{"id":1250,"date":"2018-02-20T17:05:10","date_gmt":"2018-02-20T17:05:10","guid":{"rendered":"https:\/\/afmc.ca\/phprimer\/?page_id=1250"},"modified":"2024-06-28T14:39:39","modified_gmt":"2024-06-28T14:39:39","slug":"chapitre-8-la-promotion-de-la-sante-et-la-prevention","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-8\/","title":{"rendered":"Chapitre 8 L\u2019am\u00e9lioration de la sant\u00e9"},"content":{"rendered":"<div class=\"prelude\">\n<p><strong>Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure :<\/strong><\/p>\n<p>1. De reconna\u00eetre l&rsquo;\u00e9volution des <a href=\"#_objectifssoins\">objectifs des soins de sant\u00e9<\/a><\/p>\n<p>2. De d\u00e9crire les avantages et les inconv\u00e9nients de rep\u00e9rer et de traiter les personnes malades et d\u2019adopter des m\u00e9thodes de pr\u00e9vention \u00e0\u00a0<a href=\"#_popinterven\">l\u2019\u00e9chelle de la population<\/a> (Conseil m\u00e9dical 78-3)<\/p>\n<p>3. De comparer les approches pr\u00e9ventives aux niveaux <a href=\"#_Rose2\">individuelle\u00a0et de la population<\/a>;<\/p>\n<p>4. D\u2019appliquer les <a href=\"#_courbes\">courbes de survie<\/a> pour d\u00e9crire les r\u00e9sultats d\u2019une intervention (78-2)<\/p>\n<p>5. De comprendre l\u2019influence des politiques publiques sur les modes de vie, et donc leur incidence sur la sant\u00e9 d&rsquo;une population (78-3)<br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2022 \u00a0modifier les <a href=\"#_intervendets\">d\u00e9terminants de la sant\u00e9<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2022 \u00a0<a href=\"#_ciblerlesmaladies\">cibler les maladies<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2022 \u00a0<a href=\"#_ciblerservices\">cibler les\u00a0services<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2022 \u00a0<a href=\"#_mefaits\">r\u00e9duire les m\u00e9faits<\/a><\/span><\/p>\n<p>6. Comprendre le r\u00f4le que le m\u00e9decin peut jouer dans la <a href=\"#_promosante\">promotion de la sant\u00e9<\/a> et <a href=\"#_prevclinprac\">de la pr\u00e9vention<\/a>\u00a0des maladies aux niveaux individuel et communautaire (78-3)<br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2022 \u00a0citer les\u00a0<a href=\"#_donneesprobantes\">bases de donn\u00e9es probantes<\/a> pour une pratique clinique pr\u00e9ventive<br \/>\n<\/span> <span style=\"padding-left: 30px;\">\u2022 \u00a0<a href=\"#_pratiquerprev\">mise en oeuvre<\/a> de pratiques pr\u00e9ventives<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2022 \u00a0d\u00e9crire les <a href=\"#_systemesprev\">syst\u00e8mes organisationnels<\/a> pour am\u00e9liorer la pr\u00e9vention en milieu clinique.\u00a0<\/span><\/p>\n<p>7. D\u00e9crire un ou plusieurs mod\u00e8les de changement <a href=\"#_comportements\">de comportements<\/a>, notamment les facteurs pr\u00e9disposants, habilitants et renfor\u00e7ants (78-3)<\/p>\n<p>Faire le lien entre ces connaissances et les <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/\/objectifs-du-cmc-et-canmeds\/\">objectifs du Conseil m\u00e9dical du Canada<\/a>, notamment le chapitre 78-3.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"prelude\">\n<p style=\"text-align: center;\"><span lang=\"FR\"><strong>\u00c0 noter<\/strong> : les cases color\u00e9es contiennent des informations suppl\u00e9mentaires facultatives ;<br \/>\ncliquez sur la bo\u00eete pour l\u2019ouvrir.<br \/>\nLes mots en MAJUSCULES sont d\u00e9finis dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">Glossaire<\/a>.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#pasdemaladie\">Pas de maladie, pas de probl\u00e8me?<\/h3>\n<div id=\"pasdemaladie\" class=\"collapse\">David Richard consulte le D<sup>r<\/sup> Rao. Il y a quatre semaines, David s&rsquo;est rendu \u00e0 l&rsquo;urgence de l\u2019h\u00f4pital de la ville en raison d&rsquo;une toux. On lui a prescrit des antibiotiques. Pensant que David pouvait faire de l\u2019asthme, l\u2019urgentologue l\u2019a orient\u00e9 vers le D<sup>r<\/sup> Rao pour le suivi. Ce dernier conna\u00eet bien les ant\u00e9c\u00e9dents et la famille de David et, apr\u00e8s avoir effectu\u00e9 une histoire d\u00e9taill\u00e9e, suivi par un examen de son appareil respiratoire, il est \u00e0 peu pr\u00e8s certain que David n&rsquo;est pas asthmatique. Il note cependant que David fume du tabac et de la marijuana et qu\u2019il boit souvent plus de cinq consommations d&rsquo;alcool de suite. De plus, la s\u00e9curit\u00e9 lui importe peu. Il n\u2019attache pas toujours sa ceinture en voiture. Il travaille dans le secteur de la construction, mais ne porte ni bottes \u00e0 embout d&rsquo;acier, ni protecteurs d&rsquo;oreille sur les chantiers bruyants. Au moins, on l&rsquo;oblige de porter son casque protecteur sur les chantiers. David a une petite amie, mais cela ne l\u2019emp\u00eache pas d\u2019avoir, \u00e0 l&rsquo;occasion, des relations sans lendemain. Il ne porte un condom que si sa partenaire insiste. En prenant toutes ces informations en consid\u00e9ration, le D<sup>r<\/sup> Rao d\u00e9cide qu\u2019il doit aider David \u00e0 abandonner ses comportements \u00e0 risque pour adopter et maintenir des comportements favorables \u00e0 la sant\u00e9.<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_objectifssoins\"><\/a>Les objectifs des soins de sant\u00e9<\/h2>\n<p><a id=\"_courbes\"><\/a>En principe, les soins de sant\u00e9 visent \u00e0 r\u00e9duire la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9. La sant\u00e9 des individus se d\u00e9t\u00e9riore avec le temps, car ils sont expos\u00e9s \u00e0 divers facteurs nocifs. Cette d\u00e9t\u00e9rioration se poursuit \u00e0 des cours variables jusqu&rsquo;\u00e0 la mort.\u00a0Pour une population, cela peut \u00eatre illustr\u00e9 \u00e0 l&rsquo;aide de <span class=\"PrimerGlossaryTermChar\">COURBES DE SURVIE<\/span>, comme le montre la figure 8.1. La ligne rouge repr\u00e9sente la courbe de survie (voir <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-ii\/chapitre-6\/#_survie\">chapitre 6<\/a>) \u2013 la proportion de personnes qui restent en vie \u00e0 chaque \u00e2ge. La ligne bleue dans le diagramme montre le d\u00e9clin du niveau de sant\u00e9 d&rsquo;une population \u2013 la zone sous la ligne bleue indique la proportion de la population de chaque groupe d&rsquo;\u00e2ge qui est en bonne sant\u00e9. \u00a0Les soins de sant\u00e9 qui pr\u00e9viennent, voire retardent l&rsquo;apparition de maladies potentiellement mortelles d\u00e9placent la courbe de survie vers le haut et vers la droite, de sorte que sa forme devient plus rectangulaire. Cependant, le d\u00e9placement de la seule courbe de survie augmente l&rsquo;aire entre la courbe de survie et la courbe de survie sans incapacit\u00e9, ce qui augmente le degr\u00e9 d&rsquo;incapacit\u00e9, de sorte que les ann\u00e9es de vie gagn\u00e9es sont v\u00e9cues dans un mauvais \u00e9tat de sant\u00e9. Il est toutefois rassurant de constater que les actions pr\u00e9ventives qui prolongent la vie semblent \u00e9galement am\u00e9liorer la sant\u00e9, de sorte que la combinaison de la pr\u00e9vention des maladies et de la promotion de la sant\u00e9 tend \u00e0 augmenter la courbe de survie sans incapacit\u00e9 (la ligne bleue) : elle comprime la morbidit\u00e9. Cette quadrature de la courbe d\u00e9crit le retard esp\u00e9r\u00e9 dans le d\u00e9clin de la sant\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge afin que les gens jouissent d&rsquo;une bonne qualit\u00e9 de vie le plus longtemps possible et meurent le plus tard possible.<a id=\"_figure8.1\"><\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_2957\" aria-describedby=\"caption-attachment-2957\" style=\"width: 480px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2957\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.1_fr.png\" alt=\"Figure 8.1 : Quadrature de la courbe de survie et compression de la morbidit\u00e9 (adaptation de Fries1)\" width=\"480\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.1_fr.png 480w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.1_fr-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2957\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8.1 : Quadrature de la courbe de survie et compression de la morbidit\u00e9 (adaptation de Fries<sup>1<\/sup>)<\/figcaption><\/figure>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#preventionou\">Pr\u00e9vention ou traitement?<\/h3>\n<div id=\"preventionou\" class=\"collapse\">\n<p>Dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-4\/#_prevniveaux\">chapitre 4<\/a>, on a pr\u00e9sent\u00e9 les niveaux de pr\u00e9vention en pr\u00e9cisant que les distinctions \u00e9taient arbitraires et que leur valeur n&rsquo;\u00e9tait qu&rsquo;heuristique. Dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-1\/#_maldeff\">chapitre 1<\/a>, on a vu que la d\u00e9finition de la \u00ab maladie \u00bb \u00e9tait aussi arbitraire. Ainsi, selon de nombreux sp\u00e9cialistes, la distinction entre la maladie et les facteurs de risque est artificielle : elle varie en fonction du stade de l&rsquo;histoire naturelle de la maladie. Le tabagisme, l&rsquo;hypertension et le diab\u00e8te sont g\u00e9n\u00e9ralement consid\u00e9r\u00e9s comme des maladies en soi qui doivent \u00eatre trait\u00e9es. Cependant, leur traitement peut \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un moyen de pr\u00e9venir les maladies pulmonaires chroniques, les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux et les maladies r\u00e9nales, respectivement. M\u00eame la chirurgie suivant une h\u00e9morragie sous-arachno\u00efdienne n&rsquo;a aucun effet sur l&rsquo;h\u00e9morragie qui s&rsquo;est produite ou sur ses effets : elle vise simplement \u00e0 pr\u00e9venir une autre h\u00e9morragie. Selon l&rsquo;OMS, \u00ab la pr\u00e9vention des maladies couvre non seulement les mesures visant \u00e0 pr\u00e9venir l&rsquo;apparition de maladies, telles que la r\u00e9duction des facteurs de risque, mais aussi \u00e0 en arr\u00eater l&rsquo;\u00e9volution et \u00e0 en r\u00e9duire les cons\u00e9quences une fois \u00e9tablies \u00bb. Cela implique que toutes les interventions cliniques efficaces pr\u00e9viennent quelque chose : l&rsquo;apparition, la progression ou la dur\u00e9e de la maladie, ou l&rsquo;invalidit\u00e9 ou le handicap qui en r\u00e9sulte.<sup>2<\/sup><\/p>\n<p>La principale diff\u00e9rence entre \u00ab pr\u00e9vention \u00bb et \u00ab traitement \u00bb est peut-\u00eatre le fait que les interventions dites pr\u00e9ventives s&rsquo;appliquent aux patients qui ne pr\u00e9sentent pas les sympt\u00f4mes de la maladie cibl\u00e9e et qui, souvent, n&rsquo;ont pas sollicit\u00e9 l&rsquo;intervention. Le fait d&rsquo;intervenir aupr\u00e8s d&rsquo;un patient apparemment en bonne sant\u00e9, surtout s&rsquo;il ne l&rsquo;a pas demand\u00e9, ajoute \u00e0 l&rsquo;importance pour le clinicien de prendre soin de minimiser les pr\u00e9judices, de maximiser les avantages et d&rsquo;assurer un consentement \u00e9clair\u00e9. Pour le traitement et la pr\u00e9vention, les risques et les avantages de l&rsquo;intervention par rapport \u00e0 l&rsquo;absence d&rsquo;intervention doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9s et discut\u00e9s avec le patient dans chaque cas.\u00a0<span lang=\"FR-CA\">Offitt a offert une histoire d\u00e9taill\u00e9e des <\/span><span lang=\"FR-CA\">al\u00e9as des interventions m\u00e9dicales<\/span><span lang=\"FR-CA\">.<\/span><span lang=\"FR-CA\"><sup>3<\/sup><\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_Rose2\"><\/a>Est-il pr\u00e9f\u00e9rable d&rsquo;intervenir aupr\u00e8s des personnes ou des populations?<\/h2>\n<p>Tel que d\u00e9crit au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-2\/#_santedespop\">chapitre 2<\/a>, il existe deux grandes approches \u00e0 la quadrature : la premi\u00e8re consiste \u00e0 identifier les personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 et \u00e0 intervenir pour r\u00e9duire leur risque. La seconde consiste \u00e0 r\u00e9duire le niveau de risque moyen pour l&rsquo;ensemble de la population; parfois, cela se produit sans le consentement ou m\u00eame sans que les membres de la population soient inform\u00e9s.