation des soins de sant\u00e9. Opter pour une approche s\u00e9curitaire sur le plan culturel veut \u00e9galement dire adopter un r\u00f4le de promoteur de la sant\u00e9 : veiller \u00e0 am\u00e9liorer l&rsquo;acc\u00e8s aux soins; exposer au grand jour le contexte social, politique et historique des soins de sant\u00e9; et mettre fin aux relations in\u00e9galitaires. \u00c9tant donn\u00e9 que le patient est pris en charge par plusieurs syst\u00e8mes de soins \u00e0 la fois, lesquels sont influenc\u00e9s par sa famille, sa communaut\u00e9 et ses traditions, le praticien qui opte pour une pratique culturellement s\u00e9curitaire permet au patient de d\u00e9finir sa propre s\u00e9curit\u00e9 culturelle. <sup>4, 5<\/sup><\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#langleculture\">L&rsquo;angle culturel<\/h3>\n<div id=\"langleculture\" class=\"collapse\">\n<p>Notre culture influence la mani\u00e8re dont nous percevons \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce qui nous entoure, m\u00eame si nous n&rsquo;en sommes pas conscients. Plusieurs concepts utiles d\u00e9crivent les biais qui peuvent en d\u00e9couler\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li><strong><em>L&rsquo;ethnocentrisme<\/em><\/strong><strong>.<\/strong> C\u2019est le sentiment que nos croyances, nos valeurs et nos habitudes de vie sont sup\u00e9rieures \u00e0 celles des autres, et plus souhaitables. Par exemple, vous \u00eates dipl\u00f4m\u00e9 en m\u00e9decine occidentale, mais votre patient insiste pour prendre un rem\u00e8de \u00e0 base de plantes m\u00e9dicinales. Vous avez peut-\u00eatre envie de lui demander pourquoi il prend la peine de vous consulter! L&rsquo;ethnocentrisme survient souvent de mani\u00e8re inconsciente et implicite dans le comportement d&rsquo;une personne \u2014 peut-\u00eatre le clinicien n\u2019a pas pris le temps de lire au sujet du rem\u00e8de \u00e0 base des plantes. La r\u00e9flexion personnelle est un pr\u00e9cieux outil pour les m\u00e9decins; elle leur permet de poser un regard critique sur leurs propres points de vue et comportements ethnocentriques.<\/li>\n<li><strong><em>La c\u00e9cit\u00e9 culturelle<\/em><\/strong>. C\u2019est la tentative (souvent bien intentionn\u00e9e) d&rsquo;agir de mani\u00e8re impartiale sous pr\u00e9texte que la race ne change rien. La personne culturellement aveugle aura l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre juste et impartiale. Cependant, si l&rsquo;on ne reconna\u00eet pas les diff\u00e9rences culturelles, les personnes d&rsquo;une autre culture pourraient se sentir minimis\u00e9es ou ignor\u00e9es; on pourrait donner l&rsquo;impression que leur race ou leur culture ne sont pas importantes, et que les valeurs de la culture dominante sont universelles. Entre temps, la personne culturellement aveugle n\u2019est pas consciente des sentiments qu&rsquo;elle provoque chez les autres. La c\u00e9cit\u00e9 culturelle devient, en r\u00e9alit\u00e9, le contraire de la sensibilit\u00e9 culturelle.<\/li>\n<li><strong><em>Le choc culturel<\/em><\/strong>. La plupart des m\u00e9decins proviennent de familles de la classe moyenne et n&rsquo;ont jamais \u00e9t\u00e9 pauvres, sans abri ou toxicomanes. L&rsquo;exposition \u00e0 de telles r\u00e9alit\u00e9s chez leurs patients peut \u00eatre bouleversante et exige donc une capacit\u00e9 d&rsquo;adaptation consid\u00e9rable. Il s&rsquo;agit d&rsquo;une exp\u00e9rience courante chez les personnes qui visitent un taudis dans un pays en d\u00e9veloppement, mais un choc culturel peut \u00e9galement survenir dans un milieu familier lorsqu&rsquo;une personne est confront\u00e9e \u00e0 l&rsquo;avortement, \u00e0 l&rsquo;infanticide ou \u00e0 la mutilation g\u00e9nitale des femmes.<\/li>\n<li><strong><em>Le conflit culturel<\/em><\/strong>. Un conflit survient lorsque les r\u00e8gles de sa propre culture contredisent celles d&rsquo;une autre. Par exemple, dans la culture autochtone de M. Crow, il est normal d&rsquo;\u00eatre entour\u00e9 de membres de sa famille \u00e9largie quand on est mourant. Les invit\u00e9s chantent et pratiquent des rituels pour accompagner l&rsquo;\u00e2me dans l\u2019au-del\u00e0; le bruit peut facilement ennuyer les autres patients mourants, qui cherchent plut\u00f4t la paix et la tranquillit\u00e9.<\/li>\n<li><strong><em>L&rsquo;imposition culturelle (ou l&rsquo;assimilation, ou le colonialisme)<\/em><\/strong>. C\u2019est l&rsquo;imposition de points de vue et de valeurs de notre propre culture sans tenir compte des croyances des autres. L\u2019histoire des pensionnats pour enfants autochtones au Canada est un exemple d&rsquo;imposition culturelle. (On en trouve un excellent portrait dans les archives \u00e9lectroniques de la CBC. On trouve aussi dans ces archives des courts m\u00e9trages de <a href=\"http:\/\/archives.cbc.ca\/society\/education\/topics\/692\/\">propagande gouvernementale<\/a>).<\/li>\n<li><strong><em>Le st\u00e9r\u00e9otypage et la g\u00e9n\u00e9ralisation<\/em><\/strong>. Il ne faut pas pr\u00e9sumer que les caract\u00e9ristiques d\u2019un groupe s&rsquo;appliquent \u00e0 toutes les personnes qui en font partie. Les discussions portant sur la culture peuvent entra\u00eener des g\u00e9n\u00e9ralisations dangereuses. Les pr\u00e9jug\u00e9s sont la tendance \u00e0 appliquer des id\u00e9es re\u00e7ues au sujet d&rsquo;un groupe \u00e0 une personne du groupe. Cette sorte de sensibilisation culturelle peut \u00eatre mal re\u00e7ue dans des cas individuels. Pourtant, il peut \u00eatre tout aussi nuisible d&rsquo;ignorer la culture (c\u00e9cit\u00e9 culturelle). L&rsquo;essentiel est de reconna\u00eetre les diff\u00e9rences et de les respecter, et de demander au patient d&rsquo;expliquer sa perspective en cas de doute.