{"id":1252,"date":"2018-02-20T17:05:34","date_gmt":"2018-02-20T17:05:34","guid":{"rendered":"https:\/\/afmc.ca\/phprimer\/?page_id=1252"},"modified":"2024-06-28T14:39:56","modified_gmt":"2024-06-28T14:39:56","slug":"chapitre-9-la-promotion-de-la-sante-et-la-prevention","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-9\/","title":{"rendered":"Chapitre 9 Le d\u00e9pistage"},"content":{"rendered":"<div class=\"prelude\">\n<p><strong>`Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure\u00a0:<\/strong><\/p>\n<p>1. D&rsquo;appliquer les <a href=\"#_butdepistage\">principes du d\u00e9pistage<\/a> et \u00eatre en mesure d\u2019\u00e9valuer l\u2019utilit\u00e9 d\u2019une intervention de d\u00e9pistage donn\u00e9e, y compris : (78-3)<br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0discuter du\u00a0<a href=\"#_biaisdepassement\">biais de d\u00e9passement<\/a><\/span> relatif au d\u00e9lai d\u2019apparition d\u2019une maladie, et<br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0le <a href=\"#_biaisduree\">bias de dur\u00e9e<\/a><\/span>-pr\u00e9valence<\/p>\n<p>2. D&rsquo;appliquer les crit\u00e8res relatifs \u00e0 la d\u00e9cision de \u00a0<a href=\"#_depistcriteres\">mettre en place un test de d\u00e9pistage<\/a> :<br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2013 crit\u00e8res pertinents \u00e0 la maladie :<br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0que la maladie constitue <a href=\"#_menace\">une menace grave<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0l&rsquo;<a href=\"#_histnature\">histoire naturelle<\/a> est connue<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0qu&rsquo;il existe une <a href=\"#_latence\">phase de latence<\/a>\u00a0<\/span><span style=\"padding-left: 70px;\"><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0il existe un <a href=\"#_traitementefficace\">traitement efficace<\/a><br \/>\n<\/span><span style=\"padding-left: 30px;\">\u2013 les crit\u00e8res pertinents au test :<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0il existe un <a href=\"#_testapprop\">test appropri\u00e9<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0ce test est\u00a0<a href=\"#_testacceptable\">acceptable pour les patients<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\">\u2013 les crit\u00e8res pertinents au syst\u00e8me de soins de sant\u00e9 :<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0d&rsquo;entreprendre le <a href=\"#_depistagecontinu\">d\u00e9pistage comme un processus continu<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0il existe\u00a0une <a href=\"#_politique2\">politique sur les personnes \u00e0 traiter<\/a>\u00a0<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0<a href=\"#_installations\">installations<\/a> de diagnostique et traitement sont disponibles<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 50px;\">\u2022 \u00a0<a href=\"#_coutsdutest\">co\u00fbts abordables<\/a> :<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 70px;\">\u2212 \u00a0les <a href=\"#_coutsfinan\">co\u00fbts financiers<\/a> <\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 70px;\">\u2212 \u00a0les <a href=\"#_coutsethiques\">probl\u00e8mes d&rsquo;ordre \u00e9thique<\/a><\/span><\/span><\/span><\/p>\n<p>Faire le lien entre ces connaissances et les <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/\/objectifs-du-cmc-et-canmeds\/\">objectifs du Conseil m\u00e9dical du Canada<\/a>, notamment le chapitre 78-3.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"prelude\">\n<p style=\"text-align: center;\"><span lang=\"FR\"><strong>\u00c0 noter<\/strong> : les cases color\u00e9es contiennent des informations suppl\u00e9mentaires facultatives ;<br \/>\ncliquez sur la bo\u00eete pour l\u2019ouvrir.<br \/>\nLes mots en MAJUSCULES sont d\u00e9finis dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">Glossaire<\/a>.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#procederau\">Proc\u00e9der au d\u00e9pistage chez Paul Richards<\/h3>\n<div id=\"procederau\" class=\"collapse\">Paul Richard consulte le D<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">r<\/span>\u00a0Rao au sujet d&rsquo;une douleur au dos. Il se demande s&rsquo;il a besoin d\u2019une radiographie. Il mentionne avoir entendu parler du \u00ab\u00a0test de la prostate\u00a0\u00bb \u00e0 la radio et se demande s&rsquo;il devrait en subir un. Apr\u00e8s avoir v\u00e9rifi\u00e9 les ant\u00e9c\u00e9dents de Paul et examin\u00e9 son dos, le D<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">r<\/span> Rao lui sugg\u00e8re de poursuivre ses activit\u00e9s habituelles et, si possible, de faire plus d&rsquo;exercice. Il explique \u00e0 Paul qu\u2019il ne voit aucune raison d&rsquo;avoir recours \u00e0 l&rsquo;imagerie. Il jette un coup d&rsquo;\u0153il \u00e0 l&rsquo;horloge et se demande s&rsquo;il a le temps de discuter du d\u00e9pistage contre le cancer de la prostate avec Paul ou s&rsquo;il devrait lui demander de prendre un autre rendez-vous.<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_butdepistage\"><\/a>Le but du d\u00e9pistage<\/h2>\n<p>Le d\u00e9pistage vise \u00e0 d\u00e9tecter la maladie de mani\u00e8re pr\u00e9coce, avant qu&rsquo;elle ne se manifeste cliniquement. En cons\u00e9quence, on le consid\u00e8re comme une intervention de pr\u00e9vention secondaire (voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-4\/#_prevsecond\">chapitre 4<\/a>). Selon la d\u00e9finition officielle, le d\u00e9pistage est l&rsquo;application d&rsquo;un test ou d&rsquo;une intervention aux personnes asymptomatiques afin de les classer en deux groupes : les personnes \u00e0 haut risque de d\u00e9velopper la maladie clinque et les personnes \u00e0 risque moyen. Par la suite, des tests d\u2019investigation sont r\u00e9alis\u00e9s aupr\u00e8s du groupe \u00e0 haut risque afin d\u2019identifier les personnes atteintes de la maladie et les traiter \u00e0 fin de pr\u00e9venir les effets de la maladie. Il est \u00e0 noter que la diff\u00e9rence entre un d\u00e9pistage et un test diagnostique est subtile; elle peut \u00eatre d\u00e9finie en termes de diff\u00e9rence dans le risque de la maladie pour laquelle un patient fait l\u2019objet d\u2019un d\u00e9pistage ou d\u2019un test. Dans le d\u00e9pistage, la personne est asymptomatique et pr\u00e9sente un risque apparemment moyen pour la population. Lors du diagnostic, le patient pr\u00e9sente des sympt\u00f4mes ou des signes indiquant un risque plus \u00e9lev\u00e9 pour la maladie faisant l\u2019objet du test de d\u00e9pistage.<\/p>\n<p>Selon l&rsquo;hypoth\u00e8se qui sous-tend le d\u00e9pistage, une maladie qui est diagnostiqu\u00e9e \u00e0 un stade pr\u00e9coce de son d\u00e9veloppement r\u00e9pondra mieux au traitement. Par cons\u00e9quent, le patient vivra plus longtemps, et sa qualit\u00e9 de vie sera am\u00e9lior\u00e9e. Cependant, m\u00eame si le d\u00e9pistage semble logique, on doit y r\u00e9fl\u00e9chir attentivement. Premi\u00e8rement, le test de d\u00e9pistage peut ne pas \u00eatre parfaitement pr\u00e9cis, cr\u00e9ant parfois de faux positifs ou des cas manquants (voir la figure 9.1); la sensibilit\u00e9 et la sp\u00e9cificit\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 expliqu\u00e9es au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-ii\/chapitre-6\/#_sensibilite\">chapitre 6<\/a>. Deuxi\u00e8mement, ce ne sont pas toutes les personnes pr\u00e9sentant des signes pr\u00e9coces qui d\u00e9velopperont une maladie clinique. Par cons\u00e9quent, le d\u00e9pistage repr\u00e9sente une intervention sur un patient qui, comme il n&rsquo;a peut-\u00eatre pas la maladie faisant l&rsquo;objet du d\u00e9pistage, peut ne pas en b\u00e9n\u00e9ficier. Le clinicien a la responsabilit\u00e9 de s&rsquo;assurer que le risque de pr\u00e9judice est tr\u00e8s faible. La prise de conscience croissante des limites du d\u00e9pistage a entra\u00een\u00e9 l&rsquo;\u00e9limination de plusieurs tests qui \u00e9taient auparavant routiniers (voir Pour les mordus) et une plus grande rigueur dans l&rsquo;\u00e9valuation des activit\u00e9s de d\u00e9pistage propos\u00e9es.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lesechecsdu\">Les \u00e9checs du d\u00e9pistage<\/h3>\n<div id=\"lesechecsdu\" class=\"collapse\">\n<p>Voici une liste de tests de d\u00e9pistage autrefois tr\u00e8s r\u00e9pandus qui ont \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9s parce qu&rsquo;ils ne r\u00e9pondent pas aux crit\u00e8res d&rsquo;un test de d\u00e9pistage utile.