{"id":1256,"date":"2018-02-20T17:16:40","date_gmt":"2018-02-20T17:16:40","guid":{"rendered":"https:\/\/afmc.ca\/phprimer\/?page_id=1256"},"modified":"2024-06-28T14:40:16","modified_gmt":"2024-06-28T14:40:16","slug":"chapitre-11-la-lutte-contre-les-maladies-infectieuses","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-11\/","title":{"rendered":"Chapitre 11 Les maladies infectieuses"},"content":{"rendered":"<h1>La lutte contre les maladies infectieuses<\/h1>\n<p><span lang=\"FR\">Les cliniciens jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans le contr\u00f4le de la propagation des maladies infectieuses gr\u00e2ce \u00e0 de bonnes pratiques quotidiennes telles que la recommandation de vaccins appropri\u00e9s, la prescription judicieuse d&rsquo;antibiotiques et en conseillant les patients sur les strat\u00e9gies de r\u00e9duction des risques. Parfois, des cliniciens avis\u00e9s peuvent d\u00e9tecter des cas qui pourraient indiquer le d\u00e9but d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie et ils sont souvent les premiers \u00e0 voir les nouveaux cas d\u2019une maladie qui doit \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e aux autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique. <\/span>On pourrait alors leur demander de collaborer avec les \u00e9quipes de lutte contre les infections ou de sant\u00e9 publique afin de mener une lutte ad\u00e9quate contre les maladies infectieuses et d\u2019enrayer les \u00e9closions. Les cliniciens doivent \u00e9galement \u00eatre conscients qu&rsquo;ils peuvent transmettre, eux-m\u00eames ou via les instruments qu\u2019ils utilisent, une infection aux patients. Ils doivent donc prendre les mesures n\u00e9cessaires pour l\u2019\u00e9viter.<\/p>\n<p>Les cliniciens peuvent \u00e9galement reconna\u00eetre les signes d\u2019\u00e9volution de maladies non infectieuses, par exemple un nombre anormalement \u00e9lev\u00e9 de blessures pouvant d\u00e9couler d&rsquo;un changement dans l&rsquo;environnement b\u00e2ti ou bien associ\u00e9es aux jouets ou des activit\u00e9s de loisirs \u00e0 la mode. Le cas \u00e9ch\u00e9ant, les cliniciens peuvent jouer un r\u00f4le dans le signalement et la gestion de telles situations, bien que les proc\u00e9dures ne soient peut-\u00eatre pas d\u00e9finies aussi clairement que celles de la lutte contre les maladies infectieuses et de leur prise en charge.<\/p>\n<div class=\"prelude\">\n<p><strong>Apr\u00e8s avoir achev\u00e9 ce chapitre, le lecteur sera en mesure :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>\u00a0De reconna\u00eetre les <a href=\"#_eclos1\">caract\u00e9ristiques d\u00e9terminantes d&rsquo;une \u00e9pid\u00e9mie<\/a> et la fa\u00e7on d\u2019en reconna\u00eetre une (Conseil m\u00e9dical 78-5)<\/li>\n<li>De poss\u00e9der les comp\u00e9tences n\u00e9cessaires pour <a href=\"#_detecteclosion\">prendre en charge de fa\u00e7on efficace une \u00e9pid\u00e9mie<\/a> y compris la pr\u00e9vention des infections lorsqu\u2019une \u00e9pid\u00e9mie est attribuable \u00e0 un agent infectieux (78-5) :<br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\"> 1. confirmer la <a href=\"#_etape1\">pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e9closion<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\"> 2. \u00e9tablir une <a href=\"#_etape3\">d\u00e9finition de cas<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\"> 3. mettre en \u0153uvre des <a href=\"#_etape5\">mesures de lutte initiales<\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\"> 4. <a href=\"#_etape6\">analyser les donn\u00e9es de surveillance<\/a> afin de juger le progr\u00e8s<\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\"> 5. si n\u00e9cessaire, <a href=\"#_etape7\">modifier les mesures de contr\u00f4le <\/a><\/span><br \/>\n<span style=\"padding-left: 30px;\"> 6. planifier des <a href=\"#_etape6\">mesures de pr\u00e9vention et de contr\u00f4le \u00e0 long terme<br \/>\n<\/a> <\/span><\/li>\n<li>D&rsquo;aviser les autorit\u00e9s responsables, s\u2019il y a lieu (<a href=\"#_decloblig\">maladie de d\u00e9claration obligatoire<\/a>, signalement d\u2019une situation dangereuse) (78-8)<\/li>\n<li>De d\u00e9crire les proc\u00e9dures de <a href=\"#_immunisation\">vaccination<\/a> (78-3)<\/li>\n<li>De d\u00e9crire les principales <a href=\"#_transmaladies\">voies de transmission des maladies infectieuses<\/a><\/li>\n<li>De d\u00e9crire les principales \u00e9tapes de la prise en charge et de la <a href=\"#_prevenirmaladies\">pr\u00e9vention de la transmission d&rsquo;une maladie infectieuse<\/a><\/li>\n<li>De r\u00e9sumer les risques d\u2019infection dans le milieu de\u00a0<a href=\"#_hopitaux\">services de soins de sant\u00e9<\/a>, y compris la <a href=\"#_antimicrobes\">r\u00e9sistance antimicrobienne<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Faire le lien entre ces connaissances et les <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/\/objectifs-du-cmc-et-canmeds\/\">objectifs du Conseil m\u00e9dical du Canada<\/a>, notamment le chapitre 78-5.<\/p>\n<\/div>\n<div class=\"prelude\">\n<p style=\"text-align: center;\"><span lang=\"FR\"><strong>\u00c0 noter<\/strong> : les cases color\u00e9es contiennent des informations suppl\u00e9mentaires facultatives ;<br \/>\ncliquez sur la bo\u00eete pour l\u2019ouvrir.<br \/>\nLes mots en MAJUSCULES sont d\u00e9finis dans le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">Glossaire<\/a>.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#ledrraosuspecte\">Le D<sup>r<\/sup> Rao suspecte une \u00e9closion<\/h3>\n<div id=\"ledrraosuspecte\" class=\"collapse\">\n<p>Le D<sup>r<\/sup> Rao re\u00e7oit un appel t\u00e9l\u00e9phonique du foyer de soins de longue dur\u00e9e o\u00f9 habite M<sup>me<\/sup> Richard. On l&rsquo;avise que M<sup>me<\/sup> Richard souffre d&rsquo;une diarrh\u00e9e. Il lui rend visite. Elle avait un peu mal au ventre hier soir. Elle se sent mieux aujourd&rsquo;hui et elle n&rsquo;a eu qu&rsquo;un seul \u00e9pisode de selles molles. M<sup>me<\/sup> Richard pense que d&rsquo;autres r\u00e9sidents ont aussi \u00e9t\u00e9 malades. Elle a entendu dire que l&rsquo;un d\u2019eux avait vomi il y a deux jours et qu&rsquo;une autre a eu des crampes abdominales la nuit d\u2019avant-hier.<\/p>\n<p>Le D<sup>r<\/sup> Rao tente d&rsquo;obtenir des renseignements plus pr\u00e9cis; il aimerait savoir si plus de personnes qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;habitude se plaignent de maux d\u2019estomac. Il sait aussi qu&rsquo;il doit d\u00e9terminer qui, au juste, a \u00e9t\u00e9 malade, quand, pendant combien de temps, o\u00f9 se trouvent leurs chambres, si des membres du personnel ont aussi \u00e9t\u00e9 malades et si les services de sant\u00e9 publique sont au courant. Cependant, la pr\u00e9pos\u00e9e de service pr\u00e9sente aujourd\u2019hui \u00e9tait absente ces derniers jours. Ses informations sont limit\u00e9es \u00e0 ce qui est \u00e9crit dans le rapport quotidien.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_detecteclosion\"><\/a>La d\u00e9tection et le contr\u00f4le des \u00e9closions<\/h2>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le plus souvent, les cas de maladies \u00e0 d\u00e9claration obligatoire sont sporadiques, ce qui signifie qu\u2019ils ne font pas partie d\u2019une transmission plus large. N\u00e9anmoins, les cliniciens sont souvent les mieux plac\u00e9s pour reconna\u00eetre une \u00c9CLOSION d&rsquo;une maladie (voir l\u2019encadr\u00e9 D\u00e9finitions ici-bas). Parfois, ils remarquent un nombre anormalement \u00e9lev\u00e9 de personnes qui pr\u00e9sentent la m\u00eame maladie ou bien leurs patients leur disent conna\u00eetre d&rsquo;autres personnes qui ont des sympt\u00f4mes semblables. M\u00eame si le clinicien ne voit qu&rsquo;un seul cas, il peut s&rsquo;agir d&rsquo;un cas parmi d&rsquo;autres dans la r\u00e9gion, de sorte que la d\u00e9claration contribue \u00e0 la d\u00e9tection des \u00e9closions. Remplir des registres de sortie et des certificats de d\u00e9c\u00e8s ainsi que d\u00e9clarer les cas d&rsquo;une MALADIE \u00c0 D\u00c9CLARATION OBLIGATOIRE sont des mesures qui contribuent \u00e0 la SURVEILLANCE de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de la population. Si les formulaires sont remplis avec exactitude et achemin\u00e9s en temps opportun, la d\u00e9tection des \u00e9closions et la surveillance g\u00e9n\u00e9rale de la sant\u00e9 y gagnent.<\/p>\n<p>Selon le type d&rsquo;agent infectieux, les conditions de propagation et la population cible, les \u00e9closions de maladie peuvent \u00eatre aigu\u00ebs et \u00e0 croissance rapide, comme la gastroent\u00e9rite dans un jardin d&rsquo;enfants ou un foyer de soins de longue dur\u00e9e, ou \u00e9voluer plus lentement, comme la pand\u00e9mie de SIDA. Les cliniciens jouent un r\u00f4le majeur, car ils sont habituellement le premier point de contact avec la population touch\u00e9e\u00a0<span lang=\"FR-CA\">par l\u2019\u00e9closion d\u2019une maladie infectieuse<\/span><span lang=\"FR-CA\">. <\/span>De m\u00eame, les \u00e9quipes de lutte contre les infections en milieu hospitalier d\u00e9pendent de la collaboration des cliniciens pour pr\u00e9venir les infections.\u00a0Les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique sont ultimement responsables de la d\u00e9tection et de la lutte contre les \u00e9closions et suivent ces \u00e9tapes de prise en charge d&rsquo;une \u00e9closion :<\/p>\n<ol>\n<li>Confirmer la pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e9closion<\/li>\n<li>\u00c9tablir un diagnostic<\/li>\n<li>D\u00e9finir ce qui constitue un cas et reconna\u00eetre les cas au fur et \u00e0 mesure qu&rsquo;ils surviennent;<\/li>\n<li>\u00c9tablir une description \u00e9pid\u00e9miologique des personnes \u00e0 risque;<\/li>\n<li>Tester les hypoth\u00e8ses en analysant les donn\u00e9es de surveillance ou au moyen d\u2019\u00e9tudes sp\u00e9ciales;<\/li>\n<li>Tirer des conclusions et modifier les hypoth\u00e8ses et les mesures de contr\u00f4le, s&rsquo;il y a lieu;<\/li>\n<li>Planifier des mesures de pr\u00e9vention et de contr\u00f4le \u00e0 long terme.<\/li>\n<\/ol>\n<p>(Notez que ces \u00e9tapes se chevauchent souvent dans le temps, de sorte qu\u2019une r\u00e9ponse \u00e0 une \u00e9pid\u00e9mie ne suit g\u00e9n\u00e9ralement pas un processus \u00e9tape par \u00e9tape).<\/p>\n<h3><a name=\"_etape1\"><\/a>\u00c9tape 1 : Confirmer la pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e9closion<\/h3>\n<h4><a id=\"_eclos1\"><\/a>S&rsquo;agit-il d&rsquo;une \u00e9closion?<\/h4>\n<p>Il est important d&rsquo;identifier une\u00a0<span class=\"PrimerGlossaryTermChar\">\u00c9CLOSION\u00a0<\/span>rapidement afin de pouvoir la contr\u00f4ler avant qu\u2019elle ne cause de dommages importants. Une\u00a0<span class=\"PrimerGlossaryTermChar\">GRAPPE\u00a0<\/span>de cas peut survenir par hasard ou \u00eatre le d\u00e9but d&rsquo;une \u00e9closion qui pourrait mener \u00e0 une \u00c9PID\u00c9MIE. Cependant, il n&rsquo;y a pas de r\u00e8gle stricte pour d\u00e9finir une \u00e9closion. C&rsquo;est particuli\u00e8rement vrai pour les maladies rares ou les maladies dans les petites populations, o\u00f9 l\u2019augmentation, en chiffres absolus, d&rsquo;un tr\u00e8s petit nombre de cas peut repr\u00e9senter une importante augmentation relative dans la population. Par exemple, dans une communaut\u00e9 o\u00f9 il y a habituellement deux cas par mois d&rsquo;une certaine maladie, quatre cas en un mois (une augmentation absolue de deux cas, mais une augmentation relative de 100 %) peuvent ou non constituer une \u00e9closion. Dans une telle situation, il peut \u00eatre tr\u00e8s difficile de d\u00e9cider combien de temps et d&rsquo;argent \u00e0 consacrer \u00e0 \u00e9tudier un \u00e9v\u00e9nement qui pourrait d\u00e9couler du hasard. L\u2019analyse de l\u2019anamn\u00e8se compl\u00e8te de chaque cas peut aider, mais la consultation d&rsquo;\u00e9pid\u00e9miologistes ou de statisticiens peut se r\u00e9v\u00e9ler n\u00e9cessaire.<\/p>\n<p>De plus, il peut y avoir des biais dans la documentation d&rsquo;une \u00e9closion. Si une \u00e9closion possible a fait l&rsquo;objet de discussions aux nouvelles et si les cliniciens sont au courant d&rsquo;une \u00e9closion possible, ils peuvent \u00eatre plus assidu que d&rsquo;habitude pour demander des tests de laboratoire et signaler les cas. Si les patients sont au courant, ils peuvent \u00eatre plus sensibles que d&rsquo;habitude \u00e0 leurs sympt\u00f4mes et peuvent demander des soins (et, par cons\u00e9quent, leur cas est signal\u00e9) alors qu&rsquo;ils ne le feraient pas normalement. De plus, la recherche de cas ou la surveillance active (voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-ii\/chapitre-7\/#_suractive\">chapitre 7<\/a>) par des agents de sant\u00e9 publique peut r\u00e9v\u00e9ler des cas qui n&rsquo;auraient pas \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s autrement.<\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#terminologierelative\">Terminologie relative \u00e0 l\u2019\u00e9closion<\/h3>\n<div id=\"terminologierelative\" class=\"collapse\">\n<p>On parlera d\u2019<strong>end\u00e9mie<\/strong> pour d\u00e9crire la pr\u00e9sence constante d&rsquo;une maladie ou d&rsquo;un agent infectieux dans une r\u00e9gion ou une population donn\u00e9e.<sup>1<\/sup><\/p>\n<p>Une <strong>grappe<\/strong> est une concentration de nouveaux cas d&rsquo;une maladie rare qui surviennent durant une p\u00e9riode si courte ou dans un espace si limit\u00e9 que l&rsquo;on doute qu&rsquo;ils soient le r\u00e9sultat d\u2019un simple hasard.<sup>1\u00a0<\/sup><span lang=\"FR-CA\">Le terme s\u2019applique \u00e9galement aux maladies infectieuses et les maladies non-transmissibles. <\/span><\/p>\n<p>Une <strong>\u00e9closion\u00a0<\/strong><span lang=\"FR-CA\">d\u00e9crit un nombre de cas plus \u00e9lev\u00e9 que normal pour cet endroit en ce saison. Une \u00e9closion peu<\/span><span lang=\"FR-CA\">t <\/span>aussi d\u00e9signer une petite grappe de cas localis\u00e9s, habituellement d&rsquo;une maladie infectieuse, pouvant pr\u00e9c\u00e9der une \u00e9pid\u00e9mie plus vaste.<sup>1<\/sup><\/p>\n<p>Une <strong>\u00e9pid\u00e9mie<\/strong> est l&rsquo;incidence d&rsquo;une maladie bien au-del\u00e0 des attentes normales.<sup>1<\/sup> Le nombre de nouveaux cas qui doivent \u00eatre signal\u00e9s avant de d\u00e9clarer une \u00e9pid\u00e9mie varie en fonction de la maladie, du moment et du lieu. Par exemple, un seul cas de fi\u00e8vre jaune pourrait \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une \u00e9pid\u00e9mie au Canada mais pas n\u00e9cessairement dans une r\u00e9gion tropicale.<\/p>\n<p>Une <strong>pand\u00e9mie<\/strong> est une \u00e9pid\u00e9mie qui s&rsquo;\u00e9tend sur plusieurs continents. La grippe (en 1918-1919 et en 1957-1958), le chol\u00e9ra (depuis 1961), le sida (depuis 1988), la d\u00e9pendance au tabac (actuellement) et le COVID-19 (2020-2022) en sont des exemples.<\/p>\n<p>La distinction entre <em>grappe, \u00e9closion<\/em> et <em>\u00e9pid\u00e9mie<\/em> est floue,\u00a0<span lang=\"FR-CA\">mais sous-entend une distribution g\u00e9ographique restreinte dans le cas d\u2019une grappe et plus large pour une \u00e9closion, et un nombre de cas en augmentation rapide lorsqu\u2019on \u00e9volue vers une \u00e9pid\u00e9mie. Ces termes s&rsquo;appliquent \u00e9galement aux maladies transmissibles et non transmissibles.