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#drraoetcrow\">Le D<sup>r<\/sup> Rao et M. Crow<\/h3>\n<div id=\"drraoetcrow\" class=\"collapse\">Le D<sup>r<\/sup> Rao explique \u00e0 sa coll\u00e8gue la D<sup>re<\/sup>\u00a0Middleton qu\u2019il a v\u00e9cu des exp\u00e9riences semblables avec d&rsquo;autres patients mourants de la communaut\u00e9 de M. Crow. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, il a discut\u00e9 des mesures \u00e0 prendre avec le personnel responsable de l&rsquo;unit\u00e9 des soins palliatifs, et on a convenu que les patients de la communaut\u00e9 locale des Premi\u00e8res Nations devaient \u00eatre hospitalis\u00e9s dans une chambre au bout du couloir pour \u00e9viter que les autres patients entendent les pri\u00e8res. Il se souvient d\u2019avoir eu peine \u00e0 obtenir l\u2019autorisation de l\u2019administration, car certains gestionnaires ne voulaient pas donner l&rsquo;impression que les membres de la communaut\u00e9 de M. Crow recevaient un traitement pr\u00e9f\u00e9rentiel. Ils ont fini par s&rsquo;entendre apr\u00e8s avoir invit\u00e9 un porte-parole de la communaut\u00e9 \u00e0 une r\u00e9union du personnel pour discuter des pratiques et des croyances de la communaut\u00e9 face \u00e0 la mort. Malheureusement, il y a eu depuis un roulement du personnel, et les besoins des membres de la communaut\u00e9 de M. Crow ont encore une fois \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9s.<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_pertinence\"><\/a>La culture comme d\u00e9terminant de sant\u00e9<\/h2>\n<p>La culture influence la sant\u00e9 de diverses fa\u00e7ons :<\/p>\n<ol>\n<li><em>Les bonnes et les mauvaises habitudes de vie.<\/em> Nous nous attardons souvent aux influences n\u00e9gatives de certaines cultures (la culture de la drogue, ou la mauvaise alimentation en vogue chez les adolescents, par exemple), mais il ne faut pas oublier les influences positives de la culture sur les comportements et les pratiques. Par exemple, les mormons et les adventistes du septi\u00e8me jour vivent plus longtemps que la population g\u00e9n\u00e9rale. Cela est d\u00fb, en partie, \u00e0 leur mode de vie, y compris \u00e0 leur refus de l&rsquo;alcool et du tabac, mais \u00e9galement \u00e0 leur r\u00e9seau de soutien social \u00e9tendu.<sup>6<\/sup><\/li>\n<li><em>Les croyances et les attitudes relatives \u00e0 la sant\u00e9<\/em>. Elles comprennent ce qu&rsquo;une personne per\u00e7oit comme \u00e9tant une maladie exigeant un traitement, et les soins et mesures pr\u00e9ventives qu&rsquo;elle est pr\u00eate \u00e0 accepter.\u00a0Les t\u00e9moins de J\u00e9hovah, par exemple, refusent d&rsquo;utiliser des produits de sang total.<\/li>\n<li><em>Les r\u00e9actions au fait d&rsquo;\u00eatre malade<\/em>. Le r\u00f4le de malade qu&rsquo;adopte une personne (et, ainsi, la mani\u00e8re dont elle r\u00e9agit au fait d&rsquo;\u00eatre malade) est souvent guid\u00e9 par ses racines culturelles. Par exemple, le machisme peut d\u00e9courager un homme d&rsquo;obtenir des soins m\u00e9dicaux en temps opportun; la culture peut aussi d\u00e9terminer de qui on acceptera des conseils.<\/li>\n<li><em>Les types de communication<\/em>, y compris le langage et les modes de pens\u00e9e. La culture peut aussi g\u00eaner la communication : un patient pourrait ne pas \u00eatre \u00e0 l&rsquo;aise d&rsquo;exprimer son opinion au m\u00e9decin, ou une femme, ne pas parler ouvertement devant son mari. De telles influences peuvent entraver les efforts visant \u00e0 \u00e9tablir une relation d&rsquo;aide et, de ce fait, les soins au patient.<\/li>\n<li><em>Le statut<\/em>. La perception d\u2019une culture par une autre peut miner le statut de groupes entiers de personnes et les placer dans une situation d\u00e9savantageuse. L&rsquo;in\u00e9galit\u00e9 sociale qui en d\u00e9coule, voire m\u00eame l\u2019exclusion, devient un d\u00e9terminant de la sant\u00e9. Ce qui peut se produire au sein de la m\u00eame culture\u00a0: par exemple, dans certaines soci\u00e9t\u00e9s, les femmes n&rsquo;ont pas suffisamment de pouvoir pour exiger le port du condom.<\/li>\n<li><em>Les interventions. <\/em>Les interventions individuelles ou en mati\u00e8re de sant\u00e9 publique qui ne respectent pas la culture et les valeurs du groupe cible \u00e9choueront probablement. Les interventions men\u00e9es aupr\u00e8s de la population sont plus efficaces lorsque des membres de la communaut\u00e9 participent activement \u00e0 leur \u00e9laboration.<sup>7<\/sup>\u00a0De m\u00eame, les patients devraient participer \u00e0 la planification des soins qui leur sont prodigu\u00e9s.<\/li>\n<\/ol>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Reactionsface\">Les r\u00e9actions face \u00e0 la pauvret\u00e9<\/h3>\n<div id=\"Reactionsface\" class=\"collapse\">\n<p>La pauvret\u00e9 forme un des d\u00e9terminants fondamentaux de la sant\u00e9. Dans les ann\u00e9es 1960 et 1970, les sociologues discutaient de la \u00ab culture de la pauvret\u00e9 \u00bb. L\u2019id\u00e9e centrale \u00e9tait que les pauvres avaient tendance \u00e0 d\u00e9velopper des attitudes et des comportements contribuant \u00e0 perp\u00e9tuer leur \u00e9tat de pauvret\u00e9 (et par cons\u00e9quent, leur pi\u00e8tre \u00e9tat de sant\u00e9). Cette id\u00e9e a attir\u00e9 nombre de critiques car elle semblait bl\u00e2mer les pauvres pour leur situation et d\u00e9tournait l\u2019attention des causes fondamentales de la pauvret\u00e9 qui prennent racine dans les structures sociales. Cependant, les personnes qui vivent dans la pauvret\u00e9 peuvent partager des attitudes qu\u2019il est pertinent pour les cliniciens de comprendre. Ces perspectives peuvent d\u00e9couler de m\u00e9canismes de survie. Par exemple :<\/p>\n<ul>\n<li>Une personne pauvre et malade per\u00e7oit l&rsquo;avenir comme \u00e9tant sombre et \u00e9vite donc d&rsquo;y penser. Elle vit dans le pr\u00e9sent et ne fait que des plans \u00e0 court terme.