<\/p>\n<p>La justification d&rsquo;une approche ax\u00e9e sur la population provient des travaux de Geoffrey Rose<sup>4<\/sup>, qui a not\u00e9 que de nombreux cas de maladie surviennent chez les personnes qui ne font pas partie d&rsquo;un groupe \u00e0 haut risque. De plus, le nombre de cas provenant de la population \u00e0 risque moyen est souvent plus \u00e9lev\u00e9 que dans la population \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 simplement parce qu&rsquo;il y a beaucoup plus de personnes \u00e0 risque moyen dans une population. Par exemple, la figure 8.2\u00a0<span lang=\"FR-CA\">utilise des donn\u00e9es canadiennes sur l\u2019indice de masse corporelle (IMC) comme facteur de risque pour le diab\u00e8te pour montrer<\/span>\u00a0que 61 % des cas de diab\u00e8te sucr\u00e9 proviennent de personnes \u00e0 risque faible ou mod\u00e9r\u00e9, alors que seulement 39 % proviennent de personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9. Rose a montr\u00e9 des mod\u00e8les similaires pour les maladies cardiaques, l&rsquo;hypertension et la trisomie 21, et il y a beaucoup d&rsquo;autres exemples.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2958\" aria-describedby=\"caption-attachment-2958\" style=\"width: 1511px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2958\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.2_fr.jpg\" alt=\"Figure 8.2 Comparaison du nombre de nouveaux cas de diab\u00e8te par cat\u00e9gorie d'indice de masse corporelle, Canada 2007-2017.\" width=\"1511\" height=\"1104\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.2_fr.jpg 1511w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.2_fr-300x219.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.2_fr-768x561.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.2_fr-1024x748.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1511px) 100vw, 1511px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2958\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8.2 Comparaison du nombre de nouveaux cas de diab\u00e8te par cat\u00e9gorie d&rsquo;indice de masse corporelle, Canada 2007-2017.<sup>5<\/sup><\/figcaption><\/figure>\n<p>Rose a propos\u00e9 que pr\u00e9venir la maladie en essayant d&rsquo;obtenir un petit changement dans la distribution d&rsquo;un facteur de risque dans l&rsquo;ensemble de la population peut \u00eatre plus efficace que d&rsquo;essayer d&rsquo;identifier toutes les personnes \u00e0 haut risque et de les amener \u00e0 r\u00e9duire radicalement leur risque. Par exemple, les pr\u00e9visions sugg\u00e8rent qu&rsquo;en Am\u00e9rique du Nord, une r\u00e9duction \u00e9gale du nombre d&rsquo;accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux pourrait \u00eatre obtenue soit en diminuant la pression art\u00e9rielle moyenne dans la population de seulement 2 mm Hg, soit en identifiant et en traitant avec succ\u00e8s toutes les personnes ayant une pression diastolique de 95 mm Hg ou plus.<sup>6<\/sup>\u00a0Cependant, toutes les maladies ne se pr\u00eatent pas \u00e0 ce type de strat\u00e9gie d\u00e9mographique. Par exemple, une analyse des effets potentiels de la r\u00e9duction du cholest\u00e9rol pour pr\u00e9venir la coronaropathie a sugg\u00e9r\u00e9 qu&rsquo;une strat\u00e9gie \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 est plus susceptible d&rsquo;\u00eatre efficace qu&rsquo;une strat\u00e9gie de population.<sup>7<\/sup><\/p>\n<div><\/div>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#trisomie21\">Trisomie 21 : strat\u00e9gies \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 et strat\u00e9gies ax\u00e9es sur la population<\/h3>\n<div id=\"trisomie21\" class=\"collapse\">\n<p>Comparaison des effets de l&rsquo;\u00e9radication totale du risque dans un groupe \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 et d&rsquo;une petite r\u00e9duction du risque dans l&rsquo;ensemble de la population. Le premier tableau ci-bas montre les chiffres historiques utilis\u00e9s par Rose pour illustrer ses arguments;<sup>4<\/sup> ils portent sur le risque de donner naissance \u00e0 un enfant trisomique selon le groupe d&rsquo;\u00e2ge maternel.<sup>8<\/sup> Les femmes \u00e2g\u00e9es de 35 ans et plus pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 de donner naissance \u00e0 un enfant trisomique.\u00a0<span lang=\"FR-CA\">M\u00eame si\u00a0<\/span><span lang=\"FR-CA\">le d\u00e9pistage ciblant ce groupe pouvait identifier 100 % des d&rsquo;enfants trisomiques \u00e0 un stade pr\u00e9coce pendant la grossesse, cela ne r\u00e9duirait le nombre total que de six<\/span> (5+0,95+0,05 \u2013 voir la colonne \u00ab Naissances d\u2019enfants trisomiques \u00bb).<\/p>\n<div class=\"caption\">Distribution des nourrissons trisomiques selon l&rsquo;\u00e2ge de la m\u00e8re (donn\u00e9es de l\u2019Angleterre et du Pays de Galles en 1979)<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<th style=\"text-align: center;\">\u00c2ge maternel<\/th>\n<th style=\"text-align: center;\">Total des naissances<\/th>\n<th style=\"text-align: center;\">Enfants trisomiques<br \/>\np. 1 000 naissances<\/th>\n<th style=\"text-align: center;\">Naissances d&rsquo;enfants trisomiques<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0Moins de 30 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a0111 429<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a00,7<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a078,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0De 30 \u00e0 34 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a012 308<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">1,3<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a016,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0De 35 \u00e0 39 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a01 351<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a03,7<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a0\u00a05,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>De 40 \u00e0 44 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">73<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">13,1<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a00,95<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>45 ans et plus<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">1<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">34,6<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a00,05<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Total<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\"><\/td>\n<td style=\"text-align: right;\"><\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">100,00<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div><\/div>\n<div><span lang=\"FR-CA\">En revanche, m\u00eame si un programme de d\u00e9pistage \u00e0 l\u2019\u00e9chelle de la population n\u2019\u00e9tait sensible qu\u2019\u00e0 80 %, il identifierait 80 cas pendant la grossesse, mais \u00e0 un co\u00fbt \u00e9norme. Rose a cit\u00e9 comme exemple l&rsquo;impact hypoth\u00e9tique<\/span><span lang=\"FR-CA\"> d&rsquo;une intervention \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la population qui r\u00e9duirait le risque d\u2019\u00e0 peine 0,1\u00a0p.\u00a01\u00a0000 dans chaque groupe d&rsquo;\u00e2ge\u00a0<\/span>:<\/div>\n<div><\/div>\n<div class=\"caption\">Impact d\u2019une r\u00e9duction de 0,1 p. 1 000 du risque de donner naissance \u00e0 un enfant trisomique dans tous les groupes d&rsquo;\u00e2ge maternel<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<th style=\"text-align: center;\">\u00c2ge maternel<\/th>\n<th style=\"text-align: center;\">Total des naissances<\/th>\n<th style=\"text-align: center;\">Enfants trisomiques<br \/>\np. 1 000 naissances<\/th>\n<th style=\"text-align: center;\">Naissances d&rsquo;enfants trisomiques<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0Moins de 30 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a0111 429<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">0,6<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">67,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0De 30 \u00e0 34 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a012 308<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">1,2<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">15,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>\u00a0De 35 \u00e0 39 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a01 351<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">3,6<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a05,00<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>De 40 \u00e0 44 ans<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">73<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">13,0<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a00,94<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>45 ans et plus<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">1<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">34,5<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">\u00a00,05<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Total<\/td>\n<td style=\"text-align: right;\"><\/td>\n<td style=\"text-align: right;\"><\/td>\n<td style=\"text-align: right;\">87,00<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>En r\u00e9duisant le risque de trisomie 21 d\u2019\u00e0 peine 0,1 p. 1 000 grossesses dans tous les groupes d&rsquo;\u00e2ge, on r\u00e9duirait le nombre de cas de trisomie de 13, deux fois plus efficace que la strat\u00e9gie ciblant les femmes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Le tableau 8.1 r\u00e9sume les arguments pour et contre les interventions ciblant les individus \u00e0 haut risque et une intervention chez la population enti\u00e8re.<\/p>\n<p>Tableau 8.1 : Strat\u00e9gies ciblant les groupes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 vs strat\u00e9gies populationnelles (adaptation de Rose<sup>4<\/sup>)<\/p>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<th>Strat\u00e9gie individuelle, ax\u00e9e sur le risque \u00e9lev\u00e9<\/th>\n<th>Strat\u00e9gie populationnelle, ax\u00e9e sur le risque moyen<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Avantages<\/strong><\/td>\n<td>L&rsquo;intervention convient \u00e0 la personne. Il est probable que les personnes qui d\u00e9couvrent qu&rsquo;elles pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 modifient leur comportement pour r\u00e9duire ce risque (comme le pr\u00e9dit le Mod\u00e8le des croyances relatives \u00e0 la sant\u00e9 \u2013 Voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-2\/#_fig2.4\">chapitre 2<\/a>, figure 2.4).<br \/>\nLes m\u00e9decins estiment qu&rsquo;il est justifi\u00e9 de r\u00e9duire les facteurs de risque chez les patients \u00e0 haut risque.<br \/>\nOn peut soutenir que c\u2019est une utilisation efficiente des ressources, car elles sont dirig\u00e9es vers les personnes qui en ont le plus besoin. Le rapport risques\/avantages est favorable : il est probable que les personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 profitent davantage de l&rsquo;intervention que les personnes \u00e0 faible risque, et la probabilit\u00e9 d&rsquo;effets nuisibles est la m\u00eame dans les deux groupes.<\/td>\n<td>L&rsquo;intervention visant les racines du probl\u00e8me r\u00e9duit la maladie dans l&rsquo;ensemble de la population; elle est donc \u00e9galitaire; elle r\u00e9duit la possibilit\u00e9 de cr\u00e9er des pr\u00e9jug\u00e9s contre les groupes \u00e0 haut risque.<br \/>\nOn s&rsquo;attaque \u00e0 la maladie \u00e0 un stade pr\u00e9coce, avant que le facteur de risque ne cause des dommages irr\u00e9versibles. Un changement minime du niveau d&rsquo;un facteur de risque dans une population peut am\u00e9liorer la sant\u00e9 d\u2019un grand nombre de personnes.<br \/>\nOn peut enclencher des changements sociaux durables : dans la mesure o\u00f9 les non-fumeurs deviennent la norme, les fumeurs fument moins et sont plus susceptibles de tenter d&rsquo;arr\u00eater de fumer.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td><strong>Inconv\u00e9nients<\/strong><\/td>\n<td>L\u2019identification des personnes ou des groupes \u00e0 risque peut \u00eatre difficile et co\u00fbteux. La fronti\u00e8re entre un risque moyen et un risque \u00e9lev\u00e9 est souvent arbitraire, et beaucoup de personnes \u00e0 risque moyen peuvent tout de m\u00eame pr\u00e9senter un risque.<br \/>\nOn joint les personnes les plus \u00e0 risque, mais on touche \u00e0 peine au fardeau de la maladie dans la soci\u00e9t\u00e9, car la plupart des cas de maladie surviennent chez des personnes pr\u00e9sentant un risque faible ou mod\u00e9r\u00e9.