<\/span><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>La d\u00e9claration d&rsquo;une \u00e9pid\u00e9mie est une d\u00e9cision tr\u00e8s lourde, car en \u00e9mettant une alerte sur le besoin de prendre des mesures de contr\u00f4le, les autorit\u00e9s nationales ou r\u00e9gionales de sant\u00e9 publique, qui sont responsables de ces d\u00e9cisions, risquent de cr\u00e9er un sentiment de panique dans la population. On ne peut d\u00e9clarer une\u00a0<span class=\"PrimerGlossaryTermChar\"><span lang=\"EN-US\">PAND\u00c9MIE <\/span><\/span>qu&rsquo;une fois que la situation a \u00e9t\u00e9 soigneusement \u00e9valu\u00e9e par l&rsquo;OMS, qui peut alors \u00e9mettre des avis aux voyageurs. C\u2019est une d\u00e9cision \u00e0 ne pas prendre \u00e0 la l\u00e9g\u00e8re, car de telles annonces peuvent avoir des r\u00e9percussions \u00e9conomiques consid\u00e9rables dans les r\u00e9gions touch\u00e9es.<\/p>\n<p>Tout comme une \u00e9closion locale (voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-ii\/chapitre-7\/#_ponctuelle\">chapitre 7<\/a>), une pand\u00e9mie suit un cours naturel. L\u2019OMS a d\u00e9crit les phases de transition d\u2019une \u00e9closion <span lang=\"FR-CA\">\u00e0 une pand\u00e9mie, <\/span>illustr\u00e9es par la figure 11.1.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3059\" aria-describedby=\"caption-attachment-3059\" style=\"width: 1509px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3059\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.1_fr.jpg\" alt=\"Figure 11.1 : Les phases d\u2019une pand\u00e9mie selon l\u2019Organisation mondiale de la Sant\u00e9 (Source : www.who.int\/csr\/disease\/avian_influenza\/phase\/fr\/index.html)\" width=\"1509\" height=\"957\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.1_fr.jpg 1509w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.1_fr-300x190.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.1_fr-768x487.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.1_fr-1024x649.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1509px) 100vw, 1509px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3059\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11.1 : Les phases d\u2019une pand\u00e9mie selon l\u2019Organisation mondiale de la Sant\u00e9<\/figcaption><\/figure>\n<p>Les \u00e9pid\u00e9mies de maladies infectieuses peuvent r\u00e9sulter de changements chez l\u2019agent, l\u2019h\u00f4te, ou dans l\u2019environnement : <sup>2<\/sup><\/p>\n<ol>\n<li>Agent : un micro-organisme tel qu&rsquo;un virus ou une bact\u00e9rie peut \u00e9voluer pour devenir plus transmissible (ou infectieux). Par exemple, le virus SARS-CoV-2 (\u00e0 l\u2019origine de la pand\u00e9mie de COVID-19) continue \u00e0 subir de nombreuses mutations pour produire des variantes de transmissibilit\u00e9 diff\u00e9rente. De m\u00eame, les micro-organismes disposent d&rsquo;un certain nombre de m\u00e9canismes qui modifient leur capacit\u00e9 \u00e0 provoquer des sympt\u00f4mes de maladie (PATHOG\u00c9NICIT\u00c9) ou \u00e0 provoquer une maladie grave (VIRULENCE) (voir le <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/glossaire\/\">glossaire<\/a> pour les d\u00e9finitions).\u00a0Par exemple, le bacille dipht\u00e9rique (<em>Corynebacterium diphteriae<\/em>) doit \u00eatre en pr\u00e9sence d&rsquo;un bact\u00e9riophage sp\u00e9cifique pour produire la toxine qui cause la dipht\u00e9rie. Par \u00e9change de plasmides, des bact\u00e9ries susceptibles ant\u00e9rieurement peuvent devenir antibior\u00e9sistantes. Un autre exemple est le virus de la grippe, dont la virulence peut varier au fur et \u00e0 mesure que sa composition g\u00e9n\u00e9tique d\u00e9rive et se modifie.<\/li>\n<li>L\u2019h\u00f4te: La population \u00e0 risque peut \u00e9voluer pour devenir plus susceptible \u00e0 la maladie. Par exemple, une diminution de l\u2019immunit\u00e9 peut contribuer \u00e0 des cas (et m\u00eame \u00e0 des \u00e9pid\u00e9mies) d\u2019oreillons, en particulier dans les cohortes ayant re\u00e7u une seule dose de vaccin.<sup>3<\/sup> Une population confront\u00e9e \u00e0 une nouvelle maladie contre laquelle elle est peu immunis\u00e9e peut en subir des cons\u00e9quences graves. L\u2019introduction de la variole \u2013 parfois de mani\u00e8re intentionnelle \u2013 \u200b\u200bpar les Europ\u00e9ens dans les populations autochtones des Am\u00e9riques a provoqu\u00e9 des \u00e9pid\u00e9mies d\u00e9vastatrices. De m\u00eame, la gravit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie nord-am\u00e9ricaine du virus du Nil occidental en 2002-2003 pourrait \u00eatre en partie due au manque d&rsquo;immunit\u00e9 des oiseaux h\u00f4tes de la r\u00e9gion, ainsi qu&rsquo;au manque d&rsquo;immunit\u00e9 de la population humaine (voir la figure 11.2 dans Pour les mordus).<\/li>\n<li>Environnement : L\u2019environnement social peut rendre la transmission d\u2019une maladie plus ou moins probable. Les mouvements de troupes et les bouleversements de population vers la fin de la guerre de 1914-18 ont mis en contact \u00e9troit beaucoup plus de personnes que d\u2019habitude. Cela a accru la transmission du virus de la grippe \u00e0 l\u2019origine de la pand\u00e9mie de 1918. Les changements dans l\u2019environnement physique peuvent \u00e9galement y contribuer. Par exemple, des saisons chaudes plus longues ont contribu\u00e9 \u00e0 une incidence accrue de la maladie de Lyme en augmentant l&rsquo;habitat et l&rsquo;activit\u00e9 des tiques.<sup>4<\/sup><\/li>\n<\/ol>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#levirusdunil\">Le virus du Nil occidental en Am\u00e9rique du Nord<\/h3>\n<div id=\"levirusdunil\" class=\"collapse\">\n<figure id=\"attachment_3061\" aria-describedby=\"caption-attachment-3061\" style=\"width: 480px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3061\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2a_fr.png\" alt=\"Figure 11.2 : Profils des infections par le virus du Nil occidental aux \u00c9tats-Unis, 1999-2008\" width=\"480\" height=\"360\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2a_fr.png 480w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2a_fr-300x225.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 480px) 100vw, 480px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3061\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11.2a : Profil des infections par le virus du Nil occidental aux \u00c9tats-Unis, 1999-2008<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3060\" aria-describedby=\"caption-attachment-3060\" style=\"width: 1502px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3060\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2b_fr.jpg\" alt=\"Figure 11.2b : Profils des infections par le virus du Nil occidental au Canada, 1999-2008\" width=\"1502\" height=\"1127\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2b_fr.jpg 1502w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2b_fr-300x225.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2b_fr-768x576.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.2b_fr-1024x768.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1502px) 100vw, 1502px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3060\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11.2b : Profils des infections par le virus du Nil occidental au Canada, 1999-2008<\/figcaption><\/figure>\n<p>Le virus du Nil occidental a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 pour la premi\u00e8re fois en Ouganda en 1937. Dans les ann\u00e9es 1990, en Europe, sa virulence semble avoir connu une hausse. En Am\u00e9rique du Nord, on l&rsquo;a d&rsquo;abord d\u00e9tect\u00e9 chez des oiseaux dans l\u2019\u00c9tat de New York. Ensuite, en 2002 et 2003, il a caus\u00e9 une \u00e9pid\u00e9mie d&rsquo;envergure, beaucoup plus que sur d&rsquo;autres continents. Les raisons de son potentiel \u00e9pid\u00e9mique en Am\u00e9rique du Nord pourraient \u00eatre les suivantes :<sup>5<\/sup><\/p>\n<ul>\n<li>il s\u2019agit d\u2019une souche plus virulente;<\/li>\n<li>il n\u2019y avait aucune immunit\u00e9 ant\u00e9rieure chez les oiseaux, les h\u00f4tes principaux;<\/li>\n<li>le moustique porteur, <em>Culex pipiens<\/em>, se nourrit par pr\u00e9f\u00e9rence de sang d&rsquo;oiseaux mais il se tourne vers le sang humain \u00e0 l&rsquo;automne, lorsque ses h\u00f4tes aviaires migrent;<\/li>\n<li>la structure d&rsquo;\u00e2ge des personnes non immunes \u2013 plus \u00e2g\u00e9es et plus sensibles aux effets neurologiques.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>3. <em>Augmentation de la transmission r\u00e9sultant en une hausse de l&rsquo;exposition des personnes susceptibles.<\/em> Le d\u00e9placement des soldats et des populations civiles pendant la Premi\u00e8re Guerre mondiale (1914-1918) a occasionn\u00e9 beaucoup plus de contacts \u00e9troits entre les personnes, ce qui a favoris\u00e9 la transmission du virus de la grippe pand\u00e9mique de 1918.<br \/>\n4. <em>Changement de la susceptibilit\u00e9 de l&rsquo;h\u00f4te<\/em>. Les personnes infect\u00e9es par le VIH sont particuli\u00e8rement susceptibles \u00e0 la tuberculose. La forte incidence actuelle de tuberculose dans le monde est due en partie au fait que l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie du VIH a fait augmenter le nombre de personnes susceptibles.<br \/>\n5. <em>Nouvelles portes d&rsquo;entr\u00e9e ou augmentation de l&rsquo;exposition<\/em>. Les perc\u00e9es techniques dans le domaine des soins de sant\u00e9, qui exigent l\u2019utilisation d&rsquo;instruments invasifs, ont contribu\u00e9 \u00e0 la hausse des infections nosocomiales.<\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#walkerton\">Walkerton (Ontario)<sup>6<\/sup><\/h3>\n<div id=\"walkerton\" class=\"collapse\">\n<p>Le 18 mai 2000, une p\u00e9diatre de l&rsquo;h\u00f4pital d&rsquo;Owen Sound hospitalise une fille de neuf ans souffrant de diarrh\u00e9e sanglante et un gar\u00e7on de sept ans souffrant de fi\u00e8vre et de douleur abdominale. Le gar\u00e7on finit aussi par d\u00e9velopper une diarrh\u00e9e sanglante. En recherchant les liens possibles, la p\u00e9diatre traitante d\u00e9couvre que les enfants fr\u00e9quentent la m\u00eame \u00e9cole. Le m\u00eame jour, des gens de Walkerton communiquent avec leur commission des services publics parce qu&rsquo;ils soup\u00e7onnent des probl\u00e8mes avec leur approvisionnement en eau.<\/p>\n<p>Le 19 mai, la p\u00e9diatre apprend que d&rsquo;autres membres de la collectivit\u00e9 souffrent de maladies diarrh\u00e9iques. Apr\u00e8s avoir recueilli les ant\u00e9c\u00e9dents alimentaires de ses deux jeunes patients aupr\u00e8s de leurs parents, elle soup\u00e7onne une infection \u00e0 Escherichia coli d&rsquo;origine hydrique. Elle communique avec le Bureau de sant\u00e9 de Bruce-Grey-Owen Sound. Plus tard dans la journ\u00e9e, le directeur g\u00e9n\u00e9ral d\u2019une r\u00e9sidence pour personnes \u00e2g\u00e9es de Walkerton communique aussi avec le Bureau de sant\u00e9 pour signaler trois cas de maladie diarrh\u00e9ique.<\/p>\n<p>Le Bureau de sant\u00e9 communique avec les \u00e9coles de la r\u00e9gion et apprend que le taux d&rsquo;absent\u00e9isme en raison de maladies est anormalement \u00e9lev\u00e9. On l\u2019informe par ailleurs que huit patients souffrant de maladie diarrh\u00e9ique se sont pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 la salle d&rsquo;urgence de Walkerton. Le profil de la maladie semble d&rsquo;abord d&rsquo;origine alimentaire mais comme de nombreux r\u00e9sidents pensent que l&rsquo;\u00e9closion est associ\u00e9e \u00e0 une contamination de l&rsquo;eau, le Bureau de sant\u00e9 commence aussi \u00e0 tester l&rsquo;approvisionnement en eau.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9closion de Walkerton est caus\u00e9e par une contamination de l&rsquo;eau de la ville par l\u2019<em>E. coli<\/em> et le <em>Campylobacter jejuni<\/em>. Au 31 ao\u00fbt 2000, l&rsquo;\u00e9closion aura caus\u00e9 sept d\u00e9c\u00e8s et 27 cas de syndrome h\u00e9molytique et ur\u00e9mique et rendu plus de 2 000 personnes malades. Ses causes principales sont la mauvaise supervision du traitement de l\u2019eau et les pluies abondantes qui ont entra\u00een\u00e9 l&rsquo;\u00e9coulement d\u2019effluents bovins dans l&rsquo;eau alimentant la station d&rsquo;\u00e9puration.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lesfacteursqui\">Les facteurs qui contribuent \u00e0 l\u2019\u00e9closion du virus Ebola<\/h3>\n<div id=\"lesfacteursqui\" class=\"collapse\">\n<p>En 2013 et 2016, en Afrique de l&rsquo;Ouest, il y a eu des flamb\u00e9es de virus Ebola qui ont \u00e9t\u00e9 pires que les pr\u00e9c\u00e9dentes. En avril 2016, 11 310 personnes \u00e9taient d\u00e9c\u00e9d\u00e9es.<sup>7<\/sup> Avant cela, la plus grande \u00e9pid\u00e9mie d&rsquo;Ebola s&rsquo;est produite en Ouganda et a tu\u00e9 224 personnes. Parmi les facteurs qui ont contribu\u00e9 \u00e0 la gravit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9closion, certains \u00e9taient d&rsquo;ordre culturel et socio-\u00e9conomique :<\/p>\n<ul>\n<li>L&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie a commenc\u00e9 parmi les populations rurales pauvres et marginalis\u00e9es. Ces personnes sont forc\u00e9es d&rsquo;exploiter la for\u00eat comme source de nourriture et de ressources. En allant dans la for\u00eat, ils courent un plus grand risque d&rsquo;\u00eatre infect\u00e9s par des animaux forestiers porteurs de la maladie.<\/li>\n<li>Les r\u00e9gions one \u00e9t\u00e9 d\u00e9cim\u00e9es par des ann\u00e9es de conflit civil, ce qui a laiss\u00e9 les \u00e9conomies et les syst\u00e8mes de sant\u00e9 publique dans l&rsquo;incapacit\u00e9 de r\u00e9agir ad\u00e9quatement au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie.<\/li>\n<li>La porosit\u00e9 des fronti\u00e8res entre les 3 pays concern\u00e9s a n\u00e9cessit\u00e9 un haut niveau de coop\u00e9ration intergouvernementale.<\/li>\n<li>L&rsquo;insuffisance des infrastructures de sant\u00e9 dans les zones touch\u00e9es signifiait que les patients \u00e9taient soign\u00e9s dans des \u00e9tablissements qui ne disposaient pas de moyens suffisants pour diagnostiquer l&rsquo;infection et pr\u00e9venir la transmission.<\/li>\n<li>Les rites traditionnels du bain et du contact avec le corps des membres de la famille se sont \u00e9tendus aux membres de la famille. La m\u00e9fiance \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard des conseils en mati\u00e8re de sant\u00e9 a rendu difficile la prise en charge de ces pratiques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour plus de renseignements, voir l&rsquo;article de Bausch et Schwarz.<sup>8<\/sup> Pour une vue plus en amont, consultez Richardson et al.<sup>9<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3><a name=\"_etape2\"><\/a>\u00c9tape 2 : Confirmer le diagnostic<\/h3>\n<p>Les \u00e9tapes 1 et 2 sont souvent compl\u00e9t\u00e9es simultan\u00e9ment. La confirmation du diagnostic est importante car elle \u00e9claire les prochaines \u00e9tapes de la r\u00e9ponse \u00e0 une \u00e9pid\u00e9mie, en particulier pour pr\u00e9ciser des mesures de contr\u00f4le.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tape 2 consiste \u00e0 s\u2019assurer que les r\u00e9sultats cliniques et de laboratoire concordent, permettant d\u2019aboutir \u00e0 un diagnostic. Par exemple, suite \u00e0 un test de laboratoire positif pour une maladie \u00e0 d\u00e9claration obligatoire le m\u00e9decin doit tenir compte de la pr\u00e9sentation clinique pour s\u2019assurer que le r\u00e9sultat n\u2019est pas faussement positif. Un exemple de ceci pourrait \u00eatre un patient avec un test non tr\u00e9pon\u00e9mique \u00ab r\u00e9actif \u00bb mais un test tr\u00e9pon\u00e9mique non r\u00e9actif pour la syphilis ; les raisons d&rsquo;un test non tr\u00e9pon\u00e9mique faussement r\u00e9actif peuvent inclure des infections chroniques, des maladies auto-immunes ou autres.