<\/p>\n<ul>\n<li>Les analyses urinaires par bandelettes r\u00e9actives pour d\u00e9pister la maladie r\u00e9nale \u2013 la sp\u00e9cificit\u00e9 est trop basse;<\/li>\n<li>Les \u00e9lectrocardiogrammes r\u00e9guliers \u2013 pr\u00e9disent mal les \u00e9v\u00e8nements cardiaques et les enqu\u00eates sur les tests de d\u00e9pistage positifs peuvent causer des dommages;<\/li>\n<li>Le dosage de l&rsquo;homocyst\u00e9ine pour d\u00e9pister les cardiopathies \u2013 pr\u00e9dit mal la maladie;<\/li>\n<li>Le dosage du CA 125 pour d\u00e9pister le cancer de l&rsquo;ovaire \u2013 manque de sp\u00e9cificit\u00e9 et sans impact sur la mortalit\u00e9;<\/li>\n<li>Les radiographies r\u00e9guli\u00e8res pour d\u00e9pister le cancer du poumon \u2013 manque de sp\u00e9cificit\u00e9 et de sensibilit\u00e9;<\/li>\n<li>L&rsquo;auto-examen des seins \u2013 sans impact sur la maladie;<\/li>\n<li>L&rsquo;auto-examen pour d\u00e9pister le cancer des testicules \u2013 valeur pr\u00e9dictive positive inconnue, maladie peu fr\u00e9quente, maladie r\u00e9pond bien au traitement;<\/li>\n<li>Les capteurs de temp\u00e9rature infrarouges dans les a\u00e9roports pour d\u00e9pister le SRAS \u2013 beaucoup de facteurs influencent les r\u00e9sultats, donc le test est peu fiable.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<figure id=\"attachment_2985\" aria-describedby=\"caption-attachment-2985\" style=\"width: 480px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-2985\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure9.1_fr.png\" alt=\"Figure 9.1\u00a0: L'efficacit\u00e9 d'un test de d\u00e9pistage\" width=\"480\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure9.1_fr.png 480w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure9.1_fr-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-2985\" class=\"wp-caption-text\">Figure 9.1 : <span lang=\"FR-CA\">R\u00e9sultats possibles d&rsquo;un test de d\u00e9pistage<\/span><\/figcaption><\/figure>\n<p>Les cliniciens proc\u00e8dent le plus souvent au d\u00e9pistage des patients lors des visites routini\u00e8res au cabinet, suivant les lignes directrices pour les tests appropri\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge et au sexe du patient; quelques exemples ont \u00e9t\u00e9 donn\u00e9s au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-4\/#_tableau4.1\">chapitre 4<\/a>. Le d\u00e9pistage peut \u00e9galement se concentrer sur les patients \u00e0 haut risque en raison de leurs ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux, en prenant la forme d&rsquo;un d\u00e9pistage plus actif. Le d\u00e9pistage peut \u00e9galement \u00eatre appliqu\u00e9 par les organismes de sant\u00e9 publique \u00e0 des segments de l&rsquo;ensemble de la population : le d\u00e9pistage de masse (voir l&rsquo;encadr\u00e9 D\u00e9finitions).<strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#terminologieliee\">Terminologie li\u00e9e au d\u00e9pistage<\/h3>\n<div id=\"terminologieliee\" class=\"collapse\">\n<p><strong>Le d\u00e9pistage de routine<\/strong> s\u2019applique aux personnes selon leur \u00e2ge et leur sexe et selon preuves que le test identifie la maladie de fa\u00e7on juste et que les bienfaits du d\u00e9pistage sont plus importants que les dommages. Le groupe d\u2019\u00e9tude canadien sur les soins de sant\u00e9 pr\u00e9ventifs analyse l\u2019ensemble des preuves.<sup>1\u00a0<\/sup><\/p>\n<p>Lorsque des cliniciens tiennent compte des recommandations des guides de pr\u00e9vention clinique ils peuvent proc\u00e9der \u00e0 un <strong>d\u00e9pistage syst\u00e9matique<\/strong> dans leur pratique, par exemple en mettant en place un syst\u00e8me de bureau, tel que d\u00e9crit au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-8\/#_systemesprev\">chapitre 8<\/a>, pour s&rsquo;assurer que tous les patients adultes du cabinet font l&rsquo;objet de contr\u00f4les r\u00e9guliers de la tension art\u00e9rielle.<\/p>\n<p>Dans une extension de cette logique, le <b>d\u00e9pistage multiphasique<\/b> fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 l&rsquo;administration de plusieurs tests de d\u00e9pistage au cours d&rsquo;une seule s\u00e9ance de contr\u00f4le.<\/p>\n<p>Le clinicien peut \u00e9galement proc\u00e9der \u00e0 un <strong>d\u00e9pistage opportuniste<\/strong> en utilisant toute consultation comme une occasion d&rsquo;effectuer des interventions de d\u00e9pistage appropri\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>La recherche des cas<\/strong> a \u00e9galement pour but de d\u00e9celer la pathologie au stade asymptomatique, cependant la population cible est d\u00e9finie par les facteurs de risque autres que d\u00e9mographiques. Par exemple, une fois que l\u2019hypercholest\u00e9rol\u00e9mie familiale est diagnostiqu\u00e9e chez un patient, on peut d\u00e9pister les autres membres de sa famille. Dans le m\u00eame ordre d\u2019id\u00e9es, les gens atteints du diab\u00e8te devraient subir le d\u00e9pistage de la r\u00e9tinopathie. \u00c9videmment, la recherche de cas ne devrait se faire que si les bienfaits attendus sont plus importants que les dommages potentiels.<\/p>\n<p>Il est \u00e0 noter que le terme \u00ab\u00a0recherche de cas <span lang=\"FR-CA\">\u00bb\u00a0<\/span>est \u00e9galement utilis\u00e9 :<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans la lutte contre les maladies infectieuses, une proc\u00e9dure standard qui consiste \u00e0 \u00a0localiser et traiter les personnes ayant \u00e9t\u00e9 en contact \u00e9troit ou intime avec un cas connu. On l&rsquo;appelle \u00e9galement le <strong>retra\u00e7age des contacts<\/strong>.<\/p>\n<p>2.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Dans la lutte contre les \u00e9pid\u00e9mies, la recherche des personnes ayant \u00e9t\u00e9 expos\u00e9es \u00e0 un risque ou \u00e0 des facteurs potentiellement dangereux.<sup>2<\/sup><\/p>\n<p><strong>Le d\u00e9pistage universel ou de masse<\/strong> cible une population d\u00e9finie\u00a0d\u00e9mographiquement. Il peut s\u2019agir d\u2019un programme organis\u00e9 de d\u00e9pistage tel que les programmes provinciaux de d\u00e9pistage des nouveau-n\u00e9s ou bien le programme canadien de d\u00e9pistage du cancer du sein.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_depistcriteres\"><\/a>Crit\u00e8res relatifs \u00e0 la mise en place d&rsquo;un test de d\u00e9pistage<\/h2>\n<p><strong>\u00a0<\/strong>Compte tenu de l&rsquo;attrait superficiel du d\u00e9pistage mais aussi du gaspillage potentiel des ressources qui s&rsquo;y rattache, de plus que son potentiel \u00e0 causer des dommages, en 1968 l&rsquo;OMS a publi\u00e9 des crit\u00e8res d&rsquo;\u00e9valuation des programmes de d\u00e9pistage \u00e9labor\u00e9s par Wilson et Jungner.<sup>3\u00a0<\/sup><span lang=\"FR-CA\">Ces crit\u00e8res furent mis \u00e0 jour par le moyen d\u2019un revue syst\u00e9matique en 2018.<sup>4<\/sup> L<\/span>es crit\u00e8res vont au-del\u00e0 d&rsquo;une simple consid\u00e9ration des caract\u00e9ristiques du test pour aborder le contexte dans lequel le test sera introduit, y compris les caract\u00e9ristiques de la maladie et le contexte organisationnel du d\u00e9pistage. Le tableau ici-bas en pr\u00e9sente un bref sommaire.<\/p>\n<blockquote class=\"outline\">\n<h3>Les crit\u00e8res\u00a0<span lang=\"FR-CA\">pour la mise en \u0153uvre d\u2019un programme de d\u00e9pistage <\/span><\/h3>\n<p>1. En lien avec la maladie\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>La maladie vis\u00e9e devrait correspondre \u00e0 un probl\u00e8me de sant\u00e9 important;<\/li>\n<li>Il faut bien conna\u00eetre l\u2019histoire naturelle de la maladie, <span lang=\"FR-CA\">et il faut que la maladie soit d\u00e9celable pendant une phase de latence ou au d\u00e9but de la phase symptomatique;<\/span><\/li>\n<li>\n<div><span lang=\"FR-CA\">Il faut bien d\u00e9finir une population cible pour le test de d\u00e9pistage, et elle on doit \u00eatre en mesure de contacter cette population;\u00a0<\/span><\/div>\n<\/li>\n<li>Il faut qu\u2019un traitement d\u2019efficacit\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e puisse \u00eatre administr\u00e9 aux sujets chez lesquels la maladie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>2. En lien avec le test\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Le test de d\u00e9pistage doit avoir une sensibilit\u00e9, sp\u00e9cificit\u00e9 et valeur pr\u00e9dictive ad\u00e9quates. Le test doit \u00eatre acceptable pour la population et ne pas causer des effets n\u00e9fastes;<\/li>\n<li>Les r\u00e9sultats du test doivent \u00eatre clairement interpr\u00e9tables, avec des scores seuils pour identifier les participants qui devraient subir des tests de diagnostic;<\/li>\n<li>Il doit y avoir un plan d&rsquo;action clair pour les participants ayant des r\u00e9sultats de d\u00e9pistage positifs, couvrant les proc\u00e9dures de diagnostic et les soins de suivi. Ceux-ci devraient \u00eatre disponibles et acceptables pour les personnes concern\u00e9es. Les effets des r\u00e9sultats faussement positifs et faussement n\u00e9gatifs devraient \u00eatre minimes.