<br \/>\nC\u2019est une strat\u00e9gie palliative et temporaire : comme on ne tient pas compte des d\u00e9terminants, il y aura toujours des personnes qui auront besoin de l&rsquo;intervention.<br \/>\nLa strat\u00e9gie risque d\u2019\u00eatre inappropri\u00e9e sur le plan social : un changement de comportement qui arrive \u00e0 r\u00e9duire de mani\u00e8re significative le risque d\u2019une personne peut aussi la priver de son r\u00e9seau social<\/td>\n<td>Le risque li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;intervention, si petit soit-il, peut l&#8217;emporter sur l&rsquo;avantage minime qu&rsquo;en tirent la plupart des personnes.<br \/>\nC\u2019est une strat\u00e9gie dont le rendement est minime : elle exige un changement de la part de nombreuses personnes qui n&rsquo;auraient jamais contract\u00e9 la maladie.<br \/>\nLes personnes \u00e0 faible risque gagnent peu \u00e0 modifier leur comportement.<br \/>\nLa strat\u00e9gie pourrait donc m\u00eame susciter une opposition au changement.Il existe un risque d&rsquo;accro\u00eetre les in\u00e9galit\u00e9s en mati\u00e8re de sant\u00e9<sup>9<\/sup> (voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-2\/#_inegalites\">chapitre 2<\/a>), car les personnes vuln\u00e9rables qui ont le plus besoin de changement sont souvent les moins susceptibles de le faire, tandis que les personnes moins vuln\u00e9rables mais plus sensibilis\u00e9es \u00e0 la sant\u00e9 peuvent faire ce changement.Il semble qu&rsquo;intervenir aupr\u00e8s des personnes en sant\u00e9 est plus d\u00e9licat, moralement, qu&rsquo;intervenir aupr\u00e8s de celles qui ont des probl\u00e8mes. Cela peut \u00eatre per\u00e7u comme proche \u00e0 l&rsquo;ing\u00e9nierie sociale, ce qui est inacceptable dans une soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Bien que les arguments de Rose puissent \u00e9ventuellement devenir obsol\u00e8tes (voir Pour les mordus \u2013 Les arguments invoqu\u00e9s contre la position de Rose), pour le moment, les strat\u00e9gies d&rsquo;intervention devraient combiner des approches individuelles et des approches ax\u00e9es sur la population. Par exemple, la pr\u00e9vention des complications de l&rsquo;hypertension devrait inclure la promotion d&rsquo;une alimentation saine et de l&rsquo;activit\u00e9 physique dans la population g\u00e9n\u00e9rale ainsi que le d\u00e9pistage et le traitement des personnes \u00e0 risque.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lesarguments\">Les arguments invoqu\u00e9s contre la position de Rose<\/h3>\n<div id=\"lesarguments\" class=\"collapse\">\n<p>Geoffrey Rose a publi\u00e9 son article \u00ab Sick individuals and sick populations \u00bb en 1985, suivi de son livre <em>The Strategy of Preventive Medicine<\/em> en 1992.<sup>10<\/sup> Ses id\u00e9es ont d&rsquo;abord suscit\u00e9 un grand int\u00e9r\u00eat, mais son approche a par la suite \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9e. Certains critiques s&rsquo;opposent \u00e0 l&rsquo;\u00e9thique de l&rsquo;approche populationnelle de la pr\u00e9vention, d\u00e9clarant que, pour de nombreuses maladies, les preuves de causalit\u00e9 sont faibles. L&rsquo;information sur les facteurs de risque provient d&rsquo;\u00e9tudes observationnelles et les facteurs de risque ne sont pas n\u00e9cessairement des facteurs de causalit\u00e9. Les actions pr\u00e9ventives proactives devraient \u00eatre fond\u00e9es sur des preuves solides, mais il serait difficile d&rsquo;effectuer des essais contr\u00f4l\u00e9s sur des populations enti\u00e8res. Or, on doit se fonder sur une science s\u00fbre avant d&rsquo;intervenir dans la vie des gens. Sinon, imaginez les possibilit\u00e9s d&rsquo;abus!<sup>11<\/sup><\/p>\n<p>Selon un autre argument, Rose adopte un point de vue trop n\u00e9gatif de l&rsquo;approche ax\u00e9e sur le risque \u00e9lev\u00e9. Au fur et \u00e0 mesure que notre compr\u00e9hension des facteurs de risque augmente, nous devrions pouvoir cibler nos interventions plus pr\u00e9cis\u00e9ment vers les personnes \u00e0 risque. Ainsi, l&rsquo;approche ax\u00e9e sur le risque \u00e9lev\u00e9 devrait, \u00e0 tout le moins, \u00eatre aussi efficace que la strat\u00e9gie en population pour pr\u00e9venir certaines maladies. La d\u00e9monstration de Rose porte sur l&rsquo;utilisation d&rsquo;un marqueur unique pour identifier les personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9, produisant trop de faux positifs et de faux n\u00e9gatifs pour d\u00e9finir exactement le risque d&rsquo;une personne. Des algorithmes plus modernes pour mesurer le risque, dont certains comprennent des marqueurs g\u00e9n\u00e9tiques, permettent de rep\u00e9rer plus exactement les personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9. De nos jours, le risque de diab\u00e8te ne serait pas pr\u00e9dit uniquement \u00e0 partir de l\u2019IMC, mais \u00e0 l\u2019aide d\u2019un calculateur de risque incluant d\u2019autres variables. Le recours \u00e0\u00a0ces algorithmes pourrait bien s&rsquo;av\u00e9rer plus efficace pour r\u00e9duire le fardeau de maladies sp\u00e9cifiques que l&rsquo;utilisation de strat\u00e9gies ax\u00e9es sur la population.<sup>7<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#risquepour\">Risque pour la population et risque individuel<\/h3>\n<div id=\"risquepour\" class=\"collapse\">Pour une discussion facile \u00e0 lire sur les risques des populations et des personnes, consultez le deuxi\u00e8me chapitre du <a href=\"http:\/\/www.who.int\/whr\/2002\/chapter2\/en\/index4.html\">Rapport sur la sant\u00e9 dans le monde 2002<\/a> (en anglais).<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_popinterven\"><\/a>Les interventions aupr\u00e8s des populations<\/h2>\n<p>La pratique de la sant\u00e9 publique distingue entre des approches universelles et cibl\u00e9es. Les approches universelles s&rsquo;appliquent \u00e0 des populations enti\u00e8res (par exemple, tous les adultes ou toutes les femmes de plus de 40 ans), refl\u00e9tant la proposition de Rose. Les approches cibl\u00e9es interviennent chez un sous-groupe prioritaire au sein de la population qui est touch\u00e9 de mani\u00e8re disproportionn\u00e9e par une condition (comme les personnes vivant dans la pauvret\u00e9 ou les groupes racis\u00e9s). Plus r\u00e9cemment, ces deux approches ont \u00e9t\u00e9 fusionn\u00e9es et \u00ab l&rsquo;universalisme cibl\u00e9 \u00bb fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des programmes con\u00e7us pour des sous-groupes prioritaires, mais ouverts \u00e0 toute personne dans la population. Alternativement, les programmes \u00ab d\u2019universalisme proportionnel \u00bb proposent un volume, une intensit\u00e9 ou un type d\u2019intervention diff\u00e9rents en fonction des besoins.<sup>12<\/sup><\/p>\n<h3><a id=\"_promosante\"><\/a>La promotion de la sant\u00e9 et la pr\u00e9vention des maladies<\/h3>\n<p>Le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-4\/#_promotion\">chapitre 4<\/a> a d\u00e9crit le Charte d\u2019Ottawa pour la promotion de la sant\u00e9 des populations, et pour traduire cela en action, l&rsquo;Agence\u00a0de la sant\u00e9 publique du Canada a \u00e9labor\u00e9 un \u00ab mod\u00e8le int\u00e9gr\u00e9 de promotion de la sant\u00e9 \u00bb &#8211; voir la figure 8.3. Ce mod\u00e8le int\u00e8gre les notions de promotion de la sant\u00e9 \u00e0 celles de la sant\u00e9 de la population (voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-2\/#_santepop\">chapitre 2<\/a>). Dans la planification de tout type d&rsquo;intervention en sant\u00e9, le mod\u00e8le int\u00e9gr\u00e9 pr\u00e9cise certaines questions \u00e0 poser : Qui a besoin de l&rsquo;intervention? Quelle devrait \u00eatre la cible de l&rsquo;intervention? Comment les objectifs devraient-ils \u00eatre atteints? Les r\u00e9ponses \u00e0 ces questions devraient \u00eatre fond\u00e9es sur les donn\u00e9es probantes, les strat\u00e9gies et les services disponibles et tenir compte des questions \u00e9thiques li\u00e9es aux interventions possibles, ainsi que des d\u00e9terminants de la sant\u00e9 et des priorit\u00e9s des patients et des populations.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2965\" aria-describedby=\"caption-attachment-2965\" style=\"width: 1500px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2965\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.3_fr.jpg\" alt=\"Figure 8.3 : Le mod\u00e8re int\u00e9gr\u00e9 de la promotion de la sant\u00e9 des populations11\" width=\"1500\" height=\"1002\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.3_fr.jpg 1500w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.3_fr-300x200.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.3_fr-768x513.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.3_fr-1024x684.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1500px) 100vw, 1500px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2965\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8.3 : Le mod\u00e8le int\u00e9gr\u00e9 de la promotion de la sant\u00e9 des populations<sup>13<\/sup><\/figcaption><\/figure>\n<p>La mobilisation communautaire est la strat\u00e9gie de choix pour la promotion durable de la sant\u00e9. Dans cette approche, les membres de la communaut\u00e9 sont impliqu\u00e9s dans la d\u00e9finition des probl\u00e8mes et dans la proposition de solutions. Contrairement \u00e0 l&rsquo;\u00e9ducation sanitaire classique descendante, dans le cadre de laquelle les professionnels de la sant\u00e9 \u00e9tudient et priorisent les probl\u00e8mes puis \u00e9laborent des solutions, la mobilisation communautaire implique les membres de la communaut\u00e9 dans la d\u00e9finition et la r\u00e9solution des probl\u00e8mes. Il s&rsquo;agit d&rsquo;un processus \u00e0 long terme qui responsabilise les communaut\u00e9s ; en tant que tel, le processus lui-m\u00eame favorise la sant\u00e9 communautaire.\u00a0<span lang=\"FR-CA\">Les promoteurs de la sant\u00e9 croient que la sant\u00e9 de la population devait relever de la responsabilit\u00e9 de tous les membres d\u2019une population et \u00eatre une responsabilit\u00e9 de tous les minist\u00e8res gouvernementaux.<\/span><span lang=\"FR-CA\"><sup>14, 15<\/sup><\/span><\/p>\n<div><span lang=\"FR-CA\">\u00a0<\/span><span style=\"font-size: revert;\">Un bref coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 la liste des d\u00e9terminants de la sant\u00e9 confirme qu&rsquo;aucune autorit\u00e9 ne peut \u00eatre responsable de la sant\u00e9 d&rsquo;une population. Les promoteurs de la sant\u00e9 croient que cela devrait \u00eatre la responsabilit\u00e9 de tous les membres d&rsquo;une population ou d&rsquo;une communaut\u00e9 et une responsabilit\u00e9 centrale pour tout le gouvernement.<\/span><sup>14, 15<\/sup><span style=\"font-size: revert;\">\u00a0Bien que ceux qui travaillent dans les services de sant\u00e9 aient la responsabilit\u00e9 particuli\u00e8re de d\u00e9fendre la sant\u00e9, l&rsquo;expertise en sant\u00e9 publique et en sant\u00e9 de la population peut \u00eatre trouv\u00e9e dans une vari\u00e9t\u00e9 de disciplines universitaires, de professions et d&rsquo;organisations.<\/span><\/div>\n<h3><a id=\"_intervendets\"><\/a>Cibler les d\u00e9terminants de la sant\u00e9<\/h3>\n<p>Les politiques de redistribution des revenus visant \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9 sont des exemples d&rsquo;interventions \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la population qui ciblent les d\u00e9terminants de la sant\u00e9. Si elles sont couronn\u00e9es de succ\u00e8s, ces politiques devraient r\u00e9duire le fardeau de la maladie associ\u00e9 \u00e0 la pauvret\u00e9. L&rsquo;am\u00e9lioration des environnements am\u00e9nag\u00e9s peut s&rsquo;attaquer \u00e0 de nombreux d\u00e9terminants de la sant\u00e9 et facteurs de risque \u00e0 la fois. Par exemple, les quartiers pi\u00e9tonniers avec des mesures de mod\u00e9ration de la circulation encouragent les gens \u00e0 devenir physiquement actifs, ce qui r\u00e9duit le fardeau de l&rsquo;arthrite, par exemple. Des quartiers bien \u00e9clair\u00e9s r\u00e9duisent les risques d&rsquo;accidents et de criminalit\u00e9, tout en augmentant le sentiment de s\u00e9curit\u00e9. Cependant, des interventions aussi vastes peuvent \u00eatre difficiles \u00e0 r\u00e9aliser parce qu&rsquo;elles n\u00e9cessitent une collaboration entre un certain nombre de secteurs, dont chacun a son propre programme.