<\/li>\n<li>Une personne dont les choix sont limit\u00e9s se pr\u00e9occupe de la survie au quotidien; survivre aujourd&rsquo;hui est plus important qu&rsquo;\u00eatre en sant\u00e9 \u00e0 long terme.<\/li>\n<li>Des comportements qui peuvent sembler irresponsables \u00e0 des gens qui vivent en confort n\u2019ont pas la m\u00eame signification pour ceux qui vivent dans des situations marginales. Par exemple, la grossesse pendant l&rsquo;adolescence peut contribuer \u00e0 l&rsquo;estime de soi. La toxicomanie peut \u00eatre un antidote \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. Ces deux attitudes font durer la pauvret\u00e9, mais font t\u00e9moin de la perspective \u00e0 court terme de la personne pauvre.<\/li>\n<li>Il se peut qu&rsquo;une personne vivant dans la pauvret\u00e9 ne soit pas en mesure de suivre les conseils du m\u00e9decin, faute de temps, d&rsquo;argent ou de possibilit\u00e9s que le m\u00e9decin peut prendre pour acquis. Une personne pauvre n\u2019aura pas n\u00e9cessairement d\u2019assurance-m\u00e9dicaments et donc ne pourra pas se permettre d\u2019acheter l\u2019antibiotique que vous venez de lui prescrire.<\/li>\n<li>La pauvret\u00e9 donne naissance \u00e0 des sentiments de vuln\u00e9rabilit\u00e9, de d\u00e9pendance et de marginalit\u00e9 qui minent la conviction qu\u2019il est possible de changer.<\/li>\n<li>Il ne faut pas confondre instruction et intelligence. De nombreuses personnes peu scolaris\u00e9es comprennent tr\u00e8s bien de nouveaux concepts s&rsquo;ils sont expliqu\u00e9s clairement.<sup>8<\/sup> \u00ab Quand on n&rsquo;est pas trop bien instruit, il faut utiliser son cerveau encore plus \u00bb (citation attribu\u00e9e \u00e0 Yogi Berra).<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_typescultures\"><\/a>Les types de cultures<\/h2>\n<p>La culture porte sur des profils de comportements et de valeurs. Une perspective plus large permet de grouper et de classer ces profils apparemment al\u00e9atoires de mani\u00e8re rationnelle. Une classification de base s&rsquo;av\u00e9rera utile \u00e0 la compr\u00e9hension du clinicien. On fait souvent la distinction entre les soci\u00e9t\u00e9s ou les cultures collectivistes et individualistes. Les cultures collectivistes (comme certaines familles traditionnelles chinoises ou certains groupes africains) sont fond\u00e9es sur des valeurs de partage, de solidarit\u00e9 du groupe ou de la famille et d&rsquo;interd\u00e9pendance \u00e9motionnelle; elles mettent l&rsquo;accent sur les t\u00e2ches et les obligations mutuelles, ainsi que sur la prise de d\u00e9cisions en commun. Par contre, les soci\u00e9t\u00e9s individualistes (comme la soci\u00e9t\u00e9 nord-am\u00e9ricaine en g\u00e9n\u00e9ral) pr\u00e9conisent l&rsquo;autonomie, l&rsquo;initiative personnelle, l&rsquo;ind\u00e9pendance \u00e9motionnelle, le droit \u00e0 la vie priv\u00e9e, la recherche du plaisir et la s\u00e9curit\u00e9 financi\u00e8re. Les personnes de cultures collectivistes qui s&rsquo;installent en Am\u00e9rique du Nord se sentent souvent isol\u00e9es et comprennent mal qu\u2019on les juge individuellement responsables de leur sant\u00e9. Les familles de cultures collectivistes s&rsquo;occupent habituellement des personnes \u00e2g\u00e9es dans le foyer familial, formant ainsi des familles \u00e0 trois g\u00e9n\u00e9rations. Par contre, les familles de cultures individualistes placent souvent leurs parents \u00e2g\u00e9s dans des centres d\u2019h\u00e9bergement.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Renseignements\">Renseignements suppl\u00e9mentaires sur les types de cultures<\/h3>\n<div id=\"Renseignements\" class=\"collapse\">\n<p>Le tableau suivant est fond\u00e9 sur le travail de Geerd Hofstede, un sociologue hollandais, et applique le contraste entre la culture individualiste et collectiviste \u00e0 d&rsquo;autres domaines de la vie quotidienne.<sup>9<\/sup> Il sugg\u00e8re certaines implications g\u00e9n\u00e9rales li\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9 et aux soins m\u00e9dicaux.<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td width=\"195\"><strong>L\u2019identit\u00e9<\/strong> : <strong>individualisme vs collectivisme.<\/strong><br \/>\nLes personnes sont-elles per\u00e7ues comme \u00e9tant uniques et reconnues pour leurs r\u00e9alisations personnelles?<br \/>\nOu en tant que membres d&rsquo;un groupe social (famille, classe, organisation ou \u00e9quipe) dont l&rsquo;importance prime sur la personne?<\/td>\n<td width=\"524\">Dans les pays individualistes (Canada, \u00c9tats-Unis), chacun est responsable de soi, et l&rsquo;initiative est encourag\u00e9e; les liens entre les personnes et le groupe (travail, universit\u00e9, organisation) sont relativement faibles. Dans les soci\u00e9t\u00e9s collectivistes (Chine, Japon), l&rsquo;identit\u00e9 personnelle se fonde sur la place au sein du groupe. On accorde donc de la valeur aux cadres sociaux solides et au sentiment d&rsquo;appartenance au groupe. Les obligations interpersonnelles sont fortes.<br \/>\n<em>Pertinence sur le plan m\u00e9dical <\/em>: Les gens de cultures individualistes s&rsquo;attendent \u00e0 prendre leurs propres d\u00e9cisions en mati\u00e8re de sant\u00e9. Les gens de cultures collectivistes prendront souvent ces m\u00eames d\u00e9cisions en tant que membres d&rsquo;un groupe; les pressions du groupe peuvent influencer grandement la personne; elle peut avoir peur de se sentir humili\u00e9e si elle ne s\u2019y conforme pas. Les soci\u00e9t\u00e9s collectivistes pr\u00e9conisent l&rsquo;harmonie, alors que les soci\u00e9t\u00e9s individualistes pr\u00e9conisent le respect de soi et l&rsquo;autonomie.