<\/li>\n<\/ul>\n<p>3. En lien avec le syst\u00e8me de soins de sant\u00e9\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>Il devrait y avoir une infrastructure ad\u00e9quate (ressources financi\u00e8res, humaines, installations, \u00e9quipement) pour permettre un acc\u00e8s rapide au programme;<\/li>\n<li>Chaque aspect du programme de d\u00e9pistage doit \u00eatre coordonn\u00e9 et int\u00e9gr\u00e9 dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 plus large;<\/li>\n<li>Toutes les parties du programme doivent \u00eatre cliniquement, socialement et \u00e9thiquement acceptables pour les participants, les cliniciens et la soci\u00e9t\u00e9 ; le consentement \u00e9clair\u00e9 doit \u00eatre fourni et l\u2019autonomie des participants doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9e;<\/li>\n<li>Les co\u00fbts et les avantages du d\u00e9pistage doivent \u00eatre clairement d\u00e9finis, acceptables et \u00e9tay\u00e9s par des donn\u00e9es probantes de haute qualit\u00e9;<\/li>\n<li>Une \u00e9valuation \u00e9conomique du programme devrait \u00eatre men\u00e9e pour \u00e9valuer ses co\u00fbts totaux en tant qu&rsquo;approche de gestion de la maladie;<\/li>\n<li>Le programme de d\u00e9pistage doit avoir des objectifs clairs qui guident la planification et l&rsquo;\u00e9valuation du programme, avec une \u00e9valuation continue pour garantir que le programme atteint ses objectifs.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces crit\u00e8res sont pris en compte par des agences telles que le Groupe de travail canadien sur les soins de sant\u00e9 pr\u00e9ventifs lors de la formulation de leurs lignes directrices en mati\u00e8re de d\u00e9pistage clinique.<\/p><\/blockquote>\n<h3><a id=\"_critmaladie\"><\/a>Les crit\u00e8res, un \u00e0 la fois<\/h3>\n<h4><a id=\"_menace\"><\/a>Il faut que la maladie constitue une menace grave pour la sant\u00e9 de la population<\/h4>\n<p>Le terme \u00ab grave \u00bb se rapporte au fardeau de morbidit\u00e9 et de mortalit\u00e9 de la maladie, y compris ses complications, mais aussi \u00e0 la fr\u00e9quence de la maladie dans la population. Le d\u00e9pistage du rhume n&rsquo;aurait pas de sens, car il ne cause que peu de tort \u00e0 la personne qui en souffre. Le d\u00e9pistage d&rsquo;une maladie rare se heurte \u00e9galement \u00e0 des probl\u00e8mes : un grand nombre de personnes subiront les inconv\u00e9nients potentiels du d\u00e9pistage afin de trouver un seul cas. De plus, la VALEUR PR\u00c9DICTIVE POSITIVE (voir <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">Glossaire<\/a>) d&rsquo;un test de d\u00e9pistage diminue avec la fr\u00e9quence de la maladie dans la population, de sorte que plus la maladie est rare, plus le nombre de personnes qui subissent des tests diagnostiques (avec le stress et les risques qui y sont associ\u00e9s) sera finalement consid\u00e9r\u00e9 comme n&rsquo;ayant pas la maladie apr\u00e8s tout.<\/p>\n<p>Les programmes de d\u00e9pistage peuvent cibler les groupes de population les plus \u00e0 risque afin d&rsquo;am\u00e9liorer la valeur pr\u00e9dictive positive et d&rsquo;am\u00e9liorer ainsi le rapport co\u00fbts-avantages du programme. Par exemple, le d\u00e9pistage du cancer du sein vise les femmes de 50 \u00e0 75 ans, m\u00eame si le cancer du sein peut survenir chez les deux sexes et beaucoup plus t\u00f4t.<\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lorsquele\">Lorsque le d\u00e9pistage n\u2019en vaut pas la peine<\/h3>\n<div id=\"lorsquele\" class=\"collapse\">\n<p>L&rsquo;incidence du cancer du sein chez les Chinoises de Hong Kong est tr\u00e8s inf\u00e9rieure \u00e0 celle des femmes dans les pays occidentaux; un programme de mammographie ne leur serait donc pas tr\u00e8s b\u00e9n\u00e9fique.<sup>5<\/sup>\u00a0Cependant, avec le changement des modes de vie \u00e0 Hong Kong, un tel programme pourrait s&rsquo;av\u00e9rer utile \u00e0 l&rsquo;avenir.<sup>6<\/sup><\/p>\n<p><span class=\"y2iqfc\">Les recommandations du Groupe d&rsquo;\u00e9tude canadien sur le d\u00e9pistage du cancer du col ut\u00e9rin ne commencent actuellement<\/span> ne commence qu&rsquo;\u00e0 25 ans, car avant cet \u00e2ge, ce cancer est extr\u00eamement rare, et les changements minimes associ\u00e9s au papillomavirus humain qui sont identifi\u00e9s comme \u00e9tant anormaux r\u00e9gressent habituellement de mani\u00e8re spontan\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h4><a id=\"_histnature\"><\/a>Il faut bien conna\u00eetre l\u2019histoire naturelle de la maladie, notamment son \u00e9volution de la phase de latence \u00e0 la phase symptomatique<\/h4>\n<p>Le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-1\/#histnat\">chapitre 1<\/a> a pr\u00e9sent\u00e9 l&rsquo;<span class=\"PrimerGlossaryTermChar\">HISTOIRE NATURELLE des maladies en pr\u00e9sumant qu\u2019elles \u00e9voluent de mani\u00e8re stable<\/span>, mais ce n&rsquo;est pas toujours le cas. Une maladie peut r\u00e9gresser en raison de la r\u00e9sistance naturelle du patient. D&rsquo;autres conditions peuvent \u00eatre indolentes et ne progresseront jamais assez pour nuire au patient. L&rsquo;un des d\u00e9fis actuels du d\u00e9pistage de la prostate est de distinguer les cancers \u00e0 \u00e9volution rapide qui n\u00e9cessitent un traitement imm\u00e9diat de ceux qui progressent lentement et qui n&rsquo;auront probablement jamais besoin de traitement (voir l&rsquo;encadr\u00e9 sur l\u2019illustration). Ces variations peuvent fausser les r\u00e9sultats du d\u00e9pistage d&rsquo;une mani\u00e8re appel\u00e9e \u00ab biais de dur\u00e9e \u00bb.<\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#depistageet\">Exemples de surdiagnostic d\u00fb au d\u00e9pistage<\/h3>\n<div id=\"depistageet\" class=\"collapse\">\n<p>Environ deux tiers des cas de dysplasie cervicale l\u00e9g\u00e8re redeviennent normaux, alors que l&rsquo;\u00e9volution d&rsquo;une dysplasie l\u00e9g\u00e8re en dysplasie grave ou pire ne survient qu&rsquo;\u00e0 raison d&rsquo;environ 1\u00a0% par ann\u00e9e.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">7<\/span>\u00a0Quand la progression est lente, la patiente peut mourir d&rsquo;autres causes avant de succomber \u00e0 un cancer du col ut\u00e9rin d\u00e9tect\u00e9 par d\u00e9pistage.<\/p>\n<p>On dit avec raison que \u00ab\u00a0les hommes qui meurent avec un cancer de la prostate sont plus nombreux que les hommes qui meurent d&rsquo;un cancer de la prostate\u00a0\u00bb. La sensibilit\u00e9 du test de l&rsquo;antig\u00e8ne prostatique sp\u00e9cifique (APS) n&rsquo;est que d&rsquo;environ 40\u00a0%, mais il est toujours utile pour d\u00e9tecter des cas de cancer de la prostate de mani\u00e8re pr\u00e9coce.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">8<\/span> Selon les autopsies, environ 30 \u00e0 40 % des hommes de plus de 50 ans ont un cancer de la prostate. Cette proportion augmente avec l\u2019\u00e2ge, mais seulement 3 % des hommes y succombent. Il reste toujours \u00e0 d\u00e9battre ce que l&rsquo;on doit faire une fois que le cancer de la prostate de stade pr\u00e9coce est d\u00e9tect\u00e9.<\/p>\n<p>Selon des \u00e9tudes sur le d\u00e9pistage du cancer du sein, il y a jusqu&rsquo;\u00e0 30\u00a0% de plus de diagnostics de cancer du sein dans le groupe ayant fait l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9pistage que dans le groupe n&rsquo;en ayant pas fait l&rsquo;objet. C\u2019est probablement en raison des cancers qui n&rsquo;auraient jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s sans avoir \u00e9t\u00e9 d\u00e9pist\u00e9s.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">9<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h5><a id=\"_biaisduree\"><\/a>Le biais de dur\u00e9e d&rsquo;une maladie<\/h5>\n<p>On doit \u00e9valuer tout programme de d\u00e9pistage, mais cette \u00e9valuation est compliqu\u00e9e par la variabilit\u00e9 de l&rsquo;histoire naturelle d&rsquo;une maladie. Les variantes \u00e0 \u00e9volution lente d&rsquo;une maladie demeurent au stade pr\u00e9symptomatique (mais d\u00e9pistable) plus longtemps que les variantes de la m\u00eame maladie qui \u00e9voluent rapidement.\u00a0 Ainsi, il est plus probable que le d\u00e9pistage d\u00e9tectera les cas qui \u00e9voluent lentement, et ceux-ci survivront plus longtemps d\u00e8s le d\u00e9but des sympt\u00f4mes \u00e0 cause de l&rsquo;\u00e9volution lente de leur maladie. En cons\u00e9quence, si on \u00e9value le programme de d\u00e9pistage en comparant la survie des cas qui se pr\u00e9sentent ayant souffert de sympt\u00f4mes avec ceux identifi\u00e9s par le d\u00e9pistage, on risque d\u2019arriver \u00e0 la fausse conclusion que le d\u00e9pistage a prolong\u00e9 la survie des cas de maladie : voir la figure 9.2.<\/p>\n<p><strong>\u00a0<\/strong><\/p>\n<figure id=\"attachment_7017\" aria-describedby=\"caption-attachment-7017\" style=\"width: 1134px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7017 size-full\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Figure_9-2_FR.jpg\" alt=\"Figure 9.2 : Le biais de dur\u00e9e. Dans cette population, le nombre de cas \u00e0 \u00e9volution lente (en bleu) et \u00e0 \u00e9volution rapide (en rouge) est \u00e9gal. Par contre, le test de d\u00e9pistage ne reconna\u00eetra que cinq des cas lents et deux des cas rapides. Le calcul de la survie moyenne \u00e0 partir de ces sept cas donnera l\u2019impression d\u2019une survie plus longue que la survie moyenne dans la population.