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9tape 2 peut \u00e9galement inclure la collecte d&rsquo;informations suppl\u00e9mentaires sur un diagnostic confirm\u00e9. Par exemple, m\u00eame apr\u00e8s avoir confirm\u00e9 un cas de m\u00e9ningococcie invasive (caus\u00e9e par Neisseria meningitidis), il est important que les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique confirment le s\u00e9rotype afin de guider les mesures ult\u00e9rieures. Bien que la m\u00e9ningococcie invasive soit relativement rare au Canada, il est possible que deux cas surviennent dans la m\u00eame communaut\u00e9. Par cons\u00e9quent, en plus de mener une enqu\u00eate \u00e9pid\u00e9miologique, des informations d\u00e9taill\u00e9es sur les s\u00e9rotypes du micro-organisme peuvent aider les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique \u00e0 comprendre si les cas sont li\u00e9s.<\/p>\n<h3><a id=\"_decloblig\"><\/a>Les maladies \u00e0 d\u00e9claration obligatoire<\/h3>\n<p>Les m\u00e9decins sont tenus de d\u00e9clarer les cas de certaines maladies infectieuses. Malheureusement, beaucoup ne le font pas. La d\u00e9claration des maladies est n\u00e9cessaire pour attirer l&rsquo;attention vers des \u00e9closions possibles ou des cas uniques auxquels il faut riposter rapidement. La base de donn\u00e9es des maladies \u00e0 d\u00e9claration obligatoire peut servir \u00e0 \u00e9valuer la riposte et \u00e0 suivre les fluctuations \u00e0 long terme de l&rsquo;incidence d\u2019une maladie, lesquelles peuvent indiquer des changements de comportement du pathog\u00e8ne ; il faut alors intervenir \u00e0 plusieurs niveaux.<\/p>\n<p>Au Canada, l&rsquo;administration du syst\u00e8me d&rsquo;information sur les maladies \u00e0 d\u00e9claration obligatoire est une responsabilit\u00e9 provinciale et territoriale. L&rsquo;Organisation mondiale de la Sant\u00e9 \u00e9num\u00e8re les maladies devant \u00eatre d\u00e9clar\u00e9es \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle mondiale. L&rsquo;Agence de la sant\u00e9 publique du Canada en \u00e9num\u00e8re certaines qui <a href=\"https:\/\/maladies.canada.ca\/declaration-obligatoire\/liste-maladies\">doivent \u00eatre d\u00e9clar\u00e9es<\/a> \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle f\u00e9d\u00e9rale, et les provinces et territoires peuvent en ajouter d&rsquo;autres \u00e0 d\u00e9clarer \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de leurs fronti\u00e8res. Toutes les maladies infectieuses ne sont pas \u00e0 d\u00e9claration obligatoire. L&rsquo;Agence de la sant\u00e9 publique dresse la liste en fonction des caract\u00e9ristiques suivantes des maladies :<sup>10<\/sup><\/p>\n<ul>\n<li>l\u2019int\u00e9r\u00eat qu\u2019elles pr\u00e9sentent pour les r\u00e8glements ou les programmes de pr\u00e9vention nationaux ou internationaux ;<\/li>\n<li>leur incidence nationale ;<\/li>\n<li>leur gravit\u00e9 ;<\/li>\n<li>leur transmissibilit\u00e9 ;<\/li>\n<li>leur potentiel de causer des \u00e9closions ;<\/li>\n<li>les co\u00fbts socio\u00e9conomiques li\u00e9s aux cas ;<\/li>\n<li>la disponibilit\u00e9 des moyens de pr\u00e9vention ;<\/li>\n<li>la perception publique de leur risque ;<\/li>\n<li>le besoin d&rsquo;une intervention de sant\u00e9 publique ;<\/li>\n<li>leurs signes d\u2019\u00e9volution.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certaines autorit\u00e9s provinciales et territoriales de sant\u00e9 publique obligent les m\u00e9decins \u00e0 communiquer avec elles s&rsquo;ils soup\u00e7onnent l\u2019\u00e9closion d\u2019une maladie infectieuse, quelle qu\u2019elle soit. Certaines listes comprennent des maladies non infectieuses pouvant \u00eatre caus\u00e9es par des dangers environnementaux, comme les intoxications par les m\u00e9taux lourds ou par le monoxyde de carbone.<\/p>\n<p>Les m\u00e9decins doivent signaler une maladie \u00e0 d\u00e9claration obligatoire lorsque l\u2019examen clinique et celui des ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux d\u2019un patient leur fait soup\u00e7onner une maladie \u00e0 d\u00e9claration obligatoire ; ils n\u2019ont pas \u00e0 attendre les r\u00e9sultats des analyses. En fait, les maladies qui pourraient poser un danger imm\u00e9diat ou grave \u00e0 la sant\u00e9 publique doivent \u00eatre signal\u00e9es par t\u00e9l\u00e9phone dans les plus brefs d\u00e9lais. Les laboratoires avisent les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique des cas de maladies obligatoires lorsqu\u2019ils obtiennent des r\u00e9sultats positifs. Comme il est difficile de diagnostiquer certaines maladies avec certitude sans analyse en laboratoire, alors que d&rsquo;autres n&rsquo;exigent pas de test, la liste des maladies que les laboratoires doivent obligatoirement d\u00e9clarer est l\u00e9g\u00e8rement diff\u00e9rente de celle des m\u00e9decins.<\/p>\n<h3><a name=\"_etape3\"><\/a>\u00c9tape 3 :\u00a0<span lang=\"FR-CA\">D\u00e9finir et reconna\u00eetre les cas<\/span><\/h3>\n<p>Une des premi\u00e8res \u00e9tapes cruciales de l&rsquo;enqu\u00eate sur une \u00e9closion possible est de d\u00e9finir ce qui constitue un cas, car la d\u00e9finition de cas sera utilis\u00e9e dans la recherche d&rsquo;un plus grand nombre de cas afin de dresser un portrait complet de l&rsquo;\u00e9closion.\u00a0<span lang=\"FR\">Notez que les crit\u00e8res d\u2019une d\u00e9finition de cas de sant\u00e9 publique peuvent diff\u00e9rer de ceux d\u2019un diagnostic clinique.\u00a0<\/span>La d\u00e9finition de cas d\u00e9crit pr\u00e9cis\u00e9ment les sympt\u00f4mes, les signes, les ant\u00e9c\u00e9dents ou les r\u00e9sultats de tests qui indiquent un cas probable de maladie. On peut demander aux cliniciens d&rsquo;aider \u00e0 la recherche pour d\u00e9couvrir tous les cas, et ils peuvent aussi avoir des informations pr\u00e9cieuses qui relient les cas, ce qui peut sugg\u00e9rer une cause possible.<\/p>\n<p>En raison des variations biologiques, les sympt\u00f4mes et les signes pour les cas de toute maladie varient. La d\u00e9finition du cas ne doit \u00eatre ni trop large ni trop \u00e9troite. Lors d&rsquo;une pouss\u00e9e de gastro-ent\u00e9rite, par exemple, certaines personnes peuvent n&rsquo;avoir que de l\u00e9g\u00e8res crampes abdominales, tandis que d&rsquo;autres ont la diarrh\u00e9e et des vomissements, avec ou sans fi\u00e8vre, douleurs musculaires, maux de t\u00eate, d\u00e9shydratation, etc.\u00a0<span lang=\"FR-CA\">La d\u00e9finition de cas ne devrait donc \u00eatre trop \u00e9troite ni trop large.\u00a0<\/span>Si la d\u00e9finition de cas inclut les personnes pr\u00e9sentant l&rsquo;un ou l&rsquo;autre des sympt\u00f4mes (fi\u00e8vre, ou douleurs musculaires, ou maux de t\u00eate, etc.), elle sera suffisamment large pour inclure un grand nombre de personnes dont les sympt\u00f4mes ne sont pas li\u00e9s \u00e0 l&rsquo;\u00e9closion faisant l&rsquo;objet de l&rsquo;enqu\u00eate (un test <span lang=\"FR-CA\">extr\u00eamement sensible produira des faux positifs<\/span>). Inversement, si une d\u00e9finition de cas trop \u00e9troite est utilis\u00e9e (<span lang=\"FR-CA\">test sp\u00e9cifique \u2013\u00a0<\/span>fi\u00e8vre avec douleurs musculaires et c\u00e9phal\u00e9es), elle peut exclure de personnes atteintes de la maladie, ce qui sous-estime l&rsquo;ampleur de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie et peut retarder la mise en \u0153uvre de mesures de contr\u00f4le \u00e9tendues. S&rsquo;il y a des indications d&rsquo;une exposition commune, par exemple si une grande partie des cas initiaux disent avoir mang\u00e9 dans le m\u00eame restaurant, l&rsquo;exposition commune peut \u00eatre incluse comme crit\u00e8re dans la d\u00e9finition du cas pour sp\u00e9cifier les cas impliqu\u00e9s et l&rsquo;enqu\u00eate pourrait se concentrer sur l&rsquo;identification de la denr\u00e9e alimentaire particuli\u00e8re \u00e0 la racine du probl\u00e8me.<\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#definiruncas\">D\u00e9finir un cas<\/h3>\n<div id=\"definiruncas\" class=\"collapse\">\n<p>La d\u00e9finition de cas est un ensemble de crit\u00e8res qui d\u00e9terminent si une personne repr\u00e9sente un cas d\u2019une maladie particuli\u00e8re dans le cadre d&rsquo;une \u00e9closion. Ces crit\u00e8res peuvent \u00eatre g\u00e9ographiques, cliniques ou de laboratoire, et on peut les combiner dans un syst\u00e8me de pointage. On a recours \u00e0 la d\u00e9finition de cas pour reconna\u00eetre les cas probables \u00e0 des fins de surveillance \u00e9pid\u00e9miologique.<sup>1<\/sup><\/p>\n<p>Il est \u00e0 noter\u00a0<span lang=\"FR-CA\">que la d\u00e9finition d\u2019un cas dans le contexte de la lutte contre les maladies infectieuses diff\u00e8re des crit\u00e8res <\/span>pour identifier les cas dans une situation clinique et diagnostique. Dans la lutte contre les maladies infectieuses, les cas sont identifi\u00e9s de sorte qu&rsquo;ils puissent \u00eatre d\u00e9crits en d\u00e9tail et que les facteurs communs puissent indiquer la source du probl\u00e8me. Dans les situations cliniques, l&rsquo;utilisation de crit\u00e8res aide \u00e0 identifier les patients qui sont susceptibles de b\u00e9n\u00e9ficier d&rsquo;un traitement.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3><a name=\"_etape4\"><\/a>\u00c9tape 4 : <span lang=\"FR-CA\">\u00c9pid\u00e9miologie descriptive <\/span><\/h3>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Une fois les cas identifi\u00e9s, on doit documenter et d\u00e9crire syst\u00e9matiquement les facteurs li\u00e9s \u00e0 la personne, au lieu et au temps. Les facteurs li\u00e9s \u00e0 la personne peuvent inclure des donn\u00e9es d\u00e9mographiques (p. ex. l\u2019\u00e2ge, le sexe) et d\u2019autres facteurs de risque (comorbidit\u00e9s m\u00e9dicales ou comportements li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9). Les facteurs li\u00e9s au lieu peuvent faire r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la r\u00e9partition g\u00e9ographique des cas ou aux lieux o\u00f9 l&rsquo;exposition a pu avoir lieu. Par exemple, un foyer de soins de longue dur\u00e9e peut montrer \u00e0 l\u2019agence de sant\u00e9 publique que des cas de maladies gastro-intestinales ne se sont produits que dans une aile de l&rsquo;\u00e9tablissement. Enfin, la description des cas en fonction du temps donne des indices importants sur une \u00e9pid\u00e9mie, comme illustr\u00e9e par des courbes \u00e9pid\u00e9miques qui tracent le nombre de cas par le temps sur (voir les <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-ii\/chapitre-7\/#_courbes\">courbes \u00e9pid\u00e9miques<\/a> au chapitre 7).<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Les facteurs li\u00e9s \u00e0 la personne, au lieu et au temps sont communiqu\u00e9s ensemble dans les rapports \u00e9pid\u00e9miologiques. Au d\u00e9but d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie, ces rapports peuvent aider les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique \u00e0 formuler des hypoth\u00e8ses sur les personnes susceptibles d\u2019\u00eatre \u00e0 risque. Par exemple, lors de la pand\u00e9mie Mpox de 2022-23, les rapports \u00e9pid\u00e9miologiques ont montr\u00e9 que la majorit\u00e9 des cas \u00e9taient chez des hommes de 20 \u00e0 50 ans qui ont d\u00e9clar\u00e9 un contact intime ou sexuel avec un nouveau ou plusieurs partenaires masculins.<sup>11<\/sup> Cette connaissance a permis de tailler le mesures de contr\u00f4le, telles que des campagnes de communication, pour les personnes les plus \u00e0 risque.<\/p>\n<h3><a name=\"_etape5\"><\/a>\u00c9tape 5 : <span lang=\"FR-CA\">Formuler des hypoth\u00e8ses et mettre en \u0153uvre des mesures de lutte initiales <\/span><\/h3>\n<p>En plus d&rsquo;identifier les populations les plus \u00e0 risque lors d&rsquo;une \u00e9closion, les sch\u00e9mas \u00e9pid\u00e9miologiques peuvent sugg\u00e9rer la source probable de l&rsquo;\u00e9closion, ce qui aide \u00e0 orienter les mesures de contr\u00f4le initiales.<\/p>\n<h4>La prise en charge des cas<\/h4>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, les cas d&rsquo;une \u00e9closion sont pris en charge par les m\u00e9decins traitants des patients, \u00e0 moins que la taille de l&rsquo;\u00e9closion ne justifie la mise en place de cliniques sp\u00e9ciales. La prise en charge comprend la pr\u00e9vention de la transmission de la maladie en fournissant un traitement appropri\u00e9, en isolant les patients ou en les excluant de certains milieux \u00e0 haut risque, ainsi en les \u00e9duquant sur les mesures hygi\u00e9niques comme le lavage des mains et l&rsquo;hygi\u00e8ne respiratoire. Le clinicien peut consulter le service de sant\u00e9 publique pour obtenir des conseils sur le contr\u00f4le de la propagation. Dans le cas des infections sexuellement transmissibles, certains services de sant\u00e9 publique recherchent et traitent les contacts sexuels du patient. En cas d&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie, les responsables de la sant\u00e9 publique tiennent les professionnels de la sant\u00e9 et le public inform\u00e9s de la situation et des proc\u00e9dures de contr\u00f4le.<\/p>\n<h4>La prise en charge des contacts<\/h4>\n<p>Pour aider \u00e0 contr\u00f4ler la propagation de la maladie, les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique s\u2019adresseront aux contacts \u00e9troits des cas. La prise en charge des contacts varie selon la maladie, mais peut inclure une \u00e9valuation des sympt\u00f4mes pour s&rsquo;assurer qu&rsquo;ils ne souffrent pas de la maladie, une prophylaxie post-exposition, des conseils sur la n\u00e9cessit\u00e9 de consulter un m\u00e9decin ou des conseils sur les comportements sanitaires. Dans de rares circonstances, il peut \u00eatre demand\u00e9 aux contacts de se mettre en quarantaine ou de s\u2019exclure de certains contextes \u00e0 risque plus \u00e9lev\u00e9. Pour les infections sexuellement transmissibles, certains services de sant\u00e9 publique tracent et traitent les contacts sexuels du patient.<\/p>\n<h4>Actions environnementales<\/h4>\n<p>Agir sur l\u2019environnement physique ou social est un outil important pour aider \u00e0 contr\u00f4ler l\u2019\u00e9pid\u00e9mie. Par exemple, une \u00e9pid\u00e9mie de maladie gastro-intestinale caus\u00e9e par la contamination de l\u2019eau potable par E. coli n\u00e9cessite l\u2019assainissement du syst\u00e8me d\u2019approvisionnement de l\u2019eau. Pendant que ces mesures correctives sont en cours, les membres de la communaut\u00e9 peuvent \u00eatre soumis \u00e0 un avis d&rsquo;\u00e9bullition de l&rsquo;eau afin de r\u00e9duire leur risque imm\u00e9diat. Un autre exemple serait le nettoyage am\u00e9lior\u00e9 des surfaces dans un foyer de soins de longue dur\u00e9e confront\u00e9 \u00e0 une \u00e9closion de maladie diarrh\u00e9ique.<\/p>\n<p>De m\u00eame, l\u2019environnement social peut contribuer aux \u00e9pid\u00e9mies et constitue une cible potentielle d\u2019intervention. Par exemple, pendant la pand\u00e9mie de COVID-19, il a \u00e9t\u00e9 rapidement reconnu que les espaces int\u00e9rieurs surpeupl\u00e9s augmentaient le risque de transmission ; cela a conduit \u00e0 des conseils de sant\u00e9 publique (et parfois \u00e0 des r\u00e8gles) sur les limites de capacit\u00e9 afin de r\u00e9duire ce risque.<\/p>\n<p>Les interventions environnementales peuvent \u00e9galement consister \u00e0 \u00e9liminer un danger connu, comme dans le cas de maladies d&rsquo;origine alimentaire caus\u00e9es par un produit alimentaire contamin\u00e9. Ici, les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique se coordonnent avec le producteur alimentaire impliqu\u00e9 et les distributeurs ou vendeurs (restaurants ou \u00e9piceries) pour retirer le produit de la circulation.