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"195\"><strong>L\u2019\u00e9cart du pouvoir<\/strong> : Comment la soci\u00e9t\u00e9 compose-t-elle avec l&rsquo;in\u00e9galit\u00e9? Quel est son degr\u00e9 de tol\u00e9rance des d\u00e9s\u00e9quilibres de pouvoir?<\/td>\n<td width=\"524\">Dans certaines cultures, comme celles des pays arabes, du Mexique ou de l\u2019Inde, la distance hi\u00e9rarchique, ou \u00ab \u00e9cart du pouvoir \u00bb, est consid\u00e9rable. Dans ces cultures, les subordonn\u00e9s doivent se r\u00e9signer \u00e0 l&rsquo;autorit\u00e9, respecter et accepter leur patron, simplement en raison de sa position (\u00ab\u00a0chacun a sa place \u00bb).<br \/>\n<em>Pertinence sur le plan m\u00e9dical <\/em>: Les patients d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 qui accepte une grande distance hi\u00e9rarchique ont tendance \u00e0 suivre les conseils du m\u00e9decin sans se poser de questions. Par contre, les patients des soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 les distances hi\u00e9rarchiques sont plus faibles peuvent ne pas respecter automatiquement l&rsquo;opinion du m\u00e9decin et ont tendance \u00e0 s\u2019interroger sur le bien-fond\u00e9 d\u2019une recommandation.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"195\"><strong>L\u2019\u00e9vitement de l&rsquo;incertitude<\/strong> : Les normes et les croyances qui sous-tendent la r\u00e9action des personnes aux situations ambigu\u00ebs.<\/td>\n<td width=\"524\">Dans les pays comme le Japon, la France ou la Gr\u00e8ce, on a tendance \u00e0 \u00e9viter l&rsquo;incertitude; on pr\u00e9f\u00e8re la pr\u00e9visibilit\u00e9, et l\u2019on a \u00e9tabli des hi\u00e9rarchies, des lois et des proc\u00e9dures rigides. Les id\u00e9es d\u00e9viantes sont mal vues, et le consensus est important. On y trouve donc g\u00e9n\u00e9ralement un fort sentiment nationaliste. Dans les pays nordiques ou anglophones, les gens semblent mieux tol\u00e9rer l&rsquo;incertitude; ils n&rsquo;aiment pas la structure, et le sentiment nationaliste y est moins fort. Toutefois, les gens des pays qui \u00e9vitent l&rsquo;incertitude les per\u00e7oivent comme \u00e9tant d\u00e9sorganis\u00e9s et confus.<br \/>\n<em>Pertinence sur le plan m\u00e9dical <\/em>: Les personnes des cultures qui \u00e9vitent l&rsquo;incertitude s&rsquo;attendent \u00e0 ce que leur m\u00e9decin leur dise pr\u00e9cis\u00e9ment quoi faire. Les personnes de cultures qui tol\u00e8rent l&rsquo;incertitude peuvent accepter le fait que plusieurs approches sont possibles; si un traitement est efficace, tant mieux, mais s&rsquo;il ne l&rsquo;est pas, un autre le sera peut-\u00eatre.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"195\"><strong>La masculinit\u00e9<\/strong> : Quel degr\u00e9 de polarisation y a-t-il entre les r\u00f4les des hommes et des femmes dans la soci\u00e9t\u00e9?<br \/>\nLes hommes sont-ils assertifs et les femmes soumises, ou existe-t-il une \u00e9galit\u00e9?<\/td>\n<td width=\"524\">Les pays comme le Mexique, l&rsquo;Allemagne ou le Japon \u00e9pousent des valeurs traditionnellement masculines comme l&rsquo;assertivit\u00e9, le mat\u00e9rialisme et une pr\u00e9occupation limit\u00e9e pour les autres. Les gens travaillent de longues heures, et leur emploi est un \u00e9l\u00e9ment central dans leur vie. Les r\u00f4les sexuels sont clairement identifi\u00e9s : le mari prend les d\u00e9cisions pour la femme. Par contre, les cultures qui accordent moins d&rsquo;importance \u00e0 la masculinit\u00e9 (p. ex., les pays nordiques) pr\u00e9conisent la qualit\u00e9 de vie et le respect de l&rsquo;autre. La diff\u00e9rence entre les r\u00f4les sexuels y est moins \u00e9vidente. Notons cependant que les tendances universelles comme le mouvement f\u00e9ministe et l\u2019augmentation des familles \u00e0 double revenu sont en train de r\u00e9duire l&rsquo;\u00e9cart entre les cultures qui accordent une grande importance aux valeurs masculines et celles qui leur en accordent moins.<br \/>\n<em>Pertinence sur le plan m\u00e9dical <\/em>: Les valeurs masculines ont tendance \u00e0 correspondre \u00e0 une distinction claire entre les r\u00f4les sexuels : le mari prendra souvent les d\u00e9cisions pour la femme.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td width=\"195\"><strong>L\u2019orientation par rapport au temps<\/strong> : Les personnes se fixent-elles des objectifs \u00e0 court ou \u00e0 long terme?<\/td>\n<td width=\"524\">Les soci\u00e9t\u00e9s occidentales sont g\u00e9n\u00e9ralement ax\u00e9es sur des buts \u00e0 court terme et per\u00e7oivent le temps comme une ressource pr\u00e9cieuse. On met l&rsquo;accent sur la r\u00e9alisation d&rsquo;une chose \u00e0 la fois. Dans d&rsquo;autres soci\u00e9t\u00e9s (de l&rsquo;Afrique, des Cara\u00efbes et de certains groupes indiens), l&rsquo;urgence temporelle est beaucoup moins centrale. Elles peuvent agir de mani\u00e8re polychronique (plusieurs choses peuvent se passer en m\u00eame temps, et on peut tout remettre \u00e0 plus tard : <em>ma\u00f1ana<\/em>).<br \/>\n<em>Pertinence sur le plan m\u00e9dical <\/em>: Les patients de telles cultures peuvent ne pas \u00eatre ponctuels (\u00ab venez \u00e0 8 heures au temps de la Jama\u00efque \u00bb veut plut\u00f4t dire vers 9 ou 10 heures). Dans certaines cultures arabes, les \u00e9ch\u00e9ances sont per\u00e7ues comme une insulte\u00a0: les choses importantes exigent beaucoup de temps; on ne peut s&#8217;empresser de les faire.