\" width=\"1134\" height=\"720\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7017\" class=\"wp-caption-text\">Figure 9.2 : Le biais de dur\u00e9e. Dans cette population, le nombre de cas \u00e0 \u00e9volution lente (en bleu) et \u00e0 \u00e9volution rapide (en rouge) est \u00e9gal. Par contre, le test de d\u00e9pistage ne reconna\u00eetra que cinq des cas lents et deux des cas rapides. Le calcul de la survie moyenne \u00e0 partir de ces sept cas donnera l\u2019impression d\u2019une survie plus longue que la survie moyenne dans la population.<\/figcaption><\/figure>\n<h4><a id=\"_latence\"><\/a>Il faut que la maladie ait une phase de latence ou une phase pr\u00e9-symptomatique<\/h4>\n<p>Si le d\u00e9pistage vise \u00e0 d\u00e9tecter la maladie chez les personnes asymptomatiques, il doit y avoir un temps suffisant entre le stade o\u00f9 elle est d\u00e9tectable par le d\u00e9pistage et le stade o\u00f9 elle provoque les sympt\u00f4mes. Le d\u00e9pistage pr\u00e9coce de la maladie \u00e0 \u00e9volution rapide n\u00e9cessiterait un d\u00e9pistage fr\u00e9quent qui pourrait \u00eatre intol\u00e9rable pour le syst\u00e8me de sant\u00e9 et la population cible. Les maladies avec de longues p\u00e9riodes de latence se pr\u00eatent mieux \u00e0 une d\u00e9tection pr\u00e9coce.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lapremaladie\">La pr\u00e9-maladie<\/h3>\n<div id=\"lapremaladie\" class=\"collapse\">\n<p>Le terme \u00ab\u00a0 pr\u00e9-maladie\u00a0\u00bb a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 pour d\u00e9crire le stade pr\u00e9coce ou la phase latente lorsqu&rsquo;une maladie peut \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e par d\u00e9pistage.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">10 <\/span>Un exemple serait la dysplasie nucl\u00e9aire qui pourrait \u00e9ventuellement devenir un cancer. En principe, l&rsquo;intervention dans la phase pr\u00e9-maladie devrait arr\u00eater le d\u00e9veloppement de la maladie. L&rsquo;ablation d&rsquo;une l\u00e9sion pr\u00e9canc\u00e9reuse devrait pr\u00e9venir l&rsquo;apparition du cancer, bien que de nombreux pr\u00e9-cancers r\u00e9gressent sans aucune intervention.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres exemples de pr\u00e9-maladie sont le \u00ab\u00a0pr\u00e9-diab\u00e8te\u00a0\u00bb et la \u00ab\u00a0pr\u00e9-hypertension\u00a0\u00bb. Le diab\u00e8te est diagnostiqu\u00e9 et le traitement est amorc\u00e9 \u00e0 une glyc\u00e9mie \u00e0 jeun de 7 mmol\/l ou plus (ou &gt; 11,1 mmol\/l deux heures apr\u00e8s le prandial ou HbA1c de 6,5 %).<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">11 \u00a0<\/span>Ce niveau est g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieur au niveau auquel les sympt\u00f4mes (polydipsie, polyurie et perte de poids) apparaissent et bien en dessous du niveau de l&rsquo;acidoc\u00e9tose diab\u00e9tique. Il est choisi parce que les \u00e9tudes au sein de la population montrent que c&rsquo;est le seuil pour un risque croissant d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires et de maladies microvasculaires.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">12 <\/span>Ainsi, dans la pratique, nous traitons le diab\u00e8te afin de pr\u00e9venir les maladies cardiovasculaires et microvasculaires ; nous n&rsquo;affectons pas la progression du diab\u00e8te lui-m\u00eame. Il n&rsquo;y a pas grand-chose \u00e0 faire pour retarder ou r\u00e9duire l&rsquo;apparition du diab\u00e8te de type 1. Dans le diab\u00e8te de type 2, certains auteurs soulignent que le traitement du pr\u00e9diab\u00e8te peut retarder l&rsquo;apparition du diab\u00e8te de 3 \u00e0 4 ans.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">13 <\/span>Cependant, tous les pr\u00e9diab\u00e9tiques non trait\u00e9s ne progressent pas vers le diab\u00e8te. N\u00e9anmoins, l&rsquo;alt\u00e9ration de la tol\u00e9rance au glucose devrait inciter \u00e0 modifier les modes de vie pour r\u00e9duire le poids et augmenter l&rsquo;activit\u00e9 physique, et m\u00eame \u00e0 recourir \u00e0 la pharmacoth\u00e9rapie.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">11 <\/span>Par cons\u00e9quent, pour certains, le pr\u00e9-diab\u00e8te et le diab\u00e8te m\u00e9ritent \u00e0 peu pr\u00e8s le m\u00eame traitement.<\/p>\n<p>L&rsquo;hypertension essentielle est une autre condition dans laquelle la d\u00e9finition de seuils sur une \u00e9chelle continue en tant que points de coupure entre la pr\u00e9-maladie et la maladie peut conduire \u00e0 un traitement excessif. L&rsquo;hypertension ne se manifeste que par son effet sur les organes terminaux, ce qui augmente le risque de l\u00e9sions r\u00e9nales, d&rsquo;insuffisance cardiaque et d&rsquo;accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral. On essaie de pr\u00e9venir les dommages aux organes en utilisant des conseils sur le mode de vie et des antihypertenseurs pour r\u00e9duire la pression art\u00e9rielle. Les patients qui prennent des antihypertenseurs sont susceptibles de ressentir des effets secondaires, de sorte qu&rsquo;ils peuvent se sentir plus mal pendant le traitement qu&rsquo;en dehors de celui-ci.<\/p>\n<p>Le diagnostic du pr\u00e9-diab\u00e8te et de la pr\u00e9hypertension peut mener au traitement des facteurs de risque (pr\u00e9-diab\u00e8te, pr\u00e9hyptension) pour le diab\u00e8te ou l&rsquo;hypertension, qui sont eux-m\u00eames des facteurs de risque de maladies microvasculaires, cardiovasculaires, r\u00e9nales et c\u00e9r\u00e9brovasculaires, avec peu de preuves d&rsquo;une am\u00e9lioration des r\u00e9sultats finaux.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">10<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h5><a id=\"_biaisdepassement\"><\/a>Le biais de d\u00e9passement<\/h5>\n<p>De longues p\u00e9riodes de latence peuvent \u00e9galement \u00eatre une source d&rsquo;erreur dans l&rsquo;\u00e9valuation du d\u00e9pistage, ce qu&rsquo;on appelle le biais de d\u00e9passement. Ce type de biais s\u2019explique par le d\u00e9lai entre le moment o\u00f9 la maladie est d\u00e9celable par d\u00e9pistage et celui o\u00f9 il est probable qu\u2019elle produira des sympt\u00f4mes et sera diagnostiqu\u00e9e sans d\u00e9pistage. Le d\u00e9pistage m\u00e8ne \u00e0 un diagnostic plus pr\u00e9coce, comme indiqu\u00e9 dans la figure 9.3. Le patient vit donc plus longtemps avec son diagnostic,<span lang=\"FR-CA\"> mais (si les soins m\u00e9dicaux ne prolongent pas la dur\u00e9e de vie) le d\u00e9pistage ne modifiera pas sa dur\u00e9e de vie globale. <\/span>Par cons\u00e9quent, si l&rsquo;on \u00e9value le programme de d\u00e9pistage en fonction de la dur\u00e9e de la survie apr\u00e8s le diagnostic, on pourrait avoir une fausse impression de son efficacit\u00e9. Les essais contr\u00f4l\u00e9s de d\u00e9pistage sont le seul moyen d&rsquo;\u00e9liminer le biais de d\u00e9passement.<\/p>\n<figure id=\"attachment_7020\" aria-describedby=\"caption-attachment-7020\" style=\"width: 907px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-7020 size-full\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/06\/Figure_9-3_FR.jpg\" alt=\"Figure 9.3 : Le biais de d\u00e9passement\" width=\"907\" height=\"605\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-7020\" class=\"wp-caption-text\">Figure 9.3 : Le biais de d\u00e9passement<\/figcaption><\/figure>\n<p>Enfin, une autre source de biais en \u00e9valuant les programmes de d\u00e9pistage d\u00e9rive du fait que les personnes qui adoptent volontairement de comportements cens\u00e9s \u00eatre sains ont tendance d&rsquo;\u00eatre en meilleure sant\u00e9 que les autres. Dans une \u00e9tude d\u2019observation qui compare les personnes qui choisissent le d\u00e9pistage contre celles qui ne le choisissent pas, le groupe de personnes d\u00e9pist\u00e9es contient typiquement plus de personnes pr\u00eates \u00e0 adopter les comportements sains qui auront par cons\u00e9quent des meilleurs r\u00e9sultats de toute fa\u00e7on. Par exemple, les \u00e9tudes d\u00e9montrent qu\u2019il est moins probable que les femmes qui subissent volontairement un test Pap meurent du cancer du col ut\u00e9rin. Cependant, elles ont aussi tendance \u00e0 \u00eatre mieux instruites et plus riches ; leur risque initial de succomber au cancer du col ut\u00e9rin est donc plus faible que celui des femmes qui ne subissent pas de test Pap. M\u00eame en tenant compte du stade de la maladie au moment du diagnostic, le pronostic des femmes de statut socio\u00e9conomique sup\u00e9rieur est meilleur que celui des femmes de statut socio\u00e9conomique inf\u00e9rieur. Il est difficile de d\u00e9terminer dans quelle mesure le r\u00e9sultat favorable chez les femmes qui subissent des tests Pap est li\u00e9 au test et au traitement, et dans quelle mesure il est li\u00e9 aux autres d\u00e9terminants de la sant\u00e9 favorables (en effet, le statut socio-\u00e9conomique repr\u00e9sente un VARIABLE CONFUSIONNELLE \u2013 voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">Glossaire<\/a>).