<\/p>\n<h3><a name=\"_ciblerlesmaladies\"><\/a>Cibler les maladies<\/h3>\n<p>Au niveau de la population, les interventions visant \u00e0 r\u00e9duire certaines maladies comprennent la l\u00e9gislation, la sensibilisation, le d\u00e9veloppement communautaire et la mise en \u0153uvre de programmes de sant\u00e9. Citons par exemple la l\u00e9gislation qui autorise l&rsquo;ajout d&rsquo;iode au sel pour r\u00e9duire le goitre, le remplacement de la vitamine D \u00e9limin\u00e9e par l\u2019\u00e9cr\u00e9mage du lait, le remplacement des vitamines B \u00e9limin\u00e9es par la purification de la farine de bl\u00e9. La sensibilisation aux maladies caus\u00e9es par le tabac et l&rsquo;alcool a ouvert la voie \u00e0 une l\u00e9gislation sur la publicit\u00e9 et les ventes. Ces types d&rsquo;intervention \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la population fonctionnent en d\u00e9pla\u00e7ant toute la distribution de l&rsquo;exposition aux facteurs de risque dans la population. Bien que certaines personnes conservent un risque plus \u00e9lev\u00e9 que la moyenne, le fardeau global de la maladie est r\u00e9duit.<\/p>\n<h3><a id=\"_ciblerservices\"><\/a>Cibler les services<\/h3>\n<p>Enfin, des interventions telles que le d\u00e9pistage du cancer du sein ou la vaccination des enfants ciblent les individus, mais peuvent \u00eatre organis\u00e9es en fonction de la population. Cette approche rend les programmes accessibles \u00e0 l&rsquo;ensemble de la population, mais ils peuvent aussi \u00eatre promus sp\u00e9cifiquement parmi ceux qui en ont le plus besoin, de sorte qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre plus \u00e9quitables que les services au cas par cas offerts par les cliniciens individuels. De plus, ils peuvent plus facilement faire appel \u00e0 des sp\u00e9cialistes pour la planification et l&rsquo;\u00e9valuation, de sorte que les services sont susceptibles d&rsquo;\u00eatre de grande qualit\u00e9 et que le suivi des patients peut \u00eatre plus syst\u00e9matique.<\/p>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lescliniciens\">Les cliniciens et des interventions aupr\u00e8s de la population<\/h3>\n<div id=\"lescliniciens\" class=\"collapse\">Bien que les interventions \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle de la population soient habituellement du ressort des professionnels de la sant\u00e9 publique et de la promotion de la sant\u00e9, les cliniciens peuvent aussi devenir des chefs de file. Suivez le lien pour voir quelques exemples du Nouveau-Brunswick sur ce que peuvent faire les m\u00e9decins <a href=\"http:\/\/smnb.ca\/leadership\/aider-les-neo-brunswickois-a-vivre-plus-sainement\/medecins-pour-la-vie-saine\/\">pour promouvoir la sant\u00e9 dans leurs communaut\u00e9s<\/a>.<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_mefaits\"><\/a>La r\u00e9duction des m\u00e9faits<\/h3>\n<p>Parfois, les priorit\u00e9s communautaires ou individuelles sont contraires aux choix sains : une communaut\u00e9 peut ne pas vouloir fermer une usine polluante parce qu&rsquo;elle emploie un grand nombre de ses membres; un toxicomane veut \u00e9viter la douleur du sevrage et ne peut pas imaginer la vie sans opiac\u00e9s. Dans ces cas, on peut se tourner vers la r\u00e9duction des m\u00e9faits : sensibiliser les gens \u00e0 l\u2019importance de rester \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur les jours o\u00f9 la pollution est particuli\u00e8rement grave, trouver des moyens de r\u00e9duire le risque de contracter une maladie \u00e0 diffusion h\u00e9matog\u00e8ne. La r\u00e9duction des m\u00e9faits repose sur l&rsquo;id\u00e9e que le risque est une partie in\u00e9vitable de notre monde. Il peut \u00eatre difficile, voire impossible, d&rsquo;\u00e9liminer le risque, mais ses effets nocifs peuvent \u00eatre r\u00e9duits. On parle g\u00e9n\u00e9ralement de l&rsquo;approche en mati\u00e8re de toxicomanie : fournir de l&rsquo;\u00e9quipement propre pour pr\u00e9venir la septic\u00e9mie, assurer l&rsquo;entretien \u00e0 la m\u00e9thadone pour \u00e9loigner le toxicomane des drogues illicites et de leurs risques; l&rsquo;Op\u00e9ration Nez rouge r\u00e9duit les accidents de la circulation en offrant aux gens un moyen plus s\u00fbr de rentrer chez eux apr\u00e8s avoir consomm\u00e9 de l&rsquo;alcool jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;exc\u00e8s.<\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lareduction\">La r\u00e9duction des m\u00e9faits<\/h3>\n<div id=\"lareduction\" class=\"collapse\">La r\u00e9duction des m\u00e9faits est une strat\u00e9gie qui vise \u00e0 r\u00e9duire les cons\u00e9quences n\u00e9gatives de comportements dangereux, plut\u00f4t que de changer les comportements eux-m\u00eames. Par exemple, fumer exclusivement \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur pour que les enfants ne soient pas expos\u00e9s \u00e0 la fum\u00e9e secondaire dans la maison. On peut la d\u00e9finir comme un ensemble de strat\u00e9gies pratiques qui aident \u00e0 r\u00e9duire les risques associ\u00e9s \u00e0 un danger (cette d\u00e9finition, adapt\u00e9e de celle de la Harm Reduction Coalition, \u00c9tats-Unis, en 2000, a \u00e9t\u00e9 accept\u00e9e par la Soci\u00e9t\u00e9 canadienne du sida en 2000).<\/div>\n<\/div>\n<p>La r\u00e9duction des m\u00e9faits a suscit\u00e9 un d\u00e9bat important et les gens qui d\u00e9sapprouvent les comportements \u00e0 risque s&rsquo;y opposent souvent. Par exemple, le fait de placer des distributeurs automatiques de condoms dans les toilettes des \u00e9coles secondaires soul\u00e8ve l&rsquo;argument qu&rsquo;on tol\u00e8re, voire qu\u2019on encourage, l&rsquo;activit\u00e9 sexuelle. De m\u00eame, le fait de fournir des sites d&rsquo;injection s\u00e9curitaires et du mat\u00e9riel d&rsquo;injection propre est interpr\u00e9t\u00e9 comme une mesure de tol\u00e9rance \u00e0 l&rsquo;usage de drogues ill\u00e9gales. En particulier, il est inacceptable de fournir du mat\u00e9riel propre dans les prisons, car les drogues sont de toute fa\u00e7on interdites de prison.<\/p>\n<p>Du point de vue de la sant\u00e9, par contre, si les mesures prises pour enrayer un comportement \u00e9chouent \u00e0 plusieurs reprises, il est logique de mettre en \u0153uvre des approches \u00e9prouv\u00e9es qui r\u00e9duisent les m\u00e9faits associ\u00e9s \u00e0 ce comportement.\u00a0<span lang=\"FR-CA\">Il existe \u00e9galement un argument \u00e9thique en faveur de la fourniture des services m\u00eame si l\u2019individu d\u00e9cide de continuer \u00e0 pratiquer son comportement. <\/span>On ne doit pas, bien entendu, rel\u00e2cher les tentatives pour r\u00e9duire les comportements dangereux. Des programmes r\u00e9cents, d\u2019optique globale, consid\u00e8rent la r\u00e9duction des m\u00e9faits comme l&rsquo;une des quatre composantes essentielles pour all\u00e9ger le fardeau des comportements malsains, les trois autres \u00e9tant la pr\u00e9vention, le traitement et l&rsquo;application des lois et r\u00e8glements.<sup>16<\/sup><\/p>\n<blockquote class=\"outline\">\n<h3>Conseils sur la r\u00e9duction des m\u00e9faits pour les personnes qui consomment des drogues \u00e0 des fins r\u00e9cr\u00e9atives<\/h3>\n<p>Voici quelques conseils g\u00e9n\u00e9raux tir\u00e9s d\u2019un rapport de CATIE :\u00a0La source canadienne de renseignements sur le VIH et l\u2019h\u00e9patite <sup>23 <\/sup>:<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Utilise du nouveau mat\u00e9riel, chaque fois que tu consommes :<\/p>\n<ul>\n<li>Tout ce que tu utilises doit \u00eatre neuf : aiguilles, seringues, filtres, eau et \u00ab s\u00e9curicups \u00bb \u00e0 chaque injection;<\/li>\n<li>Utilise ton propre mat\u00e9riel, ne le partage pas avec d\u2019autres et suis les \u00e9tapes pour une injection plus s\u00e9curitaire afin de r\u00e9duire le risque de l\u00e9sions aux veines et d\u2019infections bact\u00e9riennes ou virales transmises par le sang, comme l\u2019h\u00e9patite B, l\u2019h\u00e9patite C et le VIH.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"font-weight: 400;\">R\u00e9duis ton risque de surdose l\u00e9tale :<\/p>\n<ul>\n<li>Ne pas consommer seule est une des meilleures fa\u00e7ons de pr\u00e9venir une surdose l\u00e9tale;<\/li>\n<li>Pour que quelqu\u2019un soit en mesure de porter secours \u00e0 l\u2019autre en cas de surdose, d\u00e9caler sa consommation par rapport \u00e0 celle d\u2019autres personnes est \u00e0 recommander;<\/li>\n<li>Aie de la naloxone sur toi, apprends \u00e0 t\u2019en servir et informe les autres que tu en as;<\/li>\n<li>Commence par une petite quantit\u00e9 et vas-y lentement;<\/li>\n<li>Informe-toi sur la provenance de tes drogues et fais toi-m\u00eame tes injections.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<ul>\n<li>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Prends une pause et prends soin de toi :<\/p>\n<ul>\n<li>M\u00e9nage-toi et prends soin de ta peau et de tes veines;<\/li>\n<li>Prends des pauses et dors un peu;<\/li>\n<li>Mange quelque chose avant de consommer. Bois de l\u2019eau ou du jus pour rester hydrat\u00e9e;<\/li>\n<li>Aie des condoms et du lubrifiant sur toi;<\/li>\n<li>Prends soin de tes veines et change de point d\u2019injection.<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<\/ul>\n<\/blockquote>\n<div class=\"additional-material\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#politiqueet\">Politique et r\u00e9duction des m\u00e9faits<\/h3>\n<div id=\"politiqueet\" class=\"collapse\">\n<p>En 2003, Insite, le premier centre d&rsquo;injection supervis\u00e9e en Am\u00e9rique du Nord, a ouvert ses portes dans le quartier Downtown Eastside de Vancouver, l&rsquo;un des plus pauvres du Canada. On estime que Vancouver compte 12 000 utilisateurs de drogues par injection, dont le tiers vit dans le Downtown Eastside. Insite a \u00e9t\u00e9 con\u00e7u pour \u00e9largir l&rsquo;acc\u00e8s des toxicomanes aux soins de sant\u00e9 et aux services d\u2019aide, afin de r\u00e9duire les d\u00e9c\u00e8s li\u00e9s aux surdoses et la transmission des maladies v\u00e9hicul\u00e9es par le sang.<sup>17\u00a0<\/sup><\/p>\n<p>Les clients d&rsquo;Insite apportent leurs propres drogues dans un kiosque d\u2019injection o\u00f9 ils re\u00e7oivent des accessoires d&rsquo;injection propres, y compris des aiguilles. Des infirmi\u00e8res ayant re\u00e7u une formation pour pouvoir intervenir en cas de surdose les supervisent pendant qu\u2019ils pratiquent leurs injections. Ils peuvent aussi obtenir sur place des conseils sur la toxicomanie et \u00eatre dirig\u00e9s vers des centres de d\u00e9sintoxication et d&rsquo;autres services de soutien communautaire. Enfin, pour les toxicomanes, dont le r\u00e9seau social est d\u00e9ficient, Insite est une porte d&rsquo;acc\u00e8s au syst\u00e8me de soins de sant\u00e9.<sup>17<\/sup><\/p>\n<p>Le centre r\u00e9ussit \u00e0 inviter certains de ses utilisateurs \u00e0 recourir aux services de d\u00e9sintoxication. Il a r\u00e9duit le nombre de d\u00e9c\u00e8s par surdose et a contribu\u00e9 \u00e0 une diminution des comportements \u00e0 risques \u00e9lev\u00e9s, y compris le partage d&rsquo;aiguilles; par contre, on n\u2019a fait \u00e9tat d\u2019aucune diminution dans la transmission du VIH ou du VHC. Insite a am\u00e9lior\u00e9 l&rsquo;ordre public, r\u00e9duisant les taux d&rsquo;injection en public et les d\u00e9chets connexes. Selon les critiques, les sites d&rsquo;injection \u00e0 moindre risque entra\u00eeneront une augmentation de la criminalit\u00e9 li\u00e9e \u00e0 la drogue et favoriseront la consommation de drogue dans la communaut\u00e9, mais ces all\u00e9gations ne sont pas appuy\u00e9es par les preuves actuelles.<sup>18, 19<\/sup><\/p>\n<p>Au d\u00e9but, Insite fonctionnait en vertu d&rsquo;une exemption f\u00e9d\u00e9rale de la politique nationale sur les m\u00e9dicaments. Malgr\u00e9 le nombre croissant de preuves \u00e0 l&rsquo;appui des centres d&rsquo;injection plus s\u00fbrs, en 2006, alors que la phase pilote devait \u00eatre renouvel\u00e9e, le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral a menac\u00e9 de retirer cette exemption et de fermer le centre. Cependant, des organismes communautaires locaux, avec l&rsquo;appui de la communaut\u00e9 scientifique et m\u00e9dicale, ont poursuivi le gouvernement f\u00e9d\u00e9ral en justice, d\u00e9clarant que la politique f\u00e9d\u00e9rale en mati\u00e8re de drogue \u00e9tait incompatible avec la Charte des droits et libert\u00e9s. Le 27 mai 2008, un juge provincial s&rsquo;est prononc\u00e9 en leur faveur et Insite est demeur\u00e9 ouvert. Depuis, la Cour d&rsquo;appel de la Colombie-Britannique a confirm\u00e9 cette d\u00e9cision.