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_santeindigene\"><\/a>Les peuples autochtones au Canada<\/h2>\n<p>Un th\u00e8me important de la culture canadienne est l&rsquo;histoire des peuples autochtones, et de nombreux \u00e9v\u00e9nements historiques ont eu un impact durable sur la sant\u00e9 de ces peuples. Ces \u00e9v\u00e9nements d\u00e9terminants sont la cr\u00e9ation du syst\u00e8me de r\u00e9serves, les relocalisations impos\u00e9es, l&rsquo;obligation de placer les enfants dans des pensionnats, les services inad\u00e9quats dans les r\u00e9serves et le racisme syst\u00e9mique. Dans le reste de la soci\u00e9t\u00e9, les impacts de ces exp\u00e9riences sont mal compris.<\/p>\n<p>En imposant les valeurs culturelles et les lois occidentales, le Canada a profond\u00e9ment influenc\u00e9 de nombreux d\u00e9terminants de la sant\u00e9 des Premi\u00e8res Nations, des Inuits et des M\u00e9tis. On a d\u00e9crit la colonisation comme \u00e9tant \u00ab l&rsquo;usurpation du territoire des Autochtones et la subjugation de leurs peuples depuis l&rsquo;arriv\u00e9e des Europ\u00e9ens. Pour les Autochtones, la colonisation a provoqu\u00e9 une perte de leurs terres, de leurs ressources et de leur autonomie, ainsi qu&rsquo;un bouleversement profond de leurs coutumes et de leurs valeurs. \u00bb<sup>10<\/sup> Les tentatives d&rsquo;assimilation culturelle ont priv\u00e9 les groupes autochtones de leurs terres, de leurs syst\u00e8mes d&rsquo;autonomie gouvernementale, de leurs cultures, de leurs langues, de leurs syst\u00e8mes de soins de sant\u00e9 et d&rsquo;\u00e9ducation et de leurs \u00e9conomies traditionnelles. Ces mesures sociales et \u00e9conomiques ont eu des effets consid\u00e9rables sur la sant\u00e9 des peuples autochtones, qui se trouvent aujourd\u2019hui dans une condition bien pire que celle de leurs concitoyens. Selon l&rsquo;Organisation nationale de la sant\u00e9 autochtone (ONSA), les donn\u00e9es pr\u00e9liminaires semblent indiquer que le transfert de comp\u00e9tence en mati\u00e8re de prestation de services entra\u00eenera des meilleurs r\u00e9sultats cliniques pour les Autochtones. Une pr\u00e9sentation de l&rsquo;ONSA<sup>11<\/sup> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;impact ind\u00e9sirable de la colonisation sur le changement environnemental, \u00e0 la destruction des \u00e9conomies traditionnelles et de l&rsquo;autosuffisance, aux effets dommageables des migrations et des influences culturelles sur les habitudes alimentaires traditionnelles, \u00e0 l&rsquo;\u00e9limination des formes traditionnelles de soins, et \u00e0 l&rsquo;impact de la perte de l&rsquo;autod\u00e9termination sur l&rsquo;identit\u00e9 et, par cons\u00e9quent, sur les taux de suicide.<\/p>\n<p>Plus pr\u00e8s de nous, les pensionnats ont eu un impact durable. Leur mise en place a repr\u00e9sent\u00e9 une tentative syst\u00e9matique d&rsquo;assimiler les groupes autochtones. Le programme de pensionnats a \u00e9t\u00e9 instaur\u00e9 vers 1874 pour remplacer les \u00e9coles de missionnaires, dont le but \u00e9tait de convertir les Autochtones au christianisme. La fr\u00e9quentation des pensionnats est devenue obligatoire \u00e0 compter des ann\u00e9es 1920. Le dernier a ferm\u00e9 ses portes en 1996. De nombreux enfants ont \u00e9t\u00e9 forc\u00e9s de quitter leurs familles et leurs communaut\u00e9s pour fr\u00e9quenter ces \u00e9coles. Certaines familles \u00e9taient toutefois favorables \u00e0 la formule des pensionnats, qui permettait \u00e0 leurs enfants de vivre parmi les Blancs <span class=\"PrimerAnswerChar\"><span lang=\"FR-CA\">:\u00a0<\/span><\/span><span class=\"PrimerAnswerChar\"><span lang=\"FR-CA\">voir, par exemple le roman <\/span><em><span lang=\"FR-CA\">Permanent Astonishment<\/span><\/em><\/span><span class=\"PrimerAnswerChar\"><span lang=\"FR-CA\">, de l&rsquo;auteur Tomson Highway<\/span><\/span><span class=\"PrimerAnswerChar\"><span lang=\"FR-CA\"><em>. <\/em><\/span><\/span>Dans ces pensionnats, il \u00e9tait interdit aux \u00e9l\u00e8ves de parler leur langue maternelle, et ils devaient respecter des valeurs et des normes tr\u00e8s diff\u00e9rentes des leurs, notamment en mati\u00e8re d&rsquo;\u00e9ducation. Ces enfants ont v\u00e9cu des exp\u00e9riences \u00e0 tout le moins p\u00e9nibles, et certains ont \u00e9t\u00e9 victime de violence sexuelle et physique<span class=\"PrimerAnswerChar\"><span lang=\"FR-CA\">, tels que d\u00e9crits dans le roman <\/span><em><span lang=\"FR-CA\">Kiss of the Fur Queen<\/span><\/em><\/span><span class=\"PrimerAnswerChar\"><span lang=\"FR-CA\">, \u00e9galement de Tomson Highway,\u00a0et de mani\u00e8re encore plus inqui\u00e9tant par Richard Wagamese dans <em>Indian<\/em> <em>Horse<\/em><\/span><\/span>. Le programme de pensionnats n&rsquo;a pas atteint son but, qui \u00e9tait de d\u00e9truire les langues et les culturelles traditionnelles des Premi\u00e8res Nations, des Inuits et des M\u00e9tis, mais il a r\u00e9ussi \u00e0 miner leurs cultures et leur dignit\u00e9. Chez les peuples autochtones, l\u2019h\u00e9ritage des pensionnats se manifeste par la perte d&rsquo;identit\u00e9, l\u2019ali\u00e9nation et le cynisme envers le reste de la soci\u00e9t\u00e9. Ce traumatisme a laiss\u00e9 dans son sillage des probl\u00e8mes de d\u00e9pendance, de violence familiale et de suicide qui risquent de se transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes (les victimes qui ont \u00e9t\u00e9 violent\u00e9es et qui ne sont pas encore gu\u00e9ries ont \u00e0 leur tour tendance \u00e0 violenter les autres). Les effets du traumatisme culturel de la colonisation sur la sant\u00e9 sont durables : il s&rsquo;agit \u00ab de plaies cumulatives, \u00e9motionnelles et psychologiques qui s&rsquo;\u00e9tendent sur des g\u00e9n\u00e9rations et pendant toute une vie d\u00e9coulant du traumatisme de masse d&rsquo;un groupe. \u00bb<sup>12<\/sup><\/p>\n<p><span lang=\"FR-CA\">Par la voie de la Commission de v\u00e9rit\u00e9 et r\u00e9conciliation du Canada, les <\/span>communaut\u00e9s autochtones s&rsquo;acharnent \u00e0 gu\u00e9rir de ce traumatisme et \u00e0 assurer la r\u00e9silience de leur jeunesse et de leur culture. La pr\u00e9sence d\u2019effectifs de sant\u00e9 qui peuvent offrir des soins culturellement s\u00e9curitaires fait partie de cette gu\u00e9rison.