<\/p>\n<h4>La communication avec le public<\/h4>\n<div><span lang=\"FR-CA\">Les personnes \u00e0 risque d\u2019infection &#8212; c&rsquo;est-\u00e0-dire les personnes expos\u00e9es ou qui seront probablement expos\u00e9es \u00e0 la source pr\u00e9sum\u00e9e &#8212; ont besoin d\u2019informations pertinentes\u00a0: <\/span><\/div>\n<ul>\n<li><em>D\u2019information au sujet du risque et des mani\u00e8res de le r\u00e9duire<\/em>. Par exemple, les travailleurs forestiers devraient \u00eatre inform\u00e9s de l\u2019importance de porter des v\u00eatements ad\u00e9quats, d\u2019un insectifuge et d\u2019effectuer des contr\u00f4les contre les tiques pour r\u00e9duire leur risque de maladie de Lyme.<\/li>\n<li>\n<div><i><span lang=\"FR-CA\">Quand demander des soins<\/span><\/i>. Il est important que le public connaisse les sympt\u00f4mes de la maladie, ainsi que le moment et le lieu o\u00f9 se faire soigner. Si les soins actifs ne sont pas n\u00e9cessaires, leur fournir des conseils sur la fa\u00e7on de g\u00e9rer leur situation \u00e0 la maison.<\/div>\n<\/li>\n<li>\n<div><i><span lang=\"FR\">Comment r\u00e9duire le risque de propagation<\/span><\/i><b><b><i><span lang=\"FR\">. <\/span><\/i><\/b><\/b>Cela pourrait inclure des rappels de rester \u00e0 la maison en cas de maladie, de se laver r\u00e9guli\u00e8rement les mains et de pratiquer une bonne hygi\u00e8ne des mains pendant la saison respiratoire.<\/div>\n<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#ledrraorappelle\">Le D<sup>r<\/sup> Rao rappelle aux employ\u00e9s\u2026<\/h3>\n<div id=\"ledrraorappelle\" class=\"collapse\">Alors qu&rsquo;il \u00e9tait \u00e0 la maison de soins infirmiers, le D<sup>r<\/sup> Rao a profit\u00e9 de l&rsquo;occasion pour rappeler au personnel qu&rsquo;il faut se laver les mains. Il a \u00e9galement rappel\u00e9 au directeur que le personnel du foyer de soins devrait utiliser des blouses, des gants et une solution d\u00e9sinfectante pour nettoyer les \u00ab accidents \u00bb.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#uneecolsion\">Une \u00e9closion d&rsquo;oreillons dans les Maritimes<\/h3>\n<div id=\"uneecolsion\" class=\"collapse\">\n<p>En 2006 et 2007 \u00e0 Halifax, en Nouvelle-\u00c9cosse, deux \u00e9closions successives d&rsquo;oreillons touchent 34 personnes.<sup>10<\/sup> Il n\u2019existe aucun lien \u00e9vident entre les \u00e9closions mais on croit qu&rsquo;elles font partie d&rsquo;un groupe d&rsquo;\u00e9closions survenues dans le nord-est des \u00c9tats-Unis et au Qu\u00e9bec qui trouvent peut-\u00eatre leur origine au Royaume-Uni. Les \u00e9closions en Nouvelle-\u00c9cosse sont prises en charge par l&rsquo;isolement volontaire des cas pendant neuf jours apr\u00e8s l&rsquo;apparition des sympt\u00f4mes. On vaccine les membres de la famille et les autres contacts des personnes atteintes. Tous les cas sont immunis\u00e9s contre les oreillons, quoique beaucoup n\u2019ont re\u00e7u qu\u2019une dose du vaccin. On d\u00e9cide cependant de ne pas vacciner toutes les personnes \u00e0 risque de contracter la maladie, car\u00a0:<\/p>\n<ul>\n<li>le taux d&rsquo;immunisation contre les oreillons est d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9 ;<\/li>\n<li>cette \u00e9closion est caract\u00e9ris\u00e9e par la transmission lente et circonscrite du virus, et elle ne semble pas atteindre les groupes non immunis\u00e9s ;<\/li>\n<li>on pr\u00e9sume que l&rsquo;IMMUNIT\u00c9 COLLECTIVE est efficace en raison du taux \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;immunisation et de la transmission limit\u00e9e de la maladie ;<\/li>\n<li>l\u2019exp\u00e9rience a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 tent\u00e9e au Royaume-Uni lors d&rsquo;une \u00e9closion semblable. Le rapport co\u00fbts-avantages de la vaccination \u00e9tait faible ;<\/li>\n<li>la population \u00e0 risque est nombreuse.<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_etape4\"><\/a>\u00c9tape 6 : Tester les hypoth\u00e8ses en analysant les donn\u00e9es de surveillance ou au moyen d\u2019\u00e9tudes sp\u00e9ciales<\/h3>\n<p>Une fois qu&rsquo;il y a une hypoth\u00e8se sur la cause de l&rsquo;\u00e9closion, il faut la v\u00e9rifier. Si l&rsquo;\u00e9limination de la source suspect\u00e9e est suivie d&rsquo;un d\u00e9clin de l&rsquo;\u00e9closion, l&rsquo;hypoth\u00e8se peut \u00eatre correcte, bien que le d\u00e9clin puisse encore \u00eatre fortuit. Une \u00c9TUDE CAS-T\u00c9MOIN peut \u00eatre effectu\u00e9e dans le cas d&rsquo;\u00e9closions de toxi-infection alimentaire dans une population limit\u00e9e. Par exemple, dans le cas d&rsquo;une \u00e9closion associ\u00e9e \u00e0 une r\u00e9union sociale, les invit\u00e9s peuvent \u00eatre interrog\u00e9s sur les aliments qu&rsquo;ils ont mang\u00e9s et sur leurs sympt\u00f4mes. Le risque de sympt\u00f4mes associ\u00e9s \u00e0 chaque aliment peut \u00eatre calcul\u00e9 et peut indiquer le coupable. Dans les cas o\u00f9 la population \u00e0 risque est plus grande ou plus dispers\u00e9e, il peut \u00eatre difficile d&rsquo;identifier toutes les personnes \u00e0 risque, de sorte que les cliniciens peuvent \u00eatre appel\u00e9s \u00e0 contribuer \u00e0 la recherche de cas ou \u00e0 fournir des donn\u00e9es sur leurs patients.<\/p>\n<div class=\"illustrative\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#ledrsnow\">Le D<sup>r<\/sup> Snow et la pompe<\/h3>\n<div id=\"ledrsnow\" class=\"collapse\">\n<p>Beaucoup consid\u00e8rent John Snow, un m\u00e9decin anglais, comme le fondateur de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9miologie. C\u2019est lui qui, en 1854, \u00e0 Londres, identifie la source d\u2019une \u00e9closion de chol\u00e9ra ayant caus\u00e9 le d\u00e9c\u00e8s de 500 personnes en dix jours. Snow situe l&rsquo;endroit de chaque d\u00e9c\u00e8s li\u00e9 au chol\u00e9ra sur une carte du centre-ville de Londres et interroge 77 survivants. Il remarque qu&rsquo;une pompe \u00e0 eau situ\u00e9e sur la rue Broad est au centre de la zone o\u00f9 vivaient la plupart des cas. Ironiquement, des malades habitant les quartiers avoisinants avaient aussi l\u2019habitude de puiser leur eau \u00e0 la pompe de la rue Broad, r\u00e9put\u00e9e pour son eau pure.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3063\" aria-describedby=\"caption-attachment-3063\" style=\"width: 513px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3063\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.3a_fr.png\" alt=\"Figure 11.3a : John Snow \" width=\"513\" height=\"659\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.3a_fr.png 513w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.3a_fr-234x300.png 234w\" sizes=\"auto, (max-width: 513px) 100vw, 513px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3063\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11.3a : John Snow<\/figcaption><\/figure>\n<figure id=\"attachment_3062\" aria-describedby=\"caption-attachment-3062\" style=\"width: 368px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3062\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.3b_fr.png\" alt=\"Figure 11.3b : sa carte des cas de chol\u00e9ra au centre-ville de Londres\" width=\"368\" height=\"368\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.3b_fr.png 368w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.3b_fr-150x150.png 150w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.3b_fr-300x300.png 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 368px) 100vw, 368px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3062\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11.3b : sa carte des cas de chol\u00e9ra au centre-ville de Londres<\/figcaption><\/figure>\n<p>On croit, \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, que le chol\u00e9ra est caus\u00e9 par un air de mauvaise qualit\u00e9 mais le travail de Snow lui fait soup\u00e7onner une association avec l&rsquo;eau. Il r\u00e9ussit \u00e0 convaincre le conseil local d&rsquo;enlever la poign\u00e9e de la pompe et, selon la l\u00e9gende, cela suffit \u00e0 mettre fin \u00e0 l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie. En r\u00e9alit\u00e9, bien que le travail de Snow repr\u00e9sente une perc\u00e9e importante dans le domaine de la surveillance et de l\u2019intervention, l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie tire d\u00e9j\u00e0 \u00e0 sa fin lorsqu&rsquo;on enl\u00e8ve la poign\u00e9e.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_etape7\"><\/a>\u00c9tape 7 : Tirer des conclusions et modifier les hypoth\u00e8ses et les mesures de contr\u00f4le<\/h3>\n<p>Une fois la cause de l&rsquo;\u00e9pid\u00e9mie confirm\u00e9e, il peut \u00eatre n\u00e9cessaire d\u2019ajuster les mesures de contr\u00f4le initiales.\u00a0<span lang=\"FR\">Par exemple, si l\u2019incidence des cas ne diminue pas comme pr\u00e9vu, des mesures de contr\u00f4le plus strictes pourraient \u00eatre n\u00e9cessaires. De m\u00eame, s<\/span><span lang=\"FR-CA\">i <\/span>la source n&rsquo;est pas identifi\u00e9e, il faut poursuivre le \u00ab travail de d\u00e9tective \u00bb.<\/p>\n<h3><a id=\"_etape6\"><\/a>\u00c9tape 8 : Planifier des mesures de pr\u00e9vention et de contr\u00f4le \u00e0 long terme<\/h3>\n<p>Les enqu\u00eates \u00e9pid\u00e9miologiques doivent pouvoir indiquer les mesures pr\u00e9ventives possibles \u00e0 long terme et les fa\u00e7ons d&rsquo;am\u00e9liorer la prise en charge d&rsquo;\u00e9closions futures semblables.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres mesures de contr\u00f4le \u00e0 long terme peuvent \u00e9galement s&rsquo;av\u00e9rer n\u00e9cessaires. L&rsquo;\u00e9closion de list\u00e9riose de 2008 au Canada a suscit\u00e9 un d\u00e9bat sur la possibilit\u00e9 d\u2019exercer un contr\u00f4le l\u00e9gislatif sur les fabricants de produits alimentaires. Dans le cas des maladies d&rsquo;origine hydrique au sein de la Premi\u00e8re Nation de Kashechewan (voir la case \u00ab <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-10\/#_Kash\">Un danger environnemental<\/a>\u00a0\u00bb\u00a0au\u00a0chapitre 10), on a recommand\u00e9, pour pr\u00e9venir des probl\u00e8mes ult\u00e9rieurs, de moderniser l\u2019usine et les proc\u00e9d\u00e9s de traitement des eaux, de former du personnel et d\u2019am\u00e9liorer les m\u00e9thodes si la qualit\u00e9 de l&rsquo;eau n&rsquo;\u00e9tait pas conforme aux normes \u00e9tablies.<\/p>\n<h2><a id=\"_immunisation\"><\/a>Immunisation<\/h2>\n<p><span lang=\"FR\">L\u2019immunisation joue un r\u00f4le essentiel dans le contr\u00f4le \u00e0 long terme de nombreuses maladies. D&rsquo;une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, on distingue entre l\u2019immunisation passive et active. L\u2019immunisation passive augmente la r\u00e9sistance de l\u2019organisme aux maladies via les anticorps. <\/span>Les anticorps sont transmis de la m\u00e8re \u00e0 l&rsquo;enfant pendant la grossesse, lorsqu&rsquo;ils traversent la barri\u00e8re placentaire, et pendant l&rsquo;allaitement, lorsqu&rsquo;ils sont s\u00e9cr\u00e9t\u00e9s dans le lait maternel. Ils peuvent \u00e9galement \u00eatre acquis par transfusion sanguine et par l&rsquo;administration d&rsquo;immunoglobuline apr\u00e8s une exposition \u00e0 la maladie. Les anticorps acquis par immunisation passive s&rsquo;estompent rapidement et aucun souvenir de l&rsquo;antig\u00e8ne n&rsquo;est conserv\u00e9, de sorte que la protection qu&rsquo;il offre ne dure pas longtemps.<\/p>\n<p>L&rsquo;immunisation active utilise les d\u00e9fenses de l&rsquo;organisme pour produire une protection plus durable. C&rsquo;est une r\u00e9ponse \u00e0 l&rsquo;introduction d&rsquo;antig\u00e8nes dans le corps. L\u2019immunisation active se dit \u00ab naturel \u00bb lorsqu\u2019une personne est infect\u00e9e par un microbe immunog\u00e8ne (antig\u00e8ne naturel), ou \u00ab artificiel \u00bb quand la personne est prot\u00e9g\u00e9e par une immunisation.\u00a0Bien que l\u2019immunit\u00e9 diminue g\u00e9n\u00e9ralement apr\u00e8s l\u2019immunisation active, le syst\u00e8me immunitaire conserve une \u00ab m\u00e9moire \u00bb de l\u2019anticorps de sorte qu\u2019il peut r\u00e9agir rapidement lorsqu\u2019il rencontre de nouveau l\u2019antig\u00e8ne.<\/p>\n<p>Lorsqu\u2019un vaccin contre une maladie existe, c\u2019est la m\u00e9thode d\u2019immunisation privil\u00e9gi\u00e9e. Dans la plupart des cas, la vaccination produit un niveau de protection similaire avec beaucoup moins de risques que l\u2019immunisation naturelle. Malheureusement, nous n\u2019avons pas de vaccin contre toutes les maladies transmissibles ; une liste d\u2019agents immunisants est pr\u00e9sent\u00e9e dans le Guide canadien d\u2019immunisation,<sup>13<\/sup> liste qui continuera de s\u2019allonger.<\/p>\n<p>La vaccination est efficace et constitue l\u2019une des interventions les plus s\u00fbres en m\u00e9decine. Les vaccins ne sont absolument contre-indiqu\u00e9s que dans trois situations. La premi\u00e8re, c\u2019est lorsqu\u2019il y a eu une r\u00e9action anaphylactique \u00e0 une dose ant\u00e9rieure du m\u00eame vaccin. Les deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me s\u2019appliquent uniquement aux vaccins vivants att\u00e9nu\u00e9s : ils ne doivent pas \u00eatre administr\u00e9s aux personnes immunod\u00e9prim\u00e9es et ne doivent pas \u00eatre administr\u00e9s aux femmes enceintes.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 leur excellent profil d&rsquo;innocuit\u00e9, des Manifestations cliniques inhabituelles (MCI) peuvent se produire. Les MCI comprennent tout \u00e9v\u00e9nement ind\u00e9sirable survenu apr\u00e8s la vaccination, sans que cela soit n\u00e9cessairement caus\u00e9 par le vaccin. La plupart des r\u00e9actions au vaccin sont mineures et n\u2019emp\u00eachent pas de donner le m\u00eame vaccin par la suite. Ces r\u00e9actions comprennent la douleur ou l\u2019enflure au point d\u2019injection, l\u2019\u00e9ruption cutan\u00e9e ou la fi\u00e8vre apr\u00e8s l\u2019injection. Les r\u00e9actions plus graves sont rares, mais peuvent \u00eatre allergiques (anaphylaxie) ou neurologiques (p. ex. convulsions).\u00a0Bien qu\u2019il ne s\u2019agisse pas de contre-indications absolues aux vaccinations futures, elles devraient faire l\u2019objet d\u2019une \u00e9valuation minutieuse du patient et les risques et les avantages de la vaccination future doivent \u00eatre analys\u00e9s. \u00c9tant donn\u00e9 que les MCI graves ou inattendues doivent \u00eatre d\u00e9clar\u00e9es aux autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique, un professionnel de la sant\u00e9 publique est souvent pr\u00e9sent pour aider \u00e0 l&rsquo;\u00e9valuation des MCI. La d\u00e9claration des MCI est essentielle au maintien du syst\u00e8me de surveillance des MCI pour permettre une identification et r\u00e9ponse rapides aux \u00ab signaux de s\u00e9curit\u00e9 \u00bb ou aux tendances inqui\u00e9tantes des MCI.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#certainseffets\">Certains effets secondaires des vaccins<\/h3>\n<div id=\"certainseffets\" class=\"collapse\">\n<p><strong>Coqueluche et troubles neurologiques<\/strong><br \/>\nLe vaccin anticoquelucheux \u00e0 cellules enti\u00e8res est disponible et largement utilis\u00e9 depuis les ann\u00e9es 1940. Cependant, elle \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9e \u00e0 plusieurs effets ind\u00e9sirables, y compris l&rsquo;enflure et la douleur locales, ainsi qu&rsquo;\u00e0 des effets syst\u00e9miques comme la somnolence, la nervosit\u00e9 et l&rsquo;anorexie. Rarement il y a eu des effets plus graves tels que des convulsions, certaines manifestations neurologiques et l&rsquo;enc\u00e9phalopathie. Les sp\u00e9cialistes ne sont toujours pas d&rsquo;accord si les effets secondaires les plus graves sont li\u00e9s au vaccin. N\u00e9anmoins, compte tenu de cette pr\u00e9occupation, un vaccin acellulaire a \u00e9t\u00e9 mis au point.<sup>15<\/sup> Bien que le vaccin acellulaire soit un peu moins efficace et plus co\u00fbteux, il a largement supplant\u00e9 le vaccin cellulaire complet dans les pays qui en ont les moyens.