<\/p>\n<h4><a id=\"_traitementefficace\"><\/a>Il faut qu\u2019un traitement efficace soit disponible pour les sujets chez lesquels la maladie a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cel\u00e9e<\/h4>\n<p>Si rien ne peut \u00eatre fait pour r\u00e9duire l&rsquo;impact d&rsquo;une maladie, le d\u00e9pistage augmente la morbidit\u00e9 per\u00e7ue en allongeant la dur\u00e9e de la maladie. La personne asymptomatique devient alors un patient, assume le \u00ab r\u00f4le de malade \u00bb et est sujette \u00e0 une p\u00e9riode plus longue d&rsquo;\u00eatre stress\u00e9e par un diagnostic s\u00e9rieux. De plus, un traitement efficace doit \u00e9galement \u00eatre acceptable au patient.\u00a0<span lang=\"FR-CA\">Par exemple, il est important\u00a0<\/span><span lang=\"FR\">de discuter des implications de commencer un traitement pharmacologique pour un patient atteint de diab\u00e8te de type 2, qui peut soit repr\u00e9senter une perte importante de dignit\u00e9 pour lui, soit (\u00e0 l\u2019inverse) \u00eatre accueillie comme le lib\u00e9rant de la n\u00e9cessit\u00e9 de limiter son alimentation.<\/span><\/p>\n<p>On a tir\u00e9 un lien conceptuel entre le d\u00e9pistage et la pr\u00e9vention secondaire, mais lorsqu\u2019il existe un traitement efficace, le d\u00e9pistage peut parfois \u00eatre un initiateur de pr\u00e9vention primaire. Par exemple, bien que le traitement du VIH n&rsquo;\u00e9limine pas toujours l&rsquo;infection, le d\u00e9pistage suivi d&rsquo;un traitement peut r\u00e9duire la transmission \u00e0 d&rsquo;autres personnes en modifiant le comportement du patient et en r\u00e9duisant le potentiel infectieux du patient en r\u00e9duisant la charge virale.<\/p>\n<h3><a id=\"_criterestest\"><\/a>Le test<\/h3>\n<h4><a id=\"_testapprop\"><\/a>Il\u00a0<span lang=\"FR-CA\">faut qu\u2019il existe un test ou un examen de d\u00e9pistage efficace<\/span><\/h4>\n<p>En principe, un test de d\u00e9pistage devrait \u00eatre simple, rapide, bon march\u00e9, fiable et valide. En r\u00e9alit\u00e9, tous les tests ne sont pas \u00e0 la hauteur. Par exemple, la sigmo\u00efdoscopie et la coloscopie pour le cancer du c\u00f4lon, la mammographie pour le cancer du sein et la cytologie pour le cancer du col de l&rsquo;ut\u00e9rus exigent des professionnels qualifi\u00e9s et un \u00e9quipement sophistiqu\u00e9. C&rsquo;est pour cette raison qu&rsquo;ils peuvent \u00eatre co\u00fbteux. La tension art\u00e9rielle peut \u00eatre affect\u00e9e par un certain nombre de facteurs li\u00e9s au patient (p. ex., l&rsquo;hypertension en blouse blanche), \u00e0 la personne qui effectue la mesure (p. ex., difficult\u00e9 \u00e0 entendre les sons) et \u00e0 l&rsquo;instrument (p. ex., mal calibr\u00e9, mal positionn\u00e9). Par cons\u00e9quent, la mesure de la tension art\u00e9rielle manque de FIABILIT\u00c9. L&rsquo;antig\u00e8ne prostatique sp\u00e9cifique (APS) est un marqueur du cancer de la prostate, mais il peut \u00eatre \u00e9lev\u00e9 dans les maladies b\u00e9nignes de la prostate. Un test valide est un test qui fournit l&rsquo;information que nous voulons savoir. En effet, bien que le test de l\u2019APS soit simple, rapide, bon march\u00e9 et fiable, ce n&rsquo;est pas un indicateur valide du cancer qui n\u00e9cessite un traitement.<\/p>\n<h4><a id=\"_testacceptable\"><\/a>Il faut que le test utilis\u00e9 soit acceptable pour la population<\/h4>\n<p><span lang=\"FR\">L\u2019acceptabilit\u00e9 du d\u00e9pistage est en grande partie une question pratique : ce test sera-t-il douloureux, g\u00eanant ou embarrassant? Ainsi, le d\u00e9pistage de la gonorrh\u00e9e a augment\u00e9 apr\u00e8s la mise au point d\u2019un test d\u2019urine (par rapport au m\u00e9thode de pr\u00e9l\u00e8vement ant\u00e9rieur qui \u00e9tait plus invasive). <\/span>En plus, il y a des questions d&rsquo;\u00e9thique en jeu. L&rsquo;autonomie de choix du patient peut \u00eatre compromise par la fa\u00e7on dont l&rsquo;information est donn\u00e9e. Par exemple, la plupart des renseignements sur le d\u00e9pistage du cancer du sein mettent l&rsquo;accent sur les avantages pour la population et non sur les avantages pour la personne. Des \u00e9nonc\u00e9s comme \u00ab Le d\u00e9pistage par mammographie r\u00e9duira de 30 % le risque de d\u00e9c\u00e8s par cancer du sein \u00bb confondent risque relatif et risque absolu (d\u00e9finis au chapitre 5). Cela semble impressionnant, mais l&rsquo;information pertinente pour un patient s&rsquo;exprime en termes absolus, p. ex. \u00ab Le d\u00e9pistage par mammographie r\u00e9duira votre risque de d\u00e9c\u00e8s par cancer du sein de 4% \u00e0 3% sur 10 ans. \u00bb Bien que l&rsquo;avantage pour l&rsquo;ensemble de la population soit consid\u00e9rable, l&rsquo;avantage pour l&rsquo;individu peut \u00eatre relativement faible (voir au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-8\/#_Rose2\">chapitre 8<\/a> la section sur Rose).<\/p>\n<p>La fa\u00e7on dont l&rsquo;information est re\u00e7ue peut aussi mener \u00e0 des attentes irr\u00e9alistes \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du d\u00e9pistage. L&rsquo;un des arguments offerts en faveur du d\u00e9pistage est le t\u00e9moignage personnel de patients qui, apr\u00e8s un d\u00e9pistage, ont \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s et trait\u00e9s. Ces patients attribuent souvent leur survie continue au fait d&rsquo;avoir fait l&rsquo;objet d&rsquo;un d\u00e9pistage et deviennent ensuite les d\u00e9fenseurs de cette cause. Cela peut r\u00e9sulter d&rsquo;un besoin de coh\u00e9rence cognitive. Si un patient est persuad\u00e9 \u00e0 se soumettre \u00e0 un d\u00e9pistage, il r\u00e9alignera inconsciemment ses attitudes ant\u00e9rieures en mati\u00e8re de d\u00e9pistage afin de pr\u00e9venir la dissonance cognitive. Par cons\u00e9quent, bien que les r\u00e9sultats du d\u00e9pistage soient bien connus et que les brochures indiquent clairement que le d\u00e9pistage ne sauve pas toutes les vies, les personnes qui subissent le d\u00e9pistage ont tendance \u00e0 croire que la leur est la vie qui sera sauv\u00e9e. Cependant, pour un cas individuel, il est impossible de dire si le d\u00e9pistage a fait une diff\u00e9rence. Malheureusement, m\u00eame les programmes de d\u00e9pistage les plus efficaces ne sont jamais efficaces \u00e0 100 %. Par exemple, le d\u00e9pistage et le traitement du cancer colorectal r\u00e9duit la mortalit\u00e9 d&rsquo;environ 15 %, et les personnes dont le cancer a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 par d\u00e9pistage peuvent toujours en mourir. Des essais contr\u00f4l\u00e9s montrent que, dans le meilleur des cas, le d\u00e9pistage du cancer du sein r\u00e9duit la mortalit\u00e9 de 30 %, et non de 100 %. Environ 70 % des femmes non d\u00e9pist\u00e9es chez qui on a diagnostiqu\u00e9 un cancer du sein ne meurent pas du cancer.<sup>9<\/sup><\/p>\n<p>L\u2019envoi de lettres aux patients ou d\u2019autres rappels am\u00e9liore la participation au d\u00e9pistage. Cependant, elle s\u2019accompagne du risque que les patients per\u00e7oivent les rappels comme ayant plus d\u2019autorit\u00e9 qu\u2019eux et, par cons\u00e9quent, abdiquent leur droit au consentement \u00e9clair\u00e9.<sup>14<\/sup> M\u00eame les cliniciens attentionn\u00e9s peuvent avoir de la difficult\u00e9 \u00e0 communiquer les v\u00e9ritables risques et avantages aux patients, nuisant ainsi au consentement \u00e9clair\u00e9 (voir la section sur la communication des risques au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-10\/#_commrisque\">chapitre 10<\/a>). Enfin, les personnes vuln\u00e9rables et d\u00e9munies pr\u00e9sentent un risque de maladie plus \u00e9lev\u00e9. \u00c9galement, en comparaison avec des personnes ayant des d\u00e9terminants favorables \u00e0 la sant\u00e9, les personnes vuln\u00e9rables \u00a0subissent moins les interventions de d\u00e9pistage. Les activit\u00e9s de d\u00e9pistage doivent s\u2019assurer de l\u2019accessibilit\u00e9 \u00e9quitable afin de ne pas augmenter les iniquit\u00e9s en mati\u00e8re de\u00a0 sant\u00e9.