<sup>19<\/sup> En septembre 2011, la Cour supr\u00eame du Canada a d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 l&rsquo;unanimit\u00e9 de permettre \u00e0 Insite de poursuivre ses activit\u00e9s. Dooling et coll\u00e8gues ont publi\u00e9 une histoire d\u2019Insite,<sup>20<\/sup> et un revue syst\u00e9matique des sites d\u2019injection sugg\u00e8re\u00a0 qu\u2019ils r\u00e9duisent la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9, sans augmenter la criminalit\u00e9 et ils ne g\u00eanent la paix publique.<sup>21<\/sup><\/p>\n<p>Le succ\u00e8s d&rsquo;Insite a men\u00e9 \u00e0 la cr\u00e9ation de dizaines de sites de consommation supervis\u00e9e partout au Canada. On estime que 2 700 visites ont lieu chaque jour. Entre 2017 et juin 2023, plus de 360\u00a0000 clients uniques ont sollicit\u00e9 leurs services. Au cours de la m\u00eame p\u00e9riode, il y a eu environ 49\u00a0000 surdoses et autres urgences m\u00e9dicales, sans qu\u2019aucun d\u00e9c\u00e8s n\u2019ait \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 sur place. <sup>22<\/sup><\/p>\n<p>Pour en apprendre davantage au sujet du centre d&rsquo;injection supervis\u00e9e de Vancouver, consultez le site Web du <a href=\"http:\/\/www.vch.ca\/locations-services\/result?res_id=964\">bureau sanitaire Vancouver Coastal Health<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lareductiondes\">La r\u00e9duction des m\u00e9faits et l\u2019approche des quatre piliers de Vancouver<\/h3>\n<div id=\"lareductiondes\" class=\"collapse\">\n<p>On trouvera de plus amples renseignements sur la strat\u00e9gie antidrogue \u00ab <a href=\"http:\/\/vancouver.ca\/fourpillars\/\">\u00e0 quatre piliers<\/a> \u00bb de Vancouver.<\/p>\n<p>Chercher plus de d\u00e9tails sur la <a href=\"http:\/\/www.med.uottawa.ca\/sim\/data\/Vul_Dependances_f.htm#red_mef\">r\u00e9duction des m\u00e9faits<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lerecoursau\">Le recours au mod\u00e8le de march\u00e9 pour r\u00e9duire l&rsquo;abus d&rsquo;alcool ou d&rsquo;autres drogues<\/h3>\n<div id=\"lerecoursau\" class=\"collapse\">\n<p>Trois strat\u00e9gies d\u00e9riv\u00e9es de l&rsquo;\u00e9conomie de march\u00e9 peuvent \u00e9galement contribuer \u00e0 r\u00e9duire l&rsquo;abus de substances :<\/p>\n<p>La <em>r\u00e9duction de l&rsquo;offre<\/em> (p. ex., la destruction des r\u00e9coltes d&rsquo;o\u00f9 proviennent les drogues illicites ou l&rsquo;interruption de l&rsquo;exp\u00e9dition des drogues) est une approche tent\u00e9e depuis des ann\u00e9es, mais elle est co\u00fbteuse, elle contribue \u00e0 une escalade de la violence et elle n&rsquo;est pas n\u00e9cessairement rentable. En outre, des d\u00e9terminants sous-jacents tels que la pauvret\u00e9, la corruption et le besoin de devises \u00e9trang\u00e8res dans les pays fournisseurs continuent d&rsquo;alimenter l&rsquo;offre.<\/p>\n<p>L&rsquo;<em>augmentation du prix<\/em> est une mesure efficace pour r\u00e9duire l&rsquo;utilisation de substances l\u00e9gales, comme les cigarettes. Elle est analogue \u00e0 la r\u00e9duction de l\u2019offre, du fait que les deux r\u00e9duisent l&rsquo;acc\u00e8s \u00e0 une substance. Ne vendre un produit qu\u2019en grande quantit\u00e9 r\u00e9duit aussi l&rsquo;acc\u00e8s, le prix de vente \u00e9tant plus \u00e9lev\u00e9. Par exemple, au Canada, les cigarettes ne sont vendues qu&rsquo;en paquets de 20 ou plus. Jouer sur le prix est particuli\u00e8rement efficace pour limiter la consommation chez les jeunes, dont le revenu disponible est habituellement moindre.\u00a0<span class=\"y2iqfc\"><span lang=\"FR\">Mais il y a des limites : un probl\u00e8me avec la l\u00e9galisation du cannabis est que le prix est suffisamment \u00e9lev\u00e9 pour que le march\u00e9 noir \u00e0 bas prix ne soit pas \u00e9teint. <\/span><\/span>Notons que les fabricants de tabac contournent la loi sur la quantit\u00e9 de cigarettes en faisant la promotion des cigarillos aupr\u00e8s des jeunes. Comme il ne s&rsquo;agit pas strictement parlant de cigarettes, ils peuvent \u00eatre vendus individuellement. La loi peut difficilement intervenir dans l&rsquo;\u00e9tablissement du prix des substances illicites, mais les mesures de r\u00e9duction de l\u2019offre font monter les prix. Les tendances de consommation des substances illicites refl\u00e8tent habituellement leur prix sur la rue.<\/p>\n<p>La <em>r\u00e9duction de la demande<\/em>, l\u2019autre \u00e9l\u00e9ment de l\u2019\u00e9quation du march\u00e9, vise \u00e0 dissuader les gens de tenter de se procurer des drogues. Pour ce faire, on a g\u00e9n\u00e9ralement recours \u00e0 la sensibilisation et \u00e0 l&rsquo;information, aux programmes communautaires ou aux sanctions l\u00e9gales. Selon la recherche, ces approches sont plus efficaces aupr\u00e8s des personnes dont la d\u00e9pendance est faible et moins efficaces parmi la population \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_prevclinprac\"><\/a>La pr\u00e9vention dans la pratique clinique<\/h2>\n<p>Les cliniciens contribuent \u00e0 la sant\u00e9 de la population lorsqu&rsquo;ils interviennent de fa\u00e7on appropri\u00e9e pour :<\/p>\n<ul>\n<li>promouvoir la sant\u00e9;<\/li>\n<li>pr\u00e9venir les maladies;<\/li>\n<li>r\u00e9duire la dur\u00e9e ou la gravit\u00e9 des maladies;<\/li>\n<li>r\u00e9duire les incapacit\u00e9s et les handicaps.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les principaux types d&rsquo;intervention pr\u00e9ventive en pratique clinique sont pr\u00e9sent\u00e9s au tableau 8.4.<\/p>\n<div class=\"caption\">Tableau 8.2 Types d\u2019intervention pr\u00e9ventive en pratique clinique<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Type d\u2019intervention<\/td>\n<td>Exemples tir\u00e9s des recommandations du U.S. <a href=\"https:\/\/www.uspreventiveservicestaskforce.org\/uspstf\/recommendation-topics\">Preventive Services Task Force<\/a>*.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Counseling<\/td>\n<td>D\u00e9saccoutumance au tabac pour les fumeurs;<br \/>\nConseils di\u00e9t\u00e9tiques pour les personnes souffrant d&rsquo;hyperlipid\u00e9mie et d&rsquo;autres facteurs de risque de maladies chroniques li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;alimentation;<br \/>\nConseils sur l&rsquo;allaitement maternel pour les femmes enceintes.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>D\u00e9pistage<\/td>\n<td>Hypertension art\u00e9rielle chez les adultes;<br \/>\nInfection \u00e0 chlamydia chez les femmes sexuellement actives de moins de 25 ans;<br \/>\nCancer colorectal chez les adultes de 50 \u00e0 70 ans<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Immunisation<\/td>\n<td>Vaccination syst\u00e9matique dans l&rsquo;enfance;<br \/>\nVaccinations sp\u00e9cifiques pour les personnes \u00e0 risque du fait de leur travail ou de leurs d\u00e9placements.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Pharmacoprophylaxie<\/td>\n<td>M\u00e9dicament topique oculaire pour les nouveau-n\u00e9s pour pr\u00e9venir l&rsquo;ophtalmie gonococcique ophtalmie n\u00e9onatale;<br \/>\nDiscuter de l&rsquo;utilisation du tamoxif\u00e8ne ou du raloxif\u00e8ne avec des femmes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 de cancer du sein;<br \/>\nSuppl\u00e9ments de folate avant et pendant la grossesse pour pr\u00e9venir les anomalies du tube neural.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>*Remarque : les recommandations du groupe de travail sont continuellement mises \u00e0 jour. Au moment o\u00f9 vous lisez ce document, il se peut que la recommandation ait chang\u00e9.<\/p>\n<h3><a id=\"_donneesprobantes\"><\/a>Base de donn\u00e9es probantes pour une pratique clinique pr\u00e9ventive<\/h3>\n<p>Chaque jour, les m\u00e9dias populaires et scientifiques sont remplis de nouvelles recommandations en mati\u00e8re de sant\u00e9; le probl\u00e8me est de d\u00e9cider lesquelles sont efficaces.\u00a0<span lang=\"FR-CA\">Pour nous guider, diverses organisations professionnelles et universitaires ont \u00e9t\u00e9 mises sur pied pour examiner la recherche de mani\u00e8re critique et produire des lignes directrices fond\u00e9es sur des donn\u00e9es probantes pour la gestion et la pr\u00e9vention des maladies.<\/span>\u00a0Un certain nombre d&rsquo;organismes cr\u00e9dibles utilisent des m\u00e9thodes d&rsquo;examen syst\u00e9matique (<a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-ii\/chapitre-5\/#levaluation\">chapitre 5<\/a>) pour produire des directives cliniques pr\u00e9ventives qui sont disponibles en ligne :<\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/canadiantaskforce.ca\/?lang=fr\">Groupe d\u2019\u00e9tude canadien sur les soins de sant\u00e9 pr\u00e9ventifs<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.ahrq.gov\/clinic\/uspstfix.htm\">U.S. Preventive Services Task Force<\/a><\/li>\n<li><a href=\"http:\/\/www.nice.org.uk\/\">National Institute for Clinical Excellence<\/a>, au Royaume-Uni<\/li>\n<li>Le \u00ab livre rouge \u00bb du <a href=\"https:\/\/www.racgp.org.au\/your-practice\/guidelines\/\">Royal Australian College of General Practitioners<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Parce que diff\u00e9rents groupes de travail utilisent diff\u00e9rentes notations pour r\u00e9sumer leurs conclusions, un groupe de travail international a propos\u00e9 le syst\u00e8me de classification <a href=\"http:\/\/www.gradeworkinggroup.org\/\">GRADE<\/a> qui gagne du terrain en tant que syst\u00e8me commun de classification.<sup>24, 25\u00a0<\/sup><a href=\"https:\/\/canadiantaskforce.ca\/methods\/grade\/\">Selon ce syst\u00e8me<\/a>, les recommandations seront class\u00e9es comme faibles ou fortes en fonction de la qualit\u00e9 des preuves, et pour ou contre l\u2019intervention en fonction de l\u2019\u00e9quilibre entre les risques et les avantages, alors que la qualit\u00e9 des donn\u00e9es probantes sous-jacentes \u00e0 cette conclusion est jug\u00e9e \u00e9lev\u00e9e, mod\u00e9r\u00e9e, faible ou tr\u00e8s faible.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#legroupedetude\">Le Groupe d&rsquo;\u00e9tude canadien sur les soins de sant\u00e9 pr\u00e9ventifs<\/h3>\n<div id=\"legroupedetude\" class=\"collapse\">\n<p>Autrefois, en Am\u00e9rique du Nord, on croyait que l&rsquo;examen physique annuel \u00e9tait essentiel pour maintenir la sant\u00e9. Dans les ann\u00e9es 1920, les compagnies d&rsquo;assurance en ont fait la promotion, et plus tard, dans les ann\u00e9es 1930, l&rsquo;American Medical Association a fait de m\u00eame. Par cons\u00e9quent, l\u2019examen annuel fait aujourd&rsquo;hui partie des croyances collectives m\u00e9dicales. Il s\u2019agit d\u2019un examen physique complet avec recours \u00e0 tous les tests disponibles : formule sanguine compl\u00e8te, d\u00e9pistage urinaire (glycosurie et prot\u00e9inurie), radiographies thoraciques et, depuis les ann\u00e9es 1950, ECG, tomodensitogramme et IRM.<\/p>\n<p>Lorsque le Canada a instaur\u00e9 le r\u00e9gime universel d&rsquo;assurance-maladie, qui permettait \u00e0 tous d&rsquo;obtenir un examen physique annuel financ\u00e9 par l&rsquo;\u00c9tat, les ministres provinciaux de la Sant\u00e9 se sont rendu compte que cet examen \u00e9tait tr\u00e8s co\u00fbteux, que ses composantes pouvaient varier consid\u00e9rablement, et que certaines \u00e9taient d&rsquo;une valeur discutable. En 1976, la Conf\u00e9rence des sous-ministres de la Sant\u00e9 a mis sur pied le \u00ab Groupe d&rsquo;\u00e9tude sur l&rsquo;examen m\u00e9dical p\u00e9riodique \u00bb. Sous la pr\u00e9sidence de D<sup>r<\/sup> Walter O. Spitzer, ce groupe devait d\u00e9cider des services \u00e0 offrir dans le cadre de l&rsquo;examen physique p\u00e9riodique. Spitzer a rassembl\u00e9 des \u00e9pid\u00e9miologistes, des m\u00e9decins de famille, des p\u00e9diatres g\u00e9n\u00e9ralistes, des internistes et un psychiatre. On a eu recours \u00e0 des experts en certains domaines de connaissances pour recueillir des preuves sur l&rsquo;efficacit\u00e9 des mesures pr\u00e9ventives, lesquelles ont par la suite \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9es par des personnes sans expertise particuli\u00e8re dans le domaine. Le Groupe d&rsquo;\u00e9tude a \u00e9labor\u00e9 un ensemble de lignes directrices guidant la recherche des preuves disponibles, l&rsquo;\u00e9valuation de leur qualit\u00e9 et l&rsquo;expression de jugements en termes simples. Une d\u00e9claration du Groupe que les preuves \u00e9taient insuffisantes, pouvait stimuler la recherche. C&rsquo;est ainsi que le Groupe d&rsquo;\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 la pierre angulaire de ce qui est aujourd&rsquo;hui la m\u00e9decine factuelle.