<\/p>\n<p><strong>Grippe et syndrome de Guillain-Barr\u00e9 (SGB)<\/strong><br \/>\nEn 1976-1977, un vaccin contre la grippe porcine \u00e9tait associ\u00e9 \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re augmentation du risque de d\u00e9velopper le SGB. Environ un cas est survenu sur 100 000 personnes vaccin\u00e9es, une association qui n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 constat\u00e9e auparavant. Au cours des ann\u00e9es qui ont suivi, des \u00e9tudes ont identifi\u00e9 une association encore plus faible entre le\u00a0 vaccin contre la grippe et le d\u00e9veloppement du SGB, soit environ un \u00e0 deux cas pour chaque million de personnes vaccin\u00e9es. En effet, des risques bien plus importants ont \u00e9t\u00e9 associ\u00e9s \u00e0 l\u2019infection grippale (en plus de la morbidit\u00e9 et des complications potentielles de l\u2019infection).<sup>16, 17<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Aucun vaccin n&rsquo;offre une protection \u00e0 100 %.\u00a0<span lang=\"FR\">Par exemple, le vaccin conjugu\u00e9 contre le m\u00e9ningocoque C est efficace \u00e0 environ 97 % pour les nourrissons dans l&rsquo;ann\u00e9e suivant la vaccination, avec une efficacit\u00e9 diminuant \u00e0 68 % apr\u00e8s un an.<sup>18<\/sup> <\/span>Cependant, si la maladie ne peut \u00eatre transmise qu&rsquo;entre personnes et si suffisamment de personnes dans une population sont vaccin\u00e9es, les vaccins peuvent briser la cha\u00eene de transmission et prot\u00e9ger m\u00eame ceux chez qui le vaccin n&rsquo;est pas efficace. C&rsquo;est ce qu&rsquo;on appelle l&rsquo;immunit\u00e9 collective et peut \u00eatre utile pour prot\u00e9ger les personnes qui ont une contre-indication absolue au vaccin \u2013 les personnes qui entrent en contact avec eux peuvent les prot\u00e9ger m\u00eame si elles ne peuvent pas \u00eatre vaccin\u00e9es elles-m\u00eames. De plus, si la cha\u00eene de transmission peut \u00eatre bris\u00e9e, il est possible d&rsquo;\u00e9liminer compl\u00e8tement la maladie. La variole, une infection tr\u00e8s virulente, a \u00e9t\u00e9 \u00e9limin\u00e9e en 1979.<sup>19<\/sup> En 2023, la polio n&rsquo;\u00e9tait end\u00e9mique que dans deux pays : l\u2019Afghanistan et le Pakistan.\u00a0La rougeole est \u00e9limin\u00e9e au Canada depuis 1998.<sup>20<\/sup> Malheureusement, tant qu\u2019une maladie \u00e9vitable par la vaccination est pr\u00e9sente quelque part dans le monde, elle peut voyager assez facilement, de sorte que les niveaux mondiaux de vaccination doivent rester \u00e9lev\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 ce que la maladie soit compl\u00e8tement \u00e9limin\u00e9e.<\/p>\n<p>La plupart des pays d\u00e9velopp\u00e9s sont en mesure de maintenir des taux \u00e9lev\u00e9s de vaccination des enfants. Les pays pauvres se heurtent \u00e0 des obstacles \u00e9conomiques, g\u00e9ographiques et politiques pour fournir des vaccins. Comme l&rsquo;illustrent les flamb\u00e9es de dipht\u00e9rie pendant et apr\u00e8s l&rsquo;\u00e9clatement de l&rsquo;Union sovi\u00e9tique, la guerre, les troubles civils et les mouvements de population qui y sont associ\u00e9s perturbent les programmes de vaccination et cr\u00e9ent des possibilit\u00e9s de transmission accrue<sup>21<\/sup>. En raison de l&rsquo;inqui\u00e9tude du public au sujet du vaccin contre la coqueluche en 1975, la couverture est pass\u00e9e de 80 % \u00e0 60 % au Royaume-Uni. Elle a \u00e9t\u00e9 suivie d&rsquo;une \u00e9pid\u00e9mie de coqueluche, qui a entra\u00een\u00e9 12 d\u00e9c\u00e8s en 1978.<sup>22<\/sup>\u00a0De m\u00eame, un article publi\u00e9 dans le Lancet en 1978 a fait craindre un lien entre le vaccin anti-rougeole et le trouble du spectre autistique. Bien que cet article se soit r\u00e9v\u00e9l\u00e9 frauduleux par la suite et que les \u00e9tudes subs\u00e9quentes n&rsquo;aient montr\u00e9 aucun lien, les craintes au sujet du vaccin persistent. D&rsquo;autres arguments contre la vaccination sont \u00e9galement avanc\u00e9s : voir le tableau 11.1 pour les plus courants.<\/p>\n<div class=\"caption\"><a name=\"tableau11.1\"><\/a>Tableau 11.1 : Mythes courants sur le vaccin et la situation r\u00e9elle. (Adapt\u00e9s de l&rsquo;Organisation mondiale de la sant\u00e9<sup>23<\/sup>)<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Mythes courants<\/td>\n<td>La v\u00e9ritable situation<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Les maladies pouvant \u00eatre pr\u00e9venues par la vaccination avaient d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 \u00e0 dispara\u00eetre avant l&rsquo;introduction des vaccins.<\/td>\n<td>Certes, l&rsquo;am\u00e9lioration du logement, de la nutrition, de l&rsquo;hygi\u00e8ne et de l&rsquo;assainissement avait r\u00e9duit l&rsquo;incidence de la maladie, mais les maladies existent toujours (avec un mauvais logement, une mauvaise alimentation, etc.) et le vaccin est le moyen le plus efficace de prot\u00e9ger les personnes \u00e0 risque contre elles.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>La majorit\u00e9 des personnes qui contractent la maladie ont \u00e9t\u00e9 vaccin\u00e9es.<\/td>\n<td>C&rsquo;est vrai : c&rsquo;est parce que le taux d&rsquo;absorption du vaccin est \u00e9lev\u00e9 et que la protection n&rsquo;est pas \u00e0 100 %. Cependant, ceux qui ont \u00e9t\u00e9 vaccin\u00e9s ont g\u00e9n\u00e9ralement une forme plus l\u00e9g\u00e8re de la maladie.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Certains lots de vaccins sont associ\u00e9s \u00e0 une incidence plus \u00e9lev\u00e9e d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables.<\/td>\n<td>Un plus grand nombre de d\u00e9clarations d&rsquo;\u00e9v\u00e9nements ind\u00e9sirables se traduit souvent par une meilleure d\u00e9claration. Le syst\u00e8me de surveillance des vaccins est en place afin que les effets ind\u00e9sirables puissent \u00eatre rapidement identifi\u00e9s et li\u00e9s \u00e0 un num\u00e9ro de lot de vaccins. Les lots dont les effets ind\u00e9sirables sont plus importants que pr\u00e9vu font l&rsquo;objet d&rsquo;un rappel.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Les vaccins provoquent de nombreux effets secondaires nocifs.<\/td>\n<td>Les vaccins comptent parmi les interventions les plus s\u00fbres. Beaucoup causent des effets secondaires mineurs tels que des douleurs \u00e0 l&rsquo;endroit o\u00f9 le vaccin a \u00e9t\u00e9 inject\u00e9. La plupart causent si peu d&rsquo;effets secondaires graves que leur incidence est difficile \u00e0 mesurer.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Les maladies \u00e9vitables gr\u00e2ce \u00e0 la vaccination ont \u00e9t\u00e9 pratiquement \u00e9limin\u00e9es du pays, de sorte qu&rsquo;il n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire de proc\u00e9der \u00e0 la vaccination.<\/td>\n<td>Il suffit d&rsquo;un seul voyageur infect\u00e9 provenant d&rsquo;un pays o\u00f9 la maladie est pr\u00e9sente pour provoquer une \u00e9pid\u00e9mie ici.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Les vaccinations multiples peuvent surcharger le syst\u00e8me immunitaire.<\/td>\n<td>Si le syst\u00e8me immunitaire peut g\u00e9rer l&rsquo;attaque quotidienne des nombreux antig\u00e8nes avec lesquels il entre en contact, quelques vaccins suppl\u00e9mentaires ne lui feront pas de mal.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#renseignements\">Renseignements sur l\u2019immunisation<\/h3>\n<div id=\"renseignements\" class=\"collapse\">\n<p>Le Guide canadien d&rsquo;immunisation dresse une liste des vaccins recommand\u00e9s pour les Canadiens. On peut le consulter sur le site Web de <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/fr\/sante-publique\/services\/guide-canadien-immunisation.html\">l&rsquo;Agence de la sant\u00e9 publique<\/a>.<\/p>\n<p>Pour de plus amples renseignements sur l&rsquo;\u00e9radication de la poliomy\u00e9lite, visitez le site Web de l&rsquo;<a href=\"http:\/\/www.polioeradication.org\/\">Initiative mondiale pour l&rsquo;\u00e9radication de la poliomy\u00e9lite<\/a>.<\/p>\n<p>\u00c9couter une <a href=\"http:\/\/www.cbc.ca\/radio\/thecurrent\/vaccinations-assisted-suicide-ruling-organized-crime-1.2952333\/vaccinations-pro-and-anti-vaxxer-parents-make-their-cases-1.2952339\">\u00e9mission de la CBC<\/a> qui pr\u00e9sente deux parents ayant des opinions diff\u00e9rentes par rapport \u00e0 la vaccination (en anglais).<\/p>\n<p>Apprendre plus de d\u00e9tails sur les <a href=\"http:\/\/www.cdc.gov\/vaccinesafety\/concerns\/\">inqui\u00e9tudes fr\u00e9quentes concernant les vaccins<\/a>.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_transmaladies\"><\/a>La transmission des maladies infectieuses<\/h2>\n<p>Notre environnement est rempli de microbes &#8211; champignons v\u00e9n\u00e9neux, protozoaires, bact\u00e9ries et virus &#8211; qui peuvent nous infecter et causer une maladie infectieuse. Tout ce qu&rsquo;il faut, c&rsquo;est une source d&rsquo;infection, un mode de transmission et une personne sensible avec un portail d&rsquo;entr\u00e9e dans le corps.\u00a0Les microbes qui causent les maladies infectieuses se trouvent dans le sol, l&rsquo;air, l&rsquo;eau et la nourriture &#8211; tout comme les causes des maladies environnementales (voir le\u00a0<a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-iii\/chapitre-10\/#table10.2\">chapitre 10<\/a>). Ils peuvent aussi habiter d&rsquo;autres personnes, des animaux, des insectes et ils peuvent contaminer des objets inanim\u00e9s, des m\u00e9dicaments et des liquides m\u00e9dicinaux.<\/p>\n<p style=\"font-weight: 400;\">Le corps emploie ses syst\u00e8mes immunitaires inn\u00e9 et adaptatif pour se prot\u00e9ger contre les maladies infectieuses. Le syst\u00e8me inn\u00e9 peut comprendre des barri\u00e8res physiques et chimiques telles qu\u2019une peau intacte qui emp\u00eache les microbes de p\u00e9n\u00e9trer dans le corps, ou de l\u2019acide gastrique qui inactive de nombreux agents pathog\u00e8nes potentiels. Enfin, si un agent pathog\u00e8ne r\u00e9ussit \u00e0 franchir ces barri\u00e8res, le syst\u00e8me immunitaire inn\u00e9 comprend \u00e9galement la phagocytose de l&rsquo;agent pathog\u00e8ne envahisseur, une r\u00e9ponse mol\u00e9culaire (par exemple, le syst\u00e8me du compl\u00e9ment) pour aider \u00e0 d\u00e9truire un microbe envahisseur et la r\u00e9ponse inflammatoire. De plus, une deuxi\u00e8me ligne de d\u00e9fense \u2013 le syst\u00e8me immunitaire adaptatif \u2013 offre une protection contre le pathog\u00e8ne pour des expositions actuelles et futures, gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019immunit\u00e9 \u00e0 m\u00e9diation cellulaire et humorale.<sup>24<\/sup><\/p>\n<p><span lang=\"FR-CA\">La figure 11.4 d\u00e9crit trois voies de transmission d\u2019un pathog\u00e8ne.\u00a0<\/span>Les infections peuvent se transmettre directement d&rsquo;une personne infect\u00e9e ou contamin\u00e9e \u00e0 une personne sensible par contact direct avec la peau ou les muqueuses ou par contact direct avec du sang ou d&rsquo;autres liquides corporels : par exemple, en se serrant la main, en s&#8217;embrassant, en ayant des rapports sexuels et en partageant des aiguilles.\u00a0La propagation comprend \u00e9galement les \u00e9ternuements ou la toux, lorsque les s\u00e9cr\u00e9tions des voies respiratoires d&rsquo;un individu atterrissent sur les muqueuses (yeux, nez, bouche) d&rsquo;un autre.<\/p>\n<figure id=\"attachment_6607\" aria-describedby=\"caption-attachment-6607\" style=\"width: 869px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-6607 size-full\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2024\/05\/Figure_11.4-FR_Infection_transmission.jpg\" alt=\"\" width=\"869\" height=\"643\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-6607\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11.4 Les modes de transmission des infections (25)<\/figcaption><\/figure>\n<div><\/div>\n<div><\/div>\n<p>La transmission indirecte par contact peut se produire lorsque les microbes restent viables dans l&rsquo;environnement au moins assez longtemps pour \u00eatre transmis. Ils peuvent s&rsquo;\u00eatre install\u00e9s sur une surface pour \u00eatre ramass\u00e9s par une personne sensible. Les variations dans la transmission par contact comprennent la transmission par un vecteur &#8211; un organisme vivant capable de transmettre l&rsquo;infection (les mains du personnel de sant\u00e9 peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme des vecteurs ou comme des agents de propagation indirecte par contact). D&rsquo;autres vecteurs comprennent, par exemple, les moustiques qui propagent le paludisme ou le virus Zika. Enfin, la transmission par des m\u00e9dicaments contamin\u00e9s ou d&rsquo;autres agents utilis\u00e9s dans les soins aux patients pourrait \u00e9galement \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une forme de propagation par contact indirect.<\/p>\n<p>Les particules en suspension dans l&rsquo;air transmettent \u00e9galement des maladies. Les particules peuvent \u00eatre g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par la toux ou les \u00e9ternuements ou par certaines proc\u00e9dures m\u00e9dicales. La taille de ces particules et la force avec laquelle elles sont g\u00e9n\u00e9r\u00e9es d\u00e9terminent la distance qu&rsquo;elles peuvent parcourir. Habituellement, les particules d&rsquo;environ 50 \u00e0 100 \u03bcm ne se d\u00e9placent pas \u00e0 plus de 2 m\u00e8tres de leur source, celles entre 10 et 50 \u03bcm peuvent se d\u00e9placer dans une pi\u00e8ce de taille normale\u00a0<span lang=\"FR-CA\">(bien que la concentration des particules dans la pi\u00e8ce peur ne pas \u00eatre uniforme). Les particules de\u00a0<\/span><span lang=\"FR\">moins de 10 \u03bcm peuvent rester en suspension dans l\u2019air pendant de plus longues p\u00e9riodes pour cr\u00e9er une concentration uniforme dans une pi\u00e8ce, et les particules plus petites (par exemple &lt;2 \u03bcm)<\/span><span style=\"font-size: revert;\">\u00a0peuvent se d\u00e9placer \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de la pi\u00e8ce. La r\u00e9silience de l&rsquo;organisme d\u00e9termine la dur\u00e9e pendant laquelle les particules restent infectieuses. Par exemple, le <\/span><em style=\"font-size: revert;\">Bordetella pertussis<\/em><span style=\"font-size: revert;\"> devient non viable apr\u00e8s une courte p\u00e9riode dans l&rsquo;air, de sorte que sa propagation se fait principalement par gouttelettes. Le <\/span><em style=\"font-size: revert;\">Mycobacterium tuberculosis<\/em><span style=\"font-size: revert;\"> est suffisamment r\u00e9sistant pour \u00eatre diss\u00e9min\u00e9 dans de tr\u00e8s petites particules en suspension dans l&rsquo;air.<\/span><\/p>\n<p>Les microbes peuvent utiliser plus d&rsquo;une m\u00e9thode de transmission &#8211; ceux qui sont expuls\u00e9s sous forme de gouttelettes peuvent atterrir sur des surfaces et y rester jusqu&rsquo;\u00e0 ce que la personne sensible soit transmise par contact indirect.\u00a0De m\u00eame, certains virus respiratoires peuvent avoir une transmission directe et indirecte.<\/p>\n<p>D&rsquo;autres organismes, normalement pr\u00e9sents dans l&rsquo;environnement, provoquent des maladies infectieuses qui ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas transmissibles d&rsquo;une personne \u00e0 l&rsquo;autre. Par exemple, le <em>Clostridium tetani<\/em>, pr\u00e9sent dans le sol, peut p\u00e9n\u00e9trer dans le corps par une plaie ouverte. Les l\u00e9gionelles, <span lang=\"FR-CA\">qui se trouvent partout dans notre environnement<\/span><span lang=\"FR-CA\">, <\/span>peuvent contaminer les humidificateurs et les r\u00e9seaux d&rsquo;eau d&rsquo;o\u00f9 elles se propagent dans l&rsquo;air, p\u00e9n\u00e8trent dans les voies respiratoires et provoquent la fi\u00e8vre de Pontiac ou la maladie du l\u00e9gionnaire.