<\/p>\n<h3><a id=\"_criteressysteme\"><\/a>Le syst\u00e8me de soins de sant\u00e9<\/h3>\n<h4><a id=\"_politique2\"><\/a>Il devrait y avoir une politique convenue sur les personnes \u00e0 traiter en tant que patients<\/h4>\n<p>Peu d\u2019indicateurs des maladies pr\u00e9cliniques sont dichotomiques, c&rsquo;est-\u00e0-dire que peu d&rsquo;entre elles peuvent distinguer nettement les personnes qui d\u00e9velopperont la maladie clinique et celles qui ne la d\u00e9velopperont pas. En effet l&rsquo;\u00e9volution des techniques d&rsquo;imagerie et de d\u00e9pistage fait qu\u2019on peut maintenant diagnostiquer les maladies \u00e0 un stade tr\u00e8s pr\u00e9coce. Malheureusement, l&rsquo;histoire naturelle de ces l\u00e9sions tr\u00e8s pr\u00e9coces est mal comprise. Par exemple, il peut \u00eatre difficile de faire la distinction entre une inflammation et un n\u00e9oplasie pr\u00e9coce. Bien que certains r\u00e9sultats d&rsquo;imagerie ou de cytologie puissent identifier d\u00e9finitivement un cancer comme \u00e9tant n\u00e9oplasique ou comme b\u00e9nin, d&rsquo;autres images ou \u00e9chantillons permettent d&rsquo;apercevoir des changements interm\u00e9diaires dont l&rsquo;interpr\u00e9tation peut varier m\u00eame chez les lecteurs chevronn\u00e9s. Pour les tests qui fournissent une \u00e9chelle num\u00e9rique continue, tels que la glyc\u00e9mie, le cholest\u00e9rol ou la tension art\u00e9rielle, il n\u2019y pas de seuil d\u00e9finitif qui distingue l\u2019hypertension, l\u2019hypercholest\u00e9rol\u00e9mie ou l\u2019hyperglyc\u00e9mie. Il faut fixer un POINT DE COUPURE qui s\u00e9pare les personnes \u00e0 risque moyen de d\u00e9velopper la maladie et ceux qui en sont \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9, tel que d\u00e9crit au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-ii\/chapitre-6\/#_coupure\">chapitre 6<\/a>. Si le point de coupure se rapproche trop de l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 \u00e0 risque \u00e9lev\u00e9 de l&rsquo;\u00e9chelle, le d\u00e9pistage est inefficace parce qu\u2019un trop grand nombre de patients atteints de la maladie \u00e0 un stade pr\u00e9coce ne sont pas reconnus. Si le point se rapproche trop de l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 \u00e0 faible risque de l&rsquo;\u00e9chelle, les co\u00fbts n\u00e9cessaires pour tester davantage et pour rassurer le grand nombre de patients \u00e0 faible risque l&#8217;emportent sur les avantages de traiter de fa\u00e7on pr\u00e9coce les patients qui sont \u00e0 haut risque.<\/p>\n<p>En fin de compte, seuls les tests dont les caract\u00e9ristiques de rendement sont excellentes (sensibilit\u00e9 et sp\u00e9cificit\u00e9) peuvent \u00eatre utilis\u00e9s aux fins de d\u00e9pistage.<\/p>\n<h4><a id=\"_installations\"><\/a>Les installations de diagnostic et de traitement devraient \u00eatre disponibles<\/h4>\n<p>Ce crit\u00e8re semble \u00e9vident : si les listes d&rsquo;attente sont longues ou si les installations de suivi et de traitement ne sont pas facilement accessibles, la mise en \u0153uvre d&rsquo;un programme de d\u00e9pistage devrait \u00eatre reconsid\u00e9r\u00e9e. Il y a pr\u00e9judice lorsque des personnes asymptomatiques sont \u00e9tiquet\u00e9es comme \u00e9tant susceptibles d&rsquo;\u00eatre atteintes d&rsquo;une maladie, mais qu&rsquo;il n&rsquo;est pas possible d&rsquo;effectuer de suivi. Il y a \u00e9galement pr\u00e9judice lorsqu&rsquo;ils sont diagnostiqu\u00e9s et qu&rsquo;aucun traitement n&rsquo;est offert. Ainsi, lors de l&rsquo;\u00e9laboration du syst\u00e8me canadien de d\u00e9pistage du cancer du sein, les provinces ont d\u00fb s&rsquo;assurer que les \u00e9tablissements de diagnostic \u00e9taient pr\u00eats \u00e0 faire face \u00e0 la charge de travail suppl\u00e9mentaire que le d\u00e9pistage syst\u00e9matique produisait. Les cliniques communautaires et les prestataires de soins primaires devraient tenir compte de l&rsquo;impact de leurs programmes de d\u00e9pistage sur le syst\u00e8me de sant\u00e9 local ainsi que de la disponibilit\u00e9 de services sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n<h4><a id=\"_coutsdutest\"><\/a>Il faut que le co\u00fbt du d\u00e9pistage (y compris les frais de diagnostic et de traitement des sujets reconnus malades) ne soit pas disproportionn\u00e9 par rapport au co\u00fbt global des soins m\u00e9dicaux.<\/h4>\n<h5><a id=\"_coutsfinan\"><\/a>Les co\u00fbts financiers<\/h5>\n<p>Le co\u00fbt d&rsquo;un seul test peut \u00eatre faible, mais le co\u00fbt de d\u00e9pister une population enti\u00e8re devient consid\u00e9rable. De plus, des syst\u00e8mes de gestion des patients sont n\u00e9cessaires pour l&rsquo;appel, le rappel et le suivi des r\u00e9sultats ; des syst\u00e8mes sont n\u00e9cessaires pour s&rsquo;assurer que l&rsquo;\u00e9quipement de d\u00e9pistage est entretenu et que le personnel de d\u00e9pistage est form\u00e9 ad\u00e9quatement, et des syst\u00e8mes de s\u00e9curit\u00e9 des patients devraient \u00eatre en place pour r\u00e9duire le risque d&rsquo;erreur m\u00e9dicale. Une \u00e9valuation syst\u00e9matique des processus de d\u00e9pistage et des r\u00e9sultats devrait \u00e9galement \u00eatre mise en place.<\/p>\n<p>Le co\u00fbt des enqu\u00eates sur les personnes pr\u00e9sentant des anomalies d\u00e9tect\u00e9es par d\u00e9pistage, dont beaucoup seront de faux positifs, et le co\u00fbt du traitement des vrais positifs doivent \u00e9galement \u00eatre pris en compte.\u00a0 Une comparaison des co\u00fbts du traitement du cancer du sein avec et sans d\u00e9pistage a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le d\u00e9pistage r\u00e9duisait le co\u00fbt du traitement du cancer du sein de 21 %. En m\u00eame temps, le d\u00e9pistage a fait augmenter de pr\u00e8s de 6 % les co\u00fbts globaux des soins de sant\u00e9, y compris ceux qui ne sont pas li\u00e9s au cancer du sein.<sup>15<\/sup>\u00a0Les cliniciens devraient reconna\u00eetre que le fait de d\u00e9penser pour une intervention qui ne s&rsquo;est pas av\u00e9r\u00e9e b\u00e9n\u00e9fique r\u00e9duit les ressources disponibles pour des interventions efficaces.<\/p>\n<h5><a id=\"_coutsethiques\"><\/a>Les autre co\u00fbts \u2013 Bienfaisance et non-malfaisance<\/h5>\n<p>Bien que Wilson et Jungner ne mentionnent que les co\u00fbts \u00e9conomiques, le clinicien \u00e9thique doit \u00e9quilibrer tous les co\u00fbts probables par rapport \u00e0 tous les avantages probables.\u00a0 Outre les co\u00fbts pour le syst\u00e8me de sant\u00e9, le d\u00e9pistage entra\u00eene des co\u00fbts physiques, mentaux et financiers pour les patients et leur famille, comme le r\u00e9sume le tableau 9.1.<\/p>\n<p>Le clinicien qui sugg\u00e8re des interventions \u00e0 des patients en bonne sant\u00e9 qui ne les ont pas demand\u00e9es est d&rsquo;autant plus responsable de s&rsquo;assurer que les avantages l&#8217;emportent sur les m\u00e9faits \u00e9ventuels. Souvent, le d\u00e9pistage n&rsquo;a aucun effet sur le risque individuel d&rsquo;\u00eatre atteint de la maladie \u00e0 d\u00e9pister. De plus, le test et les mesures de suivi comportent eux-m\u00eames des risques, bien que minimes.<\/p>\n<p>Il y a aussi des patients qui demandent de subir des tests de d\u00e9pistage (comme le d\u00e9pistage corps entier, l\u2019examen m\u00e9dical annuel ou le test de l&rsquo;APS) dont les avantages ne sont pas prouv\u00e9s dans la plupart des populations. Le m\u00e9decin doit concilier son devoir de ne pas causer du tort et son devoir de respecter l&rsquo;autonomie d\u00e9cisionnelle du patient. Il n&rsquo;existe pas de r\u00e9ponse toute faite \u00e0 ce dilemme\u00a0: les cliniciens devraient former leurs patients et ils devraient n\u00e9gocier avec eux tout en tenant compte de ces points.<\/p>\n<div class=\"caption\">Tableau 9.1\u00a0: Le fardeau physique et \u00e9motionnel du d\u00e9pistage<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<th>Cat\u00e9gories de co\u00fbts<\/th>\n<th>Exemples<\/th>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le test comme tel<\/td>\n<td>La coloscopie comporte un risque minime de perforation intestinale; la mammographie expose le sein \u00e0 un rayonnement, bien que minime.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le traitement des r\u00e9sultats faux positifs<\/td>\n<td>Les mesures diagnostiques et th\u00e9rapeutiques comportent des risques. Dans le cas des cancers putatifs, ces risques peuvent \u00eatre graves. Environ 10\u00a0% des femmes qui subissent un premier d\u00e9pistage du cancer du sein et environ 6\u00a0% des femmes qui subissent un d\u00e9pistage ult\u00e9rieur doivent subir des examens approfondis qui finissent par conclure que le r\u00e9sultat du d\u00e9pistage \u00e9tait faussement positif.<sup>16<\/sup><\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>L&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 inutile suivant les r\u00e9sultats faux positifs<\/td>\n<td>La plupart des patients font de l&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9 en apprenant le r\u00e9sultat positif du d\u00e9pistage. Certains prennent un temps consid\u00e9rable pour surmonter cette anxi\u00e9t\u00e9. Or, jusqu&rsquo;\u00e0 5\u00a0% des tests Pap chez les jeunes femmes donnent des r\u00e9sultats faux positifs.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Le faux r\u00e9confort des r\u00e9sultats n\u00e9gatifs<\/td>\n<td>Apr\u00e8s avoir re\u00e7u un r\u00e9sultat n\u00e9gatif \u00e0 un d\u00e9pistage, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse d&rsquo;un vrai ou d\u2019un faux n\u00e9gatif, certains patients n\u00e9gligent les sympt\u00f4mes subs\u00e9quents de la maladie.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>L&rsquo;imposition de choix difficiles<\/td>\n<td>Les hommes de 65 ans ou plus pr\u00e9sentant un an\u00e9vrisme asymptomatique de l&rsquo;aorte abdominale peuvent soit subir imm\u00e9diatement une chirurgie tr\u00e8s dangereuse, soit ne rien faire, auquel cas leur risque de d\u00e9c\u00e8s est de 70\u00a0% au cours des cinq ann\u00e9es suivantes.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>La prolongation de la p\u00e9riode pathologique<\/td>\n<td>Puisque la maladie est d\u00e9tect\u00e9e plus t\u00f4t chez les patients d\u00e9pist\u00e9s, ils vivent plus longtemps avec le diagnostic. Dans certains cas, l&rsquo;inqui\u00e9tude et les changements au mode de vie, qui en r\u00e9sultent, peuvent diminuer la qualit\u00e9 de vie.