\u00a0\u00ab Parall\u00e8lement, les peuples des Premi\u00e8res Nations, Inuits et M\u00e9tis ont fait preuve d\u2019une grande r\u00e9silience face \u00e0 ces d\u00e9fis et ont une riche collection de savoir et de traditions \u00e0 faire conna\u00eetre. Le savoir et les pratiques de gu\u00e9rison traditionnels continuent d\u2019\u00eatre mis \u00e0 contribution par les gu\u00e9risseurs, les sages-femmes et les praticiens de la m\u00e9decine rituelle qui forment un important syst\u00e8me de prestation de soins de sant\u00e9 aux peuples des Premi\u00e8res Nations, Inuits et M\u00e9tis. \u00bb<sup>4<\/sup> La m\u00e9decine autochtone comprend d&rsquo;innombrables rem\u00e8des \u00e0 base de plantes, dont beaucoup ont servi de base aux traitements pharmaceutiques que la m\u00e9decine occidentale utilise r\u00e9guli\u00e8rement aujourd\u2019hui. L&rsquo;\u00e9corce de l&rsquo;if du Pacifique a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e traditionnellement au long des si\u00e8cles et qui \u00e9tait la source de taxol pour le cancer du sein. Les approches de gu\u00e9rison sont holistiques : elles tiennent compte du corps, de la pens\u00e9e et de l&rsquo;esprit, comme dans la d\u00e9finition de la sant\u00e9 de l&rsquo;OMS. La <em>m\u00e9decine<\/em> autochtone se distingue de la <em>gu\u00e9rison<\/em>, qui va au-del\u00e0 d&rsquo;un simple traitement de la maladie et comporte souvent une dimension spirituelle.<\/p>\n<p><a id=\"_medecineautochtone\"><\/a>Les contrastes entre l&rsquo;approche autochtone et l&rsquo;approche occidentale de la gu\u00e9rison peuvent repr\u00e9senter un d\u00e9fi pour les praticiens de la m\u00e9decine occidentale lorsqu&rsquo;ils cherchent \u00e0 r\u00e9pondre aux besoins des patients autochtones; cela peut donner lieu \u00e0 des tensions et des malentendus. Par cons\u00e9quent, dans de nombreuses villes, on met sur pied des \u00e9tablissements m\u00e9dicaux qui tentent d&rsquo;int\u00e9grer la m\u00e9decine occidentale et les enseignements autochtones; le <a href=\"http:\/\/www.aht.ca\">centre de sant\u00e9 Anishnawbe<\/a> de Toronto est un bon exemple. L&rsquo;ONSA offre huit directives pour garantir la s\u00e9curit\u00e9 culturelle dans la prestation de soins de sant\u00e9 aux patients autochtones. Elles portent sur la disponibilit\u00e9 de salles pour les Autochtones dans les h\u00f4pitaux; la n\u00e9cessit\u00e9 de permettre aux patients autochtones d&rsquo;avoir acc\u00e8s \u00e0 des c\u00e9r\u00e9monies, des chansons et des pri\u00e8res; le respect du besoin des patients de s\u2019entourer d&rsquo;objets c\u00e9r\u00e9moniaux; la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019offrir des renseignements et du soutien \u00e0 la famille; des directives pour l\u2019\u00e9limination appropri\u00e9e des restes humains; et des consignes \u00e0 suivre lorsqu\u2019un patient meurt.<sup>3<\/sup><\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#Pratiquesde\">Pratiques de gu\u00e9rison autochtones<\/h3>\n<div id=\"Pratiquesde\" class=\"collapse\">Voici quelques-unes des pratiques de gu\u00e9rison autochtones qui sont habituellement utilis\u00e9es par les a\u00een\u00e9s d&rsquo;une communaut\u00e9.<br \/>\n<strong>La purification<\/strong> (\u00ab smudging \u00bb)<br \/>\nOn utilise la fum\u00e9e de plantes (\u00ab smudge \u00bb) pour la purification rituelle. Il s\u2019agit d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie pratiqu\u00e9e traditionnellement par certaines cultures autochtones pour purifier ou balayer physiquement ou spirituellement un lieu ou une personne de ses \u00e9nergies, \u00e9motions ou pens\u00e9es n\u00e9gatives. Les m\u00e9dicaments sacr\u00e9s, comme le c\u00e8dre, la sauge, le foin d&rsquo;odeur ou le tabac, sont br\u00fbl\u00e9s dans une coquille d&rsquo;ormier. La personne se met les mains dans la fum\u00e9e et la porte vers son corps, en s&rsquo;attardant aux parties qui n\u00e9cessitent une gu\u00e9rison spirituelle (la pens\u00e9e, le c\u0153ur et le corps).<br \/>\n<strong>Les cercles de gu\u00e9rison<\/strong><br \/>\nIl s&rsquo;agit d\u2019assembl\u00e9es dont l&rsquo;objet est de gu\u00e9rir les plaies physiques, \u00e9motionnelles et spirituelles. Un objet symbolique, souvent une plume d&rsquo;aigle, est remis \u00e0 une personne qui souhaite prendre la parole, puis tour \u00e0 tour aux autres personnes qui veulent parler. Les c\u00e9r\u00e9monies sont parfois anim\u00e9es par des chamans.<br \/>\n<strong>La hutte de sudation<\/strong> (ou hutte de purification)<br \/>\nOn utilise un sauna c\u00e9r\u00e9monial pour la gu\u00e9rison et la purification. Il s&rsquo;agit habituellement d&rsquo;un d\u00f4me fait de bois et recouvert de couvertures ou de peaux. Il fait 1,5 m\u00e8tre de hauteur, et huit personnes peuvent s&rsquo;y asseoir en cercle sur le sol. On place des pierres chaudes dans un trou peu profond au centre de la hutte. Un gu\u00e9risseur fait couler de l&rsquo;eau sur les pierres pour produire de la vapeur, et les participants peuvent rester dans la hutte pendant une heure. La hutte combine les quatre \u00e9l\u00e9ments : le feu, l&rsquo;eau, l&rsquo;air et la terre. Les offrandes, les pri\u00e8res et la v\u00e9n\u00e9ration font partie des c\u00e9r\u00e9monies. Il arrive que l&rsquo;exposition excessive \u00e0 la chaleur de la hutte ait des effets n\u00e9fastes sur la sant\u00e9; des toxines environnementales peuvent aussi \u00eatre lib\u00e9r\u00e9es si des herbes expos\u00e9es aux pesticides sont plac\u00e9es sur les pierres.