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats d&rsquo;un contact avec un microbe peuvent se traduire ainsi :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>Colonisation<\/strong> &#8211; le microbe vit et peut se multiplier mais ne provoque pas de r\u00e9action. La personne devient un \u00ab\u00a0porteur sain\u00a0\u00bb.<\/li>\n<li><strong>Infection<\/strong> &#8211; le microbe provoque une r\u00e9action qui peut \u00eatre clinique avec des signes et sympt\u00f4mes associ\u00e9s ou subclinique avec seulement une indication biochimique de l&rsquo;infection.<\/li>\n<li><strong>\u00c9tat de porteur<\/strong> &#8211; malgr\u00e9 la r\u00e9action de l&rsquo;h\u00f4te et une am\u00e9lioration de l&rsquo;\u00e9tat clinique, l&rsquo;infection demeure et peut \u00eatre transmise. La personne peut devenir un \u00ab porteur incubateur \u00bb ou un \u00ab porteur convalescent \u00bb.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#termesenliens\">Termes en lien avec la transmission des maladies infectieuses<\/h3>\n<div id=\"termesenliens\" class=\"collapse\">\n<p><strong>Vecteur<\/strong> \u2013\u00a0<span lang=\"FR-CA\">un organisme vivant (habituellement un insecte)<\/span><span style=\"font-size: revert;\"> qui transmet une maladie infectieuse. Les agents pathog\u00e8nes qui causent des maladies \u00e0 transmission vectorielle ont g\u00e9n\u00e9ralement besoin de l&rsquo;insecte pour compl\u00e9ter leur cycle de vie.\u00a0<\/span><span lang=\"FR-CA\">Comme exemples, on peut citer<\/span><span style=\"font-size: revert;\">\u00a0le paludisme, le virus Zika ou le virus de la fi\u00e8vre jaune.<\/span><\/p>\n<p><strong>Fomite<\/strong> \u2013 un objet inanim\u00e9 qui devient contamin\u00e9 et transmet ainsi la maladie. Un exemple serait les aiguilles mal nettoy\u00e9es d&rsquo;un tatoueur n\u00e9gligent.<\/p>\n<p><strong>Zoonose<\/strong> &#8211; une maladie qui peut \u00eatre transmise de l&rsquo;animal \u00e0 l&rsquo;homme (et vice versa). Les exemples incluent le campylobacter, l&rsquo;anthrax, l&rsquo;Ebola, la rage et la grippe aviaire. Bien que les prions qui causent l&rsquo;enc\u00e9phalite spongiforme bovine ne soient g\u00e9n\u00e9ralement pas consid\u00e9r\u00e9s comme des microbes, la maladie peut tout de m\u00eame \u00eatre class\u00e9e comme zoonose.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lanthrax\">L&rsquo;anthrax sur une \u00eele \u00e9cossaise<\/h3>\n<div id=\"lanthrax\" class=\"collapse\">\n<p>Depuis plus d&rsquo;un si\u00e8cle, le <em>Bacillus anthracis<\/em> est consid\u00e9r\u00e9 comme une arme biologique possible : il peut rester viable dans des environnements d\u00e9favorables, il est facilement dispers\u00e9 et l&rsquo;inhalation de spores peut entra\u00eener de graves maladies.<\/p>\n<p>En 1942, les Britanniques ont test\u00e9 des bombes \u00e0 anthrax sur la petite \u00eele \u00e9cossaise inhabit\u00e9e de Gruinard. Dans les ann\u00e9es 1980, le niveau de contamination \u00e9tait en baisse, mais on estimait que l&rsquo;\u00eele resterait contamin\u00e9e pendant encore 50 ans. Une pression politique intense a conduit \u00e0 la d\u00e9cision de le d\u00e9contaminer en irriguant avec du formald\u00e9hyde et de l&rsquo;eau de mer. Gruinard a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 s\u00fbr en 1990, plus de 50 ans apr\u00e8s le dernier test effectu\u00e9.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_prevenirmaladies\"><\/a>Pr\u00e9venir la transmission des maladies infectieuses<\/h2>\n<p>La pr\u00e9vention de la transmission des maladies infectieuses commence par le triangle \u00e9pid\u00e9miologique \u2013 environnement-agent-h\u00f4te d\u00e9crit au <a href=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/fr\/partie-i\/chapitre-2\/#_figure2.8\">chapitre 2<\/a>). Les interventions comprennent :<\/p>\n<p><em>Agent<\/em><br \/>\n1. Destruction ou affaiblissement de l&rsquo;agent \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur de l&rsquo;organisme (produits nettoyants, incin\u00e9ration)<br \/>\n2. Destruction ou affaiblissement de l&rsquo;agent \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur de l&rsquo;organisme (utiliser l\u2019antibiotique ou l\u2019antiviral qui convient pendant la p\u00e9riode n\u00e9cessaire)<\/p>\n<p><em>H\u00f4te<\/em><br \/>\n1. Barri\u00e8res physiques (masques, ou pantalons longs lors des randonn\u00e9es dans les r\u00e9gions o\u00f9 la maladie de Lyme est pr\u00e9sente)<br \/>\n2. Diminution de la possibilit\u00e9 de transmission (isoler les cas infectieux, mettre les contacts en quarantaine, tousser dans sa manche, traiter les cas rapidement et ad\u00e9quatement)<br \/>\n3. Augmentation de la r\u00e9sistance sp\u00e9cifique (vaccination, prophylaxie)<br \/>\n4. Augmentation de la r\u00e9sistance g\u00e9n\u00e9rale (nutrition, exercice)<\/p>\n<p><em>Environnement<\/em><br \/>\n1. Hygi\u00e8ne et assainissement (propret\u00e9 de l&rsquo;eau et des \u00e9gouts, logements ad\u00e9quats)<br \/>\n2. Contr\u00f4le du VECTEUR (drainage des aires de reproduction des moustiques, hygi\u00e8ne des mains, respect des mesures de lutte contre les infections par les professionnels de la sant\u00e9)<br \/>\n3. Programmes de sant\u00e9 (programmes d&rsquo;immunisation gratuits avec syst\u00e8me d&rsquo;appel et de rappel, notification des partenaires dans les cas d&rsquo;infections transmissibles sexuellement).<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#laperspective\">La perspective d&rsquo;un g\u00e9ographe<\/h3>\n<div id=\"laperspective\" class=\"collapse\">\n<p>Jacques May, un g\u00e9ographe m\u00e9dical, est le premier \u00e0 proposer le mod\u00e8le \u00e9cologique de la sant\u00e9. Il per\u00e7oit la maladie comme une r\u00e9duction de la survie caus\u00e9e par l\u2019inadaptation d&rsquo;une personne \u00e0 son milieu.<sup>26<\/sup> La capacit\u00e9 individuelle \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 l\u2019environnement est g\u00e9n\u00e9tique mais, d&rsquo;habitude, elle est transmise par les traits et les comportements associ\u00e9s \u00e0 la culture. M. May cite l&rsquo;exemple du taux \u00e9lev\u00e9 d&rsquo;h\u00e9moglobine qui permet aux populations en altitude de survivre. Ce taux est normal dans leur cas mais serait le signe d\u2019une maladie chez les personnes vivant au niveau de la mer.<\/p>\n<p>Ces id\u00e9es am\u00e8nent M. May \u00e0 mettre au point un mod\u00e8le des \u00e9l\u00e9ments d&rsquo;une maladie transmissible :<sup>27<\/sup><\/p>\n<p>L&rsquo;agent : il cause la maladie (p. ex., le parasite <em>Plasmodium<\/em>, qui cause le paludisme) ;<br \/>\nLe vecteur : il transmet l&rsquo;agent \u00e0 l&rsquo;h\u00f4te (p. ex., le moustique <em>Anopheles<\/em>, qui transmet le paludisme) ;<br \/>\nLes \u00e9l\u00e9ments g\u00e9og\u00e8nes : ce sont les facteurs du milieu physique (p. ex., l&rsquo;humidit\u00e9, la temp\u00e9rature et la v\u00e9g\u00e9tation qui permettent la survie de <em>Plasmodium<\/em> et d\u2019<em>Anopheles<\/em>) ;<br \/>\nL&rsquo;h\u00f4te : l&rsquo;humain susceptible.<\/p>\n<figure id=\"attachment_3068\" aria-describedby=\"caption-attachment-3068\" style=\"width: 1340px\" class=\"wp-caption aligncenter\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-3068\" src=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.4_fr.jpg\" alt=\"Figure 11.5 : Mod\u00e8le de maladie transmissible de May pla\u00e7ant le triangle \u00e9pid\u00e9miologique dans son environnement\" width=\"1340\" height=\"1112\" srcset=\"https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.4_fr.jpg 1340w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.4_fr-300x249.jpg 300w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.4_fr-768x637.jpg 768w, https:\/\/phprimer.afmc.ca\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/figure11.4_fr-1024x850.jpg 1024w\" sizes=\"auto, (max-width: 1340px) 100vw, 1340px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-3068\" class=\"wp-caption-text\">Figure 11.5 : Mod\u00e8le de maladie transmissible de May pla\u00e7ant le triangle \u00e9pid\u00e9miologique dans son environnement<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Il est important de tenir compte des caract\u00e9ristiques suivantes des maladies transmissibles lorsque l&rsquo;on tente d&rsquo;interrompre leur transmission :<\/p>\n<ul>\n<li><strong>P\u00e9riode d&rsquo;incubation<\/strong> : intervalle entre l&rsquo;infection et l&rsquo;apparition des premiers sympt\u00f4mes ou signes. Les personnes ayant \u00e9t\u00e9 en contact avec une maladie infectieuse doivent \u00eatre observ\u00e9es pendant cette p\u00e9riode pour voir si elles pr\u00e9sentent des sympt\u00f4mes. Conna\u00eetre la p\u00e9riode d&rsquo;incubation peut aider \u00e0 choisir entre plusieurs diagnostics possibles. Par exemple, il est probable qu&rsquo;un cas de gastroent\u00e9rite qui survient rapidement apr\u00e8s la consommation d&rsquo;un aliment suspect est caus\u00e9 par une toxine, comme celle produite par la bact\u00e9rie <em>Staphylococcus<\/em>, alors qu&rsquo;un d\u00e9lai de six heures ou plus indique la pr\u00e9sence d&rsquo;un agent infectieux, comme la bact\u00e9rie <em>Salmonella<\/em>.<\/li>\n<li><strong>Fen\u00eatre s\u00e9rologique<\/strong> : d\u00e9lai entre l&rsquo;infection et le moment o\u00f9 il est possible de la d\u00e9tecter. Certaines maladies, par exemple l&rsquo;infection par le VIH, ont une fen\u00eatre s\u00e9rologique prolong\u00e9e, pendant laquelle elles peuvent \u00eatre transmises. Aux premiers stades de l&rsquo;infection par le VIH, les r\u00e9sultats de test n\u00e9gatifs peuvent faussement rassurer le patient, qui peut continuer son comportement \u00e0 risque et mettre d&rsquo;autres personnes en danger.<\/li>\n<li><strong>P\u00e9riode de transmissibilit\u00e9<\/strong> : la p\u00e9riode pendant lequel une personne peut transmettre un pathog\u00e8ne. Afin de pr\u00e9venir la transmission, on doit prendre les pr\u00e9cautions appropri\u00e9es tout au long de cette p\u00e9riode. Certains organismes, comme le virus de l&rsquo;h\u00e9patite B ou la bact\u00e9rie <em>Salmonella typhi<\/em>, peuvent causer un \u00e9tat de porteur chronique o\u00f9 le patient semble gu\u00e9ri de la maladie mais continue de la transmettre aux personnes susceptibles.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#lecasdemary\">Le cas de Mary Mallon<\/h3>\n<div id=\"lecasdemary\" class=\"collapse\">Mary Mallon (surnomm\u00e9e \u00ab Typhoid Mary \u00bb) \u00e9tait une cuisini\u00e8re \u00e0 New York \u00e0 la fin du XIX\u00e8 et au d\u00e9but du XX\u00e8 si\u00e8cle. Elle \u00e9tait porteuse du bacille de la typho\u00efde, dont elle a probablement infect\u00e9 environ 55 personnes. Un article qui raconte son histoire se trouve dans le Bulletin de l\u2019acad\u00e9mie de m\u00e9decine de New York.<sup>22<\/sup><\/div>\n<\/div>\n<ul>\n<li><strong>Taux d&rsquo;attaque<\/strong> : proportion des personnes expos\u00e9es qui deviennent infect\u00e9es. C&rsquo;est un marqueur de l<strong>&lsquo;infectiosit\u00e9<\/strong>, laquelle d\u00e9signe la capacit\u00e9 d&rsquo;un organisme \u00e0 envahir un h\u00f4te, \u00e0 survivre \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et \u00e0 s\u2019y multiplier. Le virus du VIH, par exemple, n&rsquo;est pas tr\u00e8s infectieux. On peut se prot\u00e9ger contre le VIH en \u00e9vitant le contacte intime avec les personnes infect\u00e9es. \u00c0 l&rsquo;oppos\u00e9, la rougeole est tr\u00e8s infectieuse avant m\u00eame que l&rsquo;\u00e9ruption caract\u00e9ristique n&rsquo;apparaisse, la plupart des personnes non immunis\u00e9es qui entrent en contact avec un cas d\u00e9velopperont la maladie, de sorte que la vaccination syst\u00e9matique est le meilleur moyen de r\u00e9duire la transmission.<\/li>\n<li><strong>Pathog\u00e9nicit\u00e9<\/strong> : proportion des personnes infect\u00e9es qui d\u00e9veloppent la maladie clinique. Par exemple, les jeunes enfants peuvent d\u00e9velopper des anticorps contre le virus de l&rsquo;h\u00e9patite A sans manifester de signes de la maladie, ce qui est beaucoup plus rare chez les adultes. L&rsquo;h\u00e9patite A est donc moins pathog\u00e9nique chez les enfants que chez les adultes. Un autre exemple est la bact\u00e9rie <em>Corynebacterium diphtheriae<\/em>, qui ne produit la dipht\u00e9rie que lorsqu&rsquo;elle est porteuse du bact\u00e9riophage qui produit la toxine responsable de la dipht\u00e9rie.<\/li>\n<li><strong>Virulence<\/strong> : proportion des personnes atteintes de la maladie clinique qui deviennent gravement malades ou qui en meurent (gravit\u00e9). Le virus du rhume n&rsquo;est pas virulent ; le virus d&rsquo;Ebola, lui, l&rsquo;est.<\/li>\n<li><strong>L\u00e9talit\u00e9<\/strong> : proportion des personnes atteintes d&rsquo;une maladie qui y succombent. Plus une maladie est virulente, plus il est probable que sa l\u00e9talit\u00e9 soit \u00e9lev\u00e9e, et plus il est urgent d&rsquo;en ma\u00eetriser la transmission. C&rsquo;est pourquoi les m\u00e9decins qui soup\u00e7onnent la pr\u00e9sence d\u2019une maladie virulente, comme la maladie invasive due au m\u00e9ningocoque, doivent aviser les autorit\u00e9s de sant\u00e9 publique d\u00e8s que possible par t\u00e9l\u00e9phone ; la d\u00e9claration des maladies moins virulentes ne presse pas autant.<\/li>\n<li><strong>Immunit\u00e9 collective<\/strong> : r\u00e9sistance d&rsquo;un groupe ou d&rsquo;une communaut\u00e9 \u00e0 l\u2019invasion et \u00e0 la propagation d&rsquo;un agent infectieux. Si un nombre suffisant de personnes dans la communaut\u00e9 sont immunis\u00e9es contre un agent, il est tr\u00e8s probable que la cha\u00eene de transmission se brisera avant que l&rsquo;agent ne touche des personnes non immunis\u00e9es. L&rsquo;immunit\u00e9 du groupe prot\u00e8ge donc les membres non immunis\u00e9s. Cela n\u2019est possible que pour les agents qui se transmettent d&rsquo;une personne \u00e0 l&rsquo;autre.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#pourquoi\">Pourquoi la quarantaine?<\/h3>\n<div id=\"pourquoi\" class=\"collapse\">Le mot \u00ab\u00a0quarantaine\u00a0\u00bb vient de l\u2019italien <em>quaranta giorni<\/em> (40 jours). Au XIV\u00e8 si\u00e8cle, \u00e0 Venise, pour tenter d\u2019enrayer la peste on interdisait aux navires arrivant au port et aux voyageurs arrivant par voie de terre de franchir les limites de la ville pendant 40 jours. Malheureusement, la quarantaine n&#8217;emp\u00eachait pas les rats et leurs puces porteuses de la peste de transporter la maladie des voyageurs en quarantaine aux citoyens.<\/div>\n<\/div>\n<h2><a id=\"_hopitaux\"><\/a>Les probl\u00e8mes li\u00e9s aux soins de sant\u00e9<\/h2>\n<h3><a id=\"_nosocomiales\"><\/a>Les infections nosocomiales<\/h3>\n<p>Les h\u00f4pitaux et autres \u00e9tablissements de soins de sant\u00e9 sont des points de rassemblement pour un grand nombre de personnes dont le syst\u00e8me immunitaire est compromis par le stress, la maladie et les m\u00e9dicaments.\u00a0Ces personnes sont habituellement en contact \u00e9troit avec les soignants qui s&rsquo;occupent aussi d&rsquo;autres personnes malades. Les proc\u00e9dures invasives, telles que l&rsquo;insertion de cath\u00e9ters et de canules ou les op\u00e9rations chirurgicales fournissent des portes d&rsquo;entr\u00e9e suppl\u00e9mentaires au corps. Pour les microbes, c&rsquo;est un festival gratuit pour tous o\u00f9 ils peuvent se reproduire facilement et \u00e9changer les derniers plasmides et acides nucl\u00e9iques qui conf\u00e8rent une r\u00e9sistance antimicrobienne. M\u00eame ceux qui ne sont pas normalement pathog\u00e8nes peuvent ressentir le frisson de causer des maladies nosocomiales et des s\u00e9jours prolong\u00e9s \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital.<\/p>\n<div class=\"definition\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#nosocomial\">Nosocomial<\/h3>\n<div id=\"nosocomial\" class=\"collapse\">Maladie nosocomiale : Maladie acquise \u00e0 la suite de soins de sant\u00e9. Le terme peut d\u00e9signer les infections, les complications des proc\u00e9dures m\u00e9dicales ou, plus rarement, les r\u00e9sultats d&rsquo;une ERREUR M\u00c9DICALE. Il est d\u00e9riv\u00e9 du mot grec <em>nosokomeion<\/em> qui signifie h\u00f4pital. Ceci est d\u00e9riv\u00e9 du mot grec pour une maladie \u2013 <em>nosos<\/em>.<\/div>\n<\/div>\n<p>La pr\u00e9vention des infections dans un \u00e9tablissement de soins de sant\u00e9 commence par l&rsquo;estimation du risque de transmission de la maladie. Cela tient compte du type de patients et de maladies trait\u00e9s et du type de soins prodigu\u00e9s. Par exemple, les \u00e9tablissements qui offrent des soins contre le cancer doivent consacrer plus de ressources \u00e0 la lutte contre les infections que ceux qui offrent des soins ambulatoires g\u00e9n\u00e9raux.<\/p>\n<p>La lutte contre la propagation des maladies infectieuses en milieu de soins de sant\u00e9 comprend trois niveaux d&rsquo;action<sup>25<\/sup> : l&rsquo;ing\u00e9nierie, les pratiques administratives et la protection personnelle. L&rsquo;action de l&rsquo;ing\u00e9nierie se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 l&rsquo;adaptation de l&rsquo;environnement physique comme les distributeurs de d\u00e9sinfectant pour les mains et les lavabos accessibles, l&rsquo;am\u00e9nagement de chambres individuelles avec toilettes priv\u00e9es, la ventilation, les surfaces faciles \u00e0 nettoyer, etc. L&rsquo;action administrative fait r\u00e9f\u00e9rence aux politiques et pratiques en mati\u00e8re de nettoyage et d&rsquo;entretien des b\u00e2timents ainsi qu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;assurance de ressources ad\u00e9quates, comme les emballages st\u00e9riles, les blouses et les masques. Il s&rsquo;agit \u00e9galement de s&rsquo;assurer que l&rsquo;\u00e9tablissement poss\u00e8de l&rsquo;expertise n\u00e9cessaire, comme une \u00e9quipe de contr\u00f4le des infections, une \u00e9ducation ad\u00e9quate du personnel sur le contr\u00f4le des infections et la prestation de services de sant\u00e9 au travail, comme l&rsquo;immunisation et la r\u00e9ponse rapide aux blessures par piq\u00fbre d&rsquo;aiguille.\u00a0La protection personnelle se situe au niveau de l&rsquo;interaction entre le patient et le soignant. \u00c0 ce niveau, la pratique courante de lutte contre les infections comprend :<\/p>\n<ul>\n<li>Hygi\u00e8ne des mains;<\/li>\n<li>\u00c9valuer le risque de transmission de la maladie avant tout contact avec un patient;<\/li>\n<li>Si un patient est susceptible de transmettre la maladie \u00e0 d&rsquo;autres personnes, \u00e9duquer sur la fa\u00e7on de r\u00e9duire cette probabilit\u00e9 et limiter les contacts entre ce patient et d&rsquo;autres personnes. Par exemple, dans la pratique familiale, voir des patients pr\u00e9sentant une infection respiratoire possible \u00e0 la fin de la journ\u00e9e et les placer directement dans une salle d&rsquo;examen pour limiter leur temps avec les autres dans la salle d&rsquo;attente;<\/li>\n<li>Mettre en place des installations et des soins aux patients de mani\u00e8re \u00e0 r\u00e9duire le contact entre les patients. Dans la pratique hospitali\u00e8re, cela pourrait signifier des installations s\u00e9par\u00e9es pour l&rsquo;h\u00e9bergement des patients hospitalis\u00e9s et des patients ambulatoires;<\/li>\n<li>Utiliser des techniques aseptiques appropri\u00e9es et du mat\u00e9riel \u00e0 usage unique;<\/li>\n<li>Utiliser des masques, des blouses et des lunettes de protection si n\u00e9cessaire;<\/li>\n<li>Techniques de s\u00e9curit\u00e9 pour la manipulation et l&rsquo;\u00e9limination des objets pointus et tranchants;<\/li>\n<li>Nettoyer correctement les cliniques et les zones utilis\u00e9es par les patients ainsi que la manipulation appropri\u00e9e du linge de maison et des d\u00e9chets cliniques usag\u00e9s;<\/li>\n<li>Sensibilisation des patients, de leurs familles et des visiteurs au risque de transmission de la maladie et aux moyens de l&rsquo;\u00e9viter;<\/li>\n<li>G\u00e9rer les visiteurs afin de r\u00e9duire leur exposition aux maladies transmissibles ainsi que leur contact avec d&rsquo;autres patients.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certaines situations exigent des pr\u00e9cautions suppl\u00e9mentaires pour r\u00e9duire le risque de transmission, selon le mode de transmission de l&rsquo;organisme. Le tableau 11.2 en donne quelques exemples. Les jeunes enfants et autres personnes qui ne sont pas en mesure de respecter les restrictions et les personnes souffrant d&rsquo;incontinence peuvent poser un risque suppl\u00e9mentaire et doivent \u00eatre trait\u00e9s en cons\u00e9quence.<\/p>\n<div class=\"caption\">\n<p>Tableau 11.2 : Exemples de pr\u00e9cautions suppl\u00e9mentaires pour\u00a0<span lang=\"FR-CA\">contr\u00f4ler<\/span>\u00a0la transmission des infections<\/p>\n<\/div>\n<table>\n<tbody>\n<tr>\n<td>Mode de propagation<\/td>\n<td>Exemples d&rsquo;organismes et de pathologies<\/td>\n<td>Prise en charge des patients<\/td>\n<td>Actions du clinicien<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Contact<\/td>\n<td>Organismes r\u00e9sistants aux antibiotiques, p. ex. le SARM<br \/>\nVomissements aigus ou diarrh\u00e9e<br \/>\nConjonctivite<\/td>\n<td>Identification au moment du triage<br \/>\nS\u00e9parer des autres patients dans la salle d\u2019attente ou mettre dans une chambre particuli\u00e8re<\/td>\n<td>Hygi\u00e8ne des mains<br \/>\nPort de gants en cas de contact<br \/>\nPort de la blouse en cas de salet\u00e9 probable<br \/>\nNettoyer et d\u00e9sinfecter l&rsquo;\u00e9quipement et les surfaces apr\u00e8s le d\u00e9part du patient<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>Par gouttelettes<\/td>\n<td>Coqueluche<br \/>\nRub\u00e9ole<br \/>\nOreillons<br \/>\nM\u00e9ningite<\/td>\n<td>Identification au moment du triage<br \/>\nPort du masque chirurgical<br \/>\nMettre dans une chambre particuli\u00e8re<br \/>\nAffiche d\u2019alerte \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la salle<br \/>\nProtocole respiratoire.<\/td>\n<td>Hygi\u00e8ne des mains<br \/>\nPort du masque chirurgical et de lunettes de protection pour s\u2019approcher au patient<br \/>\nNettoyer et d\u00e9sinfecter les \u00e9quipements et les surfaces au d\u00e9part du patient.<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td>En suspension dans l\u2019air<\/td>\n<td>Tuberculose pulmonaire<br \/>\nRougeole<br \/>\nVaricelle<\/td>\n<td>Identification au moment du triage<br \/>\nPort du masque chirurgical<br \/>\nPlacer le patient en isolation, fermer la porte et ouvrir la fen\u00eatre si possible<br \/>\nAffichage d\u2019un avis d&rsquo;alerte \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e de la salle<\/td>\n<td>Hygi\u00e8ne des mains<br \/>\nRespirateur N95 si l\u2019on soup\u00e7onne la tuberculose<br \/>\nUn respirateur n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire pour la varicelle ou la rougeole si le soignant est immunis\u00e9<\/td>\n<\/tr>\n<tr>\n<td colspan=\"4\">Les soins ne devraient \u00eatre prodigu\u00e9s que par des personnes immunis\u00e9es<br \/>\nLes cas d&rsquo;infections respiratoires aigu\u00ebs, par exemple croup, VRS, grippe ou pneumonie, doivent \u00eatre trait\u00e9s comme des gouttelettes et la propagation par contact.<\/td>\n<\/tr>\n<\/tbody>\n<\/table>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#directives\">Directives relatives au contr\u00f4le des infections<\/h3>\n<div id=\"directives\" class=\"collapse\">\n<p>Pour de plus amples renseignements sur le contr\u00f4le de l&rsquo;infection en milieu de travail, Sant\u00e9 publique Ontario produit des pratiques exemplaires en mati\u00e8re de pr\u00e9vention et contr\u00f4le des infections pour la pratique en cabinet clinique.<sup>29<\/sup><\/p>\n<p>Pour de plus amples renseignements sur le contr\u00f4le des infections en milieu hospitalier, l&rsquo;Agence de sant\u00e9 publique du Canada a publi\u00e9 : Pratiques de base et pr\u00e9cautions additionnelles visant \u00e0 pr\u00e9venir la transmission des infections dans les milieux de soins.<sup>25<\/sup><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"case-study\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#ledrraotelephone\">Le D<sup>r<\/sup> Rao t\u00e9l\u00e9phone au service de sant\u00e9 publique<\/h3>\n<div id=\"ledrraotelephone\" class=\"collapse\">De retour dans son cabinet, le D<sup>r<\/sup> Rao t\u00e9l\u00e9phone au bureau de sant\u00e9 publique local. On l&rsquo;informe qu&rsquo;une infirmi\u00e8re a d\u00e9j\u00e0 visit\u00e9 le foyer de soins de longue dur\u00e9e de M<sup>me<\/sup> Richard et qu&rsquo;une enqu\u00eate est en cours. On ignore encore la cause de l\u2019infection. Ensemble, l&rsquo;\u00e9quipe de gestion du foyer et l&rsquo;infirmi\u00e8re de sant\u00e9 publique envisagent des fa\u00e7ons d&rsquo;isoler les patients touch\u00e9s et de redistribuer les membres du personnel afin que ceux qui s&rsquo;occupent des patients malades ne s&rsquo;occupent pas des patients non touch\u00e9s. L\u2019agent de sant\u00e9 publique remercie le D<sup>r<\/sup> Rao de son appel.<\/div>\n<\/div>\n<h3><a id=\"_antimicrobes\"><\/a>La r\u00e9sistance antimicrobienne<\/h3>\n<p>Les microbes peuvent rapidement d\u00e9velopper une r\u00e9sistance aux menaces ; cela est devenu \u00e9vident lorsque les\u00a0premiers antimicrobiens ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s dans les ann\u00e9es 1920 et 1930. Jusque dans les ann\u00e9es 1970 environ, la science pharmaceutique a pu contrer cette r\u00e9sistance en cr\u00e9ant de nouveaux produits antimicrobiens. Depuis, la mise au point d\u2019antimicrobiens efficaces contre les souches r\u00e9sistantes conna\u00eet un d\u00e9clin et la r\u00e9sistance antimicrobienne est devenue un probl\u00e8me mondial.<\/p>\n<p>Plusieurs facteurs favorisent la croissance de la r\u00e9sistance antimicrobienne :<\/p>\n<ul>\n<li><em>L\u2019utilisation inappropri\u00e9e des antimicrobiens<\/em> : le recours aux antimicrobiens contre des infections qui s\u2019\u00e9puisent d\u2019elles-m\u00eames, le recours aux produits les plus modernes plut\u00f4t qu&rsquo;\u00e0 des produits efficaces mais plus anciens, le recours \u00e0 des produits \u00e0 large spectre plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 des produits appropri\u00e9s \u00e0 spectre plus limit\u00e9.<\/li>\n<li><em>L\u2019utilisation inad\u00e9quate des antimicrobiens<\/em> : une dose trop faible, une prise de m\u00e9dicaments trop courte, un mauvais choix de voie d&rsquo;administration, bref, tout ce qui peut exposer les microbes infectieux \u00e0 un produit antimicrobien sans les \u00e9radiquer permet la survie des microbes qui ont une certaine r\u00e9sistance \u00e0 ce produit. Le probl\u00e8me se pose particuli\u00e8rement lorsqu\u2019on soigne certaines infections, comme la tuberculose, qui exigent que le patient poursuive son traitement pendant plusieurs mois.<\/li>\n<li><em>L&rsquo;utilisation de produits antimicrobiens en m\u00e9decine v\u00e9t\u00e9rinaire par mesure pr\u00e9ventive ou pour promouvoir la croissance animale<\/em> : l&rsquo;\u00e9levage intensif d\u2019aujourd\u2019hui favorise la transmission des infections d\u2019origine animale. On ajoute souvent des produits antimicrobiens aux aliments pour animaux pour pr\u00e9venir la perte de b\u00e9tail (et de profits) due aux infections et pour promouvoir la croissance des animaux (et les profits). Cette faible dose continue favorise l&rsquo;\u00e9mergence de souches r\u00e9sistantes aux antimicrobiens, qui peuvent ensuite infecter les humains directement ou transmettre leur r\u00e9sistance \u00e0 d&rsquo;autres microbes qui infectent les humains.<\/li>\n<\/ul>\n<div class=\"links\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#laresistanceaux\">La r\u00e9sistance aux antimicrobiens \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale<\/h3>\n<div id=\"laresistanceaux\" class=\"collapse\">\n<div>Pour de plus amples renseignements au sujet de la r\u00e9sistance aux antimicrobiens et des strat\u00e9gies de riposte dans une perspective mondiale, lisez un rapport de l\u2019administratrice en chef de la <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/fr\/sante-publique\/organisation\/publications\/rapports-etat-sante-publique-canada-administrateur-chef-sante-publique\/preserver-antibiotiques.html\">sant\u00e9 publique du Canada <\/a><\/div>\n<div>\n<div><span lang=\"FR-CA\">Et lire un rapport de l\u2019OMS sur la <a href=\"https:\/\/www.who.int\/fr\/health-topics\/antimicrobial-resistance\">r\u00e9sistance aux antimicrobiens<\/a><\/span><\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>Pour r\u00e9duire la propagation de la r\u00e9sistance, les m\u00e9decins doivent prescrire avec plus de discernement et renseigner les patients sur l&rsquo;utilisation appropri\u00e9e des antibiotiques et les dangers de l\u2019antibior\u00e9sistance. Le diagnostic doit \u00eatre correct. Une patiente qui tousse et dont le nez coule n\u2019a pas n\u00e9cessairement une infection : elle pourrait avoir une allergie. M\u00eame en pr\u00e9sence d&rsquo;une infection, si les sympt\u00f4mes sont l\u00e9gers, il s\u2019agit probablement d\u2019une infection virale et qui s\u2019\u00e9puisera d\u2019elle-m\u00eame. Dans les deux cas, les antibiotiques ne sont pas indiqu\u00e9s. En milieu hospitalier, o\u00f9 les patients sont plus malades et les antimicrobiens sont utilis\u00e9s de mani\u00e8re intensive sur des p\u00e9riodes prolong\u00e9es, on peut r\u00e9duire la propagation de la r\u00e9sistance en respectant les consignes de l&rsquo;\u00e9quipe de lutte contre les infections.<\/p>\n<div class=\"nerds-corner\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#laloidumicrobe\">La loi de la survie du microbe le plus fort <sup>30<\/sup><\/h3>\n<div id=\"laloidumicrobe\" class=\"collapse\">\n<p>Comme tous les organismes vivants, les microbes sont sujets aux pressions \u00e9volutionnaires. La survie de la souche d\u00e9pend de son efficacit\u00e9 \u00e0 se r\u00e9pandre d&rsquo;un h\u00f4te \u00e0 l&rsquo;autre. Les microbes dont la transmission d\u00e9pend d&rsquo;un rapprochement entre l&rsquo;h\u00f4te et une personne susceptible n\u2019ont pas int\u00e9r\u00eat \u00e0 avoir une virulence \u00e9lev\u00e9e. Il est pr\u00e9f\u00e9rable que l&rsquo;h\u00f4te soit en bonne forme pour se d\u00e9placer et transporter le microbe vers d&rsquo;autres h\u00f4tes. Le rhume en est un bon exemple. Il ne rend pas la personne malade au point de limiter sa mobilit\u00e9 mais il cause une irritation des voies respiratoires sup\u00e9rieures qui entra\u00eene de la toux et des \u00e9ternuements, lesquels transmettent l&rsquo;agent par gouttelettes ; c\u2019est tr\u00e8s efficace. Un autre exemple est l&rsquo;oxyure femelle, un parasite qui d\u00e9pose adroitement ses \u0153ufs autour de l&rsquo;anus d&rsquo;un enfant, en m\u00eame temps qu&rsquo;un allerg\u00e8ne qui cause des d\u00e9mangeaisons. L&rsquo;enfant se gratte, les \u0153ufs se retrouvent sur ses doigts et sont transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 des jouets et \u00e0 d&rsquo;autres personnes. Les microbes qui causent des infections transmissibles sexuellement sont propag\u00e9s par contacts intimes intermittents et ont besoin d\u2019une strat\u00e9gie diff\u00e9rente. Les infections par la gonorrh\u00e9e, le chlamydia et la syphilis peuvent infecter sans \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es ; leurs h\u00f4tes poursuivent donc une vie sexuelle active, assurant ainsi la propagation continue des microbes.