<\/p>\n<p>La recommandation principale du premier rapport du Groupe d&rsquo;\u00e9tude, paru en 1976, \u00e9tait d&rsquo;abandonner compl\u00e8tement l&rsquo;examen annuel. C&rsquo;est pourquoi le Groupe s\u2019est dor\u00e9navant appel\u00e9 \u00ab Groupe d&rsquo;\u00e9tude canadien sur les soins de sant\u00e9 pr\u00e9ventifs \u00bb. Le rapport formulait aussi des recommandations sur le moment et la mani\u00e8re d&rsquo;utiliser une batterie de mesures de pr\u00e9vention : counseling sur divers sujets, d\u00e9pistage, chimiopr\u00e9vention (p. ex., suppl\u00e9mentation vitaminique et micronutritive) et immunisation.<\/p>\n<p>Le rapport du Groupe a \u00e9t\u00e9 bien accueilli partout dans le monde. Quelques ann\u00e9es plus tard, les \u00c9tats-Unis ont mis sur pied leur propre groupe de travail sur les soins pr\u00e9ventifs. Les groupes canadien et am\u00e9ricain ont collabor\u00e9 pour produire une s\u00e9rie de r\u00e9visions et de rapports sur de nouveaux sujets. Bien que les deux groupes aient examin\u00e9 les m\u00eames preuves, leurs recommandations n&rsquo;\u00e9taient pas toujours les m\u00eames en raison de diff\u00e9rences culturelles et contextuelles (voir la rubrique \u00ab Les influences sur l&rsquo;\u00e9laboration de politiques de sant\u00e9 \u00bb <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-14\/#_cequiinfluence\">au chapitre 14<\/a>). Le premier rapport a \u00e9t\u00e9 r\u00e9vis\u00e9 p\u00e9riodiquement, au fur et \u00e0 mesure que de nouvelles preuves se sont accumul\u00e9es, jusqu&rsquo;au tirage d&rsquo;un deuxi\u00e8me rapport en 1994. Il s&rsquo;agissait d&rsquo;un livre rouge volumineux, affectueusement surnomm\u00e9 \u00ab la brique rouge \u00bb. Le deuxi\u00e8me rapport a \u00e9t\u00e9 lui aussi p\u00e9riodiquement r\u00e9vis\u00e9 jusqu&rsquo;en 2006. Faute de subvention, le Groupe a d\u00fb se dissoudre en 2005, mais il a \u00e9t\u00e9 reconstitu\u00e9 en 2010.<\/p>\n<p>L\u2019un des obstacles majeurs du Groupe d&rsquo;\u00e9tude canadien est son manque d&rsquo;influence sur le syst\u00e8me de soins de sant\u00e9. Bien que ses directives soient bien re\u00e7ues, leur mise en \u0153uvre est restreinte par le manque d&rsquo;incitations et par la difficult\u00e9 de changer les mod\u00e8les cliniques et les r\u00f4les professionnels \u00e9tablis. Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, de nombreux changements au syst\u00e8me ont am\u00e9lior\u00e9 les conditions de mise en \u0153uvre des recommandations du Groupe. Notamment, gr\u00e2ce aux modifications \u00e0 la r\u00e9mun\u00e9ration des m\u00e9decins, ceux qui pratiquent la pr\u00e9vention seront vraisemblablement r\u00e9compens\u00e9s. En outre, il est probable que le d\u00e9veloppement de l&rsquo;approche multidisciplinaire des soins favorisera les pratiques pr\u00e9ventives.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>La quantit\u00e9 \u00e9crasante de preuves pose un d\u00e9fi de sorte que et les recommandations des revues syst\u00e9matiques des th\u00e9rapies (telles que la Collaboration Cochrane<sup>26<\/sup>) ne sont pas toujours suivies, et les th\u00e9rapies \u00e9prouv\u00e9es ne sont parfois pas appliqu\u00e9es aux soins des patients. Une s\u00e9rie d\u2019\u00e9tudes men\u00e9es dans les ann\u00e9es 1990 ont \u00e9valu\u00e9 les moyens d&rsquo;encourager les cliniciens \u00e0 suivre les lignes directrices fond\u00e9es sur des donn\u00e9es probantes. Les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 rassembl\u00e9s pour produire des taxonomies de techniques de changement de comportement en clinique, \u00ab et pour guider les utilisateurs dans la s\u00e9lection de la meilleure approche pour leur objectif, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de changer les comportements des cliniciens ou des patients, ou les politiques institutionnelles.<sup>27, tableau 1; 28<\/sup> Le \u00ab Theoretical Domains Framework \u00bb de Michie d\u00e9crit les moyens d&rsquo;encourager les cliniciens pour adopter des lignes directrices de pratique fond\u00e9es sur des donn\u00e9es probantes.<sup>29<\/sup> Cela a ensuite \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9 dans le \u00ab <a href=\"https:\/\/cfirguide.org\">Consolidated Framework<\/a> for Implementation Research \u00bb \u00a0pour promouvoir la compr\u00e9hension de ce qui fonctionne, o\u00f9 et pourquoi, dans de diff\u00e9rents contextes.<sup>28<\/sup> Et une \u00ab roue de changement de comportement \u00bb d\u00e9crit une gamme de strat\u00e9gies qu&rsquo;un clinicien pourrait suivre pour modifier les comportements de sant\u00e9 de ses patients. Les secteurs rotatifs sur la roue permettent \u00e0 l&rsquo;utilisateur d&rsquo;aligner les influences situationnelles sur le comportement avec les interventions potentielles et les moyens de r\u00e9aliser les interventions. <sup>30, figure 1<\/sup><\/p>\n<h3><a id=\"_pratiquerprev\"><\/a>Mise en \u0153uvre de pratiques pr\u00e9ventives<\/h3>\n<p>La r\u00e9flexion sur la pr\u00e9vention en milieu clinique se limite souvent \u00e0 l&rsquo;interaction entre un clinicien et un patient, mais cette interaction n\u2019a pas lieu en vase clos. Elle se trouve au centre d&rsquo;un ensemble complet d&rsquo;influences et de contraintes, tant sur le patient que sur le clinicien (voir la figure 8.4). Certains facteurs sont intrins\u00e8ques aux patients ou aux m\u00e9decins, d&rsquo;autres sont extrins\u00e8ques, li\u00e9s aux d\u00e9terminants de la sant\u00e9 ou \u00e0 l&rsquo;organisation des services. Les nombreuses influences sur la pr\u00e9vention signifient qu&rsquo;il n&rsquo;existe pas de solution unique pour am\u00e9liorer la pratique pr\u00e9ventive.<sup>31<\/sup>\u00a0Les attitudes positives des cliniciens et de leur personnel et la connaissance des preuves de l&rsquo;efficacit\u00e9 de la pr\u00e9vention sont essentielles, mais il existe des mesures pratiques qu&rsquo;un clinicien peut prendre pour modifier les caract\u00e9ristiques du milieu de pratique :<\/p>\n<ul>\n<li>mettre en \u0153uvre des syst\u00e8mes administratifs qui am\u00e9liorent la pratique de la pr\u00e9vention, tel que d\u00e9crit \u00e0 la prochaine section;<\/li>\n<li>am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de mani\u00e8re continue, tel que d\u00e9crit au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-13\/#_qualgestion\">chapitre 13<\/a>;<\/li>\n<li>s&rsquo;assurer que l\u2019am\u00e9nagement de leur cabinet favorise la sant\u00e9 (p. ex., supports \u00e0 v\u00e9los, bureau facilement accessible \u00e0 pied ou par les transports en commun, installations adapt\u00e9es aux personnes physiquement handicap\u00e9es, livres et p\u00e9riodiques appropri\u00e9s dans la salle d&rsquo;attente, absence de points de vente ou de distributeurs automatiques de boissons gazeuses et de malbouffe);<\/li>\n<li>promulguer la sant\u00e9 de la population de leurs patients. Cela inclut la promotion de l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et des soins pr\u00e9ventifs de haute qualit\u00e9 orient\u00e9s vers les besoins de la population. Les cliniciens qui enseignent doivent s&rsquo;assurer que la mati\u00e8re enseign\u00e9e prend en consid\u00e9ration les besoins de la population. Et tous les m\u00e9decins doivent promouvoir l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et les soins pr\u00e9ventifs de haute qualit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<figure id=\"attachment_2966\" aria-describedby=\"caption-attachment-2966\" style=\"width: 1479px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2966\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.4_fr.jpg\" alt=\"Figure 8.4 : Influences sur la pratique clinique (adaptation de Walsh et McPhee23)\" width=\"1479\" height=\"1139\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.4_fr.jpg 1479w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.4_fr-300x231.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.4_fr-768x591.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.4_fr-1024x789.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1479px) 100vw, 1479px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2966\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8.4 : Influences sur la pratique clinique<br \/>(adaptation de Walsh et McPhee<sup>32<\/sup>)<\/figcaption><\/figure>\n<h3><a id=\"_systemesprev\"><\/a>Les syst\u00e8mes organisationnels qui am\u00e9liorent la pr\u00e9vention en milieu clinique<\/h3>\n<p>Dans un contexte de soins de sant\u00e9, une gamme d&rsquo;outils peut aider \u00e0 \u00e9liminer les obstacles \u00e0 la pratique pr\u00e9ventive.<sup>33<\/sup>\u00a0Ils comprennent des indices pour l&rsquo;action des cliniciens ainsi que des moyens de motiver et d&rsquo;\u00e9duquer les patients. En voici quelques-uns qui peuvent am\u00e9liorer la pratique de la pr\u00e9vention :<\/p>\n<ul>\n<li>Les rappels aux dossiers pour les cliniciens : peut inclure une indication dans le syst\u00e8me d&rsquo;information que le patient a un comportement \u00e0 risque sp\u00e9cifique ou est \u00e0 risque pour une maladie sp\u00e9cifique et des organigrammes qui peuvent suivre les interventions et les r\u00e9sultats. Le placement des autocollants doit respecter la confidentialit\u00e9 du patient.<\/li>\n<li>Les syst\u00e8mes de suivi informatis\u00e9s ou sur support papier : ils ont les m\u00eames fonctions que les organigrammes et les rappels autocollants. On peut utiliser les syst\u00e8mes informatis\u00e9s pour g\u00e9n\u00e9rer des prescriptions de pr\u00e9vention et des renseignements destin\u00e9s aux patients.<\/li>\n<li>Les rappels aux patients : on les envoie par la poste, par courriel ou par t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 l\u2019approche de la date d\u2019une intervention.<\/li>\n<li>Les messages visuels en cabinet : p. ex., des affiches indiquant les interventions recommand\u00e9es selon les groupes d&rsquo;\u00e2ge.<\/li>\n<li>L\u2019\u00e9valuation des risques pour la sant\u00e9 : questionnaire et mesures physiques des risques pour la sant\u00e9 qui informent le patient de son risque de maladies s\u00e9lectionn\u00e9es.<sup>34<\/sup>\u00a0Doit \u00eatre utilis\u00e9 dans son contexte ; peut \u00eatre remis aux patients en attente de leur rendez-vous.<\/li>\n<li>Les renseignements destin\u00e9s aux patients et les dossiers pr\u00e9ventifs tenus par les patients : ils ressemblent aux organigrammes de soins, mais ils permettent aux patients de s\u2019approprier leurs soins.<\/li>\n<li>Les prescriptions de pr\u00e9vention : elles \u00e9noncent l&rsquo;objectif \u00e0 atteindre (n\u00e9goci\u00e9 avec le patient), la date de suivi et les changements \u00e0 apporter. Cela permet au patient de ne pas oublier ce qu&rsquo;il a convenu de faire.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#puttingprevention\">Mise en pratique de la pr\u00e9vention<\/h3>\n<div id=\"puttingprevention\" class=\"collapse\">\n<p>On trouve de plus amples renseignements sur les moyens de mettre la pr\u00e9vention en pratique :\u00a0<a href=\"http:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/bookshelf\/br.fcgi?book=hsarchive&amp;part=A8916\">10 Steps: Implementation guide: put prevention into practice<\/a>.