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>L&rsquo;\u00e9tiquetage<\/td>\n<td>Si la maladie a une image n\u00e9gative, le patient court le risque d&rsquo;\u00eatre per\u00e7u, ou de se percevoir, de fa\u00e7on pr\u00e9judiciable. Les cons\u00e9quences sont \u00e0 la fois de nature sociale et psychologique. Elles peuvent aussi \u00eatre financi\u00e8res si le patient perd son emploi ou s\u2019il n\u2019est plus assurable apr\u00e8s le diagnostic.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<h3><a id=\"_depistagecontinu\"><\/a>Le d\u00e9pistage devrait \u00eatre un processus continu et non un projet ponctuel<\/h3>\n<p>L&rsquo;intervalle de d\u00e9pistage (temps entre les d\u00e9pistages) devrait \u00eatre bas\u00e9 sur l&rsquo;histoire naturelle de la maladie &#8211; combien de temps entre l&rsquo;apparition de la maladie d\u00e9tectable par d\u00e9pistage et les dommages irr\u00e9versibles &#8211; et la sensibilit\u00e9 du test &#8211; \u00e0 quel stade le test peut d\u00e9tecter la maladie. Un intervalle trop long signifie que de nombreux cas deviendront symptomatiques dans les intervalles entre les d\u00e9pistages, de sorte que l&rsquo;avantage d&rsquo;une d\u00e9tection pr\u00e9coce est perdu. Un intervalle trop court peut r\u00e9duire la VPP et augmenter le nombre de tests requis pour d\u00e9tecter un cas. Le d\u00e9pistage annuel est souvent recommand\u00e9, non pas sur la base de donn\u00e9es probantes, mais par commodit\u00e9. Par exemple, certains professionnels de la sant\u00e9 recommandent encore le frottis annuel, m\u00eame si les meilleurs r\u00e9sultats pour le d\u00e9pistage du cancer du col de l&rsquo;ut\u00e9rus proviennent de Finlande et des Pays-Bas, o\u00f9 l&rsquo;intervalle de d\u00e9pistage est de cinq ans, mais o\u00f9 le programme atteint une tr\u00e8s forte proportion de la population. La pratique courante qui consiste \u00e0 d\u00e9pister chaque ann\u00e9e les femmes qui se conforment au d\u00e9pistage immobilise les ressources et d\u00e9tourne l&rsquo;attention des groupes les plus \u00e0 risque de cancer invasif du col de l&rsquo;ut\u00e9rus et qui sont les moins susceptibles d&rsquo;\u00eatre d\u00e9pist\u00e9s, comme les femmes vivant en milieu rural, les femmes autochtones, les immigrantes r\u00e9centes, les femmes \u00e2g\u00e9es et les femmes \u00e0 faible revenu. C&rsquo;est un exemple de la loi des soins inverses\u00a0(voir l&rsquo;encadr\u00e9 Pour les mordus).<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#laloidelinversion\">La loi de l&rsquo;inversion du besoin des soins de sant\u00e9<\/h3>\n<div id=\"laloidelinversion\" class=\"collapse\">\n<p>Julian Tudor Hart nomme la relation inverse malencontreuse entre le besoin et la demande \u00ab\u00a0la loi de l&rsquo;inversion des soins de sant\u00e9\u00a0\u00bb\u00a0: les personnes qui sont le plus dans le besoin sont les moins susceptibles de recevoir un d\u00e9pistage ou d&rsquo;autres soins.<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">17\u00a0<\/span><\/p>\n<p>Une cons\u00e9quence involontaire des interventions est que les chefs de file de l&rsquo;opinion, les personnes bien renseign\u00e9es et les \u00ab\u00a0bien-portants soucieux\u00a0\u00bb sont souvent les premiers participants. Leur sant\u00e9 s&rsquo;am\u00e9liore, augmentant ainsi les disparit\u00e9s entre leur \u00e9tat de sant\u00e9 et celui des personnes moins renseign\u00e9es. Si les efforts subs\u00e9quents en sant\u00e9 des populations r\u00e9ussissent \u00e0 augmenter la participation en ciblant sp\u00e9cifiquement les personnes moins renseign\u00e9es, l&rsquo;\u00e9cart peut se r\u00e9tr\u00e9cir de nouveau. Cependant, comme on propose toujours de nouvelles innovations, il est probable que l&rsquo;\u00e9cart dans l&rsquo;\u00e9tat de sant\u00e9 d\u00e9coulant d&rsquo;une participation report\u00e9e persistera. Un rapport de l&rsquo;Agence de la sant\u00e9 publique du Canada pr\u00e9sente un diagramme illustrant l&rsquo;impact de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/publications.gc.ca\/collections\/Collection\/HP5-4-2005E.pdf\">adoption report\u00e9e des innovations sur les disparit\u00e9s socio\u00e9conomiques<\/a>\u00a0(voir la figure 3 \u00e0 la page 9 du rapport).<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#laprostate\">La prostate de Paul<\/h3>\n<div id=\"laprostate\" class=\"collapse\">Apr\u00e8s avoir entam\u00e9 avec Paul une discussion sur le d\u00e9pistage du cancer de la prostate, le D<span style=\"font-size: 12.75px; height: 0px; line-height: 0; position: relative; vertical-align: baseline; bottom: 1ex;\">r<\/span> Rao se rend compte que son patient a de nombreuses peurs fermement ancr\u00e9es et de fausses croyances \u00e0 ce sujet. Il demande \u00e0 Paul de passer par le bureau de l&rsquo;infirmi\u00e8re Jennings pour se procurer des fiches de renseignements sur le cancer de la prostate et le d\u00e9pistage de ce cancer. Il lui demande aussi de prendre un autre rendez-vous pour approfondir leur discussion.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#synthesedes\">Les crit\u00e8res du d\u00e9pistage selon l&rsquo;OMS : une synth\u00e8se<sup>18<\/sup><\/h3>\n<div id=\"synthesedes\" class=\"collapse\">\n<p>Depuis la publication des crit\u00e8res de Wilson et Jungner en 1968, beaucoup d&rsquo;autres options de d\u00e9pistage ont vu le jour. Certains programmes de d\u00e9pistage officiels et organis\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 introduits, et d&rsquo;autres ont \u00e9t\u00e9 envisag\u00e9s. Les opinions sur les crit\u00e8res de d\u00e9pistage ont aussi \u00e9volu\u00e9; les crit\u00e8res tiennent maintenant compte de la notion des programmes de d\u00e9pistage, du choix \u00e9clair\u00e9 pour les patients, de l&rsquo;application \u00e9quitable du programme, des donn\u00e9es factuelles sur les co\u00fbts et les avantages et de l&rsquo;efficacit\u00e9 du programme.<\/p>\n<p>1.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que le programme de d\u00e9pistage r\u00e9ponde \u00e0 un besoin reconnu.<br \/>\n2.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que les objectifs du d\u00e9pistage soient d\u00e9finis d\u00e8s le d\u00e9but.<br \/>\n3.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut d\u00e9finir une population cible.<br \/>\n4.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que des preuves scientifiques reconnaissent l&rsquo;efficacit\u00e9 du programme de d\u00e9pistage.<br \/>\n5.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que le programme comprenne la sensibilisation, les tests, les services cliniques et la gestion du programme.<br \/>\n6.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut qu\u2019il y ait des mesures d&rsquo;assurance de la qualit\u00e9, y compris des m\u00e9canismes pour r\u00e9duire les risques potentiels du d\u00e9pistage.<br \/>\n7.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que le programme garantisse un choix \u00e9clair\u00e9, la confidentialit\u00e9 et le respect de l&rsquo;autonomie.<br \/>\n8.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que le programme encourage l&rsquo;\u00e9quit\u00e9 et favorise l&rsquo;acc\u00e8s au d\u00e9pistage pour l&rsquo;ensemble de la population cible.<br \/>\n9.\u00a0\u00a0\u00a0\u00a0 Il faut que l&rsquo;\u00e9valuation du programme soit pr\u00e9vue d\u00e8s le d\u00e9but.<br \/>\n10.\u00a0 Il faut que les avantages globaux du d\u00e9pistage l&#8217;emportent sur le tort qu\u2019il peut causer.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h1>Questions d&rsquo;auto-\u00e9valuation<\/h1>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q1\">1. L&rsquo;un de vos coll\u00e8gues vient de lire un article qui d\u00e9montre que le d\u00e9pistage de la maladie de l&rsquo;orange \u00e0 l&rsquo;aide du test de la marmelade peut prolonger la survie des patients atteints de cette maladie. Quels sont les renseignements dont vous avez besoin avant de d\u00e9cider d&rsquo;appuyer ou non cette conclusion?<\/h3>\n<div id=\"q1\" class=\"collapse\">\n<p>Vous devez savoir le genre de preuves qu\u2019on pr\u00e9sente dans l&rsquo;article. S\u2019il s\u2019agit d\u2019une \u00e9tude observationnelle de cohortes o\u00f9 les patients d\u00e9pist\u00e9s ont obtenu de meilleurs r\u00e9sultats que les patients non d\u00e9pist\u00e9s, l\u2019\u00e9tude est sujette \u00e0 un biais d&rsquo;autos\u00e9lection; les patients qui choisissent de subir un test obtiennent g\u00e9n\u00e9ralement de meilleurs r\u00e9sultats que ceux qui refusent le test, car ils ont aussi tendance \u00e0 afficher d\u2019autres d\u00e9terminants de la sant\u00e9 plus positifs. S\u2019il s\u2019agit d\u2019une s\u00e9rie de cas o\u00f9 la survie des patients diagnostiqu\u00e9s \u00e0 la suite d\u2019un d\u00e9pistage est plus longue que celle des patients diagnostiqu\u00e9s apr\u00e8s l&rsquo;apparition clinique de la maladie, l\u2019\u00e9tude est sujette \u00e0 un biais de d\u00e9passement et \u00e0 un biais de dur\u00e9e; comme le d\u00e9pistage reconna\u00eet les cas plus t\u00f4t dans l&rsquo;histoire naturelle de la maladie, le diagnostic survient aussi plus t\u00f4t, et la p\u00e9riode pendant laquelle on sait que le patient est atteint de la maladie est ainsi prolong\u00e9e. Cela donne l&rsquo;impression d&rsquo;une prolongation de la survie. De plus, comme le d\u00e9pistage favorise le diagnostic de formes peu \u00e9volutives de la maladie, il est plus probable que les cas reconnus par d\u00e9pistage sont ceux dont l&rsquo;\u00e9volution est lente.