<br \/>\n<strong>La Danse du Soleil<\/strong> (ou de la Pluie, de la Soif ou de la M\u00e9decine)<br \/>\nC\u2019est un rituel qui c\u00e9l\u00e8bre l&rsquo;harmonie entre l&rsquo;homme et la nature, et la d\u00e9votion spirituelle. \u00c0 l&rsquo;origine, on pratiquait la Danse du Soleil au solstice d&rsquo;\u00e9t\u00e9. Elle repr\u00e9sente la continuit\u00e9 entre la vie, la mort et le renouveau. L\u2019un de ses symboles est souvent le bison, dont d\u00e9pendaient les tribus indiennes des plaines pour leur subsistance. Le bison \u00e9tait v\u00e9n\u00e9r\u00e9, mais il fallait aussi le tuer pour s\u2019en nourrir. Quatre jours avant la c\u00e9r\u00e9monie, les danseurs se pr\u00e9parent en se purifiant, parfois dans une hutte de sudation, en m\u00e9ditant et en recueillant des objets c\u00e9r\u00e9moniaux \u00e0 porter. La Danse elle-m\u00eame dure aussi quatre jours et comprend g\u00e9n\u00e9ralement de la musique de tambours, des chansons et des danses, mais \u00e9galement un je\u00fbne et, dans certains cas, des douleurs auto-inflig\u00e9es. Cela symbolise la renaissance et comprend souvent le per\u00e7age de la peau et le nouage de cordes dont il faut se lib\u00e9rer. En raison de cet \u00e9l\u00e9ment, les gouvernements ont interdit la Danse du Soleil vers 1880, mais elle a depuis \u00e9t\u00e9 r\u00e9introduite.<br \/>\n<strong>La c\u00e9r\u00e9monie du calumet<\/strong><br \/>\nOn utilise le calumet individuellement et en groupe pour des pri\u00e8res et des c\u00e9r\u00e9monies. Les participants forment un cercle. On br\u00fble une tresse de foin d&rsquo;odeur pour purifier les environs et les personnes pr\u00e9sentes afin de rendre l&rsquo;endroit sacr\u00e9 et d\u2019y inviter les esprits. On fume du tabac ou de la busserole (un m\u00e9lange traditionnel de baies et d&rsquo;herbes sauvages ou de copeaux de bois de fl\u00e8che) pour prier le Grand Esprit ou transmettre des demandes \u00e0 d\u2019autres esprits. On fume aussi le calumet au d\u00e9but d&rsquo;autres assembl\u00e9es ou c\u00e9r\u00e9monies. Lorsqu&rsquo;il n&rsquo;est pas utilis\u00e9, le bol et la tige sont s\u00e9par\u00e9s et transport\u00e9s par une personne, le porteur du calumet.<br \/>\n<strong>Le potlatch<\/strong><br \/>\nC\u2019est un festin c\u00e9r\u00e9monial tenu par les peuples autochtones de la c\u00f4te Nord-Ouest du Pacifique lors de grands \u00e9v\u00e9nements familiaux, comme les mariages ou les naissances. L&rsquo;h\u00f4te distribue des cadeaux en fonction du statut de chaque invit\u00e9, renfor\u00e7ant ainsi les relations hi\u00e9rarchiques per\u00e7ues entre les groupes. \u00c0 l&rsquo;occasion, le don de cadeaux devenait comp\u00e9titif : l&rsquo;h\u00f4te offrait des biens personnels en esp\u00e9rant que les autres feraient de m\u00eame. Une telle largesse contribuait au prestige que l&rsquo;on accordait \u00e0 l&rsquo;h\u00f4te. Les missionnaires ont incit\u00e9 les gouvernements \u00e0 interdire le potlatch vers 1885, mais cela s&rsquo;est av\u00e9r\u00e9 difficilement applicable\u00a0applicable et on a fini par lever l\u2019interdiction. La c\u00e9r\u00e9monie est courante de nos jours.<\/div>\n<\/div>\n<h1 class=\"PrimerConceptHeading\"><span lang=\"FR-CA\">Questions d&rsquo;auto-\u00e9valuation<\/span><\/h1>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q1\">1. Selon vous, quels sont les \u00e9l\u00e9ments de la culture d&rsquo;un patient dont on doit tenir compte pour assurer la meilleure prise en charge possible?<\/h3>\n<div id=\"q1\" class=\"collapse\">Les influences culturelles peuvent jouer sur les r\u00e9actions du patient \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la maladie, du traitement que vous lui sugg\u00e9rez et de vos efforts pour l&rsquo;aider \u00e0 pr\u00e9venir les r\u00e9currences en modifiant ses facteurs de risque. Il peut donc \u00eatre important de vous renseigner sur ces possibilit\u00e9s; vous devez lui expliquer qu&rsquo;il doit partager ses impressions et celles de sa famille quant \u00e0 vos recommandations. Expliquez-lui que sa communaut\u00e9 ne vous est pas famili\u00e8re et qu&rsquo;il doit vous aviser de toutes croyances ou obligations dont vous devez \u00eatre conscient, comme des restrictions alimentaires, th\u00e9rapeutiques, etc., si elles s&rsquo;av\u00e8rent pertinentes.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q2\">2. D\u00e9crivez au moins une diff\u00e9rence entre la comp\u00e9tence culturelle et la s\u00e9curit\u00e9 culturelle.<\/h3>\n<div id=\"q2\" class=\"collapse\">La comp\u00e9tence culturelle fait partie de la s\u00e9curit\u00e9 culturelle, mais cette derni\u00e8re va au-del\u00e0 de la comp\u00e9tence pour promouvoir la perspective du patient afin de prot\u00e9ger son droit \u00e0 ses propres convictions. Si un patient estime que vous respecterez ses convictions et que vous ne tenterez pas de les changer, il sera plus ouvert \u00e0 vos recommandations. Un m\u00e9decin dont la pratique est culturellement s\u00e9curitaire a pris le temps de r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ses propres biais culturels, de les reconna\u00eetre et de faire en sorte qu&rsquo;ils ne nuisent pas aux soins que re\u00e7oit le patient. Ce mod\u00e8le d&rsquo;autor\u00e9flexion, de sensibilisation et de promotion est \u00e9galement de mise \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle d\u2019une organisation.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q3\">3. Comment la colonisation continue-t-elle \u00e0 avoir un impact sur la sant\u00e9 des peuples autochtones du Canada?