<\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.racgp.org.au\/your-practice\/guidelines\/greenbook\/\">Putting prevention into practice<\/a> (Australian Green Book)<\/p>\n<p>Les francophones pourront \u00e9galement consulter le document suivant : <a href=\"http:\/\/publications.msss.gouv.qc.ca\/msss\/document-001636\/\">\u00ab Description, impact et conditions d\u2019efficacit\u00e9 des strat\u00e9gies visant l\u2019int\u00e9gration de la pr\u00e9vention dans les pratiques cliniques : revue de la litt\u00e9rature \u00bb<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#conseilsadavid\">Conseils \u00e0 David Richards<\/h3>\n<div id=\"conseilsadavid\" class=\"collapse\">Ayant pos\u00e9 des questions \u00e0 David sur son comportement \u00e0 risque, le D<sup>r<\/sup> Rao appose un autocollant dans le dossier de David pour se rappeler que son patient a besoin de conseils sur ses facteurs de risque. Il demande \u00e0 David de voir l&rsquo;infirmi\u00e8re Jennings, qui lui pose davantage de questions au sujet de sa consommation de tabac et de marijuana. David est r\u00e9ticent \u00e0 cesser de fumer : selon lui, cela ne lui fait aucun mal. L&rsquo;infirmi\u00e8re lui fait remarquer que sa toux pourrait \u00eatre li\u00e9 \u00e0 la cigarette. Elle lui donne un feuillet sp\u00e9cialement \u00e9crit pour les jeunes sur ce sujet. David ne croit pas non plus que sa consommation de marijuana est un probl\u00e8me : il croit pouvoir conduire apr\u00e8s avoir fum\u00e9 un joint, ce qu\u2019il ne peut pas faire apr\u00e8s avoir bu de l\u2019alcool. La plupart de ses amis fument de la marijuana et ne semblent pas s\u2019en ressentir. L&rsquo;infirmi\u00e8re Jennings, ayant termin\u00e9 les trois premi\u00e8res \u00e9tapes du counseling (demander, \u00e9valuer, conseiller) commence \u00e0 planifier comment elle peut aider et ce qu&rsquo;elle peut faire pour r\u00e9duire les risques de David.<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_comportements\"><\/a>Changer les comportements en mati\u00e8re de sant\u00e9<\/h3>\n<p>Qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de cesser de fumer ou de prendre une pilule par jour, de nombreuses interventions pr\u00e9ventives et th\u00e9rapeutiques exigent que les patients modifient leur comportement, de sorte que la compr\u00e9hension du processus de changement de comportement est essentielle pour le clinicien qui veut maintenir ou am\u00e9liorer la sant\u00e9 de ses patients.<\/p>\n<p>Dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-2\/#_comport\">chapitre 2<\/a> nous avons examin\u00e9 certaines th\u00e9ories sur la fa\u00e7on dont les comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 sont fa\u00e7onn\u00e9s. Prochaska et DiClemente ont combin\u00e9 plusieurs de ces th\u00e9ories pour \u00e9laborer leur propre MOD\u00c8LE TRANSTH\u00c9ORIQUE des \u00e9tapes d&rsquo;un changement de comportement. Ce mod\u00e8le est particuli\u00e8rement utile lors de consultations cliniques.<sup>35, 36<\/sup>\u00a0Le mod\u00e8le d\u00e9crit les \u00e9tapes typiques qu&rsquo;il faut habituellement franchir pour adopter un nouveau comportement et il \u00e9num\u00e8re les facteurs qui peuvent motiver ou g\u00eaner une telle progression. Gr\u00e2ce au mod\u00e8le transth\u00e9orique, un clinicien peut d\u00e9terminer l&rsquo;\u00e9tape o\u00f9 se trouve un patient et ainsi personnaliser son intervention pour mieux appuyer le changement de comportement en se fondant sur sa connaissance des diverses influences qui entrent en jeu \u00e0 chaque \u00e9tape.<\/p>\n<p>Selon le mod\u00e8le des \u00e9tapes du changement, une personne se trouve n\u00e9cessairement \u00e0 l&rsquo;une des \u00e9tapes suivantes :<br \/>\n1. <em>Pr\u00e9-r\u00e9flexion<\/em> : La personne n&rsquo;a pas l&rsquo;intention de modifier son comportement (p. ex., elle n&rsquo;est aucunement int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 cesser de fumer). \u00c0 toutes fins pratiques, aucun changement n\u2019aura lieu au cours des six prochains mois.<br \/>\n2. <em>R\u00e9flexion<\/em> : La personne n&rsquo;a pas entam\u00e9 le changement de comportement, mais y r\u00e9fl\u00e9chit et compte agir au cours des six prochains mois (la personne a au moins parl\u00e9 de la possibilit\u00e9 de cesser de fumer).<br \/>\n3. <em>Pr\u00e9paration<\/em> : La personne n&rsquo;a pas encore chang\u00e9 son comportement, mais compte le faire (p. ex., la date \u00e0 laquelle il arr\u00eatera de fumer est fix\u00e9e).<br \/>\n4. <em>Action<\/em> : La personne a chang\u00e9 son comportement au cours des 6 derniers mois (p. ex., elle a cess\u00e9 de fumer).<br \/>\n5. <em>Maintien<\/em> : Le changement de comportement dure depuis au moins 6 mois.<br \/>\n6. <em>Rechute<\/em> : Il est souvent difficile pour les patients de maintenir un nouveau comportement et ils font une rechute. Ils peuvent abandonner l&rsquo;id\u00e9e de changer et revenir \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape de la pr\u00e9-r\u00e9flexion, ou se sentir motiv\u00e9s \u00e0 essayer de nouveau et se retrouver \u00e0 l&rsquo;\u00e9tape de la r\u00e9flexion, voire m\u00eame de la pr\u00e9paration, comme l&rsquo;illustre la figure 8.5.<\/p>\n<figure id=\"attachment_2967\" aria-describedby=\"caption-attachment-2967\" style=\"width: 1434px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2967\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.5_fr.jpg\" alt=\"Figure 8.5 : Illustration du mod\u00e8le transth\u00e9orique de changement de comportement\" width=\"1434\" height=\"954\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.5_fr.jpg 1434w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.5_fr-300x200.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.5_fr-768x511.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure8.5_fr-1024x681.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1434px) 100vw, 1434px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2967\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8.5 : Illustration du mod\u00e8le transth\u00e9orique de changement de comportement<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le r\u00f4le du clinicien varie selon l\u2019\u00e9tape \u00e0 laquelle se trouve le patient, comme l&rsquo;illustre le tableau 8.3.<\/p>\n<div class=\"caption\">\n<p>Tableau 8.3 : \u00c9tapes et prise en charge d&rsquo;un changement au niveau de l&rsquo;activit\u00e9 physique (adaptation de Zimmerman, Olsen et Bosworth<sup>37<\/sup>)<\/p>\n<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td><\/td>\n<td>\u00c9tape<\/td>\n<td>Explication<\/td>\n<td>Objectif th\u00e9rapeutique<\/td>\n<td>Conseils au clinicien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>1<\/td>\n<td>Pr\u00e9-r\u00e9flexion<\/td>\n<td>Selon le patient, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de changer :<br \/>\n\u00ab\u00a0Mon oncle \u00e9tait ob\u00e8se et d\u00e9testait l&rsquo;activit\u00e9 physique. Il a v\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 90 ans.\u00a0\u00bb<\/td>\n<td>Le patient songe au changement<\/td>\n<td>\n<ul>\n<li>\u00a0Invitez le patient \u00e0 envisager le changement.<\/li>\n<li>Personnalisez l&rsquo;information sur la sant\u00e9 : \u00ab\u00a0Une personne comme vous a une chance sur cinq de d\u00e9velopper le diab\u00e8te.\u00a0\u00bb<\/li>\n<li>Mettez l&rsquo;accent sur les sympt\u00f4mes pouvant \u00eatre li\u00e9s au comportement. Exprimez votre inqui\u00e9tude, sans \u00eatre alarmiste.<\/li>\n<li>Semez des pens\u00e9es positives chez le patient : \u00ab\u00a0Quel serait l\u2019avantage de changer, \u00e0 votre avis?<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>2<\/td>\n<td>R\u00e9flexion<\/td>\n<td>Le patient songe au changement, p\u00e8se le pour et le contre : \u00ab\u00a0Je sais que je devrais, mais je n&rsquo;ai pas le temps.\u00a0\u00bb<\/td>\n<td>Le patient \u00e9value les avantages et les obstacles de mani\u00e8re \u00e9quilibr\u00e9e<\/td>\n<td>\n<ul>\n<li>Demandez au patient d&rsquo;\u00e9num\u00e9rer les avantages et les obstacles li\u00e9s au changement. Demandez-lui de trouver des solutions, un obstacle \u00e0 la fois. Sondez son ambivalence.<\/li>\n<li>Invitez le patient \u00e0 planifier le changement. Incitez sans forcer. Dites \u00ab\u00a0C&rsquo;est utile pour certaines personnes; cela vous aiderait peut-\u00eatre\u00a0\u00bb plut\u00f4t que \u00ab\u00a0Vous devriez essayer.\u00a0\u00bb<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>3<\/td>\n<td>Pr\u00e9paration<\/td>\n<td>Le patient fait de petits changements :<br \/>\n\u00ab\u00a0Je me suis achet\u00e9 des chaussures de jogging, mais&#8230;\u00a0\u00bb<\/td>\n<td>Le patient \u00e0 \u00e9labore un plan de changement<\/td>\n<td>\n<ul>\n<li>Encouragez-le \u00e0 agir. Aiguillez-le vers des programmes qui peuvent l&rsquo;aider.<\/li>\n<li>Avec sa permission, engagez la famille ou les amis du patient \u00e0 soutenir le changement.<\/li>\n<li>Demandez au patient de choisir une date pr\u00e9cise pour le changement.<\/li>\n<li>Aidez-le \u00e0 inventer des strat\u00e9gies pour surmonter les difficult\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>4<\/td>\n<td>Action<\/td>\n<td>Le patient prend des mesures d\u00e9finitives : \u00ab\u00a0J&rsquo;ai fait du jogging ce matin.\u00a0\u00bb<\/td>\n<td>Le patient concr\u00e9tise son plan<\/td>\n<td>\n<ul>\n<li>Le r\u00f4le du m\u00e9decin est de fournir un encouragement et un appui.<\/li>\n<li>F\u00e9licitez-le et encouragez-le pour ses petites r\u00e9ussites.<\/li>\n<li>Discutez des probl\u00e8mes rencontr\u00e9s et examinez les solutions possibles. Fixez des rendez-vous de suivi.<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>5<\/td>\n<td>Maintien<\/td>\n<td>Le patient maintient son nouveau comportement : \u00ab\u00a0Je fais de l&rsquo;activit\u00e9 physique depuis environ 6 mois.\u00a0\u00bb<\/td>\n<td>Le nouveau comportement devienne \u00ab\u00a0habituel\u00a0\u00bb<\/td>\n<td>\n<ul>\n<li>Continuez \u00e0 encourager le patient.<\/li>\n<li>Demandez-lui ce qu\u2019il fera s\u2019il est tent\u00e9 d\u2019abandonner.<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>6<\/td>\n<td>Rechute<\/td>\n<td>\u00ab Le temps devenait mauvais et j&rsquo;ai laiss\u00e9 tomber. \u00bb<\/td>\n<td>Le patient se r\u00e9engage dans le processus.<\/td>\n<td>\n<ul>\n<li>Discutez des le\u00e7ons apprises du changement ant\u00e9rieur.<\/li>\n<li>Reformulez l&rsquo;\u00e9chec en r\u00e9ussite partielle.<\/li>\n<li>Rappelez au patient que la rechute est une partie normale du processus de changement.<\/li>\n<\/ul>\n<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<p>Comprendre le processus du changement de comportement et les \u00e9l\u00e9ments qui l&rsquo;influencent aide \u00e0 ne pas \u00ab\u00a0bl\u00e2mer le patient\u00a0\u00bb qui ne suit pas les recommandations sur la sant\u00e9. Les cliniciens qui ressentent une frustration lorsqu&rsquo;un patient ne change pas doivent se demander s\u2019ils ont bien diagnostiqu\u00e9 l&rsquo;\u00e9tape o\u00f9 il se trouvait et si leur intervention \u00e9tait pertinente. Conseiller un patient peut \u00eatre une occasion d&rsquo;apprentissage pour le m\u00e9decin. Le patient peut lui faire part des trucs auxquels il a eu recours pour changer et pour maintenir le changement. Le clinicien peut ensuite les partager avec d&rsquo;autres patients qui vivent des choses semblables.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#autreschanges\">D\u2019autres \u00e9tapes du changement<\/h3>\n<div id=\"autreschanges\" class=\"collapse\">\n<p>Depuis sa premi\u00e8re parution, le mod\u00e8le transth\u00e9orique a \u00e9t\u00e9 perfectionn\u00e9. La figure 8.6 compare le mod\u00e8le original \u00e0 une adaptation ult\u00e9rieure de Weinstein.<sup>38<\/sup><\/p>\n<figure id=\"attachment_7013\" aria-describedby=\"caption-attachment-7013\" style=\"width: 1058px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7013 size-full\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Figure_8-6_FR.jpg\" alt=\"Figure 8.6 : Deux mod\u00e8les de changement de comportement et le r\u00f4le du clinicien. Les fl\u00e8ches indiquent que les patients peuvent franchir les \u00e9tapes dans l\u2019une ou l\u2019autre direction. Le r\u00f4le du m\u00e9decin est d\u2019aider le patient \u00e0 atteindre l\u2019\u00e9tape du \u00ab maintien \u00bb.\" width=\"1058\" height=\"680\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7013\" class=\"wp-caption-text\">Figure 8.6 : Deux mod\u00e8les de changement de comportement et le r\u00f4le du clinicien. Les fl\u00e8ches indiquent que les patients peuvent franchir les \u00e9tapes dans l\u2019une ou l\u2019autre direction. Le r\u00f4le du m\u00e9decin est d\u2019aider le patient \u00e0 atteindre l\u2019\u00e9tape du \u00ab maintien \u00bb.