<\/p>\n<p>Les pathog\u00e8nes qui se transmettent par un vecteur interm\u00e9diaire (comme une puce ou un moustique) peuvent se propager m\u00eame \u00e0 partir d&rsquo;un h\u00f4te immobilis\u00e9, tant que la sant\u00e9 du vecteur est relativement bonne. Ces pathog\u00e8nes ont int\u00e9r\u00eat \u00e0 se reproduire rapidement dans leur h\u00f4te, car plus l&rsquo;h\u00f4te transporte de microbes, plus il est probable qu\u2019un microbe sera transmis \u00e0 un vecteur transitoire. Le parasite<em> Plasmodium<\/em> peut \u00eatre pr\u00e9sent en grand nombre dans la circulation sanguine pendant les fortes fi\u00e8vres p\u00e9riodiques qui caract\u00e9risent le paludisme et cause habituellement l&rsquo;alitement du patient. Plus le patient est malade, moins il est probable qu&rsquo;il se pr\u00e9occupe du moustique qui se nourrit de son sang en ing\u00e9rant le parasite pour le transmettre \u00e0 la prochaine victime. De m\u00eame, les agents qui survivent longtemps \u00e0 l&rsquo;ext\u00e9rieur d&rsquo;h\u00f4tes humains peuvent se permettre d&rsquo;\u00eatre virulents. Par exemple, <em>Bacillus anthracis<\/em> et <em>Clostridium tetani<\/em> survivent pendant des ann\u00e9es dans la terre et peuvent causer la mort en tr\u00e8s peu de temps. Ici encore, la capacit\u00e9 de ces bact\u00e9ries de se reproduire rapidement favorise leur propagation : la charge bact\u00e9rienne du patient est \u00e9lev\u00e9e lorsqu&rsquo;il meurt et les bact\u00e9ries retournent dans la terre et attendent patiemment un autre h\u00f4te.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, une maladie qui se propage par l\u2019entremise des pr\u00e9pos\u00e9s aux soins (des infirmi\u00e8res ou des m\u00e9decins qui transportent le pathog\u00e8ne d&rsquo;un patient \u00e0 l&rsquo;autre sans \u00eatre eux-m\u00eames infect\u00e9s) a tendance \u00e0 \u00eatre tr\u00e8s virulente. Par contre, pour continuer \u00e0 se propager, le microbe ne peut nuire au pr\u00e9pos\u00e9 ; la dose transmise doit donc \u00eatre petite. Une petite dose d&rsquo;un pathog\u00e8ne moins virulent ne cause pas n\u00e9cessairement une infection. Selon cette logique, la cr\u00e9ation de barri\u00e8res contre la transmission de certains microbes d&rsquo;origine extra-hospitali\u00e8re peut r\u00e9duire leur virulence \u00e0 long terme tout en luttant contre les \u00e9closions dans l\u2019imm\u00e9diat. En effet, afin de franchir les barri\u00e8res, les microbes doivent infecter leurs h\u00f4tes pendant des p\u00e9riodes plus longues, tout en s&rsquo;assurant que leur \u00e9tat de sant\u00e9 est assez bon pour qu&rsquo;ils transmettent l&rsquo;infection. En th\u00e9orie, il est donc possible de contribuer \u00e0 l&rsquo;\u00e9volution de formes moins virulentes de ces organismes. Il est possible que l&rsquo;une des raisons de l&rsquo;impact \u00e9norme de la pand\u00e9mie de la grippe de 1918-1919 ait \u00e9t\u00e9 l&rsquo;apparition du virus \u00e0 un moment favorable \u00e0 la transmission d&rsquo;un virus qui aurait \u00e9t\u00e9 difficilement transmissible dans des conditions sociales normales.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<h2>Sommaire<\/h2>\n<p>Nous sommes entour\u00e9s de microbes capables d&rsquo;inventer des moyens d&rsquo;\u00e9chapper \u00e0 nos interventions. La sant\u00e9 publique lutte contre les maladies infectieuses au sein de la population en utilisant la surveillance pour les d\u00e9tecter, puis en mettant en \u0153uvre les mesures de lutte contre les \u00e9pid\u00e9mies. La vaccination est l&rsquo;un des meilleurs moyens de contr\u00f4ler et, dans certains cas, m\u00eame d&rsquo;\u00e9liminer les maladies. Les soins de sant\u00e9 sont la source de maladies nosocomiales et de r\u00e9sistance aux antibiotiques. Les cliniciens doivent donc s&rsquo;assurer qu&rsquo;ils n&rsquo;augmentent pas la transmission de maladies infectieuses.<\/p>\n<h1>Questions d&rsquo;auto-\u00e9valuation<\/h1>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q1\">1. \u00c9num\u00e9rez les \u00e9tapes du contr\u00f4le d\u2019une \u00e9closion.<\/h3>\n<div id=\"q1\" class=\"collapse\">\n<ol>\n<li>Confirmer la pr\u00e9sence d&rsquo;une \u00e9closion.<\/li>\n<li>D\u00e9finir ce qui constitue un cas et reconna\u00eetre les cas.<\/li>\n<li>Formuler des hypoth\u00e8ses pour expliquer les causes et mettre en \u0153uvre des mesures de lutte initiales.<\/li>\n<li>Tester les hypoth\u00e8ses en analysant les donn\u00e9es de surveillance ou au moyen d\u2019\u00e9tudes sp\u00e9ciales.<\/li>\n<li>Tirer des conclusions et modifier les hypoth\u00e8ses et les mesures de lutte, s&rsquo;il y a lieu.<\/li>\n<li>Planifier des mesures de pr\u00e9vention et de surveillance \u00e0 long terme.<\/li>\n<\/ol>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q2\">2. Quels sont les avantages de la vaccination dans le contr\u00f4le des maladies infectieuses?<\/h3>\n<div id=\"q2\" class=\"collapse\">La vaccination offre une protection durable qui r\u00e9duit les probabilit\u00e9s qu&rsquo;une personne contracte une maladie sp\u00e9cifique. C\u2019est une forme de pr\u00e9vention passive, \u00e9tant donn\u00e9 qu&rsquo;une collaboration continue n&rsquo;est pas n\u00e9cessaire \u00e0 sa r\u00e9ussite. Elle peut interrompre la cha\u00eene de transmission, et ainsi pr\u00e9venir ou stopper les \u00e9closions, voire m\u00eame \u00e9radiquer la maladie en l&rsquo;absence de r\u00e9servoir animal.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"self-test\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#q3\">3. Un patient hospitalis\u00e9 a contract\u00e9 la bact\u00e9rie Clostridium difficile. Quelles pr\u00e9cautions faut-il prendre?<\/h3>\n<div id=\"q3\" class=\"collapse\">Le Clostridium difficile se propage par contact direct et indirect. La propagation indirecte peut se faire par le personnel soignant ou par des surfaces. Un bon lavage ou nettoyage des mains est essentiel, tout comme le nettoyage en profondeur de la chambre apr\u00e8s le d\u00e9part d&rsquo;un patient infect\u00e9.<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"reflection-questions\">\n<h3 class=\"btn btn-more\" data-toggle=\"collapse\" data-target=\"#reflectionquestions\">Questions de r\u00e9flexion<\/h3>\n<div id=\"reflectionquestions\" class=\"collapse\">1. Pourquoi les souches antibior\u00e9sistantes posent-elles des probl\u00e8mes depuis quelques ann\u00e9es ?<br \/>\n2. Quelles pr\u00e9cautions doit prendre un clinicien pour lutter contre la transmission des maladies infectieuses en milieu clinique ?<br \/>\n3. Pourquoi le rhume de cerveau n&rsquo;est-il pas une maladie \u00e0 d\u00e9claration obligatoire ?<br \/>\n4. Quelles maladies doivent \u00eatre d\u00e9clar\u00e9es dans votre province\/territoire ?<\/div>\n<\/div>\n<h1>Bibliographie<\/h1>\n<ol>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Porta M, editor. A dictionary of epidemiology. New York (NY): Oxford University Press; 2008.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Kelsey JL, Whittemore AS, Evans AS, Thompson WD. Methods in observational epidemiology. New York: Oxford University Press; 1996.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Government of Canada. Mumps vaccines: Canadian immunization guide for health professionals. Ottawa: Health Canada; 2021 [Available from: <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/publications\/healthy-living\/canadian-immunization-guide-part-4-active-vaccines\/page-14-mumps-vaccine.html\">https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/publications\/healthy-living\/canadian-immunization-guide-part-4-active-vaccines\/page-14-mumps-vaccine.html<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Bouchard C, Dibernardo A, Koffi J, Wood H, Leighton PA, Lindsay LR. Increased risk of tick-borne diseases with climate change. Ottawa: Public Health Agency of Canada; 2019 [Available from: <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/reports-publications\/canada-communicable-disease-report-ccdr\/monthly-issue\/2019-45\/issue-4-april-4-2019\/article-2-increased-risk-tick-borne-diseases-climate-change.html\">https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/reports-publications\/canada-communicable-disease-report-ccdr\/monthly-issue\/2019-45\/issue-4-april-4-2019\/article-2-increased-risk-tick-borne-diseases-climate-change.html<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Kilpatrick AM, Kramer LD, Jones MJ, Marra PP, Daszak P. West Nile virus epidemics in North America are driven by shifts in mosquito feeding behavior. Plos Biology. 2006;4(4):e82.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">O&rsquo;Connor DR. Report of the Walkerton Inquiry: the events of May 2000 and related issues. Toronto, Ontario: Office of the Attorney General; 2002 [Available from: <a href=\"http:\/\/www.attorneygeneral.jus.gov.on.ca\/english\/about\/pubs\/walkerton\/part1\/\">http:\/\/www.attorneygeneral.jus.gov.on.ca\/english\/about\/pubs\/walkerton\/part1\/<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Centers for Disease Control and Prevention. 2014 Ebola outbreak in West Africa &#8211; case counts. Atlanta: CDC &#8211; Centers of Disease Control and Prevention; 20216 [Available from: <a href=\"https:\/\/www.cdc.gov\/vhf\/ebola\/outbreaks\/2014-west-africa\/case-counts.html\">https:\/\/www.cdc.gov\/vhf\/ebola\/outbreaks\/2014-west-africa\/case-counts.html<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Bausch DG, Schwarz L. Outbreak of Ebola virus disease in Guinea: where ecology meets economy. PLOS Neglected Tropical Diseases [Internet]. 2014 2016, December; 8(7):[e3056 p.]. Available from: <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC4117598\/\">https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC4117598\/<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Richardson ET, Barrie MB, Kelly JD, Dibba Y, Koedoyoma S, Farmer PE. Biosocial approaches to the 2013-2016 Ebola pandemic. Health and Human Rights Journal [Internet]. 2016 2016, December; 18(1):[115-28 pp.]. Available from: <a href=\"https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC5070685\/\">https:\/\/www.ncbi.nlm.nih.gov\/pmc\/articles\/PMC5070685\/<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Doherty JA. Final report and recommendations from the National Notifiable Diseases Working Group. Canadian Communicable Disease Report. 2006;32(19).<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Ontario Agency for Health Protection and Promotion (Public Health Ontario). Enhanced epidemiological summary: Mpox in Ontario \u2013 May 1, 2022 to July 31, 2023. 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Ottawa: Government of Canada; 2023 [Available from: <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/publications\/healthy-living\/canadian-immunization-guide-part-4-active-vaccines.html\">https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/publications\/healthy-living\/canadian-immunization-guide-part-4-active-vaccines.html<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Public Health Agency of Canaada. Canadian adverse events following immunization surveillance system (CAEFISS). Ottawa: Government of Canada; 2023 [Available from: <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/immunization\/canadian-adverse-events-following-immunization-surveillance-system-caefiss.html\">https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/immunization\/canadian-adverse-events-following-immunization-surveillance-system-caefiss.html<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Centers for Disease Control. 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Ottawa: Government of Canada; 2023 [Available from: <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/publications\/healthy-living\/canadian-immunization-guide-part-4-active-vaccines\/page-13-meningococcal-vaccine.html#p4c12a4\">https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/publications\/healthy-living\/canadian-immunization-guide-part-4-active-vaccines\/page-13-meningococcal-vaccine.html#p4c12a4<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">World Health Organization. Emergencies preparedness, response: Frequently asked questions and answers on smallpox. Geneva: WHO; 2016 [Available from: <a href=\"http:\/\/www.who.int\/csr\/disease\/smallpox\/faq\/en\/\">http:\/\/www.who.int\/csr\/disease\/smallpox\/faq\/en\/<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Public Health Agency of Canaada. Measles in Canada Ottawa: Government of Canada; 2019 [Available from: <a href=\"https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/diseases\/measles\/measles-in-canada.html\">https:\/\/www.canada.ca\/en\/public-health\/services\/diseases\/measles\/measles-in-canada.html<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Centers for Disease Control. Diphtheria in the former Soviet Union: Reemergence of a pandemic disease. Emerging Infectious Diseases. 1998;4(4):539-50.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Public Health England. Pertussis: the Green Book, chapter 24. 2016 December, 2016. In: Immunisation against infectious disease [Internet]. London: Gov.UK. Available from: <a href=\"https:\/\/www.gov.uk\/government\/publications\/pertussis-the-green-book-chapter-24\">https:\/\/www.gov.uk\/government\/publications\/pertussis-the-green-book-chapter-24<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">World Health Organization. Global vaccine safety: Six common misconceptions about immunization. Geneva: WHO; 2016 [Available from: <a href=\"http:\/\/www.who.int\/vaccine_safety\/initiative\/detection\/immunization_misconceptions\/en\/\">http:\/\/www.who.int\/vaccine_safety\/initiative\/detection\/immunization_misconceptions\/en\/<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">BC Centre for Disease Control. Communicable disease control manual, Chapter 2: Immunization. Appendix F &#8211; principles of immunology. Vancouver BC: Immunization Programs &amp; Vaccine Preventable Diseses Service; 2009 [Available from: <a href=\"http:\/\/www.bccdc.ca\/resource-gallery\/Documents\/Guidelines%20and%20Forms\/Guidelines%20and%20Manuals\/Epid\/CD%20Manual\/Chapter%202%20-%20Imms\/Appendix_F_PrinciplesImmunology.pdf\">http:\/\/www.bccdc.ca\/resource-gallery\/Documents\/Guidelines%20and%20Forms\/Guidelines%20and%20Manuals\/Epid\/CD%20Manual\/Chapter%202%20-%20Imms\/Appendix_F_PrinciplesImmunology.pdf<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Public Health Agency of Canada. Routine practices and additional precautions for preventing the transmission of infection in healthcare settings. Ottawa: Public Health Agency of Canada; 2012 [Available from: <a href=\"http:\/\/publications.gc.ca\/site\/eng\/440707\/publication.html\">http:\/\/publications.gc.ca\/site\/eng\/440707\/publication.html<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">May JM. The ecology of human disease. 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Toronto: Public Health Ontario; 2015 [Available from:<a href=\"http:\/\/www.publichealthontario.ca\/en\/eRepository\/IPAC_Clinical_Office_Practice_2013.pdf\">http:\/\/www.publichealthontario.ca\/en\/eRepository\/IPAC_Clinical_Office_Practice_2013.pdf<\/a>.<\/li>\n<li style=\"font-weight: 400;\">Ewald PW. Guarding against the most dangerous emerging pathogens. Emerging Infectious Diseases. 1996;2(4):245-57.<\/li>\n<\/ol>\n<p style=\"font-weight: 400;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La lutte contre les maladies infectieuses Les cliniciens jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans le contr\u00f4le de la propagation des maladies infectieuses gr\u00e2ce \u00e0 de bonnes pratiques quotidiennes telles que la recommandation de vaccins appropri\u00e9s, la prescription judicieuse d&rsquo;antibiotiques et en conseillant les patients sur les strat\u00e9gies de r\u00e9duction des risques. 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