<\/h3>\n<div id=\"q3\" class=\"collapse\">En imposant les valeurs culturelles et les lois occidentales, le Canada a profond\u00e9ment influenc\u00e9 tous les d\u00e9terminants de la sant\u00e9 des Premi\u00e8res Nations, des Inuits et des M\u00e9tis. Ces tentatives d&rsquo;assimilation culturelle les ont priv\u00e9s de leurs terres, de leurs syst\u00e8mes d&rsquo;autonomie gouvernementale, de leurs cultures, de leurs langues, de leurs syst\u00e8mes de soins de sant\u00e9 et d&rsquo;\u00e9ducation, de leur \u00e9conomie, etc. Il est impossible de profiter d&rsquo;un bon \u00e9tat de sant\u00e9 et de mieux-\u00eatre lorsqu\u2019autant de d\u00e9terminants ne sont pas satisfaits. Une pr\u00e9occupation plus r\u00e9cente est l&rsquo;impact durable des pensionnats. On a syst\u00e9matiquement tent\u00e9 de d\u00e9truire les langues, les cultures traditionnelles et, ainsi, la dignit\u00e9 des Premi\u00e8res Nations, des Inuits et des M\u00e9tis. La plupart des Canadiens commencent tout juste \u00e0 conna\u00eetre l&rsquo;envergure des abus de ce syst\u00e8me, qui a d&rsquo;abord oblig\u00e9 la s\u00e9paration des enfants d\u2019avec leurs parents, leur famille, leur communaut\u00e9 et leur culture. Certains enfants ont \u00e9t\u00e9 victimes de violence sexuelle et physique. Chez les peuples autochtones, l\u2019h\u00e9ritage des pensionnats se manifeste par la perte d\u2019identit\u00e9, l\u2019ali\u00e9nation et le cynisme envers le reste de la soci\u00e9t\u00e9. Ce traumatisme a laiss\u00e9 dans son sillage des probl\u00e8mes de d\u00e9pendance, de violence familiale (les victimes de violence qui n&rsquo;en sont pas gu\u00e9ries finissent par \u00eatre violentes envers les autres) et de suicide qui risquent de se transmettre aux g\u00e9n\u00e9rations suivantes. Les communaut\u00e9s autochtones s&rsquo;acharnent \u00e0 gu\u00e9rir de ce traumatisme et \u00e0 assurer la r\u00e9silience de leur jeunesse et de leur culture. La pr\u00e9sence d\u2019effectifs de sant\u00e9 qui peuvent offrir des soins culturellement s\u00e9curitaires fait partie de cette gu\u00e9rison.<\/div>\n<\/div>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<ol>\n<li>Hruschka DJ, Hadley C. A glossary of culture in epidemiology. J Epidemiol Community Health. 2008;62:947-51.<\/li>\n<li>Caron N. Caring for Aboriginal patients: the culturally competent physician. Royal College Outlook. 2006;3(2):19-23.<\/li>\n<li>National Aboriginal Health Organization. Cultural competency and safety: a First Nations, Inuit, and M\u00e9tis Context &amp; guidelines for health professionals 2007 [source cit\u00e9e en d\u00e9cembre 2015]. Disponible ici : <a href=\"http:\/\/www.naho.ca\/documents\/naho\/publications\/UofT2007.pdf\">http:\/\/www.naho.ca\/documents\/naho\/publications\/UofT2007.pdf<\/a>.<\/li>\n<li>Association des M\u00e9decins Indig\u00e8nes du Canada. Les Comp\u00e9tences essentielles en mati\u00e8re de sant\u00e9 des Inuits, des M\u00e9tis et des Premi\u00e8res nations. Ottawa: L\u2019Association des facult\u00e9s de m\u00e9decine du Canada; 2009 [source cit\u00e9e en d\u00e9cembre 2015]. Disponible ici : <a href=\"https:\/\/www.afmc.ca\/pdf\/CoreCompetenciesFr.pdf\">https:\/\/www.afmc.ca\/pdf\/CoreCompetenciesFr.pdf<\/a>.<\/li>\n<li>Spence D. Hermeneutic notions illuminate cross cultural nursing experiences. J Adv Nurs. 2001;35(4):624-30.<\/li>\n<li>Merrill RM. Life expectancy among LDS and Non-LDS in Utah. Demographic Research. 2004;10(3):61-82.<\/li>\n<li>Panter-Brick C, Clarke SE, Lomas H, Pinder M, Lindsay SW. Culturally compelling strategies for behaviour change: a social ecology model. Soc Sci Med. 2006;62(11):2810-25.<\/li>\n<li>Benson DS. Providing health care to human beings trapped in the poverty culture: reconciling the inner self with the business of health care. Physician Executive. 2000;26(2):28-32.<\/li>\n<li>Hofstede G. Cultures and organizations: software of the mind. London: McGraw-Hill; 1991.<\/li>\n<li>National Aboriginal Health Organization. Broader Determinants of Health in an Aboriginal Context Ottawa: NAHO; 2007 [source cit\u00e9e en d\u00e9cembre 2015]. Disponible ici : <a href=\"http:\/\/www.naho.ca\/documents\/naho\/publications\/determinants.pdf\">http:\/\/www.naho.ca\/documents\/naho\/publications\/determinants.pdf<\/a>.<\/li>\n<li>LaRocque ED. Violence in Aboriginal communities. Ottawa: Royal Commission on Aboriginal Peoples; 1993 [source cit\u00e9e en d\u00e9cembre 2015]. Disponible ici : <a href=\"http:\/\/dsp-psd.pwgsc.gc.ca\/Collection\/H72-21-100-1994E.pdf\">http:\/\/dsp-psd.pwgsc.gc.ca\/Collection\/H72-21-100-1994E.pdf<\/a>.<\/li>\n<li>Dodgson J. Indigenous women&rsquo;s voices. J Transcult Nurs. 2005;16(4):339.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Apr\u00e8s avoir assimil\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure : 1. de d\u00e9finir les termes et concepts de base relatifs \u00e0 une communication bien adapt\u00e9e \u00e0 la culture du patient, et d\u00e9crire l\u2019importance et l\u2019incidence d\u2019une bonne communication, adapt\u00e9e \u00e0 la culture, avec le patient, la famille du patient et, au besoin, la collectivit\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":1238,"menu_order":3,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1230","page","type-page","status-publish","hentry"],"aioseo_notices":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1230","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1230"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1230\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4453,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1230\/revisions\/4453"}],"up":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1238"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1230"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}