<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L\u2019infirmi\u00e8re Jennings continue de conseiller David<\/strong><\/p>\n<p>L&rsquo;infirmi\u00e8re Jennings ouvre la discussion avec David en lui demandant ce qu&rsquo;il pense de sa consommation de marijuana et s&rsquo;il a envisag\u00e9 de r\u00e9duire sa consommation. Il n&rsquo;a pas r\u00e9fl\u00e9chi autant. Elle lui donne des conseils sur la consommation \u00e0 risques r\u00e9duits de la marijuana et de l&rsquo;alcool (r\u00e9duction des m\u00e9faits), en lui rappelant que les effets peuvent durer une journ\u00e9e ou plus selon la dose et que ses facult\u00e9s peuvent \u00eatre affaiblies s\u2019il conduit. Elle lui parle des pratiques sexuelles \u00e0 risques r\u00e9duits. Elle lui demande s\u2019il fait de l&rsquo;activit\u00e9 physique. David aimait le basketball au secondaire. L&rsquo;infirmi\u00e8re Jennings l&rsquo;encourage \u00e0 recommencer. Elle se souvient qu\u2019un autre patient lui a dit que le YMCA local est un bon point de d\u00e9part pour pratiquer le sport. Elle remet \u00e0 David des feuillets informatifs \u00e0 ce sujet. Plus tard, pendant la pause-repas, D<sup>r<\/sup> Rao et l&rsquo;infirmi\u00e8re Jennings discutent des mesures pour aider les patients \u00e0 faire le plus d&rsquo;activit\u00e9 physique possible pour prot\u00e9ger leur sant\u00e9. Selon l&rsquo;infirmi\u00e8re Jennings, il vaut mieux incorporer l&rsquo;activit\u00e9 physique dans la vie de tous les jours que de trouver quelques heures suppl\u00e9mentaires pour en faire. Elle demande au D<sup>r<\/sup> Rao s&rsquo;il serait possible de mettre une affiche sur la porte de l&rsquo;ascenseur pour inviter les gens \u00e0 utiliser les escaliers, en indiquant o\u00f9 ils se trouvent. Le D<sup>r<\/sup> Rao se dit qu&rsquo;il devrait, lui aussi, prendre les escaliers plus souvent et songe \u00e0 quelles autres mesures pourraient \u00eatre prises dans son cabinet pour encourager les comportements sains.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h1>Questions d&rsquo;auto-\u00e9valuation<\/h1>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q1\">1. Nommez les \u00e9tapes du changement et sugg\u00e9rez ce qu\u2019un patient pourrait dire \u00e0 chaque \u00e9tape (ce qui permet de d\u00e9terminer o\u00f9 il en est).<\/h3>\n<div id=\"q1\" class=\"collapse\">\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<th>\u00c9tape<\/th>\n<th>Ce qu&rsquo;un patient pourrait dire<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Pr\u00e9-r\u00e9flexion : Le patient n&rsquo;a pas l&rsquo;impression d&rsquo;\u00eatre \u00e0 risque et, selon lui, il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de changer.<\/td>\n<td>\u00ab Mon oncle n&rsquo;a jamais fait cela (ou a toujours fait cela), et il a v\u00e9cu jusqu&rsquo;\u00e0 90 ans. \u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>R\u00e9flexion : Le patient est conscient du risque et des mesures \u00e0 prendre pour le pr\u00e9venir, mais manque toujours de motivation pour modifier ses habitudes. Il p\u00e8se habituellement le pour et le contre.<\/td>\n<td>\u00ab Je sais que je devrais, mais&#8230; \u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Pr\u00e9paration : Le patient modifie petit \u00e0 petit ses habitudes. Ses plans deviennent plus concrets.<\/td>\n<td>\u00ab Je me suis achet\u00e9 des chaussures de jogging (un stock de gomme \u00e0 m\u00e2cher, un laissez-passer d&rsquo;autobus, un livre de recettes, etc.), mais&#8230; \u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Action : Le patient concr\u00e9tise ses plans et pr\u00e9voit une date d\u00e9finitive dans un avenir rapproch\u00e9.<\/td>\n<td>\u00ab\u00a0Je commence demain.\u00a0\u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Maintien : Le patient a fait le changement et le maintient, bien qu&rsquo;il ne s&rsquo;agisse peut-\u00eatre pas encore d&rsquo;un comportement \u00ab\u00a0habituel\u00a0\u00bb.<\/td>\n<td>\u00ab\u00a0Il y a plus d&rsquo;un mois que j&rsquo;ai chang\u00e9 mes habitudes.\u00a0\u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Rechute : Apr\u00e8s avoir modifi\u00e9 son comportement pendant un certain temps, le patient reprend ses anciennes habitudes.<\/td>\n<td>\u00ab\u00a0Tout se passait bien, mais&#8230;\u00a0\u00bb<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q2\">2. Qu\u2019est-ce qui influence la d\u00e9cision d\u2019appliquer ou non une intervention? Nommez les influences principales.<\/h3>\n<div id=\"q2\" class=\"collapse\">Dans un contexte clinique, certains facteurs influencent le clinicien, certains influencent le patient, et d&rsquo;autres influencent les deux parties.<br \/>\nFacteurs qui influencent le patient : les facteurs personnels comme e niveau d&rsquo;instruction, les connaissances sur la sant\u00e9 et le revenu.<br \/>\nFacteurs qui influencent le m\u00e9decin : la formation et l\u2019expertise technique.<br \/>\nFacteurs qui influencent le syst\u00e8me de prestation de soins de sant\u00e9 : les co\u00fbts, les risques, l\u2019efficacit\u00e9 et l\u2019acceptabilit\u00e9 de l&rsquo;intervention.<br \/>\nFacteurs situationnels : les \u00e9l\u00e9ments poussant \u00e0 l&rsquo;action pendant la consultation.<br \/>\n(Voir Figure 8.4, adaptation de Walsh et McPhee, 1992)<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q3\">3. Quels sont les avantages et les inconv\u00e9nients de r\u00e9duire un risque \u00e0 l\u2019\u00e9chelle d\u2019une population plut\u00f4t que de cibler les personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9?<\/h3>\n<div id=\"q3\" class=\"collapse\"><strong>Avantages d&rsquo;une strat\u00e9gie populationnelle<\/strong><br \/>\nLes strat\u00e9gies populationnelles s\u2019attaquent aux racines du probl\u00e8me. Elles r\u00e9duisent ainsi la maladie dans l&rsquo;ensemble de la population, y compris dans les groupes \u00e0 risque faible ou moyen. Pour un certain nombre de maladies, il y a plus de cas chez les groupes \u00e0 risque faible ou moyen que chez les groupes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 (voir la figure 8.2). Une strat\u00e9gie populationnelle peut donc pr\u00e9venir plus de cas que des strat\u00e9gies visant uniquement les personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9.Un changement minime du niveau d&rsquo;un facteur de risque dans une population peut apporter un grand changement dans les r\u00e9sultats.<br \/>\nEn mettant l&rsquo;accent sur les causes en amont et situationnelles du probl\u00e8me plut\u00f4t que sur les facteurs individuels, les strat\u00e9gies populationnelles r\u00e9duisent la probabilit\u00e9 que les personnes se sentent coupables de leur comportement et donnent un r\u00e9sultat plus durable. Les strat\u00e9gies populationnelles aident \u00e0 normaliser le comportement voulu. Les personnes sont plus aptes \u00e0 l&rsquo;adopter. De plus, le d\u00e9pistage et l&rsquo;identification d\u2019un groupe \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 ne sont plus n\u00e9cessaires. Par cons\u00e9quent, on \u00e9vite de rassurer faussement les personnes \u00e0 risque faible ou moyen et d\u2019inqui\u00e9ter inutilement les personnes \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9.<strong>Inconv\u00e9nients d&rsquo;une strat\u00e9gie populationnelle<\/strong><br \/>\nLe risque li\u00e9 \u00e0 l&rsquo;intervention, si petit soit-il, peut l&#8217;emporter sur l&rsquo;avantage minime qu&rsquo;en tire la plupart des personnes. Par exemple, les recommandations sur la r\u00e9duction des mati\u00e8res grasses dans l\u2019alimentation ont port\u00e9 certaines m\u00e8res \u00e0 donner du lait \u00e9cr\u00e9m\u00e9 \u00e0 leur b\u00e9b\u00e9, alors qu&rsquo;en r\u00e9alit\u00e9, les b\u00e9b\u00e9s ont besoin de lait entier.<br \/>\nL&rsquo;absence d&rsquo;un avantage personnel direct \u00e9vident peut r\u00e9duire l&rsquo;acceptabilit\u00e9 d\u2019une telle strat\u00e9gie chez les membres d\u2019une population, notamment chez les personnes qui consid\u00e8rent que leur risque est faible.<br \/>\nOn court le risque d&rsquo;augmenter les iniquit\u00e9s en sant\u00e9 : il se peut que les ressources ne soient pas ax\u00e9es vers les personnes qui en ont le plus besoin. \u00c0 moins d&rsquo;avoir recours \u00e0 des strat\u00e9gies con\u00e7ues sp\u00e9cifiquement pour elles, les personnes vuln\u00e9rables qui ont le plus besoin de changer leurs habitudes sont les moins susceptibles de le faire. Lorsqu&rsquo;on a recours \u00e0 une strat\u00e9gie visant l&rsquo;ensemble d&rsquo;une population, les personnes les plus instruites et les mieux inform\u00e9es, qui sont \u00e9galement celles qui pr\u00e9sentent le risque le plus faible, sont souvent celles qui suivent les recommandations.<br \/>\nLes interventions qui touchent aux personnes qui semblent en sant\u00e9 sont contestables sur le plan \u00e9thique et peuvent \u00eatre difficiles \u00e0 justifier sur le plan politique. Les interventions qui touchent aux personnes n&rsquo;ayant pas donn\u00e9 leur consentement peuvent \u00eatre per\u00e7ues comme de l&rsquo;ing\u00e9nierie sociale, ce qui est inacceptable dans une soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q4\">4. Quelles sont les valeurs fondamentales d&rsquo;une approche favorisant la sant\u00e9?<\/h3>\n<div id=\"q4\" class=\"collapse\">\n<p>Selon la Charte d&rsquo;Ottawa (voir la figure 8.3), les valeurs d&rsquo;une approche favorisant la sant\u00e9 sont les suivantes :<\/p>\n<ul>\n<li>les ententes entre les d\u00e9cideurs des politiques et des programmes doivent \u00eatre fond\u00e9es sur des preuves;<\/li>\n<li>les promoteurs de la sant\u00e9 doivent analyser toutes les possibilit\u00e9s et agir sur le territoire relevant de leur comp\u00e9tence;<\/li>\n<li>les activit\u00e9s doivent profiter d&rsquo;une coordination globale;<\/li>\n<li>l&rsquo;ensemble d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 doit veiller au bien-\u00eatre de ses membres;<\/li>\n<li>les interactions entre les personnes et leurs milieux physiques et sociaux influent sur la sant\u00e9 et les comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9;<\/li>\n<li>la justice sociale, l&rsquo;\u00e9quit\u00e9, le respect mutuel et la bienveillance sont n\u00e9cessaires \u00e0 la sant\u00e9;<\/li>\n<li>les soins de sant\u00e9, la protection de la sant\u00e9 et la pr\u00e9vention des maladies sont compl\u00e9mentaires \u00e0 la promotion de la sant\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q5\">5. Donnez l\u2019exemple d&rsquo;une intervention de pr\u00e9vention primaire que l&rsquo;on recommande en pratique clinique.<\/h3>\n<div id=\"q5\" class=\"collapse\">La consultation des directives comme celles du groupe d&rsquo;\u00e9tude sur les soins de sant\u00e9 pr\u00e9ventifs des \u00c9tats-Unis sous-tend de nombreuses interventions de ce type, comme les conseils sur l&rsquo;arr\u00eat du tabac, les conseils sur le port de la ceinture de s\u00e9curit\u00e9 ou la prescription d&rsquo;acide folique aux femmes qui souhaitent devenir enceintes. La pr\u00e9vention primaire se rapporte aux interventions auxquelles on a recours avant l&rsquo;apparition de la maladie.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q6\">6. Donnez l\u2019exemple d&rsquo;une intervention de pr\u00e9vention primaire que l&rsquo;on peut appliquer \u00e0 une population.<\/h3>\n<div id=\"q6\" class=\"collapse\">Une vaste gamme d&rsquo;interventions de pr\u00e9vention primaire ont \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es \u00e0 des populations enti\u00e8res. L&rsquo;adoption de lois sur les ceintures de s\u00e9curit\u00e9, les casques de cyclistes et de motocyclistes ainsi que celles limitant la publicit\u00e9, la vente et la consommation des produits du tabac en sont des exemples. Beaucoup d&rsquo;activit\u00e9s municipales r\u00e9gissant le logement, l&rsquo;approvisionnement en eau et les \u00e9gouts, ainsi que les programmes d&rsquo;inspection alimentaire, comprennent aussi des \u00e9l\u00e9ments de pr\u00e9vention primaire. Les activit\u00e9s qui favorisent les modes de vie sains, comme les pistes cyclables et les cours de cuisine-sant\u00e9 dans les milieux d\u00e9favoris\u00e9s, en sont d&rsquo;autres.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"reflection-questions\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#reflectionquestions\">Questions de r\u00e9flexion<\/h3>\n<div id=\"reflectionquestions\" class=\"collapse\">1. Selon votre exp\u00e9rience clinique, quelles sont les limites \u00e0 la pratique de la pr\u00e9vention primaire?<br \/>\n2. Selon votre exp\u00e9rience clinique, qu&rsquo;est-ce qui favorise la pratique de la pr\u00e9vention?<br \/>\n3. Quelles sont les ressources d&rsquo;information dont disposent les cliniciens qui d\u00e9cident d\u2019intervenir pour r\u00e9duire un risque?<\/div>\n<\/div>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<ol>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Fries JF. Aging, natural death, and the compression of morbidity. 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