<\/p>\n<p>Consid\u00e9rant ces probl\u00e8mes, la seule preuve acceptable de l\u2019utilit\u00e9 du d\u00e9pistage d\u00e9coulerait d&rsquo;un essai comparatif hasardis\u00e9. Lorsqu\u2019il s\u2019agit de d\u00e9pistage, les preuves tr\u00e8s tangibles sont d&rsquo;une importance primordiale, car le d\u00e9pistage prolonge toujours la p\u00e9riode de maladie et entra\u00eene souvent des probl\u00e8mes psychologiques, sociaux et financiers pour les personnes qui sinon auraient en apparence profit\u00e9 d&rsquo;un bon \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral de sant\u00e9 pendant plus longtemps.<\/p>\n<p>Si vous \u00eates d&rsquo;avis que l&rsquo;article d\u00e9crit un essai comparatif valide qui d\u00e9montre que le d\u00e9pistage comporte des avantages raisonnables sur le plan clinique, vous devez v\u00e9rifier quelques \u00e9l\u00e9ments suppl\u00e9mentaires avant de vous faire une opinion. Vous devez surtout vous attarder \u00e0 l&rsquo;ampleur de la recherche sur ce sujet jusqu&rsquo;\u00e0 pr\u00e9sent, puis d\u00e9terminer si l&rsquo;article appuie ou non la recherche ant\u00e9rieure. Il est g\u00e9n\u00e9ralement imprudent d&rsquo;accepter des conclusions qui s&rsquo;opposent \u00e0 celles d&rsquo;autres \u00e9tudes valides. Il est \u00e9galement imprudent d\u2019agir sur la base d&rsquo;une seule \u00e9tude.<\/p>\n<p>Vous devez aussi vous renseigner sur la maladie de l&rsquo;orange, sa fr\u00e9quence, ses r\u00e9sultats probables et l&rsquo;efficacit\u00e9 des options th\u00e9rapeutiques. Son histoire naturelle est-elle connue? Le traitement pr\u00e9coce est-il plus efficace que le traitement \u00e0 un stade plus avanc\u00e9? Votre \u00e9valuation doit tenir compte de la dur\u00e9e et de la qualit\u00e9 de vie, ainsi que des risques li\u00e9s au traitement. Deuxi\u00e8mement, un test de d\u00e9pistage est-il possible (autrement dit, y a-t-il une phase pr\u00e9clinique de la maladie qui se pr\u00eate au d\u00e9pistage)?<\/p>\n<p>Une fois que vous \u00eates convaincu de la solidit\u00e9 des preuves d\u2019apr\u00e8s plusieurs \u00e9tudes, vous devez songer aux probl\u00e8mes de mise en \u0153uvre (voir les crit\u00e8res de l&rsquo;OMS). Vous devez vous renseigner sur les co\u00fbts du d\u00e9pistage et du traitement pour le patient et pour le syst\u00e8me de soins de sant\u00e9 et d\u00e9terminer si vous avez les moyens disponibles pour r\u00e9aliser le test, pour diagnostiquer les patients qui pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;\u00eatre atteints de la maladie de l&rsquo;orange et pour traiter les cas confirm\u00e9s. Vous devez vous renseigner au sujet des caract\u00e9ristiques de rendement du test s\u00e9rologique de la marmelade\u00a0: ses valeurs pr\u00e9dictives positives et n\u00e9gatives dans la population g\u00e9n\u00e9rale. Vous devez \u00e9galement d\u00e9terminer si les patients trouvent ce test acceptable.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"reflection-questions\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#reflectionquestions\">Questions de r\u00e9flexion<\/h3>\n<div id=\"reflectionquestions\" class=\"collapse\">\n<ol>\n<li>D\u00e9crivez le programme de d\u00e9pistage du cancer du sein de votre province.<\/li>\n<li>Quelles sont les directives de d\u00e9pistage du cancer de la prostate dans votre province?<\/li>\n<li>Selon vos professeurs, quel est le taux de glyc\u00e9mie ou de sucre sanguin auquel il est recommand\u00e9 d\u2019intervenir aupr\u00e8s des patients en sant\u00e9?<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#note\">Rosen G. Preventive medicine<\/h3>\n<div id=\"note\" class=\"collapse\">\n<p>Rosen G. Preventive medicine in the United States 1900\u20131975. New York: Prodist, 1976.Welch HG. Should I be tested for cancer? Maybe not and here&rsquo;s why. Berkeley: University of California Press, 2004.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<ol>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Agence de la sant\u00e9 publique du Canada. Groupe d&rsquo;\u00e9tude canadien sur les soins de sant\u00e9 pr\u00e9ventifs 2015 [Available from: <a href=\"http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/cd-mc\/gecssp-ctfphc-fra.php\">http:\/\/www.phac-aspc.gc.ca\/cd-mc\/gecssp-ctfphc-fra.php<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Porta M, editor. A dictionary of epidemiology. New York (NY): Oxford University Press; 2008.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Wilson JMG, Jungner G. Principles and practice of screening for disease. Public Health Papers No 34. Geneva: World Health Organization; 1968. p. 164.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Dobrow MJ, Hagens V, Chafe R. Consolidated principles for screening based on a systematic review and consensus process. CMAJ. 2018;190(14):E422-E9.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Leung GM, Lam TH, Thach TQ, Hedley AJ. Will screening mammography in the East do more harm than good? American Journal of Public Health. 2002;92(11):1841-6.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Leung GM, Thach TQ, Chan E, Foo W, Meng O, Fielding R, et al. Short-term, medium-term, long-term, and lifetime risks of developing and dying of breast carcinoma in a Westernized Chinese population: Evidence from Hong Kong between 1976 and 2000. Cancer. 2005;103(3):501-8.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Holowaty P, Miller AB, Rohan T, To T. Natural history of dysplasia of the uterine cervix. Journal of the National Cancer Institute. 1999;91(3):252-8.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Thompson IM, Ankerst DP. Prostate-specific antigen in the early detection of prostate cancer. Canadian Medical Association Journal. 2007;176(13):1853-58.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Morrison AS, Brisson J, Khalid N. Breast cancer incidence and mortality in the breast cancer detection demonstration project. Journal of the National Cancer Institute. 1988;80(19):1540-7.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Viera AJ. Predisease: when does it make sense? Epidemiol Rev. 2011;33:122-34.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Canadian Diabetes Association. Clinical practice guidelines 2013 [Available from: <a href=\"http:\/\/guidelines.diabetes.ca\/?_ga=1.41276011.839397301.1478810223\">http:\/\/guidelines.diabetes.ca\/?_ga=1.41276011.839397301.1478810223<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">World Health Organization. Definition and diagnosis of diabetes mellitus and intermediate hyperglycaemia 2006 [cited 2016 November]. Available from: <a href=\"http:\/\/www.who.int\/diabetes\/publications\/diagnosis_diabetes2006\/en\/\">http:\/\/www.who.int\/diabetes\/publications\/diagnosis_diabetes2006\/en\/<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Yudkin JS, Montori MV. The epidemic of pre-diabetes: the medicine and the politics. BMJ. 2014;349:g4485.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Osterlie W, Solbjor M, Skolbekken JA, Hofvind S, Saetnan AR, Forsmo S. Challenges of informed choice in organised screening. Journal of medical ethics. 2008;34(9):e5.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Johnston K. Modelling the future costs of breast screening. European Journal of Cancer. 2001;37(14):1752-8.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Health Canada. Organized Breast Cancer Screening Programs in Canada, 1999 and 2000 Report. Minister of Public Works and Government Services Canada; 2003. p. 60.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Hart JT. The inverse care law. Lancet. 1971;1(7696):405-12.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Andermann A, Blancquaert I, Beauchamp S, Dery V. Revisiting Wilson and Jungner in the genomic age: a review of screening criteria over the past 40 years. Bulletin of the World Health Organization. 2008;86(4):317-9.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>`Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure\u00a0: 1. D&rsquo;appliquer les principes du d\u00e9pistage et \u00eatre en mesure d\u2019\u00e9valuer l\u2019utilit\u00e9 d\u2019une intervention de d\u00e9pistage donn\u00e9e, y compris : (78-3) \u2022 \u00a0discuter du\u00a0biais de d\u00e9passement relatif au d\u00e9lai d\u2019apparition d\u2019une maladie, et \u2022 \u00a0le bias de dur\u00e9e-pr\u00e9valence 2. 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